Un mois avant les JO, la police de Rio épinglée pour des exécutions sommaires

Alors que les Jeux Olympiques d’été s’ouvriront ce 5 août à Rio, un rapport de l’ONG Human Rights Watch révèle les exactions de la police de cet Etat du Brésil. Les exécutions sommaires y seraient devenues monnaie courante.
Des policiers de Rio en opération. Felipe Dana/AP/SIPA

La police brésilienne tue. Alors que l’Etat de Rio de Janeiro va accueillir au mois d’août les Jeux Olympiques d’été, un rapport récemment publié par l’ONG Human Rights Watch (HRW) révèle les agissements douteux de la police de Rio. Selon les travaux de l’ONG, ses policiers auraient tués au moins 645 personnes en 2015 et plus de 8.000 en dix ans !

Selon HRW, plusieurs décès seraient dus à des exécutions sommaires maquillées en cas de légitime défense. L’ONG a dénombré 64 cas ces huit dernières années impliquant la mort de 116 personnes dont 24 enfants. « La violence est un vrai problème à Rio mais exécuter des criminels suspects n’est pas la réponse », a déclaré Maria Laura Canineu, la directrice de HRW au Brésil. Dans un clip vidéo réalisé par l’organisation, on voit ainsi des policiers tirer sur deux adolescents désarmés. L’un est tué sur le coup, l’autre gravement blessé.

A l’appui de son rapport, l’ONG a recuilli les confessions d’une trentaine de policiers, sous le sceau de l’anonymat. Et pour cause,« ils [les policiers mis en cause] n’hésiteraient pas une seconde pour me tuer moi ou ma famille », confie l’un d’entre eux. Leurs témoignages font froid dans le dos.

Eliminer les dealers présumés plutôt que de les arrêter

« Danilo », un nom d’emprunt, affecté juste après l’obtention de son diplôme dans un des quartiers les plus chauds de Rio, explique la doctrine de sa hiérarchie :  »Tuer une personne suspectée d’être membre d’un gang était considéré comme une bonne performance par mes supérieurs. » Et de raconter que l’objectif d’un grand nombre d’opérations était d’éliminer les dealers présumés plutôt que de les arrêter. Pis, certains de ses collègues kidnappaient des trafiquants pour mettre la main sur l’argent de la drogue puis les tuaient froidement. « Je n’ai pas rapporté ce qui se passait parce que j’avais peur d’être tué moi-même. Ces gens n’ont pas de scrupules », explique-t-il avant de conclure qu’à Rio de Jainero,  »le bon flic a peur ». 

Plusieurs de ces éxecutions auraient été maquillées pour faire croire à des situations de légitime défense. Dans le clip de HRW, on voit ainsi des policiers placer une arme dans la main d’une personne à terre, visiblement touchée par un tir. Le procureur général de l’Etat de Rio, Marfan Martins Vieira, a déclaré à l’ONG qu’un grand pourcentage des tirs déclarés par la police ces dernières années ont été  »simulés », admettant que son service n’a dénoncé qu’un « très petit nombre » de meurtres commis par la police.  Le rapport relève aussi que les trois quarts des victimes sont noires.

source : http://www.marianne.net/mois-les-jo-police-rio-epinglee-executions-sommaires-100244446.html

( Etats-Unis ) Indignation après la mort d’Alton Sterling, un Noir abattu par un policier américain

 

Sur ce document, ne montrant pas toute la séquence des faits, l’homme semble refuser d’obtempérer aux policiers, qui lui ordonnent de se mettre au sol. L’un des agents le plaque alors, son collègue l’aidant à tenter de le maîtriser par terre. « Il est armé! », entend-on quelqu’un crier. Les deux policiers dégainent alors leur arme et plusieurs détonations retentissent.Comme le confirme la page Facebook des autorités de Baton Rouge, l’un des deux officiers présents a tiré plusieurs balles, infligeant des blessures fatales à Alton Sterling, 37 ans. L’homme vendait des CD sur le parking d’un supermarché avant d’être appréhendé.Les policiers ont été mis en congé administratif le temps qu’une enquête interne soit menée, tandis que les autorités fédérales américaines vont ouvrir une enquête. « Le principal organe chargé de l’enquête sera la division des droits civiques du ministère de la Justice, assistée du bureau du procureur de la Louisiane et du FBI », a déclaré le gouverneur de l’Etat de Louisiane en conférence de presse.Les tirs ont eu lieu à 00h35, mardi (heure locale). La police avait été appelée sur les lieux après un appel anonyme d’une personne disant qu’elle avait été menacée par un homme ayant un pistolet, selon un communiqué des forces de l’ordre. »Une altercation a suivi entre Sterling et les agents. Sterling a été abattu au cours de l’altercation et est décédé sur place », a écrit la police sur Facebook. Les deux agents ont été suspendus temporairement, conformément à « la procédure en vigueur », a précisé la police.La mort de Sterling a soulevé une vague d’indignation sur twitter et dans les rues de Baton Rouge, ou des manifestations spontanées ont éclaté pendant la nuit. Parmi les phrases reprises par les manifestations, le célèbre « Hands up, don’t shoot » en référence à l’histoire de Michael Brown, un jeune noir américain dont la mort avait provoqué d’importantes manifestations dans la ville de Ferguson (Missouri).La mort d’Alton Sterling est un « lynchage légal. La justice doit l’emporter. #Outré », s’est indigné le révérend Jesse Jackson, célèbre militant américain pour les droits civiques, dans le tweet ci-dessous:

Un élu démocrate du Congrès représentant un district de la Louisiane, Cedric Richmond, a lui appelé le ministère de la Justice à mener une enquête « complète et transparente » dans un communiqué. »Il n’a même pas eu une chance », s’est désolée mercredi la tante d’Alton Sterling, Sandra Sterling, sur CNN.« Si cette personne n’avait pas été là pour filmer cette vidéo sur un téléphone portable, on ne saurait rien aujourd’hui », a-t-elle poursuivi. Ses proches ont appelé les manifestants à garder le calme.La mort de plusieurs hommes noirs, tués par la police aux Etats-Unis ces dernières années, a avivé les tensions raciales et suscité de nombreuses manifestations qui ont parfois dégénéré en émeutes.

 

Source : http://www.huffingtonpost.fr/2016/07/06/alton-sterling-abattu-par-un-policier-americain_n_10831332.html