VÉRITÉ ET JUSTICE POUR HAKIM AJIMI !

VÉRITÉ ET JUSTICE POUR HAKIM AJIMI !

STOP AUX VIOLENCES POLICIERES !

Le 9 mai 2008, en plein jour et en plein centre ville de Grasse (Alpes-Maritimes), Abdelhakim Ajimi est mort suite à son interpellation par la police. Il avait 22 ans.

Interpellé dans la rue après une altercation avec le Directeur de sa banque, Hakim rentrait chez lui. Il n’était ni armé, ni dangereux, ni menaçant. Deux agents de la Brigade Anti-Criminalité interviennent d’abord. Hakim refuse de les suivre au commissariat. Il est rapidement maîtrisé. D’autres policiers municipaux et nationaux arrivent progressivement en renfort. Pieds et poings menottés, Hakim est maintenu au sol, face contre terre. Devant une vingtaine de témoins, il subit pendant 15 à 20 minutes une clé d’étranglement associée à une violente compression thoracique et à de violents coups au visage. Il est ensuite « jeté » à l’arrière d’un véhicule de Police Secours qui le transporte jusqu’au Commissariat. Lorsque le véhicule démarre, Hakim semble déjà inconscient. La majorité des témoins attestent qu’il était inanimé et avait le visage violet. En arrivant au Commissariat, les policiers tentent de le réanimer, en vain. Hakim était mort.

Au total, ce sont 11 fonctionnaires de police qui sont impliqués dans la mort de Hakim !

Rien n’a pu arrêter la machine infernale ! Pas même les passants qui tentèrent d’intervenir ou la présence des pompiers sur les lieux.

Le rapport d’autopsie et l’expertise complémentaire indiquent que le décès résulte d’une « asphyxie mécanique lente avec privation prolongée d’oxygène ». Les médecins concluent à « une mort lente et extrêmement douloureuse ».

Malgré les conclusions irréfutables de l’expertise et les 20 témoignages, les juges d’instruction ont accordé le 11 décembre 2008 le statut de Témoins assistés aux deux agents de la BAC, alors que 5 des policiers municipaux et nationaux étaient mis en examen pour non assistance à personne en péril.

La famille, son avocat et le Procureur de la République ont alors fait plusieurs recours devant la Cours d’Appel d’Aix-en-Provence, qui, le 22 octobre 2009, a rejeté une partie des requêtes (dont la demande de reconstitution des faits en présence des témoins), mais a ordonné un supplément d’information « aux fins de mise en examen » des deux policiers.

Le 12 avril 2010, la Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité saisie par deux sénatrices (Nicole Borvo et Alima Boumediene-Thiery) en 2008 a rendu un avis parfaitement accablant :

Le maintien de la clé d’étranglement alors que Hakim était déjà entravé constitue un « usage de la force devenu sans justification ». L’interpellation a donné lieu à un « abus de l’usage de la force manifeste ». L’état de détresse de Hakim au moment de son transport au commissariat était manifeste et les policiers qui l’ont transporté « sans se soucier de son état ont fait preuve d’inhumanité ». La CNDS recommande des « sanctions disciplinaires » à l’encontre des deux agents de la BAC, d’un des policiers municipaux et aux quatre membres de l’équipage de police secours pour « manquements aux articles 8, 9 et 10 du code de déontologie de la police ».

Mais les juges instruisent toujours à décharge !

Ignorant les récits des 20 témoins oculaires, les conclusions des 3 expertises médicales, les procès verbaux des agents de la BAC et de la police qui ne démentent ni la durée de l’étranglement ni l’inertie du corps au moment de son transfert au commissariat. Faisant fi de l’avis et des recommandations de la Commission Nationale de déontologie de la Sécurité. Méprisant la requête du procureur de la République et l’ordonnance de la chambre d’instruction d’Aix-en-Provence qui réclament la mise en examen des 2 policiers pour « homicide involontaire et non assistance à personne en péril », le 5 mai 2010, les deux juges d’instruction du tribunal de Grande Instance de Grasse, Catherine Bonnici et Sandrine André, ont concluent l’instruction judiciaire par un NON-LIEU pour les deux agents de la BAC. Un policier municipal et les quatre agents de Police Secours sont toujours poursuivis pour non assistance à personne en péril.

La procédure d’appel portée devant la Cour d’Aix en Provence par l’avocat de la famille et le Procureur de la République a été relancée immédiatement après l’annonce de non-lieu.

Elle a délibéré jeudi 23 septembre 2010. Suivant la demande adressée par les deux avocats de la famille Ajimi, le Président de la Cour d’appel a ordonné le renvoi devant le tribunal
correctionnel de Grasse des deux agents de la BAC responsables de l’interpellation policière qui a coûté la vie à Hakim Ajimi. Sont donc appelés à comparaître J.-M. Moinier pour homicide involontaire d’une part, W. Lebeaupin pour homicide involontaire et non assistance à personne en péril d’autre part. La date de comparution, fixée par le Procureur de la République, sera communiquée prochainement. Les agents de la BAC rejoignent ainsi, après deux ans et demi de mobilisation, les cinq autres agents de police nationale et municipale qui sont toujours mis en examen pour non-assistance à personne en péril.

La mobilisation ne cèdera pas !

Dès l’annonce du décès de Hakim, une manifestation spontanée a eu lieu dans les rues de Grasse et un Comité de soutien Justice pour Hakim s’est constitué. Depuis deux ans, la mobilisation de la famille, des proches, du Comité, des Associations et des citoyen-ne-s ne s’est pas relâchée : multiples rassemblements et manifestations, pétitions, tirage de 5000 cartes postales, interpellation des responsables politiques, organisation d’un Forum à Grasse avec l’aide du collectif « Police personne ne bouge » et du Forum social des quartiers populaires, etc…

Jusqu’à présent, la mobilisation a porté ses fruits et a enfin conduit les principaux responsables de la mort de Hakim devant le tribunal correctionnel. Même s’ils risquent seulement des peines allant de 3 à 5 ans d’emprisonnement, nous irons jusqu’au bout pour que justice soit rendue à Hakim ! Mobilisons-nous partout et ensemble pour que justice soit rendue à toutes les victimes des violences policières et pour que leur auteurs soient condamnés !

Comité de Soutien pour Hakim Ajimi