Un jeune homme « se noie » dans la Seine en voulant échapper à un contrôle de police

Un jeune homme de 24 ans est décédé dans la nuit de lundi à mardi 5 Juin 2012 après avoir tenté d’échapper à un contrôle d’identité en sautant dans la Seine à Melun.

Selon les premiers éléments de l’enquête, la police nationale, appelée par la police municipale, contrôlait un groupe de quatre ou cinq jeunes soupçonnés de consommation de stupéfiants quand le jeune homme a sauté dans la Seine pour échapper à ce contrôle.

Un policier et deux amis du jeune homme, voyant qu’il perdait pied, ont à leur tour sauté dans l’eau pour tenter de le sauver. Ils ont réussi à le sortir de l’eau mais pas à le réanimer. Les pompiers arrivés sur place ont constaté le décès vers 1 heure.

Ce jeune homme, connu des services de police pour des faits de violence et de vol, vivait dans la cité de la Plaine du Lys à Dammarie-Lés-Lys, une ville voisine de Melun. Selon la police, il n’y a pas eu de violence dans cette ville dans la nuit de lundi à mardi.

Le parquet de Melun a saisi la police judiciaire afin de déterminer les circonstances exactes du contrôle et entendre les jeunes, les policiers et les témoins présents sur place au moment des faits. L’autopsie du corps du jeune homme doit rapidement être pratiquée.

source : http://www.liberation.fr/societe/2012/06/05/un-jeune-homme-se-noie-dans-la-seine-en-voulant-echapper-a-un-controle_823669

Nantes: le corps retrouvé dans la Loire est bien celui du garçon de 13 ans disparu

Nantes: le corps retrouvé dans la Loire est bien celui du garçon de 13 ans disparuBOUGUENAIS – Dans la nuit du 13 au 14 mai, un garçon de 13 ans avait sauté dans la Loire pour échapper à des policiers. Il était recherché depuis cette date.

afp.com/Jean-Francois Monier

Le jeune garçon, qui avait échappé à la police en se jettant dans la Loire, a été identifié grâce à ses empreintes digitales. Il était porté disparu depuis le 14 mai.

Le corps retrouvé mercredi après-midi par des promeneurs au bord de la Loire à Bouguenais, près de Nantes, est bien celui du mineur de 13 ans recherché depuis le 14 mai après avoir échappé à la police en se jetant dans la Loire, a confirmé ce jeudi le parquet de Nantes.

Les empreintes digitales du jeune, déjà connu des services de police, ont permis de l’identifier. Dès mercredi, une source proche du dossier avait précisé que le type ethnique, les mensurations et la stature du corps correspondaient au jeune recherché.

Dans la nuit du 13 au 14 mai, le jeune homme disparu et cinq autres mineurs, tous âgés de moins de 16 ans, avaient percuté avec deux véhicules volés un barrage de policiers qui tentaient de les interpeller dans le centre-ville de Nantes. Ils avaient blessé sept policiers, dont deux gravement. Alors que ses camarades étaient interpellés, le jeune disparu s’était enfui en direction de la Loire. Il avait été vu pour la dernière fois au milieu du fleuve par les policiers. Un important dispositif de recherches avait été déployé pendant plusieurs jours, en vain.

Plus de 200 policiers s’étaient rassemblés le 15 mai devant le commissariat central de Nantes pour exprimer leur solidarité avec leurs collègues blessés.

Parmi les cinq mineurs interpellés lors de la nuit du drame, deux ont été placés en détention provisoire, deux autres en centre éducatif fermé (CEF) et une cinquième en foyer.

Le parquet de Nantes a ouvert une information judiciaire pour « tentatives d’homicides volontaires sur fonctionnaire de police, vols en réunion, violences volontaires sur fonctionnaires de police, conduite sans permis, rébellion, mise en danger de la vie d’autrui ».

Le jeune qui avait disparu, ainsi qu’un autre également âgé de 13 ans, étaient les deux conducteurs des voitures volées. Ils avaient été présentés deux jours auparavant au juge pour enfants pour des faits de « home jacking » -vol de voiture au domicile de particuliers-, déjà commis dans les semaines précédentes.

 

Par LEXPRESS.fr, publié le 24/05/2012 à 18:56, mis à jour à 21:36

Yvelines: l’adolescent qui avait renversé un policier écroué

Au volant d’un véhicule volé, il avait percuté un policier dans la nuit de vendredi à samedi, à Chatou (Yvelines). En riposte, un autre agent de police l’avait blessé par balle à un bras, avant de l’appréhender. Ce jeune homme de 16 ans, connu des services de police a été mis en examen dimanche par un juge d’instruction, a-t-on appris ce lundi. Il est multiplement accusé de “tentative d’homicide volontaire sur fonctionnaire de police”, de “défaut de permis de conduire”, en passant par “violences avec arme”, “refus d’obtempérer” et “recel de vol”. Concernant le policier qui a fait usage de son arme, les premiers éléments de l’enquête tendent à confirmer la thèse de la légitime défense, avait expliqué samedi le parquet de Versailles.

Dans la nuit de vendredi à samedi, les forces de l’ordre s’étaient rendues à pied dans un parking souterrain à Chatou après avoir été alertées par téléphone par des riverains de la présence d’une personne “suspecte”, selon des sources policières. L’adolescent aurait alors foncé avec une voiture sur un des policiers avant de le percuter. Il aurait ensuite continué sa course vers d’autres policiers, dont l’un a fait usage de son arme en tirant sur le véhicule, blessant le conducteur à un bras. Le véhicule avait terminé sa course dans un mur. Le jeune homme en était alors sorti pour tenter de prendre la fuite avant d’être interpellé par les forces de l’ordre.

L’enquête a été confiée à la sûreté départementale des Yvelines et à l’Inspection générale de la police nationale.

SOURCE : http://www.metrofrance.com/paris/yvelines-l-adolescent-qui-avait-renverse-un-policier-ecroue/mlbm!aQayYqvBdhvGw/

Jamal : ses proches refusent de croire au suicide

« Jamal n’est pas mort, il a été tué, c’est un meurtre. » Le mot est lâché. Sur chaque hall d’immeubles, les affiches appellent au rassemblement.

A l’intérieur du local, près de 100 personnes sont réunies. Pour la plupart habitantes du quartier du Luth de Gennevilliers, et toutes venues pour un seul objectif : connaître la vérité sur la mort de Jamal Ghermaoui.

Un rassemblement à l’initiative du collectif Vérité et justice pour Jamal, qui intervient quelques jours après le dépôt d’une plainte contre X pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner » par l’avocat de la famille de Jamal, Me Brouzrou. Une plainte visant à obtenir la saisine d’un juge d’instruction.

Le 3 octobre, alors placé au quartier disciplinaire de la maison d’arrêt de Nanterre, Jamal, qui avait fêté son 23e anniversaire quelques jours auparavant, avait été retrouvé pendu avec un kit antisuicide en fin de matinée. En état de mort cérébrale, il était décédé cinq jours plus tard à l’hôpital. Rapidement la thèse du passage à tabac s’était répandue au sein de la population. Une première autopsie avait pourtant confirmé la thèse du suicide, thèse relayée par une contre-autopsie demandée par la famille du détenu.

Une conclusion à laquelle on ne veut pas croire au Luth. Hier, dans un calme absolu, les jeunes du quartier venus soutenir la famille du défunt ont écouté le témoignage de la sœur de Jamal et celui d’un père qui avait fait reconnaître par la justice la culpabilité de l’Etat dans la mort de son fils en prison après douze années de procédure. « Mon frère n’a pas pu se suicider, a répété Ghariba. Il aimait tellement la vie, il est resté cinq jours dans le coma avant que son corps ne lâche. »

Sarah, sa petite amie, se rendait trois fois par semaine au parloir. Souvent ils parlaient du futur logement qu’ils prendraient ensemble à la sortie de prison. « Le jour où le drame s’est produit, Sarah s’est vue refuser son parloir alors que Jamal était déjà transféré à l’hôpital mais on ne lui a rien dit, s’emporte Ghariba. Ce n’est que vers 18 heures que la famille a été prévenue. »

Appel au calme

A l’hôpital, la sœur de Jamal affirme ne pas avoir vu de trace au cou. « Mais il avait des marques sur le corps, il a été frappé. » Une version que nie l’administration pénitencière : lorsque Jamal avait appris sa condamnation à quinze jours de quartier disciplinaire, alors qu’il purgeait une peine de quatre ans pour trafic de drogue, il s’était cogné la tête à plusieurs reprises. « Il ne craignait pas l’isolement. Justement, il avait demandé à sa petite amie de lui ramener des livres », assure Ghariba.

« Nous irons jusqu’au bout pour connaître la vérité, même si ça doit prendre des années, nous continuerons. »

Lors des interventions les membres du collectif et la famille ont appelé au calme. « C’est ensemble et intelligemment que nous combattrons. » Selon eux, le premier combat sera d’obtenir le rapport entier de la contre-autopsie. « J’attends que le doyen des juges fasse le nécessaire et que la demande soit prise au sérieux », assure Me Bouzrou.

source : Le Parisien
( le seul média « grand public » peut-être qui a « daigné’ se rendre à cette conférence de presse)

Police: une des techniques qui tue

Sept policiers sont actuellement en procès à Grasse, dans les Alpes-maritimes. Accusés d’avoir tué un jeune homme, Hakim Ajimi, au cours d’une violente interpellation en 2008, ils seront fixés sur leur sort dans plusieurs semaines. En cause : la technique « d’asphyxie posturale » pratiquée par la police française sur les interpellés, interdite dans plusieurs pays européens mais toujours autorisée ici… malgré au moins cinq morts.

« Asphyxie mécanique consécutive à une compression thoracique et à une clef de bras pratiquées par les policiers avec trop de force et durant trop longtemps ». Telles sont, selon les expertises réalisées au cours de l’enquête, les causes de la mort de Hakim Ajimi. Violemment interpellé le 9 mai 2008 à Grasse (Alpes-maritimes) par deux policiers de la Brigade anticriminalité (BAC), le jeune homme de 22 ans est décédé peu après. Plusieurs témoins de la scène ont rapporté que les fonctionnaires, dont le procès se déroule actuellement à Grasse, ont continué à faire pression sur le dos et la nuque du jeune homme alors que, menotté à terre, il s’asphyxiait.

Cette technique d’interpellation, extrêmement violente, est interdite dans divers pays, notamment en Suisse et en Belgique. Selon Amnesty international, certains États américains l’auraient aussi proscrite. Pas la France. En 2010, la commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) précisait les précautions à prendre quand les policiers envisagent d’en faire usage : « Lorsque l’immobilisation de la personne est nécessaire, la compression – tout particulièrement lorsqu’elle s’exerce sur le thorax ou l’abdomen – doit être la plus momentanée possible et relâchée dès que la personne est entravée par les moyens réglementaires et adaptés. Ainsi, comme le soulignent régulièrement les services médicaux, l’immobilisation en position ventrale doit être la plus limitée possible, surtout si elle est accompagnée du menottage dans le dos de la personne allongée. Il en est de même, a fortiori, pendant le transport des personnes interpellées. »

Au moins cinq morts par « asphyxie posturale »

Ces « gestes techniques professionnels en intervention » (GTPI), selon le jargon policier, servent aussi pour les reconduites à la frontière de personnes en situation irrégulière. C’est d’ailleurs dans un manuel d’instruction pour la Police aux frontières, relatif à l’éloignement par voie aérienne des étrangers en situation irrégulière, que l’on trouve des précisions : « L’escorteur exerce une traction sur le vêtement en lui imprimant un mouvement de rotation autour du cou. Il maintient cette pression entre trois et cinq secondes pour assurer la contrainte de régulation phonique et la relâche tout en gardant les points de contrôle. Le contrôle et le dialogue avec le reconduit sont maintenus en permanence. Le temps de pression et de relâchement ne doivent pas dépasser trois à cinq secondes. » Ces techniques déstabilisent l’individu physiquement, puisque le contrôle de la tête modifie les repères sensoriels. Elles diminuent sa résistance et l’empêchent de crier. Le manuel liste ensuite les atteintes traumatiques possibles selon la fréquence, la puissance et la force utilisées : « détresse ventilatoire et/ou circulatoire, défaillance de l’organisme, risque vital ».

Mohamed Ali Saoud, le 20 novembre 1998 à Toulon. Karim Aouad, le 20 février 2004 à Marignane. Hakim Ajimi, le 9 mai 2008 à Grasse. Lamine Dieng, dans le 20ème arrondissement de Paris, en juin 2007. Ali Ziri, le 20 juillet 2009, à Argenteuil… Au moins cinq personnes sont décédées des suites de ces immobilisations, d’après plusieurs associations de défense des droits de l’homme. En 2007, la France a été condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme pour « violation du droit à la vie ».

Le 1er janvier 2012, Wissam El-Yamni, 30 ans, a aussi perdu la vie à Clermont-Ferrand peu après son interpellation jugée extrêmement brutale par des témoins. Encore une « asphyxie posturale » qui aurait dégénérée ? Plutôt que d’esquisser une once de remise en cause de ces techniques d’interpellation, le syndicat d’officiers et de commandants de police Synergie-officiers (second syndicat d’officiers, proche de l’UMP) préfère rappeler que « ce délinquant était très alcoolisé, sous l’emprise du cannabis et d’une forte dose de cocaïne lors de son arrestation, alors qu’il était dans un état d’excitation extrême et s’en était pris aux policiers en leur lançant des projectiles ». Malgré sa mort, les policiers clermontois auraient « fait de leur mieux pour maîtriser un individu déchaîné par la prise de ces substances ». Pas la moindre condoléance aux familles et amis des victimes [1].

Totale impunité

Jusqu’à présent, aucun policier n’a été condamné. Les fonctionnaires mis en cause dans la mort de Hakim Ajimi, en 2008, sont actuellement jugés au tribunal correctionnel de Grasse. Alors que les crimes relèvent de la cour d’assises. Et le procureur n’a requis que des peines avec sursis. Dans un rapport publié en 2011 consacré aux familles des personnes mortes lors de leur interpellation, Amnesty international rappelle que « dans les affaires où des responsables de l’application des lois sont mis en cause, l’enquête – lorsque enquête il y a – n’est pas conforme aux critères de rapidité, d’indépendance, d’impartialité et d’efficacité établis par les normes internationales relatives aux droits humains ».

L’organisation internationale suggère aussi l’utilisation de méthodes de contrainte « pleinement conformes aux normes internationales relatives aux droits humains, notamment la Convention européenne des droits de l’homme, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, la Convention des Nations unies contre la torture, le Code de conduite pour les responsables de l’application des lois (…) ». « Ne serait-il pas opportun que la France décide d’interdire le recours à des techniques d’immobilisation aussi risquées ? » interroge de son côté la Ligue des droits de l’homme. Rappelant qu’en France, la peine de mort a été abolie il y a trente ans… Vraiment ?

Nolwenn Weiler
source: http://www.bastamag.net/article2055.html
( titre original modifié! )