Violences policières en série à Tourcoing

Des membres du FUIQP 59-62 se sont rendus à Tourcoing, dans le quartier du Pont-Rompu où une nouvelle grave violence policière avait eu lieu lundi dernier (28 septembre), pour recueillir la parole de la victime et des témoins, et leur signifier notre soutien dans toutes leurs futures mobilisations.

Lundi en milieu d’après-midi en bas de chez lui, Nabil Zane, 28 ans, est témoin d’un des nombreux contrôles d’identité effectués par les CRS dans le quartier. Tout se déroule « normalement », avant que, quelques minutes plus tard, un deuxième car de CRS n’arrive et commence un nouveau contrôle sur les mêmes jeunes. « Les jeunes leur ont dit qu’ils avaient déjà été contrôlés, et dans le même temps le premier car est revenu, confirmant la version des jeunes. Les CRS se sont arrêtés. Un jeune les a remercié d’avoir été « gentils »… Ça a énervé les CRS qui l’ont mal pris, et on répondu « toi, tu vas venir avec moi » », nous raconte le jeune père de famille.

Le ton monte, Nabil Zane s’approche de la scène pour filmer… il n’a pas le temps de sortir complètement son téléphone qu’un policier le bombarde de gaz lacrymogène à bout portant, d’un jet continu de plusieurs secondes. « Je suis rentré me nettoyer le visage avec de l’eau. Le lendemain matin, je me suis réveillé tout gonflé, impossible d’ouvrir les yeux. Aux urgences, on m’a dit que j’étais brûlé au deuxième degré on m’a fait un pansement comme celui que vous voyez là. »

Malheureusement, lorsqu’on habite un quartier populaire, la violence d’État ne s’arrête jamais. Le lendemain, mardi 29 septembre, Nabil est au volant de sa voiture avec son épouse et son bébé de 14 mois, et croise une nouvelle fois les CRS, qui le montrent du doigt en riant. Ils lui demandent de s’arrêter pour un contrôle.
– « Pourquoi vous m’arrêtez ?
– Comment ça pourquoi ? T’as vu ta tête ? C’est quoi ce pansement ?
– Justement j’allais porter plainte contre vous pour ça.
– Porter plainte ?! Ah ben merci, tu nous donne une bonne raison de t’embarquer maintenant. »

Un des CRS le plaque violemment contre sa voiture, le menotte, et l’amène au commissariat pour lui signifier sa garde à vue « pour outrage. » Nabil Zane demande à voir son avocat et un médecin. « Le médecin est arrivé, je lui ai dit que j’avais besoin d’aller à l’hôpital, toutes mes cloques s’étaient ouvertes sous mon pansement, mon visage ruisselait de sang et de pus. Il a juste écouté mon cœur, et m’a dit « c’est bon, t’as rien, tu peux passer la nuit en garde à vue. » »

Les policiers de Tourcoing n’ayant daigné appeler l’avocat de la victime que tard dans la soirée, il était bien sûr injoignable (les habitants nous confirment que cette méthode est très souvent utilisée ici). Le lendemain matin, mercredi, l’avocat en colère fait part de ce qu’il s’est passé au Procureur de la République, qui demande expressément la fin de la garde à vue… ce que refuse le commissariat de Tourcoing ! Nabil Zane pourra enfin sortir, retrouver sa famille et se faire soigner au bout de 24 heures.

Depuis, les violences des policiers se multiplient à Tourcoing, notamment dans les quartiers du Pont-Rompu et de la Bourgogne (d’où était originaire le jeune Pierre-Eliott Zighem décédé dans des circonstances « non-élucidées » au mois de juin). Provocations physiques, verbales (« On est chez nous », « On est Français nous », ou encore des CRS répondant à un homme du quartier les invitant à discuter de la situation autour d’un sandwich « Un sandwich ? Sûrement pas, c’est halal ! »).

Le FUIQP relaiera toutes les demandes et mobilisations proposées par la victime, sa famille et les habitants du quartier du Pont-Rompu.

 

Une nouvelle fois, c’est chargé de lourds témoignages que nous revenons de Tourcoing. Le quartier de la Bourgogne, déjà endeuillé par la mort du jeune Pierre-Eliott Zighem (17 ans) au mois de juin, est encore et toujours la cible de provocations de la part de la Police Nationale et des CRS nationaux.

Ceux-ci sont présents par dizaines, dans le cadre d’un plan anti-drogue, et entre insultes racistes et provocations incessantes lâchent aux habitants des phrases telles que : « On est là pour un mois, de toute façon, vous n’avez qu’à attendre qu’on se barre ! »

Abdel (52 ans), figure incontournable du quartier nous raconte sa soirée du mardi 29 septembre (soit, alors même que Nabil Zane, le brûlé du Pont-Rompu, était en garde-à-vue) : « J’étais dans mon lit, tranquillement, je reçois un appel qui me dise de venir tout de suite, parce que mon fils Hichem (18 ans) est en train de se faire brutaliser par la Police. J’arrive en courant, je vois trois ou quatre voitures de police, mon fils à terre m’appelant, frappé. Un policier veut me matraquer directement. Heureusement, un autre me connaissait, et a dit à son collègue de me laisser passer. D’ailleurs, ils se sont un peu embrouillés pour ça. Je me suis approché de mon fils, et très rapidement, ils sont revenus à la charge pour me ceinturer et me balayer, avec la bombe lacrymogène à dix centimètres de mon visage. »

Heureusement, toute la scène est filmée par des voisines. En apprenant cette information, les policiers de Tourcoing se sont rapidement montrés beaucoup plus conciliants avec Hichem, sorti de garde-à-vue le lendemain matin. Il lui était reproché d’être en possession de 4,5 g de drogue. « C’est impossible, aucun de mes fils ne touche à ça », promet Abdel. On entend d’ailleurs dans la vidéo plusieurs personnes crier que les policiers ont sciemment mis de la drogue dans la voiture d’Hichem. En garde-à-vue, connaissant bien cette méthode répandue, il a eu le réflexe de demander une analyse ADN et un test d’empreintes sur le sachet de drogue. Cet obstacle, en plus de celui de la vidéo, ont résolu la Police de Tourcoing à relâcher Hichem, en lui promettant qu’il n’y aurait « aucune suite » (confirmant ainsi qu’il n’était pas en possession de drogue), et lui demandant de « ne pas ébruiter l’affaire. »

Évidemment, Abdel et Hichem n’ont pas suivi ces consignes et ont souhaité rapidement témoigner, alors que les provocations ne cessent pas. Le salon de thé « Le Mascara » a par exemple été gazé sans aucune raison cette semaine, d’après le témoignage des clients habitués.

Le ras-le-bol des Tourquennois-es les pousse à se réunir et à réfléchir à des formes de mobilisations afin de faire connaître, et surtout cesser ces injustices. Le FUIQP s’associe à leur lutte, et relaiera chacune d’elles.

 

Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires (FUIQP)
Source : https://luttennord.wordpress.com/2015/10/07/violences-policieres-en-serie-a-tourcoing/

( Millau) Le collectif de soutien à la famille de Nabil Mabtoul se mobilise

Dans le cadre de la semaine nationale des victimes de la police, le collectif de soutien à la famille de Nabil Mabtoul se mobilise à Millau.

Au programme :

- Vendredi 15 mars à 18h, bar la Loco (33 Bvd Gambetta à Millau), Réunion de préparation de la conférence de presse du 18/03.
- Lundi 18 mars à 18h, bar la Loco (33 Bvd Gambetta à Millau), Conférence de presse du Collectif de soutien à la famille de Nabil Mabtoul.
- Samedi 23 mars à 14h, place du Mandarous à Millau, Manifestation carnavalesque (Venez déguisés ^^).

Millau. Le collectif « anti BAC » veut la « vérité » sur la mort de Nabil

Le 26 juin dernier, Nabil, un jeune villefranchois de 26 ans a été tué, à Millau, par la balle d’un fonctionnaire de police appartenant à la BAC (Brigade anti-criminalité). La brigade est depuis longtemps critiqué dans la cité du gant. Il y a déjà plus d’un an un collectif «anti BAC» a été créé donnant lieu à un rassemblement en juin 2011. Ce collectif a été vraiment «touché et révolté par la mort de ce jeune et le flou lié à l’enquête».

Un rassemblement avait réunis la semaine dernière, les parents et amis de la victime ainsi que de nombreux soutiens de Millavois. Hier, le collectif «anti BAC» a une nouvelle fois appelé à un défilé, suivi par près de 130 personnes. De la mairie au commissariat en passant par la place du Mandarous, les manifestants ont une nouvelle fois demandé la vérité sur les circonstances de la mort de Nabil. «On nous a raconté de multiples versions dans les jours qui ont suivit le décès de Nabil mais on ne sait toujours pas ce qui c’est réellement passé», explique l’une des manifestantes. Mais les personnes présentes ont également porté d’autres revendications, démission du commandant de police et du procureur de Rodez, dissolution de la BAC et une position claire de la part de la municipalité. En effet, si l’an passé Guy Durand avait assuré avoir demandé qu’une enquête soit ouverte concernant les méthodes de certain fonctionnaires de police, aujourd’hui le dossier parait enterré.

Le défilé s’est terminé dans le calme devant le poste de police alors que plusieurs compagnies de CRS avait été appelé à Millau en cas de dérapage. Le collectif fera un point en fin de semaine pour envisager la suite du mouvement.

source :http://www.ladepeche.fr/article/2012/07/10/1397316-le-collectif-anti-bac-veut-la-verite.html#xtor=EPR-1

[Millau] Vérité et Justice pour Nabil Mabtoul

Un policier soupçonné d’avoir tué par balle mardi un automobiliste lors d’une course-poursuite à Millau (Aveyron) a été mis en examen hier à Montpellier pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

Le brigadier-chef de la BAC (brigade anti criminalité) de Millau qui est suspecté d’avoir tiré et tué un jeune conducteur de 26 ans à Millau (Aveyron) a été mis en examen, hier après-midi, à Montpellier (Hérault) pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Il a été placé sous contrôle judiciaire avec l’interdiction provisoire d’exercer la fonction de policier et de détenir une arme.

Ce chef de mise en examen, avec la circonstance aggravante de faits commis par « personne dépositaire de l’autorité publique », est une qualification criminelle qui peut conduire son auteur devant une cour d’assises, a-t-on précisé au parquet de Montpellier. Une mise en examen pour homicide involontaire aurait été passible du tribunal correctionnel.

Dans la nuit de mardi à mercredi, le policier bien noté de 37 ans avait ouvert le feu sur Nabil Mabtoul, un jeune homme de 26 ans qui tentait d’échapper à la patrouille lors d’une course-poursuite. L’accident a eu lieu alors que le conducteur avait fait un tête-à-queue à vive allure et que les deux policiers étaient descendus de leur véhicule l’arme au poing. Le conducteur avait alors tenté de s’extraire du « piège » qui se refermait sur lui en renversant le major qui lui intimait l’ordre de sortir de la voiture.

Le policier avait alors ouvert le feu depuis une distance de deux mètres, touchant le conducteur à l’épaule droite aux poumons et à l’aorte. Une blessure importante qui a provoqué une hémorragie fatale.

« De la part du policier, il n’y a pas d’intention de tuer, mais d’arrêter l’action qui mettait en danger son collègue. L’instruction permettra de dire si le tireur était en état de légitime défense, si l’autre policier était réellement menacé par la voiture qui tentait de redémarrer. Aujourd’hui, on peut juste s’interroger sur la nature de la riposte qui, pour l’instant semble disproportionnée à l’attaque puisque le conducteur n’était pas armé », a expliqué Brice Robin, le procureur de la République de Montpellier.

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Les parents de la victime incrédules

Un signalement de trafic de stupéfiant est à l’origine de cette tentative d’interpellation mouvementée. Dans la voiture, les policiers ont récupéré 1,6 kg de résine de cannabis conditionné en savonnette. « Les parents de ce garçon sont étonnés et même incrédules. Cette histoire de trafic de drogue ne ressemble pas du tout au garçon qu’ils connaissent bien et qui vit encore à la maison. Maintenant, nous savons qu’il est mort par balle et non pas après avoir perdu le contrôle de son véhicule comme on a pu le laisser croire au lendemain de cette tragédie. Mais, nous allons tout vérifier » répond Me Michael Corbier l’avocat de la famille qui s’est rendue hier après-midi à l’institut médico-légal de Montpellier pour voir le corps.

Presse complice des assassins assermentés (Christian Goutorbe, LaDepeche.fr, 30 juin 2012)

Millau. 250 personnes rendent hommage à la victime

Hier, en fin d’après midi, près de 250 personnes (180 selon la police) se sont rassemblées pour rendre un dernier hommage à Nabil Mabtoul, ce Villefranchois de 26 ans tué par la balle d’un policier, dans la nuit de lundi à mardi dernier, alors qu’il tentait de se soustraire à un contrôle mené par la brigade anticriminalité (BAC) du commissariat.

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Près de 250 personnes ont défilé, hier soir, à Millau, pour rendre à hommage à Nabil Mabtoul, ce Villefranchois de 26 ans, décédé, mardi. Il a été tué d’une balle tirée par la police.

Millavois et de nombreux proches de la victime, venus de Villefranche-de-Rouergue, ont défilé jusqu’au lieu où le jeune homme est décédé.

Après avoir déposé des fleurs près de la station essence située à proximité du rond-point des Stades, la famille s’est réunie pour exprimer sa peine. Le père de la victime a dressé le portrait d’un garçon normal, qui n’a jamais eu de soucis avec la justice. Pas de haine dans les paroles des proches. Plutôt de la tristesse et un doute. « On espère que la justice fera son travail » a déclaré le cousin de la victime.

Les autorités avaient prévu un fort dispositif de sécurité avec un escadron de gendarmerie envoyé à Millau dans l’après-midi. Mais la manifestation n’a pas connu de débordement, même si l’incompréhension et la révolte se lisaient sur tous les visages.

Presse complice des assassins assermentés (LaDepeche.fr, 29 juin 2012)

Article source: http://juralib.noblogs.org/2012/07/01/millau-verite-et-justice-pour-nabil-mabtoul/

(Millau) Le père de Nabil : « Je n’accepte pas ce qu’il se dit sur mon fils »

ARTICLE DU MIDI LIBRE

Abdelmajid Mabtoul, le père du jeune homme mort mardi à Millau, a reçus le midilibre chez lui à Villefranche-de-Rouergue.Interview.

Pourquoi cette marche blanche tout à l’heure (hier) ?

Ce sont les jeunes, les amis de Nabil qui l’ont voulue. Ils craquent et ils ont besoin de se retrouver. Je ne peux pas être contre (*).

Voilà presqu’une semaine que votre fils est décédé. Quel sentiment vous anime aujourd’hui ?

Je n’accepte pas ce qu’il se dit sur Nabil. Celui qu’on a mis au monde, celui que l’on a éduqué avec ma femme, il est loin du cliché, du trafiquant de banlieue. Son Audi, il a travaillé pour l’acheter. Il avait un crédit en cours. Ses fins de mois étaient tendues, comme beaucoup de jeunes de son âge (26 ans, NDLR), et on l’aidait autant qu’on pouvait. Il savait qu’il pouvait compter sur nous. Il encadrait aussi les gamins en difficulté dans une association du coin, et il travaillait.

Selon les policiers, de la drogue a été retrouvée dans sa voiture…

Non, ce n’est possible, on n’y croit pas. On a dit 4 kilos, puis 3, maintenant 1,6, plus deux barrettes dans son slip. S’il en avait tant que ça, pourquoi cacherait-il deux barrettes ? Nous, on croit que l’irréparable a été commis, et qu’il fallait trouver une porte de sortie. Mon fils, quand il avait besoin de quelque chose, il savait qu’on était là. Et puis il a fui, peut-être, mais pourquoi une course-poursuite ? Ils avaient sa plaque, s’ils ne l’arrêtaient pas à Millau, ils pouvaient l’arrêter à Rodez, ou chez lui à Villefranche. En fait, je l’ai appris après par son frère, il n’avait plus de points sur son permis, voila pourquoi il ne s’est peut-être pas arrêté… Mon fils aujourd’hui, il n’est plus là pour s’expliquer avec eux.

Le procureur a évoqué une situation de « légitime défense d’autrui », pour expliquer pourquoi le policier avait fait feu. Vous ne semblez pas y croire…

Non, pas du tout. Je me suis rendu sur place, et je retourne la situation dans tous les sens, ce n’est pas possible. Les policiers étaient chacun d’un côté, à aucun moment ils ne pouvaient se sentir en danger au point de tirer. Ils sont entraînés pour ne pas se mettre en danger. Il dit qu’il ne voyait plus son collègue : est-ce que ça lui donne le droit de tirer ? Et puis il y a des choses terribles : je n’ai même pas été averti du drame qui s’était noué là-bas. Il a fallu que je me rende à Millau pour savoir. À 16 h le lendemain, le commandant m’assure que mon fils n’a pas pris une balle ! Et puis il y a ces affaires, que l’on vous rend au compte-gouttes. Là, ils m’ont donné une boîte : 26 ans de la vie de mon fils, là. Je n’ai pas encore sa montre, ses habits, je veux les voir, même s’ils sont maculés de son sang.

Qu’avez-vous dit aux policiers à Millau ?

Quand je suis arrivé, je suis tombé sur la police des polices. J’ai demandé à cet homme s’il avait des enfants, et je lui ai dit de mener la même enquête que si c’était son fils qui était mort.

N’est-il pas possible que votre fils ait des activités que vous ne connaissiez pas, une sorte de « double vie » ?

Vu tout ce qu’il se dit, je me pose des questions ! Mais non. Nous étions trop proches de lui. Et puis à Villefranche, tout se sait. Demandez ! Un jour, il m’a dit “papa, tu m’as volé ma jeunesse”, parce que j’étais tout le temps sur son dos. Il avait sans doute raison. Aujourd’hui, on lui a volé sa vie.

Saviez-vous qu’il était à Millau ce soir-là ?

Non. Il a mangé avec nous à midi, et je savais simplement que le soir, il n’était pas là, car il ne pouvait pas amener sa sœur à la gare. Après, il avait 26 ans…

Gardez-vous confiance en la justice ?

(Hésitation) J’aimerais. J’ai des doutes, mais j’aimerais. On m’a éteint une fleur. Je veux que la responsabilité soit établie comme pour un civil. J’ai deux autres enfants, qu’est-ce que je leur dis, comment je leur parle de ça, comment on fait pour que les jeunes respectent, qu’ils croient en la justice…

Nous, on veut la justice. Je suis marocain, ma femme est française. Mon fils était français. Son grand-père a été blessé pour défendre la France. Je suis Français à 200 %.

Un jour peut-être, j’aurais besoin de la police, je la respecte. Elle est là pour protéger, mais elle n’est pas là pour tuer. Aujourd’hui, j’ai la tête haute, je demande la justice pour mon fils. Car ça, ce n’est pas acceptable. Celui qui a tiré, il est avec les siens. Nous, nous sommes en deuil. Il faut qu’il soit jugé, et puni.

À Millau lors du rassemblement, vous avez beaucoup œuvré pour que la manifestation reste calme. C’est important pour vous ?

Très. Aujourd’hui, c’est Nabil. Je ne veux pas que demain, ce soit Mohamed puis Robert. Car cette génération aujourd’hui, elle est mixte. Nous, on ne veut pas de violence. Je ne veux pas qu’un autre père pleure son fils.

(*) Hier, en fin d’après-midi 300 personnes ont participé, dans le calme, à une marche blanche.

http://www.midilibre.fr/2012/07/02/je-n-accepte-pas-ce-qu-il-se-dit-sur-mon-fils,527145.php