Procès pour la justice pour Zyed et Bouna- 10 ans après: décision attendue le 18 mai

Photo géante de Zyed et Bouna, les deux adolescents morts électrocutés dans un transformateur le 27 octobre 2005, exposée à Clichy-sous-Bois, le 4 novembre 2006.

Le « procès de Clichy-sous-Bois » s’est achevé vendredi 20 mars avec les plaidoiries de la défense. Le tribunal correctionnel de Rennes, devant lequel ont comparu pendant cinq jours deux policiers pour non-assistance à personne en danger après le drame qui a coûté la vie aux adolescents Zyed et Bouna en 2005, rendra sa décision le 18 mai.

Le ministère public, après dix années de procédures judiciaires, a requis jeudi la relaxe des deux policiers à l’issue de ce procès, mais les avocats des parties civiles ont réclamé une condamnation. Les deux fonctionnaires encourent jusqu’à cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende.

Me Daniel Merchat, avocat des policiers, a pointé du doigt vendredi, lors du dernier jour d’audience, l’absence d’éléments à charge contre ses clients et a demandé leur relaxe. « Vous prononcerez la relaxe parce que, dix ans, ça suffit. Les éléments constitutifs de l’infraction ne sont pas réunis, l’instruction n’a pas réuni suffisamment de charges », a-t-il affirmé à l’issue de sa plaidoirie d’un peu plus d’une heure.

Lire le post de blog : Zyed et Bouna : dix ans de colère à la barre

« Dialogue de sourds »

« Nous respecterons la décision » de la cour, a pour sa part affirmé l’un des avocats des parties civiles, Me Jean-Pierre Mignard. « Nous sommes restés sur le même dialogue de sourds » lors des débats, a-t-il néanmoins regretté. La décision du tribunal, « s’il reconnaît la responsabilité, pour nous c’est le plus important », a-t-il ajouté.

Partis se cacher dans une installation électrique, Bouna Traoré, 15 ans, et Zyed Benna, 17 ans, sont morts électrocutés le 27 octobre 2005. Ils s’étaient cachés là avec leur camarade Muhittin Altun, 17 ans, seul rescapé mais grièvement blessé, se croyant encore poursuivis par la police, selon ses explications. Cette affaire avait provoqué en 2005 trois semaines d’émeutes dans les banlieues françaises.

Source : http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/03/20/mort-de-zyed-et-bouna-decision-attendue-le-18-mai_4598004_3224.html#X0SdhivoZ06JrgD2.99

Mort de Lahoucine : Deux ans et toujours pas de changement !

La police a assassiné le fils du mineur !

Pour se souvenir et rendre hommage !

Pour exiger vérité et justice !

Pour obliger la juge à organiser une reconstitution !

Manifestons le 14 mars 2015 à 14h30 au départ de la rue Lassigny à Montigny-en-Gohelle* (Fosse 7)
Covoiturage depuis Lille : 13h15 devant l’Insoumise

DEUX ANS ET TOUJOURS PAS DE CHANGEMENT !
Le 28 mars 2013, à Montigny-en-Gohelle (62), Lahoucine Ait Omghar est tué dans sa rue de 5 balles par la police. C’est le troisième jeune de ce quartier abattu par des policiers. Comme d’habitude, les flics se cachent derrière la légitime défense et les médias salissent la mémoire des victimes, alors qu’une fois encore, un jeune issu d’un quartier populaire est assassiné. Comme toujours, les familles restent seules face au silence de la justice et de l’État.

Le jeudi 19 mars aura lieu une décision importante concernant le dossier de Lahoucine. En effet la juge d’instruction a refusé une reconstitution et veut clôturer le dossier, alors que dans presque tous les cas quand il y a homicide, il y a reconstitution.

Pourquoi ce refus ? Y a-t-il quelque chose à cacher ?

Pour soutenir la famille et pour montrer que nous exigeons la vérité sur la mort de Lahoucine, soyons nombreux et nombreuses !

Et n’oublions pas les autres tombés aussi sous les coups et les balles de la police :

Riad Hamlaoui (2000, Lille)

Hakim Djelassi (2009, Lille)

Ali Ziri (2009, Argentueil)

Wissam Al Yamni (2012, Clermont Ferrand)

Amine Bentounsi (2012, Noisy-le-Sec)

Rémi Fraisse (2014, Sivens)

Bertrand Nzohabonayo (2014, Joué-les-Tours)

Pour plus d’infos:

http://labrique.net/numeros/numero-35-avril-mai-2013/article/la-p…

https://linsoumiselille.wordpress.com/2013/06/15/rencontrediscuss…

Source : https://luttennord.wordpress.com/2015/03/09/mort-de-lahoucine-deux-ans-et-toujours-pas-de-changement/

Mohamed Boukrourou meurt dans un fourgon de police

Sa famille a relevé des bleus sur son visage et une lèvre éclatée après sa mort, alors qu’il avait été arrêté dans une pharmacie.

Le 13 novembre 2009 à Valentigney, Mohamed Boukrourou, 41 ans, se rendait dans une pharmacie pour acheter des médicaments. En fin d’après-midi, il était déclaré mort. Dans quelles conditions ? Comment, à la suite de quel enchaînement fatal un homme parti pour acheter de quoi se soigner avait-il pu mourir dans la même journée ?

Son passage à la pharmacie avait, semble-t-il, donné lieu à un échange tendu avec le pharmacien. Mohamed Boukrourou protestait contre la qualité des médicaments qui lui avaient été remis. Et le pharmacien inquiet de « l’état d’énervement extrême » de ce client avait appelé la police. C’est ainsi que Mohamed Boukrourou, entré de son plein gré dans la pharmacie, avait par la suite été traîné dans un fourgon par des policiers. L’interpellation s’était mal passée, sans que l’on sache au juste pour quelle raison : victime d’un arrêt respiratoire dans le véhicule de police, l’homme avait été reconduit dans la pharmacie. C’est là que son décès devait être constaté, ce 13 novembre, à 18h05.

Ce que dit l’autopsie

Une information judiciaire a été ouverte par le parquet de Montbéliard pour « recherche des causes de la mort« . D’après l’autopsie, dont les résultats ont été dévoilés par le parquet, la victime est décédée suite à une « conjonction d’une altération vasculaire cardiaque et d’un stress aigu« . Des explications qui ne satisfont pas la famille, qui a saisi le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples). Et l’association a annoncé qu’elle se porterait partie civile dans cette affaire. L’organisation « s’associe à la famille pour demander que toute la vérité soit faite sur les circonstances de la mort de Monsieur Mohamed Boukrourou » et « condamne les méthodes d’interpellation« , selon son communiqué.

La famille de la victime avait déclaré qu’à l’occasion de la toilette mortuaire du défunt, « des bleus sur le visage et une lèvre éclatée » avaient été constatés. Des témoins ont affirmé que les policiers se seraient « assis sur le corps de Monsieur Boukrourou« , ce qui aurait entraîné une détresse respiratoire, selon le MRAP. Du côté du parquet pourtant, on dément toute violence policière. Selon le procureur de Montbéliard, les fameuses marques évoquant des violences seraient dues à l’autopsie et au frottement sur le sol du visage de Mohamed Boukrourou lors de l’interpellation, éliminant « toute hypothèse de coups« .

Pour le MRAP, les doutes sont loin d’être levés. « Une fois de plus, de fortes interrogations se posent quant aux causes d’une violente interpellation policière, disproportionnée à l’encontre d’un homme seul et sans problème« , souligne l’association. Qui commente : « Ce qui est certain, c’est qu’aujourd’hui, deux petites filles pleurent leur papa parce qu’il a refusé des médicaments génériques« .