Mascarade au tribunal de Grasse

communiqué de presse Jeudi 19 janvier 2012

A Grasse, tout au long de l’audience, le juge Robail a affiché ouvertement sa connivence avec la police.
Les faits sont pourtant avérés : Abdelhakim AJIMI est mort d’un acharnement des policiers sur sa personne et d’un refus de lui porter secours.
Tous les témoignages sont édifiants. Les expertises accablent les policiers inculpés. Les procès verbaux de ces derniers sont contradictoires, de même que leurs propos à la barre.
Malgré tout, les policiers bénéficient de la complaisance du tribunal. Le Procureur de la République, a pourtant insisté sur la « responsabilité évidente des policiers dans la mort d’Hakim » et a repris la qualification d’« inhumanité » mise en avant par la Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité.
Malgré cela, il requiert des peines minimes, sans commune mesure avec la gravité des faits qu’il avait auparavant lui-même exposés.
Ces maigres peines sont :
- J.-M. Moinier : 1 an à 18 mois avec sursis simple
- W. Lebeaupin : 18 mois à 2 ans avec sursis simple
- J. Manach : 6 à 8 mois avec sursis simple
- B. Julien : 1 an avec sursis simple
- A. Bekhira : 6 mois avec sursis simple.

Pire, de simples peines de principe ont été requises pour les policiers stagiaires M. Authier-Rey et P. Locatelli.
Ainsi fonctionne l’institution judiciaire française lorsqu’elle doit juger des crimes policiers.

NOUS QUITTONS LE TRIBUNAL,
NOUS VOUS LAISSONS ENTRE VOUS.
Comité Vérité et Justice pour Abdelhakim AJIMI
Contact :comite_hakim_ajimi@riseup.net

YOUSSEF KHAïF Abattu à Mantes-la-Jolie le 9 Juin 1991

  »Youssef, c’est une grande gueule avec des dents de loup contre les injustices » (Lakhdar Madani, organisateur de Caravane 92) Youssef est une « personnalité » du quartier. Avec des jeunes du Val-Fourré et quelques anciens, il participait en 1989 à la création du Collectif Jeune qui lutte contre les injustices quotidiennes que subissent les 17.000 jeunes du Val-Fourré, la plus grande cité d’Europe, avec la volonté, la rage et l’envie de faire exploser le consensus mortel de la répression des « cités maudites ». On le verra défiler des Mureaux à Paris, manifester contre la double-peine, participer aux réunions de Résistances des Banlieues ( un collectif inter-cités qui donnera par la suite naissance au Mouvement de l’Immigration et des Banlieues). Toujours en première ligne, respecté par les jeunes du quartier, Youssef est impatient, pressé d’en découdre avec la hagra (mépris, injustice). Avec d’autres, il tire la sonnette d’alarme sur les risques de déflagration de la marmite-banlieue transformée en cocotte-minute. Après la mort de Aïssa IHICH au commissariat de Mantes-la-Jolie le 27 Mai 1991, Youssef fait encore une fois partie des plus actifs : il prend la tête des manifestations, interpelle la Mairie, met en cause la police. Treize jours plus tard, à l’âge de 23 ans, il nous quittera à son tour, victime de ce qu’il aura toujours combattu durant sa trop courte vie … RAPPEL DES FAITS ÉTABLIS Samedi 9 juin, quartier du Val-Fourré à Mantes-la-Jolie, début de soirée. Beaucoup de jeunes sont au pied de leurs immeubles. Comme d’habitude, « ils font le mur ». Dans ces moments d’ennui, l’action apparaît comme un moyen d’assouvir un besoin vital. Le vol de voiture est une des actions délinquantes qui apporte jeu et excitation et répond à un besoin fort de fuir ce « mouroir », quitte à prendre des risques. Justement, ce soir-là, une soirée dansante était organisée à l’autre bout de la ville, à 4 km du quartier, et bien sûr aucun moyen de s’y rendre. Quelques jeunes du quartier ont commis ce soir l’irréparable : ils volent ensemble trois voitures pour se rendre à la soirée dansante, à la « Cellophane » mais avant, en profitent pour tourner dans le quartier, et épater les copains restés « collés » au mur. Youssef KHAIF fait partie de ce groupe ayant, lui, fauché une Jetta Diesel. A quelques immeubles de là, un autre groupe de jeunes volent une R9 et font à peu près la même chose. Ces deux affaires sont bien indépendantes l’une de l’autre. Si les raisons de vol sont pratiquement les mêmes, les actes n’ont pas été commis en concertation. D’ailleurs, ils n’étaient pas ensemble tout au long de la soirée, même s’ils se sont croisés au cours de la nuit dans ce grand ensemble qu’est le Val-Fourré. Un peu avant 2h du matin, la R9 repérée par la police, est prise en chasse. Durant ce temps-là, les passagers des autres voitures volées, dont Youssef KHAIF, sont à la soirée dansante. Le jeune conducteur de la R9, Saïdi LHADJ, se sentant poursuivi par la police, panique et accélère dans la nuit, par peur d’être arrêté. Une seconde voiture de police prévenue par radio lui barre la route au niveau de la rue Ste-Anne et de la rue Gassicourt. Pris de panique, Saïdi décide de forcer le barrage et accélère encore. Il remarque qu’il peut passer entre la voiture de police qui fait barrage et le trottoir. Au moment où la R9 est toute proche du véhicule banalisé, Marie-Christine BAILLET, une femme policier, sort subitement du véhicule de police. Tout va très vite, le jeune ne peut éviter le choc contre la portière ouverte, du fait de la vitesse à laquelle il roule. L’accident survient. Mlle BAILLET est écrasée contre sa portière. Il est 2h du matin, un drame vient de se produire en plein milieu de la nuit. Pendant ce temps, Youssef et ses copains sortent de la soirée dansante et reprennent leurs trois voitures. Ils ne savent rien de l’accident qui vient de se produire à Gassicourt. Arrivé au Val-Fourré, Youssef se rend compte qu’il n’a presque plus d’essence dans son véhicule et propose de se rendre à la station service à l’autre bout de la ville. Les trois véhicules se dirigent donc vers le centre ville. Cette fois-ci, ils choisissent de passer via Gassicourt, ignorant totalement qu’ils se dirigent vers le lieu du drame. Au niveau de la place Ste-Anne, ils remarquent en s’approchant du carrefour les lumières des gyrophares en action, et la présence de nombreux véhicules de police et de pompiers. Surpris, ils décident de bifurquer sur la droite à un carrefour se situant à une centaine de mètres du lieu de l’accident. Les policiers présents sur le lieu du drame, ont vu les trois voitures s’approcher. Trois d’entre eux se précipitent vers ce carrefour, au moment même où les trois véhicules prennent leurs virages pour s’éloigner du lieu. Les voitures passées, seul le flic HIBLOT sort son arme, se met en position de tir, et tire sur le dernier véhicule qui s’éloigne. Trois balles de calibre 38 sont tirées, Youssef KHAIF est touché par une balle, sa voiture percute le mur sur la gauche et cale. L’autopsie confirmera que Youssef a été atteint d’une balle en pleine nuque. L’autopsie précisera qu’au moment du tir, la distance entre l’arme du flic HIBLOT et la nuque de Youssef KHAIF est estimée entre 30 et 70 mètres ; elle est même plus proche de 70 mètres que de 30 (extraits du rapport d’instruction). D’ailleurs, seul le policier HIBLOT a dégainé ; les autres, à ses côtés, n’ont même pas éprouvé le besoin de sortir leurs armes, ne se sentant nullement menacés. DIX ANS DE PROCÉDURE Les drames de Mantes-la-Jolie qui ont defrayé la chronique du mois de juin 1991 ont eu droit à un traitement spécial de la part de la justice … un traitement politique. Tout a été fait afin de faire traîner les choses et de transformer le meurtre de Youssef en accident de la légitime defense. Quand on regarde de plus près cette affaire, on s’aperçoit à quel point il y a eu connivence entre la police. la justice et de nombreux médias. Le ministre de l’Intérieur, M. Marchand, se fera (le lendemain du meurtre) le porte-parole de la version policière en accréditant la thèse de la légitime défense et en présentant Youssef KHAIF et Saïdi LHADJ comme des « tueurs de flics ». Le Procureur de la République de Versailles, M. Colleu, lui emboîtera le pas en déclarant à la télévision (Antenne 2) que le dossier est clos et qu’il s’agit d’un regrettable incident de légitime défense. Chose extraordinaire, il n’ouvrira même pas d’information contre X pour coups et blessures … Comme si il ne s’était rien passé ce 9 Juin 1991. La famille KHAIF porte plainte et se constitue partie civile. Une information judiciaire est ouverte et le Juge Desmure est chargé de l’instruction. Il inculpe Hiblot le 5 septembre 1991 pour « coups mortels ». En effet, passée l’émotion qu’avait suscité la mort de la policière Marie-Christine Baillet, la version de la légitime défense avancée par la Police, le gouvernement et la Justice, est contredite par les témoins directs et les expertises balistiques. L’expertise balistique nous apprendra qu’au moment des 3 coups de feu, la voiture de Youssef se trouvait entre 30 et 70 mètres – et même plus proche de 70 metres. Les différents témoignages et la reconstitution qui aura lieu en Juin 1992 indiqueront également que Hiblot n’était absolument pas menacé par les voitures au moment des tirs. Malheureusement, le juge Desmure sera déssaisi de l’affaire et promu Premier Juge d’lnstruction du Tribunal de Grande Instance de Nanterre. Le Juge Jean-Marie Charpier, connu comme étant « l’ami de la police » et pour ses idées d’extrême-droite, reprend l’affaire et cherchera par tous les moyens à disculper le policier Hiblot. Il aura un comportement vexatoire envers la famille KHAIF et fera tout son possible pour retarder la clôture du dossier et le renvoi devant la Chambre d’Accusation. Comment expliquer autrement le fait que l’instruction ait duré 8 années (autant que pour le sang contaminé) et que depuis 1995, il n’y ait plus d’actes d’instruction rajouté au dossier ? En juillet 1997, 6 ans après les faits et presque 5 ans de détention préventive, les Assises de Versailles reconnaissent le caractère accidentel de la mort de Mlle BAILLET mais condamnent Saïd LHADJ à dix ans de prison ferme et 400.000 Frs de dommages et intérêts. En pleine période estivale, en juillet 1998, 7 ans après les faits, la Justice en la personne du Juge CHARPIER rend une décision sur la mort de Youssef KHAIF : non-lieu pour le policier Hiblot. Obligé qu’il est d’admettre que la thèse de la légitime défense ne tient pas, il nous sort « l’état de nécessité « . Ce qui revient à peu de choses près à délivrer un permis de tuer à la Police. Le Parquet général fait appel de cette décision et reconnaît le caractére délirant de l’arrêt du juge Charpier, et pariant sans doute sur la mansuétude d’un jury d’Assises pour le policier. En Mars 2000, la Chambre d’Accusation de Versailles reconnaît enfin le caractère illégitime des tirs de Hiblot et décide de le renvoyer devant la Cour d’Assises des Yvelines pour « Violences avec armes ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». DIX ANS DE MOBILISATION Pendant ces dix ans de parodie judiciaire, la famille Khaïf, le MIB et le comité de soutien « Justice pour Youssef » n’ont jamais baissé les bras ni cédé aux pressions.Pendant ces dix ans de parodie judiciaire, la famille Khaïf, le MIB et le comité de soutien « Justice pour Youssef » n’ont jamais baissé les bras ni cédé aux pressions. Dix ans de luttes, de réunions, de manifestations, sans lesquelles cette affaire serait depuis longtemps enterrée dans les casiers du non-lieu … Comme trop souvent, la justice et les politiques ont parié sur le temps pour que la mobilisation se relâche et que les habitants du Val-Fourré oublient et laissent faire. Mais notre mémoire et notre détermination solide mèneront le policier Hiblot aux Assises à Versailles les 26 – 27 – 28 septembre 2001.

Verdict d’une justice à sens unique , le 28 septembre dans la nuit….acquittement du policier assassin! Ce verdict a au moins le merite de la clareté: c’est une déclaration unilatérale de défiance à l’égard non seulement des jeunes, mais aussi de tous les habitant-e-s du Val Fourré à Mantes-la Jolie, et audelà de toutes les populations des cités populaires.

Le manuel des policiers de la PAF

Comment «tranquilliser» un étranger en situation irrégulière lors de
son expulsion? Comment serrer son cou pour l’empêcher de crier?
Comment détourner l’attention des autres passagers pour éviter qu’ils
ne se «rebellent»? Toutes les réponses à ces questions, et d’autres,
sont consignées dans le manuel des escorteurs de la PAF, dont
Mediapart publie de larges extraits.

Depuis le passage de Nicolas Sarkozy au ministère de l’intérieur, les
reconduites à la frontière constituent l’un des piliers de la
politique de «maîtrise des flux migratoires». En 2008, Brice Hortefeux
a fait «éloigner» du territoire, selon la terminologie administrative,
29.796 personnes, soit près de 4.000 de plus que l’objectif fixé.
Entre le 1er janvier et le 31 juillet 2009, 17.350 sans-papiers ont
subi le même sort, avec Éric Besson à la tête du ministère de
l’immigration et de l’identité nationale.

Au-delà des chiffres, les informations sur les conditions de ces
retours forcés manquent. Les instructions délivrées aux policiers
chargés des escortes révèlent les marges de manœuvre dont disposent
les forces de l’ordre pour contraindre les plus «récalcitrants» à
partir.

Le manuel de 64 pages à usage interne a été mis à disposition des
agents en 2003, après le décès de deux «reconduits», Ricardo
Barrientos, un Argentin de 52 ans, en décembre 2002, et de Mariame
Getu Hagos, un Éthiopien de 24 ans, en janvier 2003. Depuis, d’autres
actes de violences ont été relevés par les associations de défense des
droits des étrangers, notamment la Cimade, présente dans les centres
de rétention administrative, et l’Anafé, en zone d’attente.

Parmi les gestes, la «régulation phonique»

Le livret s’adresse principalement aux 180 agents de l’unité
nationale d’éloignement, de soutien et d’intervention (Unesi),
rattachée à la direction centrale de la police aux frontières, créée
en janvier 1999 et basée à Rungis, dans le Val-de-Marne. Il rappelle
les conditions de recrutement de ces fonctionnaires: visite médicale,
entretien avec un jury composé du chef de service, d’un psychologue et
de deux escorteurs «confirmés», épreuve de «GTPI» (gestes techniques
professionnels en intervention) et test oral de connaissance de
l’anglais.

Tout en exposant le cadre législatif des «éloignements», il vise
surtout à délivrer des «conseils techniques utiles aux fonctionnaires»
afin d’«escorter efficacement les reconduits aux frontières
internationales». Y sont répertoriés les moyens de coercition à leur
disposition: les menottes textiles ou métalliques, les bandes velcro
et la «ceinture d’immobilisation». «Toute forme de bâillonnement est
strictement prohibée», précise le manuel, pour tenter de mettre fin à
une pratique employée il y a quelques années. À l’aide de schémas et
de photographies «en situation», les gestes visant à maintenir la
personne expulsée sont explicités. Comme la «régulation phonique» qui
consiste en un étranglement et dont l’objectif est de «déstabiliser
physiquement» la personne, de «diminuer sa résistance» et de «diminuer
ses capacités à crier». Les risques sont listés: «détresse
ventilatoire et/ou circulatoire», «défaillance de l’organisme» et
«risque vital».

Extrait du manuel des escorteurs.

La présence d’armes («armes à feu», «bombes lacrymogènes»), insiste
le manuel, est interdite, mais dans le cadre des «vols groupés», c’est-
à-dire lorsque plusieurs personnes sont renvoyées en même temps, des
«moyens de défense à usage collectif» peuvent néanmoins être utilisés,
comme les boucliers, les casques de protection ou encore les «bâtons
de défense».

Des conseils sont prodigués pour toutes les étapes de l’expulsion.
Avant le départ, «les escorteurs adoptent vis-à-vis de l’étranger une
attitude courtoise, mais aussi déterminée, ne laissant pas d’autre
alternative que la certitude de son embarquement pour la destination
prévue». Ils doivent «être en tenue civile correcte». «Les appareils
photographiques ou caméras sont à proscrire», précise le manuel. Quant
aux «fonctionnaires féminins», elles «prendront soin, lors d’escortes
à destination de pays islamisés, d’adapter leur tenue aux usages
locaux».

Dans un chapitre consacré à la «fouille» des personnes, il est indiqué
que «les lames de rasoir, fines et aisément dissimulables sont les
objets usuels les plus dangereux découverts. Destinées à des auto-
mutilations superficielles qui saignent abondamment, afin de faire
échec à l’embarquement ou à dérouter l’avion en vol, elles ont été
découvertes fréquemment dans un livre, une semelle de chaussure, le
revers de la chemise, du blouson, dans la ceinture, dans un stylo,
etc.»

«Réduire les risques de rébellion»

L’étranger doit toujours être embarqué «par l’arrière de l’aéronef»
pour «réduire au maximum les risques d’incidents ou de rébellion qui
pourraient survenir lors du cheminement d’accès dans les allées
jusqu’aux places réservées». Il monte aussi dans l’avion avant les
autres pour éviter que les passagers ne le voit. «Observée par
l’équipage», l’installation sur le siège «doit être réalisée
rapidement» car «en cas de difficultés, le personnel navigant peut
être amené à demander au commandant de bord de faire débarquer
l’escorte et l’éloigné». «Dans la mesure du possible, souligne le
manuel, il convient d’isoler les derniers rangs de passagers de ceux
de l’escorte afin d’éviter des gênes aux autres passagers et limiter
ainsi tout risque de prise à partie au cours du vol.» Par ailleurs,
«si plusieurs reconduits voyagent sur le même vol, il est nécessaire
de les séparer afin d’éviter des phénomènes de groupe».

En vol, les escorteurs sont invités à «éviter d’entreprendre sans
nécessité absolue toute discussion tant avec les passagers qu’avec
l’équipage et se concentrer exclusivement sur la surveillance du
reconduit. Il convient également d’instaurer, tout au long du vol, un
dialogue permanent avec le reconduit afin de le tranquilliser». Il
faut aussi «éviter tout déplacement inutile pendant le vol». À propos
des repas, «si l’individu est récalcitrant et/ou si le vol est de
courte durée (jusqu’à 4 heures), on évitera de prendre un plateau
repas». «Toute boisson alcoolisée est strictement prohibée tant pour
l’étranger que pour les fonctionnaires d’escorte», juge utile de
rappeler le manuel. Il faut enfin «s’assurer que le plateau repas
servi au reconduit ne comporte aucun couvert métallique. De même, lors
de la restitution du plateau repas, les escorteurs veilleront à
retrouver les couverts en plastique distribués».

Les déplacements aux toilettes sont également encadrés. Effectués sous
la surveillance de deux fonctionnaires pour «faire obstacle à toute
tentative de l’éloigné de se coucher à terre», ils doivent être
précédés d’une inspection des lieux «sans oublier la poubelle» afin de
«vérifier que l’étranger ne puisse y trouver d’objet dangereux
(rasoir, verres) offert habituellement par la compagnie aux passagers
ou placé là par un comparse voyageant à bord du même avion». Lors du
vol retour des escorteurs, il est précisé que «la consommation de
boissons alcoolisées, vin ou bière à l’exclusion de tout autre alcool,
n’est autorisée qu’en accompagnement d’un repas».

Ces consignes, par les interdits et les autorisations qu’elles posent,
complètent le récit de l’escorteur publié sur Mediapart (ici et là),
la question des pratiques et des éventuels débordements étant d’autant
plus difficile à approcher que les contre-pouvoirs sont quasi
inexistants au moment de la reconduite et qu’une fois expulsé,
l’étranger a peu d’occasions de témoigner.

http://www.mediapart.fr/article/offert/eaf8c992fdc7f59c12bae4583a9aab8c

Un jeune de Vaulx-en-Velin a été assassiné par la police

Umüt assassiné par la police, son frère et un de ses amis incarcérés, nous n’oublierons pas

Publié lundi 24 mai 2010

Le 18 avril, en Suisse, un jeune de Vaulx-en-Velin a été assassiné par la police. Plusieurs voitures avaient été volées, les flics ont fermé l’autoroute, les ont pris en chasse et ont installé un barrage plus haut. Bloqués et sans armes, ils se sont faits tirer dessus à sept reprises par un des flics. Le conducteur de la voiture, Yunus, a été interpellé et jeté en prison. Le frère jumeau du jeune assassiné, Erdal, venu récupérer le corps en Suisse a été incarcéré à la veille de l’enterrement. Le flic a retrouvé son taf deux jours plus tard.

Appel à une Manifestation samedi 29 mai en mémoire d’Umüt à Vaulx-en-Velin et à un rassemblement à Dijon, même jour, même heure.

Une marche a eu lieu samedi 24 avril, à laquelle 300 personnes ont participé.

Un tract, A balles réelles, a été diffé à la manif’ du premier mai à Lyon, invitant à rejoindre un rassemblement organisé le jeudi 6 mai à Lausanne où est emprisonné Yunus (appel sur Indymédia Suisse).

Un autre tract a été publié sur Rebellyon le 7 mai.

POLICE ASSASSIN, JUSTICE COMPLICE

UMUT KIRAN ASSASSINÉ PAR LA POLICE SUISSE LE 18 AVRIL 2010

Le policier qui a tiré 7 fois, coup par coup avec un fusil mitrailleur, a tué Umüt avec une balle en pleine tête.

Il a repris son travail alors que Erdal et Yunus sont en prison.

Une étroite collaboration entre la police suisse et la police française s’est aussitôt mise en place pour justifier l’assassinat d’Umüt et surtout pour faire passer Erdal et Yunus pour de grands bandits et transformer un vol sans violence en « vol par métier ».

Nous ne pouvons pas laisser la justice suisse aidée par le comissariat de Vaulx-en-Velin blanchir le policier qui a tué Umüt et condamner Erdal et Yunus à des peines exemplaires.

MARCHE POUR LA MÉMOIRE D’UMÜT
ET EN SOUTIEN À ERDAL ET À YUNUS
LE 29 MAI 2010 À 15 H 00
Rendez-vous PLACE GILBERT BOISSIER

(en face de Grand Frais,
Vaulx-village)

  • Manifestation samedi 29 mai en mémoire d’Umüt à Vaulx-en-Velin

Le 27 mai 2010 vers 13 h

En Suisse comme en France la police tue !

Rassemblement samedi 29 devant le consulat suisse de Dijon pour dénoncer les crimes policiers.

En Suisse comme en France, la prison tue.
Un détenu de la prison de Bochuz met le feu à son matelas en guise de protestation contre ses conditions de détention. Sur les bandes sonores qui enregistrent les conversations des matons et des flics censés intervenir, on peut entendre « Il a mis le feu à sa cellule, ce connard », ou « on rit pas, hein ». Faute de secours, Skander Vogt mourra asphyxié.

En Suisse comme en France, la machine à expulser tue.
60 flics organisent un charter pour le Nigéria à l’aéroport de Zurich. 16 hommes sont ligotés aux pieds, aux genoux, aux mains, aux hanches, aux bras, au torse et se font mettre une entrave sur la tête, même ceux qui avait accepté d’être expulser. Un des 16 Nigérians décèdera avant d’embarquer dans l’avion. Seuls les flics savent ce qu’il s’est passé…

En Suisse comme en France, la milice des riches tue.
Umüt et Yunus, deux jeunes majeurs de Vaulx en Velin, sont poursuivis par les flics suisses au volant d’une berline volée. La course poursuite finit contre un barrage policier sur l’autoroute. La voiture a les pneus crevés, mais ça ne suffit pas aux flics, qui veulent bien faire comprendre qu’il n’est pas question que « la racaille française » viennent ’attaquer à la richesse helvète. Alors celui qui tient le fusil mitrailleur tire à sept reprise contre le véhicule, et tue Umüt d’une balle entre les deux yeux.
L’histoire de n’arrête pas là, puisque quelque jours plus tard Erdal, le jumeau d’Umüt est arrêté à la frontière alors qu’il vient récupérer le corps de son frère (il aurait été reconnu sur les bandes de vidéosurveillance du concessionnaire où a été volée la voiture).
Depuis, le flic assassin a repris son service, et Yunus et Erdal croupissent en taule et la justice aimerait bien les y laisser pour de longues années pour justifier le meurtre policier, en les faisant passer pour de dangereux bandits.

Le 29 mai aura lieu une marche à Vaulx en mémoire d’Umüt, pour la libération de Yunus et Erdal et plus largement contre les crimes policiers, d’un côté de la frontière comme de l’autre.

En France comme en Suisse, à l’heure où les histoires de mutilation au flash-ball s’enchainent, et où s’annonce le procès en assises des 4 de Villiers-le-bel suite aux émeutes de 2007, la seule façon de prévenir de futurs meurtres policiers c’est de se bouger maintenant, de ne plus rien laisser passer.