DES ASSOCIATIONS LANCENT UNE SEMAINE DE SENSIBILISATION SUR LES ABUS POLICIERS

Face à une recrudescence de contrôles d’identité abusifs et de violences
policières depuis le mois d’avril et au silence assourdissant d’un
gouvernement qui ne semble toujours pas disposé à tenir ses engagements
pour y remédier, plusieurs associations et collectifs ont décidé de dédier cette
semaine à la sensibilisation du grand public aux abus policiers.

Vidéos, sortie d’un Guide d’Action, sensibilisation aux droits, rencontres-
débats, ateliers, maraudes sur la région parisienne, mais aussi à Nice,
Metz,Lille … la #SemaineAbusPoliciers, qui débute mardi 21 octobre, se
terminera le 27 octobre, en hommage à Zyed Benna et Bouna Traoré, morts lors d’une
contrôle d’identité à Clichy-Sous-Bois en 2005, sans qu’aient été pour
l’instant jugés les policiers impliqués dans le drame.

( Les policiers devraient être jugés en Mars à Rennes )*

La semaine dernière, les associations Urgence Notre Police Assassine, La
Voix des Rroms, #FergusonInParis et Les Indivisibles lançaient déjà un cri
d’alerte[1] à Bernard Cazeneuve, Ministre de l’Intérieur, prompt à applaudir
le « formidable sens du service public » de gendarmes scandant en réalité «
1,2, 3, Viva l’Algérie » pour imiter des émeutiers, mais silencieux face aux
trop nombreux passages à tabac et morts dans le cadre d’interventions
policières depuis son arrivée. Ils appelaient la population à apprendre à se
défendre face à une République qui non seulement est sourde à leur mise en
danger, mais semble l’encourager.

L’opération #SemaineAbusPoliciers qui s’en suit a vocation à initier un
large mouvement de solidarité et de vigilance pour former chacun aux droits et aux
recours face aux abus de pouvoir d’agents des forces de l’ordre, qu’il
s’agisse de contrôles au faciès, de violences verbales ou physiques, ou du
cas dévastateur de mort dans le cadre d’une interpellation.

Elle annonce unrenforcement des liens entre les différentes associations et instances de
lutte contre ces abus à travers la France, mais à aussi à l’étranger, afin
d’alerter l’opinion publique internationale sur la situation française.

PROGRAMME DE LA #SemaineAbusPoliciers

21 octobre : Mise en ligne du Guide d’Action[2] face aux contrôles abusifs
réalisé parStop le contrôle au faciès, offrant informations juridiques,
outils de mobilisation, sensibilisation et de recours en cas d’abus, permettant à
chacun d’agir à sa manière et à son niveau.

22 octobre : Journée contre les abus policiers à Lille (maraudes, rencontre
inter-associative, projection-débat…) en partenariat avec le Comité Sans
Papiers et le Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires.

23 octobre :
A Paris à partir de 19h à la librairie Libre ère ( 111 boulevard de Ménilmontant )
Métro Ménilmontant ou Père-Lacahaise/ En présence de proches de victimes de la police, du collectif angle mort, de Mogniss H. Abdallah, historien des crimes racistes et sécuritaires (…)
Les témoignages de famille de victimes viendront montrer la férocité du binôme « police-justice ». Leurs combats est l’affaire de tous. De tous ceux qui souhaite combattre les dominations et les injustices systémiques.

· A Metz, des membres du Collectif Stop le contrôle au faciès et
l’antenne locale de la Ligue des Droits de l’Homme se réuniront en soutien
à «Anis», victime de harcèlement par les forces de l’ordre locales depuis
qu’il a survécu à une grave agression policière dont il a conservé les vidéos.[3]

24 octobre : Rencontre-débat sur les droits et recours face aux abus
policiers de 19h à 21h à Nice, organisée par les antennes locales du Collectif Contre
l’Islamophobie en France, de la Ligue des Droits de l’Homme et du Mouvement
contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples.

25 octobre :
· 14h30 – 17h30, Place des Innocents à Châtelet, Paris : opération
photos, distribution du Guide d’Actions, diffusion du numéro de recours,
installation de l’appli Stop le contrôle au Faciès, mise à disposition du
livre Permis de Tuer
· 18h00, Place du Trocadéro, opération photo #FergusonInParis en
soutien

et écho au mois d’action #FergusonOctober aux Etat-Unis

26 octobre : Opération Twitter

Du 21 au 27 octobre : diffusion d’épisodes inédits de la saison 2 de la web-
série « Mon 1er contrôle d’identité », faisant témoigner chercheurs,
journalistes, avocats, élus, conseillers à l’OSCE ou à l’ONU sur leur
expérience d’abus policiers.
La saison 1, sortie en novembre 2011 sur YouTube, avait réuni une trentaine
de rappeurs français, diffusait un numéro de SMS à utiliser en cas de contrôle
au faciès introduisant le sujet sur la scène médiatique et politique en France,
et permettant la 1èreaction en justice contre l’Etat en avril 2012.

*
*Sur le jugement des policiers responsables de la mort de Zyed et Bouna : http://www.ouest-france.fr/mort-de-zyed-et-bouna-clichy-les-policiers-juges-en-mars-rennes-2909401

CONTACTS :

Stop le contrôle au faciès : 06 98 97 28 54

[1] M. le ministre de l’Intérieur, n’entendez-vous pas ces voix dissonantes
?
Huffington Post, 17/10/2014

http://www.huffingtonpost.fr/amal-bentousi/lettre-ouverte-cazeneuve-stop-controle-facies_b_6002988.html

[2] Sur

http://stoplecontroleaufacies.fr/slcaf/2014/10/20/guide-daction-face-aux-controles-abusifs/

[3] http://www.islametinfo.fr/2014/09/23/bavure-policiere-musulman-police/

Dorel Iosif Floarea tué par un policier à Montgeron

Le 29 juillet 2014, Dorel Iosif Floarea, un père de famille, était abattu par un policier de la BAC, à Montgeron, une petite commune de l’Essonne. En moins de 24h, la machine judiciaire et ses relais médiatiques se mettent en marche. Dès le lendemain du meurtre de Dorel Iosif Floarea, la plupart des médias qui consacrent de brefs articles ou de courts sujets à sa mort se contentent de parler d’un « Roumain qui ne parlait pas le français », de « Roumains alcoolisés et bruyants »[1] et soulignent que le parquet s’oriente vers la « légitime défense », après l’ouverture d’une information judiciaire pour « violences volontaires avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Le maire UMP de la ville a tenu pour sa part à exprimer ses « pensées pour le policier forcément affecté par ce drame », ajoutant que le Moulin de Senlis, le bâtiment devant lequel Dorel Iosif Floarea a été abattu, est une « zone de non-droit »[2]. Le concert médiatique s’achève par une déclaration du secrétaire régional du syndicat policier Alliance précisant : « Il ne s’agit en aucun cas d’un dérapage ou d’une bavure policière ».

Dorel iosif Floarea

Pourtant, rapidement, la femme de Dorel Iosif Floarea, Florica, rencontrée quelques jours plus tard, et le frère de la victime, ainsi que des témoins résidant au moulin de Senlis, vont donner une tout autre version des faits. Ce 29 juillet, Dorel Iosif Floarea, qui habite Vigneux-sur-Seine avec sa femme et leurs enfants, se rend dans une banque de Montgeron pour régler des affaires liées à son entreprise de bâtiment. En sortant, il rencontre son frère et un ami, avec qui il va boire devant le Moulin de Senlis. Ce bâtiment, sous le coup d’un arrêté d’insalubrité, fait l’objet de projets de rachat pour sa transformation en hôtel de luxe[3]. Dans cet édifice, situé en bordure d’une zone pavillonnaire[4], vivent une vingtaine de familles, la plupart issues d’Europe de l’est, du Caucase et de Russie. Aux alentours de 18h, un équipage de policiers municipaux débarque, et signifie aux trois hommes qu’il est interdit de boire. Très vite, ils sont rejoints par quatre policiers de la BAC qui vident la bouteille de whisky qu’ils étaient en train de boire et la jettent à la poubelle. Le frère de Dorel Iosif Floarea affirme que celui-ci avait commencé à protester en voyant que les policiers venaient de jeter la bouteille. Un des policiers recule alors, trébuche sur un bloc de béton et tire la balle qui atteint Dorel Iosif Floarea au thorax, tandis qu’un second policier tire avec son flashball. Aussitôt après, son frère et leur ami sont gazés, embarqués au commissariat et placés en garde à vue. Une heure plus tard, Dorel Iosif Floarea est déclaré mort.

Les policiers ne prendront pas la peine de prévenir les membres de la famille alors que Dorel Iosif Floarea était muni de plusieurs papiers d’identité où figurait son adresse. Son frère l’apprendra par un ami peu après sa garde à vue. Après que le beau-frère, Vasile, ait eu des doutes en regardant une chaîne de télévision évoquant la mort d’un « Roumain de 42 ans » à Montgeron, Florica devra se rendre d’elle-même au commissariat pour s’entendre annoncer la mort de son mari.

à en croire la version policière, unanimement relayée dans les médias, le déroulement des faits jusqu’à leur fin « tragique » est simple : la police municipale aurait répondu à un appel signalant que trois hommes alcoolisés troublaient le voisinage. Lors de leur intervention, se sentant débordés, ils auraient appelé en renfort un équipage de BAC qui aurait tenté de faire s’allonger au sol les trois hommes. L’un d’eux se serait montré menaçant et aurait voulu agresser l’un des agents avec un tesson de bouteille. Ce dernier, « se sentant menacé » aurait alors abattu l’« agresseur ». Le fameux tesson de bouteille de whisky, évoqué pour justifier la légitime défense, est une pure invention selon des voisins et les proches. Selon eux il s’agissait en réalité d’un paquet de cigarettes ou de son portable.

La famille a aussitôt porté plainte et s’est constitué partie civile avant de se mettre en quête de témoins, dont certains auraient filmé la scène. Certains déclarent avoir effacé leurs vidéos par peur de policiers venus intimider les résidents du moulin, témoins du meurtre. Le 7 août, un peu plus d’une semaine après la mort de Dorel Iosif Floarea, ses proches ont organisé un rassemblement devant le moulin de Senlis. Devant les photos et les fleurs déposées sur le trottoir où Dorel Iosif Floarea a été abattu, sa femme, Florica et ses proches ont réclamé la vérité, deux jours avant les funérailles à Timisoara, en Roumanie. Sur un bout de carton, déposé sur l’autel funéraire improvisé, on pouvait lire « Est-ce qu’une journée d’ivresse mérite la mort ? ». En attendant les conclusions de l’enquête de l’IGPN et les suites éventuelles que donnera le juge d’instruction, la famille et les proches de Dorel Iosif Floarea prévoient d’organiser une mobilisation en septembre pour que sa mort ne sombre pas dans l’oubli.

Collectif Angles Morts

anglesmorts@gmail.com
[1] . http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20140730.AFP2913/un-homme-tue-par-un-policier-au-cours-d-une-interpellation-dans-l-essonne.html.
[2] . http://www.leparisien.fr/faits-divers/essonne-un-policier-tue-un-homme-a-montgeron-29-07-2014-4035531.php.
[3] . http://www.leparisien.fr/espace-premium/essonne-91/le-rachat-fragile-du-moulin-de-senlis-par-un-milliardaire-russe-29-05-2014-3880275.php.
[4] . http://www.mediapart.fr/journal/france/070814/homme-abattu-montgeron-deux-temoins-contestent-la-version-policiere.

MARCHE POUR HOUCINE TUE PAR UN GENDARME LORS DE SON TRANSFERT

Rappel des faits : Colmar- 26 Août- Houcine Bouras a été tué par un gendarme : Houcine a été abattu alors qu’il était entre les mains de la justice.

Houcine 23 ans, en détention provisoire dans une prison strasbourgeoise, était transféré dans un véhicule de police sous escorte pour être entendu par un juge d’instruction colmarien dans le cadre d’une mise en examen pour vols à main armée. Un gendarme adjoint volontaire conduisait le véhicule, une Clio, et une gendarme sous-officier se trouvait à l’arrière, à coté du détenu. Selon le procureur, ce dernier aurait agressé la gendarme et «voulait lui prendre son arme de service». TOUJOURS CELON LA VERSION POLICIERE/ suivi par le procureur: “Le gendarme conducteur a alors arrêté le véhicule sur la bande d’arrêt d’urgence, puis tenté de maîtriser le détenu avec son bâton de défense. (…) l’homme et le gendarme aurait luttés pour s’emparer de l’arme à feu, tombée sur le bitume, le gendarme a décidé de tirer pour neutraliser l’agresseur, estimant qu’il y avait un «péril imminent pour lui et sa collègue».

«Avec des menottes, prendre une arme de service, enlever la sécurité, charger l’arme, cela me sembe complètement impossible», fustige Me Renaud Bettcher, avocat de la famille de la victime, à France 3 Alsace. Il souhaite que «cette instruction, comme d’autres, soit un message lancé aux forces de l’ordre pour leur dire qu’elles ne peuvent pas rester dans l’impunité». (…)

«Je veux justice» a réclamé la mère de Houcine au micro de “France 3 Alsace” , des sanglots dans la voix. «Il a été abattu sans raison, menotté. Au jour d’aujourd’hui, je ne sais pas comment cela s’est passé, et je voudrais savoir» explique-t-elle.

«On n’aurait jamais dû en arriver là. Lui donner un coup, oui. Mais pas une balle dans la joue! C’est inadmissible. C’est un jeune de 23 ans à qui on a enlevé la vie.» (…)

«Violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner». C’est sous ce chef d’inculpation que le procureur de la République de Colmar Bernard Lebeau a qualifié la responsabilité du gendarme. Une instruction a été ouverte. La famille réclame vérité et justice. Une 1ere marche a été organisé quelques jours après l’assassinat de Houcine.

Sur la 1ere marche : http://www.lecourrierdelatlas.com/774801092014Marche-Blanche-a-Colmar.html
Source de l’article un peu modifié :http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/08/29/01016-20140829ARTFIG00255-detenu-abattu-sur-l-a35-pas-de-legitime-defense-pour-le-gendarme.php

UNE MARCHE EST ORGANISE PAR LES PROCHES DE HOUCINE
le dimanche 7 Septembre à Colmar a 15H30
Pour en savoir plus : https://www.facebook.com/event/1476179829311539/

http://contrelenfermement.noblogs.org/

Un procès neuf ans après la mort de Zyed et Bouna

Le 27 octobre 2005, Bouna, 15 ans, et Zyed, 17 ans, mouraient électrocutés dans un transformateur EDF à Clichy-sous-Bois. (..) Les deux jeunes gens avaient fui à la vue des forces de l’ordre. Poursuivis, ils s’étaient réfugiés près d’une grosse turbine sur le terrain d’un transformateur EDF, un lieu extrêmement dangereux.
Seul leur ami Muhittin Altun, grièvement blessé, était sorti vivant du site.

Neuf ans après ce drame à l’origine des émeutes de 2005, un procès va enfin avoir lieu cette année à Rennes (Ille-et-Vilaine). En septembre dernier, après moult rebondissements judiciaires, la cour d’appel de Rennes, saisie par la Cour de cassation, a en effet estimé que les deux policiers en cause — l’un se trouvait sur place au moment des faits et l’autre au standard du commissariat — devaient être jugés pour « non-assistance à personne en danger ». On leur reproche de n’avoir pas tout fait pour sauver les adolescents.


Source : Le Parisien en date du 06.01.2014

http://www.leparisien.fr/espace-premium/seine-saint-denis-93/un-proces-neuf-ans-apres-la-mort-de-zyed-et-bouna-06-01-2014-3464923.php

Millau : larmes et colère un an après la mort de Nabil Mabtoul

Après un rassemblement devant la mairie, le cortège s’est rendu sur les lieux du drame, avenue Jean-Jaurès.

Un an jour pour jour après que Nabil Mabtoul, 26 ans, a été tué par balle lors d’un contrôle routier de la brigade anticriminalité (Bac) auquel il avait tenté de se soustraire, la famille du jeune homme, originaire de Villefranche-de-Rouergue, s’est retrouvée en début d’après-midi devant les grilles de la mairie pour lui rendre un nouvel hommage et demander que justice soit faite.

Quelques Millavois se sont joints à ce rassemblement, pour la plupart militants d’un collectif créé dès 2011, plusieurs mois avant le drame, afin de dénoncer les méthodes de la Bac et ses interventions jugées disproportionnées, selon divers témoignages.

L’instruction pratiquement bouclée

Après la reconstitution qui s’est déroulée le 15 novembre, l’instruction se poursuit depuis Montpellier où le dossier a été délocalisé peu après les faits. Elle serait même pratiquement bouclée, selon le procureur adjoint Patrick Desjardin.

Le policier auteur du coup de feu mortel est mis en examen pour « coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l’autorité publique ». Il plaide la légitime défense d’autrui, en l’occurrence celle de son collègue de patrouille.

source : http://www.midilibre.fr/2013/06/26/millau-larmes-et-colere-un-an-apres-la-mort-de-nabil-mabtoul,723038.php