Un homme de 33 ans : Amadou Koumé meurt entre les mains de la police au commissariat du 10e arr. de Paris

Le secret avait été bien gardé depuis un mois et demi par la police et la justice. On apprend ce lundi 20 avril sur LeParisien.fr la mort d’un homme au commissariat du 10e arrondissement, (rue Louis-Blanc), dans la nuit du jeudi 5 mars au vendredi 6 mars. Âgé de 33 ans et papa de deux enfants, Amadou Koumé était originaire de Saint-Quentin dans l’Aisne, en Picardie.

Comme souvent, la mort entre les mains des flics a vite été requalifiée en homicide involontaire.

JPEG - 37.8 koAmadou Koume

Selon les premiers éléments de l’enquête, Amadou a été interpellé le 6 mars à 0 h 5 alors qu’il tenait des propos incohérents. « Il n’était manifestement pas bien, détaille une source judiciaire. Quand les policiers ont voulu le menotter, il s’est débattu. Ils ont dû procéder à une manœuvre d’étranglement pour lui passer les menottes. À l’arrivée au commissariat à 0 h 25, ils se sont rendu compte qu’il était amorphe. Le Samu a tenté de le ranimer, en vain. » Le décès d’Amadou a été officiellement constaté à 2 h 30.

Pour ses proches, les circonstances doivent être éclaircies. « On ne sait pas comment il est mort, s’indigne Habi, sa grande sœur. Le matin de son décès, il a fallu que je passe trois appels à l’IGPN et que j’implore la personne au standard pour enfin obtenir des informations sommaires. Au téléphone, on m’a dit qu’il avait été transporté couché dans le fourgon et qu’il était mort à 0 h 30. En découvrant l’acte d’état civil, j’apprends que son décès n’a été déclaré que deux heures plus tard. Je me demande si on ne veut pas nous cacher quelque chose. » Lorsqu’ils se sont rendus à l’Institut médico-légal, plusieurs membres de la famille du jeune homme se sont aperçus qu’il présentait une plaie au visage.

JPEG - 41.2 koLe comico du Xe, rue Louis-Blanc

Ce que ne fait pas bien sûr l’article du « Parisien », c’est le rapprochement avec la mort de plusieurs personnes, tuées elles aussi par étranglement. Une pratique dénoncée depuis longtemps, suite notamment à la mort d’Hakim Ajimi en 2008 :

Lors de contrôles d’identité, ou d’interpellations, la Police applique une méthode d’immobilisation qui dans sa pratique peut provoquer la mort : cette méthode “au corps à corps” consiste à ce qu’un fonctionnaire de police étrangle la personne qui se trouve au sol, pendant qu’un autre lui comprime la cage thoracique en appuyant fortement son genou dans le dos. Cette pratique appelée aussi “clé d’étranglement” entraine l’immobilité, la suffocation, de graves lésions qui peuvent provoquer alors des conséquences irréversibles quand ce n’est pas la mort.

Trois flics avaient été condamnés à de la prison avec sursis pour la mort d’Hakim Ajimi. Depuis, plusieurs personnes sont mortes pour avoir eu le malheur de croiser des flics friands de cette pratique. Elle est pourtant connue depuis plus de dix ans par tous les policiers comme pouvant être mortelle.

PNG - 586.4 koHakim Ajimi, tué par la police par étranglement

En juin 2009, Ali Ziri mourrait dans les mêmes circonstances à Argenteuil. En 2011, c’était Wissam El-Yamni à Clermont-Ferrand. À chaque fois, les flics s’en sont sortis, comme dans la plupart des cas où la police est accusée de meurtre ou de mutilation.

La police française assassine !

Pour plus d’infos sur les crimes policiers, voir notamment http://urgence-notre-police-assassi….


Mise à jour 11h45 : ce commissariat fait partie de ceux qui ont une particulièrement sale réputation sur Paris, comme Riquet et Clignancourt. Par exemple, le 5 juin 2010, dans ce même commissariat, trois membres d’une famille avaient subi des graves violences policières. Au point que le défenseur des droits s’en était alerté :

Le Défenseur des droits a été saisi d’une réclamation concernant les conditions dans lesquelles trois membres de la famille A. ont été interpellés, le 5 juin 2010, à Paris 10e, des violences et insultes qu’ils auraient subies, ainsi que du déroulement de la garde à vue à laquelle ils ont été soumis du 5 au 6 juin 2010.

 

Source : https://paris-luttes.info/la-police-assassine-amadou-koume-3114

RAPPEL Recrudescence des crimes policiers: depuis début 2012 : 10 Personnes tués par ou à cause de la police… et combien de bléssés et de familles humiliées ?

2012: Déjà 10 morts ( connus) et ( au moins ) 3 blessés grave (connus):

11 janvier 2012 : Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis):
Abdel 25 ans meurt « d’une crise cardiaque » lors d’un contrôle.

10 janvier 2012 : Clermont Ferrand : Wissam El-Yamni 30 ans, battu par la police, il tombe dans le coma et succombera de ses blessures 10 jours plus tard. La famille attend toujours une contre-expertise d’autopsie. Le corps n’a donc toujours pas pu être inhumé.

11 Mars 2012 : Ivry : Ahamadou Maréga, 17 ans mort à la suite d’une poursuite par la police.

27 Mars 2012 : Lyon : un homme, âgé de 39 ans, est mort des suites de ses blessures, il serait « tombé » d’une voiture de police.

21 Avril 2012 : Noisy-le-sec ( 93): Amine Bentounsi est tué par un policier de plusieurs balles dans le dos.

14 Mai Nantes : un garçon de 13 ans se noit afin d’échapper à la police.

22 Mai : Massy Palaiseau : 2 jeunes en scooter sont percutés par la police, l’un est grièvement blessé, l’autre meurt.

17 Mai: Cayenne : Un jeune de 17 ans meurt au commissariat.

Dans la nuit du 5 au 6 Juin : Melun : Youssef Mahdi 24 ans est mort des suites de sa noyade dans la seine, alors qu’il voulait échapper à un contrôle de police.

9 Juin : Villiers-le-Bel : 2 jeunes sont blessés dont l’un grièvement, ils ont été percutés par une voiture de la BAC, 4 ans après la mort de Lakhamy et Moushin tués, percutés par une voiture de police dans le même quartier

> N’hésitez pas à nous contacter pour nous signaler un oubli, une erreur (toutes nos excuses si c’est le cas) ou pour faire un témoignage : viesvolees.france@gmail.com

EN PRISON DEPUIS DÉBUT 2012 PLUS DE 35 MORTS SUSPECTES.

Clermont Ferrand :Samedi 11 février rassemblement-sitting pour la justice & la vérité !

Le Comité « Justice & Vérité pour Wissam » appelle à un rassemblement-sitting samedi 11 février à 14h devant le commissariat central (Pélissier).
Objectifs :

faire en sorte qu’un mois après, on n’oublie pas déjà ce qui est arrivé dans notre ville à Wissam.
exiger toute la vérité et la justice pour Wissam.

exiger que la justice soit aussi rapide que possible et que tous les policiers impliqués dans les violences subies par Wissam soient condamnés.

que les responsables du « pliage » soient sanctionnés plutôt que mis en congés (ou laissés en service)
que les « bons flics » lâchent les mauvais.

que des dispositions soient prises (caméras dans l’ensemble du commissariat, dans les voitures de patrouilles…) pour ne pas qu’un tel lynchage puisse se reproduire impunément et en l’absence de preuves.

dénoncer les violences policières et la justice à deux vitesses qui frappe différemment les policiers et les citoyens.

Arcachon : l’Etat condamné dans l’affaire Taïs

 Dix-sept ans après la découverte du corps de Pascal Taïs dans une cellule du commissariat, l’État est condamné pour dysfonctionnement du service public de la justice Arcachon.

Dix-sept ans après la découverte du corps sans vie et sanguinolent de Pascal Taïs, 33 ans, dans une geôle du commissariat d’Arcachon, l’État français vient d’être condamné pour dysfonctionnement du service public de la justice. La 1re chambre civile du tribunal de grande instance de Bordeaux a alloué 30 000 euros de dommages-intérêts à ses parents du fait du délai déraisonnable de la procédure d’instruction et de l’atteinte à leur vie privée occasionnée par l’expertise totalement déplacée d’un expert psychologue. Ce n’est pas la première fois que la procédure judiciaire suivie après la disparition tragique de Pascal Taïs fait l’objet de sévères critiques. En 2009, un rapport d’Amnesty international intitulé « France : des policiers au-dessus des lois » s’ouvrait par un rappel de l’affaire Taïs. Trois ans plus tôt, la Cour européenne des droits de l’homme avait déjà condamné l’État français pour ne pas avoir fourni d’explication plausible sur l’origine des blessures ayant entraîné le décès. Éclatement de la rate Le 7 avril 1993, peu après minuit, Pascal Taïs avait été interpellé par une patrouille dans une rue d’Arcachon à la suite d’une dispute. Passablement énervé, il avait été d’abord conduit à l’hôpital où l’interne de garde n’avait rien relevé d’anormal, hormis son excitation. Sept heures plus tard, cet homme de santé fragile, atteint du sida, sera découvert inanimé dans la cellule de dégrisement du commissariat. Couvert d’ecchymoses, deux côtes cassées et le cuir chevelu entaillé, il gisait dans son sang et ses excréments après avoir succombé à une hémorragie interne imputable à une rupture de la rate. « Même en tenant compte des difficultés inhérentes à ce type d’affaire, le délai de dix ans entre l’ouverture de l’instruction et son achèvement par un arrêt de non-lieu est manifestement excessif », souligne la juridiction présidée par Dominique Receveur. En 1996, trois ans après l’ouverture de l’enquête, une contre-expertise médicale démontrait que l’hémorragie fatale était consécutive à un violent choc dorsal. La question d’un possible dérapage policier restait en suspens. Deux thèses s’opposaient alors : une chute brutale sur l’angle de la banquette en ciment de la geôle, ou celle d’un violent coup de pied donné à Pascal Taïs. Ses parents ne pouvant obtenir du juge d’instruction Denis Couhé l’organisation d’une reconstitution dans la cellule, ils avaient dû saisir la chambre de l’instruction pour qu’un transport sur les lieux soit enfin effectué. Deux ans de plus seront nécessaires pour que diverses auditions et confrontations soient menées. Deux ans supplémentaires passeront encore avant que ne soient conduites les recherches relatives à des dénonciations anonymes. « Les vérifications en cours ne justifiaient pas un aussi long délai », souligne le tribunal en écartant les dires de ceux qui ont eu l’aplomb d’imputer cette lenteur aux parents. « On ne peut pas leur reprocher d’avoir fait preuve de ténacité dans la recherche des causes de la mort de leur fils en sollicitant des investigations supplémentaires. » « Pas d’enquête effective » Traumatisés par la mort de leur fils, les époux Taïs ont essuyé les observations ahurissantes d’un expert psychologue. Ce dernier, à qui le juge d’instruction avait confié une mission que le tribunal qualifie d’« imprécise », les a cloués au pilori. Il leur a fait grief de ne pas se risquer à « une perception plus lucide de la problématique psychique » de leur fils uniquement pour faire « l’économie d’une éventuelle culpabilité relative à ce qu’ils ont eux-mêmes engendré » de façon à se préserver de l’angoisse qui en résulterait ». Cette incursion dans leur vie privée et familiale est manifestement hors sujet. La réouverture véritable du dossier le serait beaucoup moins, la Cour européenne des droits de l’homme ayant jugé que « les autorités françaises n’ont pas mené d’enquête effective ». Le rapport fouillé du privé girondin Alain Rousseau, sollicité par Mohammed Taïs, pourrait permettre de réorienter les investigations dans une tout autre direction. Convaincu de l’existence d’une bavure policière, le détective estime que la justice a fait fausse route en se polarisant sur ce qui s’est passé dans les locaux de l’hôtel de police. « Plusieurs fonctionnaires ont sans doute perdu leur sang-froid devant le comportement de Pascal Taïs. Je pense que les faits ont eu lieu pendant son transport entre l’examen à l’hôpital et son arrivée dans la cellule de dégrisement. » Condamnée aujourd’hui pour ses défaillances criantes, l’institution judiciaire aura-t-elle l’humilité de se remettre au travail ?

Source : sud Ouest.com

Plus d’infos : Pascal Taïs La vérité : http://www.facebook.com/group.php?gid=10150117046460554

Makomé a été tué devant témoins. Au procès de Pascal Compain, deux inspecteurs ont raconté la scène.

Au bout de douze ans de piètre service dans la police, Pascal Compain, inspecteur raté, «désinvolte et dilettante» en poste au commissariat chaud des Grandes Carrières dans le XVIIIe arrondissement à Paris, a peut-être décidé le 6 avril 1993 de se surpasser, de venir à bout de ce dossier de «recel de vol» de cigarettes, «attribué» par le commissaire José Ruiz. Or, son patron venait d’envoyer au directeur de la police judiciaire un énième «rapport de mise en garde sur ses retards» chroniques: «Après des admonestations, Compain se décarcassait pour sortir une affaire», admet le commissaire Ruiz devant la cour d’assises où est jugé depuis lundi l’inspecteur Compain pour l’«homicide volontaire» de Makomé.

Quatre jours plus tard, Compain a sur les bras Ibrahim Kamara, Alioum Gaye et Makomé M’Bowolé, ramassés la nuit par les gardiens de la paix avec 120 cartouches de cigarettes Dunhill, qui avouent un simple vol à la roulotte «dans une camionnette». Le commissaire Ruiz marque à la culotte l’inspecteur Compain: «A 12h20, je m’enquiers de l’état de la procédure. D’après le PV (procès-verbal), Gaye prend tout sur lui, ce qui me semble improbable. Compain me dit: ne vous inquiétez pas, c’est un casse et je vais le sortir.» Ruiz dit ignorer les ordres du parquet pour libérer les deux mineurs, Gaye et M’Bowolé. Le premier part avec son père. Personne ne vient chercher le second. Vers 14h, Compain enfourche sa moto pour aller casser une croûte: «Faut pas trop tarder, les délais de garde à vue courent», l’a averti Ruiz. Lire la suite