Assassinat d’Ali Ziri : ce qu’en dis la justice française

Ils attendaient depuis cinq ans que le procès leur rende justice. La cour d’appel de Rennes a douché leurs espoirs.
*Sur les réseaux sociaux, les internautes n’hésitent pas à comparer cette affaire à celle de Fergusson.*

C. Taubira avait vivement réagi via Twitter sur l’affaire Fergusson aux Etats-Unis. Pour le moment, aucun commentaire de la ministre de la Justice française sur le non-lieu prononcé dans l’affaire Ali Ziri», s’indigne sur sa page facebook un écrivain d’origine algérienne. C’est un nouveau coup dur pour les proches d’Ali Ziri. La cour d’appel de Rennes a opposé un nouveau revers judiciaire à la famille de ce retraité algérien de 69 ans, mort après un contrôle de police en juin 2009 à Argenteuil (Val-d’Oise).

La contre-expertise relève des hématomes suspects. Ali Ziri avait été interpellé le soir du 9 juin 2009 avec un ami, Arezki Kerfali, 60 ans, à bord d’un véhicule que ce dernier conduisait. Fortement alcoolisés, les deux hommes avaient été transportés au commissariat d’Argenteuil et placés en garde à vue. Ali Ziri, tombé dans le coma, est mort deux jours plus tard à l’hôpital d’Argenteuil. Une première autopsie avait conclu que des problèmes cardiaques et l’alcoolémie sont les causes du décès. Mais une contre-expertise avait révélé la présence d’une vingtaine d’hématomes, dont certains larges de 17 cm.

Des hématomes que la chambre d’instruction de la cour d’appel de Rennes a choisi d’ignorer. Elle a estimé dans son arrêt qu’ en l’état des «conclusions et hypothèses divergentes (…), il n’est pas possible de retenir une cause certaine de la mort d’Ali Ziri». La chambre ajoute que «les policiers n’ont fait usage que de la force strictement nécessaire» pour maîtriser les retraités.

«Aucune faute, volontaire ou involontaire, ne peut être relevée à leur encontre.» In extenso : «Dans un arrêt longuement motivé, la chambre de l’instruction a, en premier lieu, relevé que les expertises avaient établi que les hématomes constatés sur le corps d’Ali Ziri n’étaient pas à l’origine du décès, qui résulte de la conjugaison d’une pluralité de causes, parmi lesquelles une pathologie cardiaque préexistante et un état d’alcoolisation important.

Ni la méthode utilisée par la police nationale pour extraire Ali Ziri du véhicule à l’arrivée au commissariat, ni son dépôt allongé à même le sol, menotté dans le dos, dans une salle d’audition, critiqués par la commission nationale de déontologie et de sécurité, ne sont la cause de son décès. La chambre de l’instruction observe en outre qu’il n’existe aucun élément permettant de supposer qu’à un moment ou à un autre des coups auraient été portés volontairement par les forces de l’ordre sur la personne d’Ali Ziri.»
Très mécontente de ce verdict, la famille d’Ali Ziri envisage de se pourvoir en cassation. Elle y voit une justice à deux vitesses.

Rémi Yacine
source : http://www.elwatan.com/hebdo/france/affaire-ali-ziri-revers-pour-les-proches-17-12-2014-281898_155.php

( titre modifié par les admins du site )

Un procès neuf ans après la mort de Zyed et Bouna

Le 27 octobre 2005, Bouna, 15 ans, et Zyed, 17 ans, mouraient électrocutés dans un transformateur EDF à Clichy-sous-Bois. (..) Les deux jeunes gens avaient fui à la vue des forces de l’ordre. Poursuivis, ils s’étaient réfugiés près d’une grosse turbine sur le terrain d’un transformateur EDF, un lieu extrêmement dangereux.
Seul leur ami Muhittin Altun, grièvement blessé, était sorti vivant du site.

Neuf ans après ce drame à l’origine des émeutes de 2005, un procès va enfin avoir lieu cette année à Rennes (Ille-et-Vilaine). En septembre dernier, après moult rebondissements judiciaires, la cour d’appel de Rennes, saisie par la Cour de cassation, a en effet estimé que les deux policiers en cause — l’un se trouvait sur place au moment des faits et l’autre au standard du commissariat — devaient être jugés pour « non-assistance à personne en danger ». On leur reproche de n’avoir pas tout fait pour sauver les adolescents.


Source : Le Parisien en date du 06.01.2014

http://www.leparisien.fr/espace-premium/seine-saint-denis-93/un-proces-neuf-ans-apres-la-mort-de-zyed-et-bouna-06-01-2014-3464923.php

«J’ai pris un tir de flash-ball en pleine tête»

Samedi, vers 19h30, Mohammad Abatahi, 37 ans, se promenait quand il est tombé sur les heurts entre policiers et militants en marge de la manifestation contre la loi Loppsi 2. Il assure avoir été touché par un tir de flash ball en pleine tête. Blessé, il a porté plainte.

«Vers 19h30, je descendais la rue Le Bastard pour aller manger sur les quais, quand je suis tombé sur la manifestation, témoigne Mohammad Abatahi, 37 ans, interrogé par Le Mensuel ce mercredi.

Il y avait beaucoup de policiers. J’ai voulu éviter de traverser la place de la mairie, justement pour ne pas prendre un coup ou une cannette de bière qui volait… J’ai donc décidé de prendre la rue en direction de la place du parlement, afin d’emprunter le passage derrière l’opéra de Rennes. Je n’ai pas eu le temps d’aller jusque là. À hauteur des Vélos star, j’ai entendu une détonation et après je ne me souviens plus de rien. Je suis resté inconscient peut être … 15 secondes.

Quand je me suis réveillé, j’étais allongé par terre, la tête en sang, avec des douleurs dans tout le corps. La balle était à côté de moi. Un jeune homme est venu à mon chevet, il m’a donné des mouchoirs pour essuyer le sang qui coulait sur mon visage. Il m’a aidé à me relever et m’a emmené chez les pompiers de la caserne Saint-Georges. Eux m’ont transporté à l’hôpital. On m’a fait 13 points de suture sur le front, entre les deux yeux. Je suis reparti de l’hôpital à une heure du matin. J’ai déposé plainte dès le lendemain après-midi pour violence volontaire. Au départ, les policiers ne m’ont pas pris au sérieux. Mais quand j’ai sorti la balle, ils ont appelé à droite à gauche. Le commissaire est descendu. Les policiers devaient prendre mon visage en photo, mais ils ne l’ont pas fait.

Ce que je voudrais savoir, c’est comment un flash-ball peut-il faire autant de dégâts. À quelle distance de moi le policier se tenait-il ? Pour faire autant de dégâts, j’espère qu’il était à moins de 20 m ! Car si ce tir a été fait à plus de 80 m, cela veut dire que cette arme est extrêmement dangereuse. Comment un policier peut-il tirer en pleine tête ? En plus, j’ai su par la suite que la balle qui m’est arrivée dans la tête est un nouveau modèle. Elle est aux ¾ en caoutchouc, et le reste en fer… J’ai un arrêt de travail de six jours. Et depuis, je souffre atrocement. J’ai des affreuses douleurs à la tête.»
Suite à sa plainte, le parquet de Rennes a décidé de confier l’enquête à la sûreté départementale. L’Inspection générale de la police nationale n’a pas été saisie (IGPN).

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Leur presse (Le Mensuel de Rennes), 22 décembre.

Plainte suite à la manif anti-Loppsi à Rennes

Heurts samedi place de la Mairie : une plainte déposée pour violence
Un jeune homme a déposé une plainte dimanche en fin d’après-midi pour violence volontaire, suite aux violents heurts qui se sont déroulés, samedi soir, place de la Mairie, entre des policiers et des manifestants contre la loi Loppsi 2.

Dans une interview diffusée sur France 3, le plaignant dit avoir été victime d’un tir de flash-ball à la tête ayant nécessité 13 points de suture. Il affirme qu’il passait sur la place par hasard. «Ça a chargé. J’ai entendu une première détonation et je me suis retrouvé à terre», témoigne t-il.

La police confirme qu’une plainte a bien été déposée, dimanche. Le parquet a décidé de confier l’enquête à la Surêté départementale du commissariat.

Leur presse (Ouest-France), 22 décembre 2010.