( Ile de france )NON LIEU CONFIRME POUR LES POLICIERS RESPONSABLES DE LA MORT D’ABOU BAKARI TANDIA ainsi que pour M.MAREGA

A croire que la justice tient vraiment à enterrer le dossier. A croire aussi que les circonstances du décès d’Abou Bakari Tandia, ce Malien mort voilà huit ans après sa garde à vue au commissariat de Courbevoie, ne méritent pas d’être éclaircies. Dans son arrêt du 12 mars, la chambre de l’instruction de la cours d’appel de Versailles confirme le non lieu rendu par 2 juges d’instruction en septembre dernier.

Une décision qui écarte la perspective d’un procès pour les policiers présents la nuit du drame. Pour l’un d’eux en particulier, dont le parquet avait pourtant requis la mise en examen pour « homicide involontaire » car dans la nuit du 5 au 6 décembre 2004 au commissariat il fit une « prise d’étranglement » a Abou Bakari Tandia pour le calmer et le ramener en cellule.

Ses proches se disent « consternés »

Cette demande, le parquet l’a faite après 6 ans d’une instruction émaillée de dysfonctionnements – dont la disparition de pièces à convictions. Mais la dernière juge chargée de l’instruction à Nanterre, Valentine Morel, avait estimé cette mise en examen du policier inutile. A ses yeux, seule une énième expertise médico-légale pouvait être utile pour tout reprendre de zéro. Le médecin de Garches désigné dans ce contexte, fin 2011, a rendu des conclusions contraires à celles de l’équipe de Dominique Leconte, alors directrice de l’Institut medico-légal de Paris. Alors, face à des expertises divergentes, la juge a prononcé un non-lieu.
Cette semaine, la chambre de l’instruction s’est rangée à l’argument, relevant que l’avocat des proches de Tandia, Maître Yassine Bouzrou, n’a pas sollicité d’expertise complémentaire. « Pourquoi faire ? » rétorque l’avocat, dépité. « Pour rallonger encore l’instruction, qui était pourtant quasi bouclée ? Avant cette dernière expertise, la juge Morel disposait déjà du travail considérable des légistes de l’Institut médico-légal. »

Las des atermoiements de la justice, Maître Bouzrou promet toutefois de saisir la Cour de Cassation dès aujourd’hui. En effet, la chambre de l’instruction motive sa décision par une absence de certitudes quant aux conséquences de la fameuse « prise d’étranglement » du policier.

« Les certitudes, c’est pour le tribunal, pas pour le juge d’instruction », s’agace l’avocat, prêt à se tourner également, s’il le faut, vers la Cour Européenne des droits de l’Homme. Les proches du Malien, arrêté en décembre 2004 parce qu’il était en situation irrégulière, sont consternés.

Valérie Mahaut.

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Même issue pour des policiers de Colombes.

La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Versailles a également confirmé le non-lieu rendu dans l’affaire Mahamadou Marega. Ce Malien sans papiers, comme Abou Bakari Tandia, est mort, lui, à Colombes dans la nuit du 30 novembre au 1er décembre 2010 après avoir reçu plusieurs décharges de Taser. Les policiers avaient utilisé leur pistolet à impulsions électriques pour le calmer. Hébergé dans un appartement du Petit-Colombes, le Malien avait eu une violente dispute avec son hôte. Ce dernier avait appelé la police. Face aux hommes en uniforme, Mahamadou Marega s’était énervé et avait tenté de leur échapper. A l’automne dernier, la juge a rendu un non-lieu, estimant que les charges contre les policiers ayant utilisé le Taser étaient insuffisantes. Marie Alix Canut-Bernard, avocate des proches du Malien, avait fait appel, s’appuyant notamment sur l’avis du défenseur des Droits, qui, lui, recommandait des poursuites disciplinaires contre les policiers. La justice n’a pas suivi ses recommandations.

source : Le Parisien Edition des Hauts de Seine – Vendredi 15 mars 2013

Décès d’un homme atteint par un Taser : le Défenseur des droits épingle la police

Le Défenseur des droits demande au ministère de l’Intérieur d’engager des « poursuites disciplinaires » à l’encontre de policiers qui avaient utilisé leurs pistolets à impulsions électrique Taser en 2010 pour maîtriser un « Malien sans papier » CE SANS PAPIER COMME ILS DISENT S’APPELLENT MAHAMADOU MAREGA, décédé lors de son interpellation.

La Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS), remplacée depuis par le Défenseur des droits, avait été saisie par plusieurs parlementaires à la suite du décès de Mahamadou Marega, le 30 novembre 2010 à Colombes (Hauts-de-Seine).

Dans une décision datée du 4 mai 2012, consultée jeudi par l’AFP, le Défenseur des Droits relève « des manquements à la déontologie de la sécurité ». Il recommande des « poursuites disciplinaires » à l’encontre de deux policiers pour avoir fait « un usage abusif » de leur pistolet à impulsion électrique « en mode contact » à l’encontre de cet homme.

Il recommande également « des sanctions disciplinaires » à l’égard de quatre autres agents, « pour avoir exercé des gestes de contrainte disproportionnés » contre lui dans l’ascenseur de son immeuble, et « n’avoir pas été attentifs » à son état de santé.

Cette affaire avait déclenché une manifestation à Paris de près de 300 personnes à l’appel d’un collectif demandant « vérité et justice » sur ce décès. Elle avait aussi déclenché l’ouverture d’une information judiciaire contre X pour « homicide involontaire ».

source : http://www.lagazettedescommunes.com/113065/deces-dun-homme-atteint-par-un-taser-le-defenseur-des-droits-epingle-la-police/?utm_source=quotidien&utm_medium=Email&utm_campaign=11-05-2012-quotidien

Par A. l’AFP

Vérité et Justice pour Mahamadou Maréga : 1 an déjà ! Une vie volée par des policiers français.

Commémoration 1 an déjà…

Rendez-vous le samedi 3 décembre 2011 à 14H00 555 avenue Gabriel Péri – 92700 Colombes Accès : RER A Nanterre Université + Bus 304 : Arrêt 4 Chemins-Aragon – RER A La Défense + Bus 272 : Arrêt Place de Belgique – Train : La Garenne Colombes + Bus 167, 367, 161 : Arrêt 4 Chemins-Aragon.

Mahamadou Maréga est mort plaqué face contre le sol d’un ascenseur par plusieurs policiers, ses pieds et mains étaient attachés.

Auparavant, il avait été asphyxié au gaz lacrymogène, électrocuté avec plusieurs tirs de Taser et matraqué à sang par plusieurs policiers venus l’expulser de chez lui.

Ses voisins témoignent avoir entendu les appels au secours de Mahamadou pendant qu’il se faisait battre par ces policiers.

Qui aurait pu sauver Mahamadou de ses bourreaux ? Qui nous protège de la police ?

1 an après… sa famille attend encore une décision de justice.

http://collectif-vjp-mmarega.blogspot.com/

Manifestation et conférence de presse-Décès de Mamadou Marega

Mercredi 29 Décembre 2010 à 10hRDV : Place Saint-Augustin Paris 8ème, M° Saint-Augustin (9)

D’après les médias, dans la nuit du 29 au 30 Novembre 2010, à Colombes, Mahamadou MAREGA a été poursuivi,Électrocuté par deux décharges de Taser, matraqué et asphyxié par du gaz lacrymogène alors qu’il était encadré par plusieurs policiers. Et l’autopsie a révélé du sang dans les poumons de Mahamadou MAREGA. D’après les témoins, Mahamadou MAREGA a été traîné vivant à l’intérieur de l’ascenseur de l’immeuble par les policiers. Mahamadou MARÉGA est mort dans cet ascenseur alors qu’il avait les pieds et les mains entravés.

Que s’est-il passé dans cet ascenseur loin du regard des voisins ? Mahamadou MAREGA a t-il été frappé mortellement ?

Suite à cette mort suspecte, l’existence de cet homme a été réduite par les médias sans la moindre considération, au qualificatif déshumanisant de « sans papier d’origine malienne ». Comme si son statut administratif justifiait ce drame. En regardant la télévision, la famille de Mahamadou MAREGA était loin de se douter qu’il s’agissait de leur enfant. Les parents apprendront l’identité de la victime, bien plus tard, par des habitants du quartier…

Mais, cette nuit là, c’est bien la vie d’un Être Humain qui a été définitivement brisée, pas « un bien meuble ».

Parce que nous ne voulons plus voir mourir mystérieusement entre les mains de la police un autre « sans papierd’origine malienne », ou un autre « Lamine DIENG » (mort dans des circonstances tout aussi troubles en juin 2007), le « Collectif Vérité & Justice pour Mahamadou MAREGA » appelle à une mobilisation pacifique pour demander à ce que toute la lumière soit faite sur cette sordide affaire et que Justice lui soit rendue. Ce sera pour nous l’occasion de rappeler que tous les Humains sont censés être égaux au delà de leurs origines et de leur situation administrative.Mahamadou MAREGA n’aurait-il pas pu être interpellé sans perdre la vie ?

Ces deux dernières semaines, deux personnes ont trouvé la mort suite à une intervention policière. Mahamadou MAREGA aurait pu être chacun d’entre nous…
Demain, à qui le tour ?

1 mois plus tard, l’enquête préliminaire est encore en cours.

La plainte de la famille ne peut aboutir tant que cette enquête reste inachevée.

Le Procureur Courroye déclare attendre les conclusions définitives du rapport d’autopsie, ce qui bloque aussi la contre-expertise voulue par la famille et maintient le corps de Mahamadou MAREGA sans statut à l’institut médico-légal.

Par contre, le Procureur Courroye a délivré le permis d’inhumer à l’institut qui presse la famille de procéder aux obsèques, une décision contradictoire.

La famille exige auparavant les résultats de cette enquête et une contre-expertise pour connaître la vérité sur la mort de leur fils.

Le collectif « Vérité et Justice pour Mahamadou Marega  » appelle donc à cette mobilisation pour protester contre les déclarations scandaleuses de Brice Hortefeux.

En effet, le Ministre de l’intérieur s’est empressé de qualifier Mahamadou Maréga de « forcené », justifiant ainsi l’intervention violence de l’intervention policière et ce, sans même attendre les conclusions de l’enquête.

Le cortège se dirigera ensuite vers le Ministère de la Justice pour protester contre le blocage de la plainte que la famille de Mahamadou Maréga a déposé auprès du TRIBUNAL de NANTERRE (92).

Mobilisons nous, en mémoire des victimes de violences policières !
Pour plus d’informations :

http://facebook.com/collectif.mamadoumarega

http://collectif-vjp-mmarega.blogspot.com

Contact : collectif.mamadoumarega@gmail.com

Un homme est mort.

 

 

Un homme est mort, lundi 29 novembre, à Colombes en banlieue parisienne. Si l’on en croit la version des médias, les flics auraient débarqués au domicile d’un ami qui l’hébergeait (merci les voisins) pour mettre fin à une dispute entre les deux hommes.

Notre homme aurait alors tout fait pour résister à l’intervention de la police qui lui demandait ses papiers : il n’en avait pas. S’enfuyant dans les escaliers, se débattant, usant d’un marteau, il a fini par se prendre des lacrymos, des coups de tonfas, et finalement trois coups de tasers, ces pistolets électriques à la létalité contestée par tout ce que le monde compte d’uniformes bleus. Il décéda quelques instants plus tard, et les experts de se demander si cela s’est produit à cause d’une asphyxie due aux lacrymos ou si c’est le cœur qui a été mortellement touché à cause des tasers.

Après cela, on a eu le droit à Amnesty qui réclame « un moratoire », au Raidh (asso spécialisée anti – tasers, comme on a des spécialistes anti flashball, etc.) qui pense que cela ne devrait armer que « les unités d’élites » [1], mais, dans leur vision du monde policière, que peuvent ils répondre à Hortefeux disant que « L’alternative au Taser dans le monde entier, c’est l’arme à feu, et là précisément il n’y a pas eu d’utilisation d’arme à feu. Il n’y a pas d’autre alternative au Taser » ?

On a aussi des journalistes qui parlent de circonstances « troubles », tout ça pour évacuer le fait qu’un sans papiers a été assassiné par la police.

On les imagine bien, les cognes, en train de se révolter à ces propos : « comment ! Mais nos collègues ont été attaqués ! Il fallait bien que l’on se défende ». Tout le problème en fait, c’est que vos collègues soient intervenus. C’est leur existence même.

Quel est ce monde où un conflit entre deux amis doit se régler par l’intervention d’hommes armés de pistolets à impulsions électriques ?

L’homme mort à Colombes a fui et s’est défendu face à des gens voulant l’enfermer puis le déporter (il était sous le coup d’une interdiction du territoire). Ce ne sont pas ses coups de marteaux, réels ou supposés, ce n’est pas sa fuite, ce n’est même pas tant l’existence du tasers dans les mains des keufs le problème ; le problème c’est que des individus soient arrêtés, enfermés, déportés ; le problème c’est l’existence des frontières et des États ; le problème c’est l’existence d’une police pour les défendre …

Nous ne savons rien sur la vie de cet homme, ce qu’il était, ce qu’il pensait. Aussi ne nous lui feront pas l’outrage de devenir ses camarades post mortems ou d’en faire un martyr. Seulement, sa mort nous rappelle tragiquement comment l’État peut frapper dans notre chair quand bon lui semble, combien nous sommes soumis à un monde de mort ou tabasser un individu refusant de se soumettre à un contrôle à coups de matraques, lacrymos et décharges électriques est défendable (bien que peut être accommodable pour certains) et répandu.

Il n’est pas question que tout cela se passe en silence.

[1] Journal de tf1 du 30 novembre et déjà en 2005 « le RAIDH s’inquiète de l’escalade de la violence à laquelle l’implantation généralisée des pistolets à électrochocs pourrait conduire en France et demande que cet équipement soit limité aux seules unités d’élites de la police et de la gendarmerie. » http://danactu-resistance.over-blog…

Peu de gens aiment la police. Peu de gens imaginent un monde sans elle, et ses différents dérivés.

On connaît le chauffard qui ne les aime pas, à cause des amendes qu’il se prend sans cesse. On connaît celui qui conclue « enfin, ils font leur travail », et celui qui dit « qu’ils feraient mieux d’aller faire régner l’ordre dans les cités ». On connaît une de ses cibles désignées, ce jeune des quartiers pauvres, qui passe son adolescence à jeter des cailloux aux chtars avant de bosser dans la sécurité. Ce jeune baba cool au t shirt cannabis, qui ne les aime pas parce qu’ils le contrôlent et le fouillent sans arrêt, mais qui va porter plainte pour un vol de portable.

Tout le monde ou presque a une bonne raison de détester les bleus, mais combien sont prêts à l’assumer dans leur vie quotidienne, pas seulement lors d’affrontements spectaculaires, mais lors de chaque contrôle, chaque intervention, chaque balançage au vigile ; et surtout en se débarrassant des réflexes de médiations et d’autorité qui hantent chacun de nos rapports ? Il y a un souci dans ma cage d’escalier ? J’appelle les keufs. On marche sur la tête… Deux colocataires se battent, on appelle des types armés jusqu’aux dents. Sans se soucier de savoir si, par hasard, l’un ou l’autre n’aurait pas des ennuis avec la justice ou ses papiers…

Nous ne voulons pas que la police fasse son travail

Nous ne voulons pas avoir « besoin d’eux »

Nous ne voulons pas que la police existe