SEMAINE DE LUTTE CONTRE LES VIOLENCES POLICIERES en France et ailleurs

Du 4 au 19 mars 2016 :  divers rendez-vous en hommage aux victimes de la police.

Rencontres, projection, formation, slam, hommage aux victimes et autres concerts, voilà le programme d’un mois dédié à nos libertés pas encore tout à fait perdues, à la solidarité, à la mémoire de ceux morts sous les coups de la police.

Les journées dans le détail ci-dessous.
Merci de faire suivre dans vos réseaux.
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Vendredi 4 mars – ( Bordeaux) Etat d’urgence – Nos droits, ça {p}urge ! Acte VI
20h – Le Samovar – 18 rue Camille Sauvageau
Après le rassemblement du 6 février dernier, la mobilisation contre l’état d’urgence se poursuit. Avec l’envie d’organiser un prochain rassemblement.
Amenez vos idées, vos contacts, pour une réunion conviviale, sans prise de tête et avec matières grises !!!
http://clap33.over-blog.com/tag/etat%20d%27urgence/

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A MARSEILLE : DISCUSSION-FORMATION CONTRE LES VIOLENCES POLICIERES.
AU CENTRE SOCIAL L’AGORA, QUARTIER LA BUSSERINE.
VENDREDI 4 MARS, 18h-21H

Le collectif « La Classe Dangereuse » vous invite à participer à des ateliers discussion-formation sur les violences policières à Marseille et en France.

plus d’infos sur : https://www.facebook.com/collectif.anglesmorts/

 

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Samedi 5 mars – Concert de casseroles contre le coup d’état d’urgence – Faisons du bruit pour nos libertés !
14h30 – Place de la Victoire ( bordeaux )
Car nous refusons de nous taire et d’être passif-ve-s alors que nos droits fondamentaux sont usés jusqu’à la corde.
Seul un sursaut de la société civile peut encore faire reculer des politiques ultra-sécuritaires.
Venez sans drapeau mais avec toute une batterie… de casseroles !
http://clap33.over-blog.com/2016/02/etat-d-urgence-mars-2016-bordeaux-poursuit-sa-mobilisation.html
http://clap33.over-blog.com/2016/02/etat-d-urgence-a-vos-casseroles-faisons-du-bruit-pour-nos-libertes.html****

Samedi 5 mars – Formation Garde A Vue ( bordeaux )
16h – Le Tchaï Bar – 49 rue du Mirail – Entrez libres !
Quels sont nos droits en cas d’arrestation ? Quels comportements adopter lors d’une Garde A vue ? Quels en sont les cadres juridiques ?
Nous répondrons ensemble à ces questions et pourrons échanger sur nos expériences autour de cet emprisonnement temporaire.
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Jeudi 10 mars – ( bordeaux ) Projection/Débat – « Vérité et Justice pour Hakim Ajimi » – En collaboration avec le groupe projection du Samovar
20h – Le Samovar – 18 rue Camille Sauvageau – Entrez libres !
Autopsie d’un crime policier qui porte en lui tous les stigmates des autres assassinats commis par les forces de l’ordre : racisme, violences, mobilisation des familles…
http://clap33.over-blog.com/tag/crimes%20policiers/****
Jeudi 17 mars – Slam scène ouverte à thème « Anti-répression » 
19h30 – L’Antidote, café associatif – 13bis rue Elie Gintrac – Bordeaux Victoire – Entrez libres !
Rien à déclamer ? Vos slams mais aussi vos propres textes de rap, chanson, et témoignages sans accessoire ni musique.
Venez contribuer au dé-bâillonnement de la parole publique et populaire qui conteste, dénonce, s’amuse et transmet pour une autre culture de la sécurité et de la répression !
Mais encore ? Venez aussi écouter, acclamer, apprendre, encourager les mots qui comptent !
Bla Bla Bla , Nos voix ne mentent pas !

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Samedi 19 mars – Déambulation – Mur contre l’Oubli – Hommage aux victimes de violences et crimes policiers
Départ 12h – Place Camille Julian
Action non-violente en solidarité avec les familles et leurs proches, rejoignez-nous pour ne pas oublier et dénoncer les crimes policiers. Pour nous souvenir, pour alerter et informer !
Samedi 19 mars – ( bordeaux ) Concert de casseroles contre le coup d’état d’urgence – Faisons du bruit pour nos libertés !
14h – Place Saint-Michel
Deuxième rendez-vous sonore pour les raisons déclinées plus haut ! Festif, convivial, toujours sans drapeau, toujours motivé-e-s !****

Samedi 19 mars – ( bordeaux ) Concert solidaire – L’Orchestre Poétique d’Avant-guerre – O.P.A
21h -  L’Antidote, café associatif – 13bis rue Elie Gintrac – Bordeaux Victoire – Prix Libre
Triste anniversaire ? 7 ans jour pour jour après son passage à tabac par la police bordelaise et alors que la répression à son encontre suit son cours, m. – porte-plume et porte voix pour O.P.A -  donnera de la voix
pour remplir la caisse de solidarité du C.L.A.P33.
Amendes, avocats… photocopies, la répression, ça coûte !
C’est la vétérante d’une guerre qui ne dit pas son nom qui vous le chantera, tout en improvisation, tout en électrique !!!
https://youtu.be/TtLI77zxvq8
http://www.opa33.org/gueule-cassee.html***
En écho depuis Bordeaux avec tous les mouvements anti-répression…

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Programme de la semaine contre la brutalité policière – Québec
Du 9 au 15 mars
http://clap33.over-blog.com/2016/03/quebec-9-au-15-mars-semaine-contre-la-brutalite-policiere.html***

Manifestation Contre les violences policières – Bruxelles
Mardi 15 mars – 18h – Place Fontainas
http://www.stop-repression.be/agenda/15mars/
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Manifestation parisienne par les familles et collectifs contre les violences policières
Samedi 19 mars - 14h Paris – Gare du Nord
http://paris.demosphere.eu/rv/45222
http://www.urgence-notre-police-assassine.fr/***
Observatoire de l’état d’urgence à Toulouse
http://toulouse.etatdurgence.fr/

 

Ici et là, partout, la solidarité est notre arbre !

Le collectif Contre Les Abus Policiers

 

 

NOUS N’OUBLIERONS PAS !

Déclaration envoyée à la Sexta [1] qui commémore, ce même jour, dans le contexte de la fête des morts et du « Mictlan rebelde » au palais des Beaux Arts, à Mexico, ses morts et les victimes de la violence d’Etat, comme nous le faisons aujourd’hui ici à Paris.

Suite à la disparition de 43 étudiants de l’Ecole normale rurale d’Ayotzinapa, le 26 septembre 2014, dans le Guerrero, au Mexique, les premières mobilisations de solidarité avaient eu lieu dans le contexte de manifestations contre les violences policières, après la mort de Rémi Fraisse. D’où l’idée de ne pas dissocier les luttes, et l’engagement pris de diffuser auprès des compas au Mexique les mobilisations en France contre les violences policières, tout comme en France de relayer Ayotzinapa et les paroles et les luttes des compas…

NOUS N’OUBLIERONS PAS !

A l’Armée Zapatiste de Libération Nationale, au Congrès National Indigène

A la Sexta au Mexique et dans le monde

Aux familles, aux proches et à toutes celles et ceux qui luttent contre les crimes de l’État, en France, au Mexique et dans le monde

Il y a un an, dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014, en France, des forces de gendarmerie tuaient un jeune manifestant d’une déflagration de grenade explosive. Ce jeune, Rémi Fraisse, protestait, comme des milliers d’autres personnes réunies ce week-end là dans l’ancienne forêt de Sivens (sud-ouest de la France), contre la construction d’un barrage qui inonderait 12 hectares de forêt et ferait disparaître une zone humide de grande importance écologique, au profit des représentants locaux de l’agriculture capitaliste.

Tout comme les compas de Notre-Dame des Landes (ouest de la France), en lutte contre un projet d’aéroport, la lutte écologiste de Sivens avait elle aussi commencé à occuper les terres menacées et à y édifier des cabanes et des barricades afin d’empêcher le début des travaux. Mais là, les forces de gendarmerie ont agi avec une violence extrême, en ayant pour objectif d’empêcher le développement sur place d’une nouvelle “Zone à défendre”, aboutissant à la tragique répression de la nuit du 25 octobre. Depuis lors, l’investigation menée par l’État en a conclu que la gendarmerie avait agi dans la légalité la plus parfaite, lui concédant par là même un véritable “permis de tuer”.

L’assassinat par la police française de Rémi Fraisse n’est pas un événement exceptionnel. Chaque année, des jeunes et de moins jeunes sont eux aussi assassinés par la police dans les quartiers populaires de France. Parfois, le “ya basta” et la rage donnent lieu à des émeutes contre la police, comme cela s’est produit il y a 10 ans dans de nombreux quartiers de France, durant le mois de novembre 2005, suite à la mort des jeunes Zied Benna et Bouna Traoré, injustement poursuivis par la police. D’autres fois, règnent le fatalisme et l’indifférence. Mais, dans tous les cas, les assassins en uniformes des forces policières françaises jouissent de l’impunité totale.

« Le message implicite que délivre le crime policier est simple. « Non seulement vous n’êtes pas des êtres humains comme les autres, mais avec vous nous pouvons aller jusqu’à la mise à mort et les meurtriers seront assurés de l’impunité. À ce jour, rarissimes sont les procès ayant abouti favorablement. Le crime policier n’est jamais un homicide involontaire, il n’est jamais gratuit, il est là pour répandre la consternation, la désolation dans les cœurs et les esprits des familles endeuillées, pour nous faire renoncer à être traités comme des êtres humains. Il n’épargnera personne, il est là pour nous terroriser », écrivait Amal Bentounsi, dont le frère a été assassiné par la police, dans un appel à la réalisation d’une marche de la dignité à Paris, ce 31 octobre 2015.

Nous savons bien que cette analyse est encore bien plus valide au Mexique où des dizaines de milliers de personnes ont été assassinées par les forces de police et les forces militaires, durant les dix dernières années, et où les stratégies de terreur déployées par l’État contre la population atteignent des niveaux inimaginables. Mais il ne s’agit pas de comparer. Il s’agit de résister.

C’est la raison pour laquelle nous ne cesserons jamais de dénoncer et de cheminer aux côtés de nos compas en lutte au Mexique, et de toujours apprendre de leur résistance. La raison également pour laquelle nous souhaitons partager avec vous tous de la Sexta cette douleur et cette rage que nous ressentons et que nous écoutons dans nos entourages, dans la France et dans le Paris d’en bas à gauche.

Parce qu’en suivant les chemins tracés par la Sexta, nous faisons nôtres toutes les morts d’en bas à gauche, et nôtres tous les enseignements apportés par leurs dignes chemin de vie.

Pour Rémi Fraisse, pour Zied Benna, pour Bouna Traoré, et pour tant d’autres…

Que meure la mort, et que vive la vie !

Comité de Solidarité avec les Peuples du Chiapas en Lutte (CSPCL, Paris), Collectif Paris-Ayotzinapa, Comité de solidarité avec les Indiens des Amériques (CSIA – Nitassinan), Confédération Nationale du Travail (CNT), Fédération SUD Éducation, Terre et Liberté pour Arauco, Union syndicale Solidaires, Alternative libertaire, Espoir Chiapas, Mut Vitz 13 (Marseille), Collectif « À toutes les victimes », Collectif « Urgence notre police assassine ».

 

LETTRE EN ESPAGNOL

¡ NO OLVIDAREMOS !

Al Ejército Zapatista de Liberación Nacional, al Congreso Nacional Indígena

A la Sexta, en México y en el mundo

A las familias, l@s cercan@s y l@s que luchan en contra de los crímenes del Estado, en Francia, en México y en el mundo

Hace un año, en la noche del 25 al 26 de octubre de 2014, en Francia, fuerzas de la gendarmería mataban a un joven manifestante de una deflagración de granada explosiva. Este joven, Remi Fraisse, protestaba, como miles de otras personas reunidas aquel fin de semana en el antiguo bosque de Sivens (suroeste de Francia), en contra de la construcción de una presa que iba a inundar 12 hectáreas de bosque y desaparecer una zona húmeda de gran importancia ecológica, en beneficio de los representantes locales de la agricultura capitalista.

Tal como lo hicieron los compañer@s de Notre-Dame des Landes (oeste de Francia), que luchan en contra de un proyecto de aeropuerto, la lucha ecologista de Sivens había empezado también a ocupar las tierras y a edificar cabañas y barricadas a fin de impedir la realización de las obras. Pero las fuerzas de gendarmería actuaron ahí con una violencia extrema, con el objetivo de impedir ahí el desarrollo de una nueva “zona a defender”, lo que culminó con la trágica represión de la noche del 25 de octubre. Desde entonces, la investigación del Estado concluyó que la gendarmería operó en perfecta legalidad, otorgándole así un verdadero « permiso de matar ».

El asesinato de Rémi Fraisse por parte de la policía francesa no es un hecho excepcional. Cada año, jóvenes y no tan jóvenes son también asesinados por la policía, en los barrios populares de Francia. A veces, el ya basta y la rabia dan lugar a motines en contra de la policía, como pasó hace 10 años en muchos barrios de Francia durante el mes de noviembre de 2005, después de la muerte de los jóvenes Zied Benna y Bouna Traoré, perseguidos injustamente por la policía. Otras veces, reina el fatalismo y la indiferencia. Pero en todos los casos, los asesinos uniformados de las fuerzas policiacas francesas gozan de impunidad.

“El mensaje implícito emitido por el crimen policiaco es simple. “No solo ustedes no son seres humanos como los otros, pero con ustedes podemos ir hasta matar, y los asesinos tendrán siempre impunidad”. Hoy en día, son rarísimos los juicios que tuvieron una conclusión favorable. El crimen policiaco no es jamás un homicidio involuntario. No es jamás gratuito. Su objetivo es difundir la consternación y la desolación en los corazones y en los espíritus de las familias afligidas, para que renunciemos a ser tratados como seres humanos. De él nadie se salva. Su objetivo es atemorizarnos”, escribió Amal Bentounsi, cuyo hermano fue asesinado por la policía, en una convocatoria para la realización de una marcha de la dignidad en Paris, este 31 de octubre de 2015. »

Sabemos bien que este análisis es aún más valido en México, donde decenas de miles de personas fueron asesinadas por las fuerzas policiacas y militares durante los diez últimos años, y donde las estrategias de terror desplegadas por el Estado en contra de la población alcanzan niveles inimaginables. Pero no se trata de comparar, sino de resistir.

Por eso, no dejaremos jamás de denunciar y de caminar al lado de nuestras compañeras y de nuestros compañeros de lucha en México, aprendiendo siempre de su resistencia. Por eso también, queremos compartir con todos ustedes de la Sexta, este dolor y esa rabia que sentimos y que escuchamos en nuestro entorno, en la Francia y en el París de abajo a la izquierda.

Porque siguiendo el camino esbozado por la Sexta, hacemos nuestr@s todos l@s muert@s de abajo a la izquierda, y nuestras todas las enseñanzas de sus dignos caminos de vida.

Para Rémi Fraisse, para Zied Benna, para Bouna Traoré, y para tantas otras y tantos otros.

¡Que muera la muerte, y que viva la vida !

firmas : Comité de Solidaridad con los Pueblos de Chiapas en Lucha (CSPCL, Paris), Tierra y libertad para Arauco (Paris), Collectivo Paris Ayotzinapa, Comité de Solidaridad con los Indigenas de las Americas – Nitassinan ( CSIA – Nitassinan, Francia), Confederación Nacional del Trabajo (CNT, Francia), Fédéración SUD Educación (Francia), Unión sindical “Solidaires” (Francia), Alternativa libertaria (Francia), Espoir Chiapas / Esperanza Chiapas (Francia – Mexico), colectivo MutVitz13 (Marsella, Francia), colectivo « A toutes les victimes » (« A todas las victimas », Francia), colectivo « Urgence notre police assassine » (« Emergencia nuestra policía asesina », Francia)

Notes

[1] Sexta nationale et internationale, initiative lancée en 2005 par les zapatistes, pour créer un réseau planétaire de luttes depuis, par et pour « en bas a gauche ». voir : Sixième déclaration de la forêt LacandoneEux et nous : les regards et Eux et nous : la Sexta

ZYED ET BOUNA 10 ANS APRES : APPEL A MOBILISATION NATIONALE

Récemment mis à jour1

 

Appel à mobilisation nationale

Le 27 octobre 2005 à Clichy-Sous-Bois, une dizaine d’adolescents qui sortent du foot sont interpellés par la police et prennent la fuite par peur d’un contrôle. Pris en chasse par plusieurs voitures de la BAC, Zyed, Bouna et Muhittin se réfugient dans un transformateur EDF. Vingt minutes plus tard, Zyed et Bouna meurent électrocutés. Muhittin, gravement brûlé, parvient à prévenir les secours.

Le 18 mai prochain, la cour d’appel rendra publique sa décision au sujet des deux policiers mis en examen dans cette affaire. Inculpés au départ pour mise en danger délibérée, la justice ne retient plus aujourd’hui que la non-assistance à personne en danger pour les deux seuls policiers mis en cause.

Après dix ans de batailles judiciaires et une relaxe confirmée une première fois en appel, quelque soit le verdict il ne sera jamais pleinement satisfaisant. Dans de trop nombreux cas les policiers mis en cause bénéficient d’une impunité judiciaire et sont traités comme des citoyens au-dessus des lois (Amnesty International, avril 2009).

Insultes, contrôles d’identité abusifs, brimades, mutilations, autant de pratiques qui constituent une violence quotidienne. Ali Ziri, Abou Bakari Tandia, Mohammed Boukrourou, Lamine Dieng… Nous ne parlons pas ici d’accidents ou de bavures, mais d’une violence d’Etat dont la justice se fait complice. Faut-il s’étonner des révoltes dans les quartiers populaires ?

Le 18 mai nous ne nous tairons pas ! Ces combats ne s’arrêtent pas aux portes des Palais de justice. Dans la rue, la lutte se construit et la solidarité s’organise.

Des familles et des collectifs se retrouveront
devant la cité judiciaire de Rennes à 14H30.

En île-de France, rassemblement à 19H devant
le tribunal de Bobigny, lieu de tous les non-lieux.

Rassemblons-nous devant tous les tribunaux de France
à partir de 19h pour montrer que nous n’oublions pas !

Un site est ouvert : http://zyed-bouna-18-mai.com/
zyedbouna18mai@gmail.com

7 ANS POUR QUE LE STATUT DE VICTIME SOIT RECONNU A ZYED ET BOUNA

Plus de 7 ans après la mort de Bouna Traoré et Zyed Benna (électrocutés dans un transformateur à la suite d’une course-poursuite par la police le 27 Octobre 2005), la Cour de Cassation a annulé le non-lieu en faveur des policiers qui s’étaient lancés à la poursuite des adolescents.

Ainsi, tous les fonctionnaires de police présents le soir du drame devraient être renvoyés devant un tribunal courant 2013 avec en autre comme chef d’inculpation la « mise en danger délibéré des vies de Zyed et Bouna. »

Il  est enfin reconnu aux 2 enfants le statut de VICTIME et on entendra peut-être un peu moins fanfaronner l’avocat des policiers Me Bonnet qui ne cesse de répéter qu’il s’agit ici de « flicophobie » alors que les familles des victimes ne demandent qu’a croire en une justice qui tarde constamment dans ce genre d’affaires à se prononcer et à sanctionner les policiers.

« MIEUX VAUT TARD QUE JAMAIS » pour que justice soit rendue, c’est ainsi, avec sagesse, que le frère ainé de Bouna réagit face aux années de torture que l’état français leur a infligé.

Siyakha Traoré s’est dit soulagé : « (…) maintenant on va aller de l’avant. J’attends maintenant des explications, que tout le monde soit entendu et que la justice fasse son travail », « J’espérais… pour moi, ils ne sont pas morts pour rien, on doit leur rendre justice », a-t-il ajouté.

La décision de la Cour de Cassation a été une « joyeuse » surprise puisque la justice française ne cesse de rendre des non-lieux pour de nombreuses autres victimes :

- Récemment le Tribunal de Pontoise a ordonné un non-lieu en faveur des policiers qui ont étouffé Mr Ali Ziri (69 ans, à Argenteuil en juin 2009).

- Le Tribunal de Nanterre a ordonné un non-lieu en faveur des policiers qui ont tué Mr Mahamadou Maréga (tasé 16 fois, gazé, frappé par plusieurs policiers et étouffé dans l’ascenseur de son immeuble à Colombes en 2010).

Et ordonné un non-lieu en faveur des policiers impliqués dans la mort de Mr Abou Bakari Tandia (plongé dans le coma au commissariat de Courbevoie en 2004).

 Si cette décision se fait « historique », c’est donc parce qu’il est rare que des policiers soient reconnus coupables d’avoir ne serait-ce qu’entraîné la mort de personnes, même lorsque toutes les preuves vont à leur encontre comme dans les cas pré cités.

 En plus des contraintes que la justice fait subir aux familles des victimes ; en attendant d’éventuelles sanctions pour les auteurs de la mort de leurs proches, ils incombent aux familles  de se battre face à l’état et ses médias afin de rétablir la vérité sur les circonstances de la mort de leurs proches. C’est donc aussi un combat pour que la mémoire des personnes tuées ne soit pas salis.

Les familles de Bouna et Zyed prouvent que quel que soit la longueur du combat, il ne faut cesser de rabâcher sa vérité afin qu’elle soit entendue.

Témoignages de violences policières. Retour sur le week-end de resistance au Chefresnes

Je me suis fait tirée dessus par un flic.
J’ai 15 impacts de métal dans le corps et ils y resteront ; la jambe,
l’os du genoux, le vagin, le sein, le bras. Le nerf de mon bras droit a
été sectionné, on a du opérer. Dans un an peut être je retrouverai ses
capacités.

J’écris pour qu’ »on » ne puisse pas dire qu »on » ne savait pas. Qui veut
savoir sait.
J’écris pour qu’on arrête de nous censurer, frapper, enfermer, tuer
derrière une soit disant démocratie et un soit disant état de droit.
J’écris parce que je n’en peux plus qu’on renvoie les violences aux pays
lointains et pauvres en se décharge lâchement des questions
révolutionnaires qui se posent en tunisie, en lybie, en Egypte, en Syrie
… disant qu’en France c’est pas la même, qu’en France c’est différent,
et même pire…
Ecrire parce qu »à 20ans j’ai subie, vu et entendu trop de violences
policières derrière des vitrines de mensonges et de propagande marchande.
Écrire parce qu’il m’est insupportable de sentir cette boule d’angoisse
dans mon ventre quand je croise un flic, et ce brouillard de solitude et
d’impuissance face au système policier.
Écrire faute hurler que ça ne peut plus durer, et de prendre acte.
Ecrire parce que la liberté dans la civilisation occidentale est un
mensonges meurtrier.
Ecrire parce qu’il y a trop de silences et de mensonges sur la
répression, sur nos luttes, sur les dangers du nucléaire, entre autre,
sur la violence du système.

Cette fois-ci, ça s’est passé au Chefresne, une commune qui résiste à
l’implantation d’une ligne très haute tension de 170 km de long (cette
ligne participe à la création d’un gigantesque réseau de circulation
d’information mondial, avec non seulement vente d’électricité mais aussi
contrôle des populations et automatisation de leurs échanges avec
l’administration centrale. Le courant électrique sera produit par des
éoliennes en mer du Nord, par des centrales nucléaires comme l’EPR de
Flamanville, mais aussi mécaniquement par les trois réacteurs de
Tricastin qui sont maintenant libérés de l’alimentation électrique de
l’usine Eurodif qui a fermée ; http://antitht.noblogs.org/255 )
Mais je porte en mois bien des blessés, bien des morts, bien des non
dits, pas qu’en France, pas qu’ailleurs .
Je porte en moi des prisons pleines et je sais les impunités à répétions
pour les bourreaux légitimes.
Amin Bentounsi a été assasiné le 21 avril par balle, dans le dos, et
suite à ça des policiers manifestent armés, en uniforme, revendiquant le
droit de tuer en prevention.
Depuis leur mise en services le flash ball, les grenades assourdissantes
et celles de desenclerment ont fait beaucoup de blessés, des oeils
perdus, des plaies, des handicaps, des morts; personne n’a gagné devant
la justice.
Je sais des villes de plus en plus sécuritaires, un arsenal juridique de
plus en plus liberticide, le perfectionnement du contrôle de la
population en meme temps que celui des frontières.
J’écris parce que j’en ai marre qu’on me demmande si « ça va ». A ceux à
qui j’ai dit « oui », la politesse ou l’habitude.
bref.

Nous nous sommes fait tirés dessus sous des pylones THT qui pullulent
dans la campagne, dans un désastre mondial qui menace de péter à tout
moment et dans lequel on nous voudraient civilisé, passif. Nous, à
force, dépossédés de presque tout; de notre histoire, de son sens, du
langage, de l’information, de nos corps, de nos désirs, de notre temps,
de nos vies. Alors qu’on nous voudraient inoffensifs, craintifs, non
violents, je ne veux pas qu’on me parle comme à « la malade », qu’on
m’infantilise, qu’on me plaigne. J’ai besoin qu’on prenne soin des uns
des autres, pour durer, j’ai besoin qu’on riposte aussi. J’ai besoin,
pour guérir, d’un système sans flics, sans pouvoir.
Oui, tenons compte des dégâts d’un fragment de guerre sociale explicite,
de son lot de douleurs et de violence, mais n’abandonne pas, organisons
nous. Ce qui ne tue pas rend plus fort parait-il, à condition de ne pas
se mentir.

Vous voulez des détails? Les mass-médias sont venus dans ma chambre
d’hôpital avant l’opération. Un médecin généraliste, présent sur le
camps, avait témoigné des violences policières et de l’utilisation
d’armes de guerre ( grenades de Dé-encerclement, grenade
assourdissantes, gaz lacrymogène, matraque…) laissant de nombreux
blessés. Il avait été formidable sur le camps mais là il arrivait géné ;
les mouches à merde du pouvoir, autrement dit les journalistes,
voulaient filmer les impacts de métal dans les corps pour diffuser le
témoignage. Pas d’image, pas de parole, c’était leur chantage. Ils
restèrent une heure dans la chambre, tentant de se défendre de la
bassesse de leur journaux (voir les revues de presse sur :
http://www.percysoustension.fr )et de leur démarche.
En voyant, sans surprise, ce qui en sort, un rectificatif s’impose.

L’avancée des travaux de la ligne rend plus qu’urgente et nécessaire une
résistance concrète et de terminée sur les infrastructures.
« Il est maintenant évident et nécessaire, vu ce que nous imposent les
pylônes dressés sur nos terres, que beaucoup de personnes sentent
l’envie en eux d’agir directement contre ce maillon faible de
l’industrie nucléaire vu l’inacceptable répression des opposants, les
droits fondamentaux des personnes bafoués, les humiliations qu’inflige
RTE à la population. » (extrait de l’appel tous au chefrenes, wk de
resistance; http://www.stop-tht.org/)

Ces lignes participent à la dépossession de nos vies et s’imposent avec
la même arrogance et le même fascisme que l’aéroport à Notre Dame des
Lande, le tgv entre Lyon et Turin, la centrale à gaz au Finistère, les
éco-quartiers dans nos villes gentrifiées ou encore que les prisons à
visages humains, belle image de l’hypocrisie du merdier actuel.
Alors d’où vient la violence?

On le sait et on peut s’en indigner après coups, mais il est important
de le rappeller : les appels publiques de rencontres ou d’action
entrainent inévitablement un énorme déploiement du dispositif policier:
Occupation policière et militaire du territoire, contrôle et fouilles de
ceux qui y passent, surveillance (hélicoptères, dispositif d’écoute),
renforts entrainés au terrain ( dans le cas du Chefresne, la spig, les
garde mobile de blain, entrainé sur la lutte de notre dame des landes).
ILs étaient plus de 500 armés sous les pressions d’une préfecture
traumatisée par Valognes (ou la perte de la maitrise d’un territoire.)
Leur volonté semble clair : casser le mouvement, faire mal, physiquement
et moralement.

Alors que les mass-media construisent méticuleusement la figure du
dangereux radical qui veut en finir (avec on ne sait quoi) et qui vient
de loin pour ça ( figure menaçante et complètement dépolitisée), ils
passent sous silence les luttes et la répression croissante qu’elles
subissent. Un territoire qui résiste est souvent occupé militairement,
comme on le voit au Chefresne, à Notre Dame des Landes ou encore au Val
de Suse; Sur fond d’expropriation, d’expulsions se déroulent
quotidiennement les pressions psychologiques, financières, judiciaires
et policières. Derrière la soit disant liberté de penser: l’interdiction
d’agir. On nous tanne d’être non violent sous une violence croissante.

Le 24 juin, une manifestation est partie vers le château d’eau, lieu de
rencontres et de résistances, expulsé le mercredi 20 juin. Un autre
cortège, dont je faisait partie, est allé en direction des pylônes (deux
debout et un encore au sol). Il est difficile de dire s’il faut
définitivement abandonner toute action de masse annoncée, si c’était un
casse pipe d’aller à ce qui ne serait qu’affrontement anticipé par des
flics mieux équipés, de se dire que la peur l’envie d’annuler était
presente la veille et le matin et qu’elle était peut être sagesse. Il
semble important de questionner nos mode de prise de descision dans des
moments d’urgence et de « spectacle » comme celui-ci. « La marche pour
l’honneur » mentionné dans un retour (lien ci dessus) laisse un triste
arrière gout de ces armées de déja-vaincus avançant vers leur perte.
Etre transversales, imprévisibles, inattendus pour ne pas devoir devenir
force militaire… Un ami me dit après coup  » cette fois encore on est pas
passé loin de la mort, un d’entre nous aurait pu y rester ».
Dans la campagne grise de gaz nous n’avions pas le rapport de force ou
l’intelligence nécessaire pour ne pas se faire repousser assez
rapidement et violemment vers le camp. On entendait des détonations, des
cris et sur la dernière charge les regards que je croisais étaient
effrayés ou souffrants. Les lignes de flics, en entendant « il y a des
blessés, du calme » se sont mis a charger en gueulant et tirant. Après
avoir eu l’impression de bruler, j’ai eu celle de perde mon bras, puis
la peur qu’ils nous tirent dans le dos ou qu’ils arrêtent. Quelqu’un m’a
saisit et m’a sortie de là.
A ceux qui disent que la guerre est finie, je leur dis qu’elle est
latente, cachée, mais qu’on peut compter nos morts, pour ne pas les
oublier. Un opposant est passé il y a quelque années sous un train
castor qu’il a voulu bloquer en s’enchainant sur la voie. D’autres y ont
laissé leur tendons, brulé par la disque use des flics qui voulaient les
enlever, d’autres … la liste est incomplète. Combien de morts par le
nucléaire, de Hiroshima à Fukushima en passant par ceux qu’on cache chez
nous, combien de tonnes de déchets qui s’entassent, combien d’irradiés,
et combien de faux débats démocratiques?

Là, c’était une tente médic pleine de blessés. Tristement mais
efficacement les gestes et les réflexes se mettent en place : soigner
dans l’urgence, maitriser sa douleur et accompagner celle des autres,
évacuer malgré les barrages de polices, éviter celui qui bloquaient
l’accès à l’hopital de st Lo, attendre deseperement les pompiers
bloqués, subir la réquisition d’un de leurs véhicules pour évacuer un
policier égratigné au détriment d’une fille risquant de perdre la vue …

En arrivant à l’hopital, je raconte tous ça en montrant mon corps
mutilé. On s’indigne, on s’énerve, on déplore dans le service
hospitalier pas familier des violences policière de la France de 2012.
Certains auraient voulu aller à la manifestation mais travaillaient,
certains m’ont dit en levant le poing de continuer la lutte, d’autres
n’en revenait pas, quelqu’un m’a dit « nous avons fait la guerre en
Normandie, on sait ce que c’est ». J’ai au téléphone un responsable de
l’accessibilité des soins de l’hôpital de st Lo ( par rapport au
barrage, deux fourgons et une lignes de garde mobile sur la route-sur la
voie d’accès au CHU). Je répète, je dis que les pompiers n’arrivent pas
à accéder au camp, il me répond qu’il fait ce qu’il peut. Il ajoute
surtout qu’il reçoit, depuis le matin, des pressions de la préfecture
pour avoir le nom et la nature des lésions des blessés du Chefresne. Il
m’assure que le secret médical ne permet aucune fuite. Je lui dit de
tenir face aux pressions et je le remercie pour cela.

Je serai transférée et opérée. Je vous passe les moments où, dans cette
chambre, j’ai eu l’impression d’être en taule ou que j’ai craint
l’arrivée des flics, les moments où l’étonnement des gens me donnait
envie de leur dire mais ouvre les yeux et informe toi, l’inquiétude pour
ceux resté au camps, l’envie de parler avec tous ceux qui ont vécu ce
moment, l’envie de dire que je n’en veux qu’aux flics, l’envie de casser
la télé ou d’occuper le plateau au moment des infos régionales…

Je sais juste qu’un moment me hante; cette heure entière où, mon bras
anesthésié dans la salle d’attente du bloc opératoire, je n’ai pu
m’empêcher et m’arrêter de pleurer. Pas que mon bras, pas que ces
éclats, pas que le stress, mais la détresse de se savoir partie prenante
d’une guerre pacifiée et dont les raisons comme les conséquences ne
resteront connus que d’un petit nombre de camarades, noyées dans une
indifférence générale.

J’ai une grosse question dans la gorge, que faire maintenant par rapport
à cette violence policière. Je sais que je n’ai rien à attendre de cette
justice de classe sinon une tribune ou une médiatisation du problème. Et
encore. Je la sais quotidienne cette violence. Je nous sais nombreux
enragés. Je nous sais un peu seuls et démunis aussi.
Déjà j’en profite pour affirmer que ce n’est pas être violent que
d’aller avec casque masque à gaz et protection en manifestation, c’est
la condition de notre survie physique.
Ensuite qu’il nous faudra être plus intelligents que la police, que leur
juges, que leur infiltrés, que leur système de contrôle.
Et pour finir que j’aimerai bien qu’on ne laisse pas faire parce que
l’on sait, car « qui ça étonne encore », les violences policières sont
entrées dans la réalité et la banalité du politique.
Amal Bentounsi appelait à un mouvement national contre le permis de tuer
pour la police, j’appelle à une insurrection internationale contre la
police, ce qu’elle nous inflige, contre ce qu’elle défend, contre ceux à
qui elle sert.
C’est facile d’écrire mais on ne sait jamais que ça soit lu.

Avancer en ayant oublié sa tête c’est revenir en ayant perdu un bras.

http://nantes.indymedia.org/article/25907