VERITE ET JUSTICE POUR WISSAM ( Pétition )  » La lumière sur les circonstances de la mort et sur les dysfonctionnements de l’enquête »

Adressée à Ministres de l’Intérieur et de la Justice
Cette pétition sera remise à:
Ministres de l’Intérieur et de la Justice

Le 9 janvier 2012, mon frère Wissam est décédé suite à une interpellation par la police.
Deux ans plus tard, l’enquête piétine : nous devons nous battre pour que justice soit faite.

Dans la nuit du 31 décembre 2011 au 1er janvier 2012, mon frère Wissam el-Yamni tombe dans le coma après avoir été interpellé par la police. Il meurt neuf jours plus tard. Deux ans après ce drame, notre famille cherche toujours à connaître les raisons de sa mort. Au-delà de la souffrance physique et mentale que mon frère a subie, au-delà de notre souffrance de ne plus le voir assis autour de la table à nous faire rire, nous sommes très en colère de la manière dont l’enquête et les analyses médicales sont menées et avons le sentiment que beaucoup refusent de rechercher la vérité.

Aidés par nos avocats, nous continuons à nous battre pour obtenir justice et lançons une pétition sur Internet car nous ne pouvons pas accepter ce traitement. Nous demandons des réponses aux questions qui nous semblent légitimes. Je vais tenter ici d’expliquer tous les évènements, les hypothèses qui ont été évoquées et tout ce qui donne à notre famille l’impression de vivre un mauvais film.

Les faits :

Le soir du 31 décembre 2011, mon frère est arrêté, soi-disant pour avoir jeté des pierres sur un véhicule de police. Quelques dizaines de minutes plus tard, au commissariat de Clermont-Ferrand, il est allongé inconscient face contre terre dans le couloir, le pantalon baissé et sans ceinture. Que s’est-il passé entre temps ? Il arrive à l’hôpital avec le visage très marqué et de gros bleus dans le cou.

La première équipe médicale qui l’examine évoque une strangulation. Quelques heures après les faits, des témoins et des procès-verbaux mentionnent des photos prises qui devraient être jointes au dossier mais qui ont disparu. Le lendemain, l’équipe médicale prend des photos (voir pièces jointes). Plusieurs jours plus tard, la police en fait à son tour : à ce moment, les marques au visage ont déjà cicatrisées et sont beaucoup moins visibles. Le 9 janvier 2012, Wissam décède.

L’enquête de l’IGPN :

Dans les jours qui suivent, l’Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN) est censée réaliser une enquête sur cette mort suspecte, et alors que le scandale provoque des émeutes dans Clermont-Ferrand. Le récit des faits par les policiers est confus, incohérent : le procureur lui-même annonce qu’au maximum trois voitures étaient présentes sur les lieux de l’interpellation (un parking) – on apprendra plus tard qu’il y en avait une dizaine, les policiers disent que Wissam était conscient lors de son arrivée au commissariat et que, si son pantalon était baissé, c’est parce qu’il l’avait accroché à une porte lors du transport (nous n’avons aucune explication sur la disparition de sa ceinture, alors qu’on le voit avec sur une vidéo sur ces mêmes lieux !).

Surtout, ils racontent qu’ils ont utilisé la technique du « pliage » pendant le transport, c’est-à-dire qu’ils lui ont maintenu la tête entre les genoux, ce qui l’aurait empêché de respirer. Cette technique a été utilisée jusqu’en 2003 par la police de l’air et des frontières lors des opérations de reconduite à la frontière de clandestins. Elle a été interdite car elle a provoqué deux décès – mais durant des durées de transport beaucoup plus longues que celle de Wissam. C’est pourtant cette hypothèse que les agents de l’IGPN retiennent : pour eux, le décès de Wissam est dû à ce « pliage » – avant même les résultats de l’autopsie ! Nous n’avons jamais cru à ce scénario, monté de toutes pièces, et qui cherche à mettre la mort de Wissam sur le compte d’une simple erreur.

L’ouverture de l’enquête par le procureur :

Le procureur de Clermont-Ferrand ouvre une information judiciaire dont le chef d’inculpation devient après la mort de Wissam « violences volontaires par personnes dépositaires de l’autorité publique ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Il vise les deux policiers de la brigade canine qui ont procédé à l’interpellation et transporté Wissam au commissariat. Ces policiers n’ont pas la moindre égratignure, difficile de croire qu’ils ont fait preuve de la force strictement nécessaire : Wissam n’était pas un danger et plusieurs policiers affirment d’ailleurs qu’il était parfaitement calme.

Les trois juges d’instruction qui se sont depuis succédé sur ce dossier n’ont jamais pu réaliser d’enquête sérieuse. De nombreux témoins étaient présents lors de l’interpellation, et même dans le commissariat, et leur version diverge de celle des policiers. Pourtant, ils n’ont jamais été interrogés par la justice, malgré la demande expresse de nos avocats. De même, ils ont toujours pas examiné les vidéos des caméras de surveillance du commissariat ou écouter les communications radio entre les véhicules de police, et notamment celles des deux voitures sur lesquelles se portent les soupçons. Cette enquête n’est jamais allée plus loin que les conclusions arrangeantes de l’IGPN.

La première autopsie et l’hypothèse du pliage

Une première autopsie est réalisée le 11 janvier 2012. Le médecin légiste n’a pas le rapport médical de l’hôpital et ne prend pas en compte la cicatrisation des blessures. Wissam est autopsié comme s’il venait de mourir. Les différentes fractures à l’arcade et aux côtes, en voie de cicatrisation lors du coma, ne sont pas relevées.

Finalement, le médecin valide l’hypothèse de l’IGPN – qu’il a rencontrée et qui lui a donné une fausse version des faits. Les marques au cou ne seraient que des marques de frottement de vêtements : comment expliquer de tels bleus par de simples frottements ? De même, pour lui, le décès de Wissam est dû au pliage.

Il explique qu’il est mort d’« une compression des artères carotides internes, à l’origine d’un ralentissement de la circulation sanguine et de la perte de connaissance » et que cette compression résulterait d’une structure particulière des os de la tête, « des os temporaux en avant des conduits auditifs, excroissances […] qui sont particulièrement longues ». Mon frère était un grand sportif avec un cœur solide. Comment aurait-il pu mourir d’avoir eu la tête entre les genoux quatre à cinq minutes ? Et quel est le rapport entre une compression du cou et un pliage ? Aucun. Cette hypothèse sera reprise par le procureur pour écarter la suspicion d’une mort d’origine traumatique, une version largement diffusée par la presse.

Le corps non-conservé rend impossible toute expertise antérieure

Nous demandons immédiatement une contre-autopsie. Mais la justice refuse et souhaite d’abord faire une expertise. Pendant ce temps, rien n’est fait en parallèle pour que l’enquête avance, comme s’il fallait la faire durer pour mieux l’enterrer. C’est d’ailleurs toujours le cas aujourd’hui.

Autre problème : pendant six mois, le corps de Wissam n’est pas placé en chambre froide et aucune mesure n’est prise pour le conserver. Du fait de la décomposition, la contre-autopsie du second médecin légiste ne peut se baser que sur le dossier médical. Nous enterrons enfin mon frère en juin 2012, soit six mois après son décès.

L’ « expertise » et la thèse du « cocktail toxique de drogues »

A notre grande surprise, l’expertise est réalisée par le même médecin légiste que la première autopsie, comme s’il fallait lui donner un moyen de « se rattraper » avant la contre-autopsie. Pourquoi lui donner l’opportunité de faire une expertise de sa propre autopsie, qui devrait elle-même être une expertise ?

Le médecin revient alors sur son hypothèse du « pliage » et soutient cette fois que Wissam est mort à cause d’un « cocktail de drogues ». Or, les quantités de drogues retrouvées sont en faibles quantités et ne sont pas létales, même en cas de mélange.

La contre autopsie de juin 2012 à avril 2013

La deuxième autopsie est quant à elle réalisée par un médecin de Poitiers, d’où vient justement le procureur de Clermont-Ferrand. Les résultats devaient nous être transmis en septembre 2013, ce qui est déjà anormalement long, mais ils sont repoussés pendant presqu’un an, jusqu’en avril 2013.

Encore une fois, plusieurs éléments de cette seconde autopsie sont critiquables. Tout d’abord, le médecin a accès aux premières conclusions, ce qui peut influencer son appréciation. De plus, l’expertise cardiologique est réalisée par un expert en médecine générale (pourtant, la cour d’appel de Poitiers a bien un expert cardiologue enregistré). Si c’est bien une radiologue qui analyse les blessures, cette dernière n’est en revanche pas inscrite sur la liste des experts de la Cour et elle n’utilise que les radios réalisées plusieurs jours après le drame – alors qu’elle a les plus récentes.

Le problème des photos

Des photos ont été prises par la police le 1er janvier 2012 mais elles n’ont jamais été versées au dossier. A l’origine, seules y figuraient des photos prises plusieurs jours plus tard, alors que les marques avaient largement cicatrisées. Or, ces photos ont été présentées comme étant celles du 1er janvier. Lorsque nous les avons vues, nous les avons immédiatement contestées, ayant nous-même, ainsi que l’hôpital, pris des photos les 2 et 3 janvier sur lesquelles les marques sont beaucoup plus visibles.

En novembre 2012, la chambre d’instruction a ordonné une datation des photos dans le dossier ce qui, à ce jour, n’a toujours pas été fait.

Une nouvelle contre-expertise en cours

En juin 2013, nous faisons une nouvelle demande d’expertise, menée par de véritables experts. Faute de réponse, nos avocats saisissent la chambre d’instruction en novembre 2013. Un jour avant qu’elle ne se prononce, le 14 janvier 2014, le juge d’instruction désigne enfin un collège d’experts

On nous dit que cette expertise aura lieu dans les cinq mois, ce qui est anormal. De plus, il est clair qu’elle n’aura aucune valeur si elle se base encore une fois sur les mauvaises photos. Mais le procureur dit à la presse que la justice est déterminée à rechercher la vérité. Nous avons encore espoir en la justice mais nous espérons que cette expertise ne débouchera pas sur une énième fuite sur les raisons de la mort de Wissam. La justice va-t-elle enfin faire preuve de transparence ?

Nous nous battons parce qu’on ne peut pas accepter de supprimer la vie de Wissam comme on écraserait un insecte. Wissam était très aimé, il n’était pas un insecte. Nous nous battons aussi pour vous, vos amis, vos enfants, pour qu’ils soient en toutes circonstances protégés des autres et d’eux-mêmes. Si vous les aimez, si vous vous aimez, il est de votre devoir comme du nôtre d’agir pour bâtir une société juste, fraternelle. On est tous Wissam.

La famille de Wissam ET SES SOUTIENS
Clermont-Ferrand, France

https://www.change.org/p/ministres-de-l-int%C3%A9rieur-et-de-la-justice-la-lumi%C3%A8re-sur-les-circonstances-de-la-mort-et-sur-les-dysfonctionnements-de-l-enqu%C3%AAte?recruiter=21770361&utm_source=share_petition&utm_medium=facebook&utm_campaign=share_facebook_responsive&utm_term=des-md-no_src-no_msg&utm_content=rp_petition_fb_share_desc%3Acontrol

DES ASSOCIATIONS LANCENT UNE SEMAINE DE SENSIBILISATION SUR LES ABUS POLICIERS

Face à une recrudescence de contrôles d’identité abusifs et de violences
policières depuis le mois d’avril et au silence assourdissant d’un
gouvernement qui ne semble toujours pas disposé à tenir ses engagements
pour y remédier, plusieurs associations et collectifs ont décidé de dédier cette
semaine à la sensibilisation du grand public aux abus policiers.

Vidéos, sortie d’un Guide d’Action, sensibilisation aux droits, rencontres-
débats, ateliers, maraudes sur la région parisienne, mais aussi à Nice,
Metz,Lille … la #SemaineAbusPoliciers, qui débute mardi 21 octobre, se
terminera le 27 octobre, en hommage à Zyed Benna et Bouna Traoré, morts lors d’une
contrôle d’identité à Clichy-Sous-Bois en 2005, sans qu’aient été pour
l’instant jugés les policiers impliqués dans le drame.

( Les policiers devraient être jugés en Mars à Rennes )*

La semaine dernière, les associations Urgence Notre Police Assassine, La
Voix des Rroms, #FergusonInParis et Les Indivisibles lançaient déjà un cri
d’alerte[1] à Bernard Cazeneuve, Ministre de l’Intérieur, prompt à applaudir
le « formidable sens du service public » de gendarmes scandant en réalité «
1,2, 3, Viva l’Algérie » pour imiter des émeutiers, mais silencieux face aux
trop nombreux passages à tabac et morts dans le cadre d’interventions
policières depuis son arrivée. Ils appelaient la population à apprendre à se
défendre face à une République qui non seulement est sourde à leur mise en
danger, mais semble l’encourager.

L’opération #SemaineAbusPoliciers qui s’en suit a vocation à initier un
large mouvement de solidarité et de vigilance pour former chacun aux droits et aux
recours face aux abus de pouvoir d’agents des forces de l’ordre, qu’il
s’agisse de contrôles au faciès, de violences verbales ou physiques, ou du
cas dévastateur de mort dans le cadre d’une interpellation.

Elle annonce unrenforcement des liens entre les différentes associations et instances de
lutte contre ces abus à travers la France, mais à aussi à l’étranger, afin
d’alerter l’opinion publique internationale sur la situation française.

PROGRAMME DE LA #SemaineAbusPoliciers

21 octobre : Mise en ligne du Guide d’Action[2] face aux contrôles abusifs
réalisé parStop le contrôle au faciès, offrant informations juridiques,
outils de mobilisation, sensibilisation et de recours en cas d’abus, permettant à
chacun d’agir à sa manière et à son niveau.

22 octobre : Journée contre les abus policiers à Lille (maraudes, rencontre
inter-associative, projection-débat…) en partenariat avec le Comité Sans
Papiers et le Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires.

23 octobre :
A Paris à partir de 19h à la librairie Libre ère ( 111 boulevard de Ménilmontant )
Métro Ménilmontant ou Père-Lacahaise/ En présence de proches de victimes de la police, du collectif angle mort, de Mogniss H. Abdallah, historien des crimes racistes et sécuritaires (…)
Les témoignages de famille de victimes viendront montrer la férocité du binôme « police-justice ». Leurs combats est l’affaire de tous. De tous ceux qui souhaite combattre les dominations et les injustices systémiques.

· A Metz, des membres du Collectif Stop le contrôle au faciès et
l’antenne locale de la Ligue des Droits de l’Homme se réuniront en soutien
à «Anis», victime de harcèlement par les forces de l’ordre locales depuis
qu’il a survécu à une grave agression policière dont il a conservé les vidéos.[3]

24 octobre : Rencontre-débat sur les droits et recours face aux abus
policiers de 19h à 21h à Nice, organisée par les antennes locales du Collectif Contre
l’Islamophobie en France, de la Ligue des Droits de l’Homme et du Mouvement
contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples.

25 octobre :
· 14h30 – 17h30, Place des Innocents à Châtelet, Paris : opération
photos, distribution du Guide d’Actions, diffusion du numéro de recours,
installation de l’appli Stop le contrôle au Faciès, mise à disposition du
livre Permis de Tuer
· 18h00, Place du Trocadéro, opération photo #FergusonInParis en
soutien

et écho au mois d’action #FergusonOctober aux Etat-Unis

26 octobre : Opération Twitter

Du 21 au 27 octobre : diffusion d’épisodes inédits de la saison 2 de la web-
série « Mon 1er contrôle d’identité », faisant témoigner chercheurs,
journalistes, avocats, élus, conseillers à l’OSCE ou à l’ONU sur leur
expérience d’abus policiers.
La saison 1, sortie en novembre 2011 sur YouTube, avait réuni une trentaine
de rappeurs français, diffusait un numéro de SMS à utiliser en cas de contrôle
au faciès introduisant le sujet sur la scène médiatique et politique en France,
et permettant la 1èreaction en justice contre l’Etat en avril 2012.

*
*Sur le jugement des policiers responsables de la mort de Zyed et Bouna : http://www.ouest-france.fr/mort-de-zyed-et-bouna-clichy-les-policiers-juges-en-mars-rennes-2909401

CONTACTS :

Stop le contrôle au faciès : 06 98 97 28 54

[1] M. le ministre de l’Intérieur, n’entendez-vous pas ces voix dissonantes
?
Huffington Post, 17/10/2014

http://www.huffingtonpost.fr/amal-bentousi/lettre-ouverte-cazeneuve-stop-controle-facies_b_6002988.html

[2] Sur

http://stoplecontroleaufacies.fr/slcaf/2014/10/20/guide-daction-face-aux-controles-abusifs/

[3] http://www.islametinfo.fr/2014/09/23/bavure-policiere-musulman-police/

Dorel Iosif Floarea tué par un policier à Montgeron

Le 29 juillet 2014, Dorel Iosif Floarea, un père de famille, était abattu par un policier de la BAC, à Montgeron, une petite commune de l’Essonne. En moins de 24h, la machine judiciaire et ses relais médiatiques se mettent en marche. Dès le lendemain du meurtre de Dorel Iosif Floarea, la plupart des médias qui consacrent de brefs articles ou de courts sujets à sa mort se contentent de parler d’un « Roumain qui ne parlait pas le français », de « Roumains alcoolisés et bruyants »[1] et soulignent que le parquet s’oriente vers la « légitime défense », après l’ouverture d’une information judiciaire pour « violences volontaires avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Le maire UMP de la ville a tenu pour sa part à exprimer ses « pensées pour le policier forcément affecté par ce drame », ajoutant que le Moulin de Senlis, le bâtiment devant lequel Dorel Iosif Floarea a été abattu, est une « zone de non-droit »[2]. Le concert médiatique s’achève par une déclaration du secrétaire régional du syndicat policier Alliance précisant : « Il ne s’agit en aucun cas d’un dérapage ou d’une bavure policière ».

Dorel iosif Floarea

Pourtant, rapidement, la femme de Dorel Iosif Floarea, Florica, rencontrée quelques jours plus tard, et le frère de la victime, ainsi que des témoins résidant au moulin de Senlis, vont donner une tout autre version des faits. Ce 29 juillet, Dorel Iosif Floarea, qui habite Vigneux-sur-Seine avec sa femme et leurs enfants, se rend dans une banque de Montgeron pour régler des affaires liées à son entreprise de bâtiment. En sortant, il rencontre son frère et un ami, avec qui il va boire devant le Moulin de Senlis. Ce bâtiment, sous le coup d’un arrêté d’insalubrité, fait l’objet de projets de rachat pour sa transformation en hôtel de luxe[3]. Dans cet édifice, situé en bordure d’une zone pavillonnaire[4], vivent une vingtaine de familles, la plupart issues d’Europe de l’est, du Caucase et de Russie. Aux alentours de 18h, un équipage de policiers municipaux débarque, et signifie aux trois hommes qu’il est interdit de boire. Très vite, ils sont rejoints par quatre policiers de la BAC qui vident la bouteille de whisky qu’ils étaient en train de boire et la jettent à la poubelle. Le frère de Dorel Iosif Floarea affirme que celui-ci avait commencé à protester en voyant que les policiers venaient de jeter la bouteille. Un des policiers recule alors, trébuche sur un bloc de béton et tire la balle qui atteint Dorel Iosif Floarea au thorax, tandis qu’un second policier tire avec son flashball. Aussitôt après, son frère et leur ami sont gazés, embarqués au commissariat et placés en garde à vue. Une heure plus tard, Dorel Iosif Floarea est déclaré mort.

Les policiers ne prendront pas la peine de prévenir les membres de la famille alors que Dorel Iosif Floarea était muni de plusieurs papiers d’identité où figurait son adresse. Son frère l’apprendra par un ami peu après sa garde à vue. Après que le beau-frère, Vasile, ait eu des doutes en regardant une chaîne de télévision évoquant la mort d’un « Roumain de 42 ans » à Montgeron, Florica devra se rendre d’elle-même au commissariat pour s’entendre annoncer la mort de son mari.

à en croire la version policière, unanimement relayée dans les médias, le déroulement des faits jusqu’à leur fin « tragique » est simple : la police municipale aurait répondu à un appel signalant que trois hommes alcoolisés troublaient le voisinage. Lors de leur intervention, se sentant débordés, ils auraient appelé en renfort un équipage de BAC qui aurait tenté de faire s’allonger au sol les trois hommes. L’un d’eux se serait montré menaçant et aurait voulu agresser l’un des agents avec un tesson de bouteille. Ce dernier, « se sentant menacé » aurait alors abattu l’« agresseur ». Le fameux tesson de bouteille de whisky, évoqué pour justifier la légitime défense, est une pure invention selon des voisins et les proches. Selon eux il s’agissait en réalité d’un paquet de cigarettes ou de son portable.

La famille a aussitôt porté plainte et s’est constitué partie civile avant de se mettre en quête de témoins, dont certains auraient filmé la scène. Certains déclarent avoir effacé leurs vidéos par peur de policiers venus intimider les résidents du moulin, témoins du meurtre. Le 7 août, un peu plus d’une semaine après la mort de Dorel Iosif Floarea, ses proches ont organisé un rassemblement devant le moulin de Senlis. Devant les photos et les fleurs déposées sur le trottoir où Dorel Iosif Floarea a été abattu, sa femme, Florica et ses proches ont réclamé la vérité, deux jours avant les funérailles à Timisoara, en Roumanie. Sur un bout de carton, déposé sur l’autel funéraire improvisé, on pouvait lire « Est-ce qu’une journée d’ivresse mérite la mort ? ». En attendant les conclusions de l’enquête de l’IGPN et les suites éventuelles que donnera le juge d’instruction, la famille et les proches de Dorel Iosif Floarea prévoient d’organiser une mobilisation en septembre pour que sa mort ne sombre pas dans l’oubli.

Collectif Angles Morts

anglesmorts@gmail.com
[1] . http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20140730.AFP2913/un-homme-tue-par-un-policier-au-cours-d-une-interpellation-dans-l-essonne.html.
[2] . http://www.leparisien.fr/faits-divers/essonne-un-policier-tue-un-homme-a-montgeron-29-07-2014-4035531.php.
[3] . http://www.leparisien.fr/espace-premium/essonne-91/le-rachat-fragile-du-moulin-de-senlis-par-un-milliardaire-russe-29-05-2014-3880275.php.
[4] . http://www.mediapart.fr/journal/france/070814/homme-abattu-montgeron-deux-temoins-contestent-la-version-policiere.

MARCHE POUR HOUCINE TUE PAR UN GENDARME LORS DE SON TRANSFERT

Rappel des faits : Colmar- 26 Août- Houcine Bouras a été tué par un gendarme : Houcine a été abattu alors qu’il était entre les mains de la justice.

Houcine 23 ans, en détention provisoire dans une prison strasbourgeoise, était transféré dans un véhicule de police sous escorte pour être entendu par un juge d’instruction colmarien dans le cadre d’une mise en examen pour vols à main armée. Un gendarme adjoint volontaire conduisait le véhicule, une Clio, et une gendarme sous-officier se trouvait à l’arrière, à coté du détenu. Selon le procureur, ce dernier aurait agressé la gendarme et «voulait lui prendre son arme de service». TOUJOURS CELON LA VERSION POLICIERE/ suivi par le procureur: “Le gendarme conducteur a alors arrêté le véhicule sur la bande d’arrêt d’urgence, puis tenté de maîtriser le détenu avec son bâton de défense. (…) l’homme et le gendarme aurait luttés pour s’emparer de l’arme à feu, tombée sur le bitume, le gendarme a décidé de tirer pour neutraliser l’agresseur, estimant qu’il y avait un «péril imminent pour lui et sa collègue».

«Avec des menottes, prendre une arme de service, enlever la sécurité, charger l’arme, cela me sembe complètement impossible», fustige Me Renaud Bettcher, avocat de la famille de la victime, à France 3 Alsace. Il souhaite que «cette instruction, comme d’autres, soit un message lancé aux forces de l’ordre pour leur dire qu’elles ne peuvent pas rester dans l’impunité». (…)

«Je veux justice» a réclamé la mère de Houcine au micro de “France 3 Alsace” , des sanglots dans la voix. «Il a été abattu sans raison, menotté. Au jour d’aujourd’hui, je ne sais pas comment cela s’est passé, et je voudrais savoir» explique-t-elle.

«On n’aurait jamais dû en arriver là. Lui donner un coup, oui. Mais pas une balle dans la joue! C’est inadmissible. C’est un jeune de 23 ans à qui on a enlevé la vie.» (…)

«Violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner». C’est sous ce chef d’inculpation que le procureur de la République de Colmar Bernard Lebeau a qualifié la responsabilité du gendarme. Une instruction a été ouverte. La famille réclame vérité et justice. Une 1ere marche a été organisé quelques jours après l’assassinat de Houcine.

Sur la 1ere marche : http://www.lecourrierdelatlas.com/774801092014Marche-Blanche-a-Colmar.html
Source de l’article un peu modifié :http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/08/29/01016-20140829ARTFIG00255-detenu-abattu-sur-l-a35-pas-de-legitime-defense-pour-le-gendarme.php

UNE MARCHE EST ORGANISE PAR LES PROCHES DE HOUCINE
le dimanche 7 Septembre à Colmar a 15H30
Pour en savoir plus : https://www.facebook.com/event/1476179829311539/

http://contrelenfermement.noblogs.org/

Un procès neuf ans après la mort de Zyed et Bouna

Le 27 octobre 2005, Bouna, 15 ans, et Zyed, 17 ans, mouraient électrocutés dans un transformateur EDF à Clichy-sous-Bois. (..) Les deux jeunes gens avaient fui à la vue des forces de l’ordre. Poursuivis, ils s’étaient réfugiés près d’une grosse turbine sur le terrain d’un transformateur EDF, un lieu extrêmement dangereux.
Seul leur ami Muhittin Altun, grièvement blessé, était sorti vivant du site.

Neuf ans après ce drame à l’origine des émeutes de 2005, un procès va enfin avoir lieu cette année à Rennes (Ille-et-Vilaine). En septembre dernier, après moult rebondissements judiciaires, la cour d’appel de Rennes, saisie par la Cour de cassation, a en effet estimé que les deux policiers en cause — l’un se trouvait sur place au moment des faits et l’autre au standard du commissariat — devaient être jugés pour « non-assistance à personne en danger ». On leur reproche de n’avoir pas tout fait pour sauver les adolescents.


Source : Le Parisien en date du 06.01.2014

http://www.leparisien.fr/espace-premium/seine-saint-denis-93/un-proces-neuf-ans-apres-la-mort-de-zyed-et-bouna-06-01-2014-3464923.php