SEMAINE DE LUTTE CONTRE LES VIOLENCES POLICIERES en France et ailleurs

Du 4 au 19 mars 2016 :  divers rendez-vous en hommage aux victimes de la police.

Rencontres, projection, formation, slam, hommage aux victimes et autres concerts, voilà le programme d’un mois dédié à nos libertés pas encore tout à fait perdues, à la solidarité, à la mémoire de ceux morts sous les coups de la police.

Les journées dans le détail ci-dessous.
Merci de faire suivre dans vos réseaux.
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Vendredi 4 mars – ( Bordeaux) Etat d’urgence – Nos droits, ça {p}urge ! Acte VI
20h – Le Samovar – 18 rue Camille Sauvageau
Après le rassemblement du 6 février dernier, la mobilisation contre l’état d’urgence se poursuit. Avec l’envie d’organiser un prochain rassemblement.
Amenez vos idées, vos contacts, pour une réunion conviviale, sans prise de tête et avec matières grises !!!
http://clap33.over-blog.com/tag/etat%20d%27urgence/

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A MARSEILLE : DISCUSSION-FORMATION CONTRE LES VIOLENCES POLICIERES.
AU CENTRE SOCIAL L’AGORA, QUARTIER LA BUSSERINE.
VENDREDI 4 MARS, 18h-21H

Le collectif « La Classe Dangereuse » vous invite à participer à des ateliers discussion-formation sur les violences policières à Marseille et en France.

plus d’infos sur : https://www.facebook.com/collectif.anglesmorts/

 

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Samedi 5 mars – Concert de casseroles contre le coup d’état d’urgence – Faisons du bruit pour nos libertés !
14h30 – Place de la Victoire ( bordeaux )
Car nous refusons de nous taire et d’être passif-ve-s alors que nos droits fondamentaux sont usés jusqu’à la corde.
Seul un sursaut de la société civile peut encore faire reculer des politiques ultra-sécuritaires.
Venez sans drapeau mais avec toute une batterie… de casseroles !
http://clap33.over-blog.com/2016/02/etat-d-urgence-mars-2016-bordeaux-poursuit-sa-mobilisation.html
http://clap33.over-blog.com/2016/02/etat-d-urgence-a-vos-casseroles-faisons-du-bruit-pour-nos-libertes.html****

Samedi 5 mars – Formation Garde A Vue ( bordeaux )
16h – Le Tchaï Bar – 49 rue du Mirail – Entrez libres !
Quels sont nos droits en cas d’arrestation ? Quels comportements adopter lors d’une Garde A vue ? Quels en sont les cadres juridiques ?
Nous répondrons ensemble à ces questions et pourrons échanger sur nos expériences autour de cet emprisonnement temporaire.
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Jeudi 10 mars – ( bordeaux ) Projection/Débat – « Vérité et Justice pour Hakim Ajimi » – En collaboration avec le groupe projection du Samovar
20h – Le Samovar – 18 rue Camille Sauvageau – Entrez libres !
Autopsie d’un crime policier qui porte en lui tous les stigmates des autres assassinats commis par les forces de l’ordre : racisme, violences, mobilisation des familles…
http://clap33.over-blog.com/tag/crimes%20policiers/****
Jeudi 17 mars – Slam scène ouverte à thème « Anti-répression » 
19h30 – L’Antidote, café associatif – 13bis rue Elie Gintrac – Bordeaux Victoire – Entrez libres !
Rien à déclamer ? Vos slams mais aussi vos propres textes de rap, chanson, et témoignages sans accessoire ni musique.
Venez contribuer au dé-bâillonnement de la parole publique et populaire qui conteste, dénonce, s’amuse et transmet pour une autre culture de la sécurité et de la répression !
Mais encore ? Venez aussi écouter, acclamer, apprendre, encourager les mots qui comptent !
Bla Bla Bla , Nos voix ne mentent pas !

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Samedi 19 mars – Déambulation – Mur contre l’Oubli – Hommage aux victimes de violences et crimes policiers
Départ 12h – Place Camille Julian
Action non-violente en solidarité avec les familles et leurs proches, rejoignez-nous pour ne pas oublier et dénoncer les crimes policiers. Pour nous souvenir, pour alerter et informer !
Samedi 19 mars – ( bordeaux ) Concert de casseroles contre le coup d’état d’urgence – Faisons du bruit pour nos libertés !
14h – Place Saint-Michel
Deuxième rendez-vous sonore pour les raisons déclinées plus haut ! Festif, convivial, toujours sans drapeau, toujours motivé-e-s !****

Samedi 19 mars – ( bordeaux ) Concert solidaire – L’Orchestre Poétique d’Avant-guerre – O.P.A
21h -  L’Antidote, café associatif – 13bis rue Elie Gintrac – Bordeaux Victoire – Prix Libre
Triste anniversaire ? 7 ans jour pour jour après son passage à tabac par la police bordelaise et alors que la répression à son encontre suit son cours, m. – porte-plume et porte voix pour O.P.A -  donnera de la voix
pour remplir la caisse de solidarité du C.L.A.P33.
Amendes, avocats… photocopies, la répression, ça coûte !
C’est la vétérante d’une guerre qui ne dit pas son nom qui vous le chantera, tout en improvisation, tout en électrique !!!
https://youtu.be/TtLI77zxvq8
http://www.opa33.org/gueule-cassee.html***
En écho depuis Bordeaux avec tous les mouvements anti-répression…

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Programme de la semaine contre la brutalité policière – Québec
Du 9 au 15 mars
http://clap33.over-blog.com/2016/03/quebec-9-au-15-mars-semaine-contre-la-brutalite-policiere.html***

Manifestation Contre les violences policières – Bruxelles
Mardi 15 mars – 18h – Place Fontainas
http://www.stop-repression.be/agenda/15mars/
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Manifestation parisienne par les familles et collectifs contre les violences policières
Samedi 19 mars - 14h Paris – Gare du Nord
http://paris.demosphere.eu/rv/45222
http://www.urgence-notre-police-assassine.fr/***
Observatoire de l’état d’urgence à Toulouse
http://toulouse.etatdurgence.fr/

 

Ici et là, partout, la solidarité est notre arbre !

Le collectif Contre Les Abus Policiers

 

 

Le « bâtiment de la mort » – Vérité et Justice pour Morad !


Le « bâtiment de la mort » - Vérité et Justice pour Morad !
Le 1er avril 2014, vers 15h, deux policiers en civil interviennent dans un bâtiment de la cité Fontvert, dans les quartiers nord de Marseille. Morad Touat, 16 ans, tente d’échapper aux policiers et se réfugie dans un appartement au deuxième étage. Poursuivi par l’un des policiers jusqu’au balcon, Morad chute. Le 5 avril, après quatre jours dans le coma, il décède. Depuis, sa famille se bat de toutes ses forces pour comprendre les circonstances exactes du décès du minot. Le 10 juillet 2014, la police des polices remet les conclusions de son enquête, sur la base desquelles le Procureur de la République de Marseille décide de fermer le dossier pour « absence d’infraction » de la part des policiers. La réaction de la maman de Morad est immédiate. Pour elle, l’enquête a été bâclée et son « fils est mort deux fois : une fois le 5 avril, une deuxième fois le 10 juillet ». Elle décide de se constituer partie civile et porte plainte, cette fois-ci auprès du doyen des juges d’instruction. Nous espérons que cela permettra de relancer l’affaire. A ce jour, aucune information judiciaire n’a été ouverte. La famille de Morad est dans l’attente, totalement délaissée par les institutions.
Trop de questions restent sans réponse. Le Procureur de la République, la police des polices et les journalistes de La Provence et de Metronews veulent laisser croire que Morad serait décédé par sa faute. Pour eux, après tout, il n’était qu’« un charbonneur (1) ». Pour nous, les nombreux éléments contradictoires que nous exposons ici devraient justifier l’ouverture d’une véritable enquête. L’enquête de la police des polices n’est pas satisfaisante. Nous ne nous contenterons pas de la thèse d’un « simple accident dans le feu de l’action ».
Le policier qui poursuivait Morad a menti dans ses dépositions et de nombreux témoins n’ont jamais été entendus par les autorités. Nous ne cherchons pas à affirmer à n’importe quel prix que Morad a été tué par un policier. Ce dont nous sommes certains, c’est que si les policiers n’étaient pas intervenus comme ils l’ont fait ce jour là, Morad serait encore parmi nous. Nous voulons savoir ce qui s’est exactement passé dans ce bâtiment, surnommé « le bâtiment de la mort » par ses habitants en raison des nombreux décès qui y sont survenus. Nous voulons poser la question des modalités d ’intervention et des pratiques policières dans les quartiers populaires comme Fontvert.

Voici les principaux faits que nous avons pu établir et les questions que nous nous posons :

1. Le policier lancé à la poursuite de Morad a menti. Dans une première déposition à la police des polices, il affirme ne pas être entré dans l’appartement où Morad voulait se réfugier. Dans une autre déposition, il revient sur ses propos et s’excuse d’avoir menti. Il avoue avoir suivi Morad jusqu’au balcon. Il ajoute lui avoir saisi le poignet droit au moment de la chute, pour tenter de le sauver. Quelle crédibilité peut-on accorder à ses propos sachant qu’il n’a pas dit la vérité dès le départ ?

2. Le policier explique qu’il a menti car il n’était pas sûr d’avoir le droit de poursuivre Morad à l’intérieur de l’appartement. Nous pensons qu’il s’agit là de la première infraction commise par l’agent. Une infraction « pas assez caractérisée » selon la police des polices ?

3. La police des polices a fondé ses conclusions principalement sur les dépositions d’un unique témoin, en plus de celles des policiers présents. Or les dépositions de ce témoin se contredisent sur au moins deux points : la position de Morad par rapport au balcon et l’attitude adoptée par « l’autre personne sur le balcon ».
Plusieurs autres témoins sont prêts à faire leurs dépositions. Un an après, ils n’ont pas été entendus par les autorités. Pourquoi ?

4. Le dossier a été classé sans suite après qu’un habitant du quartier a déclaré de lui-même à la police que d’autres habitants s’apprêtaient à établir de faux témoignages pour « enfoncer les policiers ». Ce qui, un an après les faits, peut être démenti puisque cela n’est jamais arrivé.
Cet informateur n’était pas présent au moment des faits. Nous avons appris qu’il entame une carrière dans la police, en tant qu’adjoint de sécurité. Et pour couronner le tout, il s’avère être le fils du seul témoin écouté. Quelle est sa crédibilité ?

5. La police des polices a été appelée suite à « la découverte d’une personne grièvement blessée ». Morad n’est pas mort sur le coup, mais des séquelles de la chute. Or, plusieurs témoins non entendus, affirment qu’entre le moment où Morad était au sol et le moment où les secours sont intervenus, il a été violemment secoué par un agent. Nous posons donc la question suivante : Morad aurait-il pu survivre à la chute s’il n’avait pas été secoué par ce deuxième policier ?

6. Morad portait une sacoche. Les policiers affirment que la sacoche a été récupérée à l’intérieur du bâtiment, avant la poursuite. A contrario, plusieurs témoins affirment que la sacoche lui a été enlevée après la chute, par le policier qui l’aurait secoué avec force. Ce point ne mérite-t-il pas vérification ?

7. Les renforts sont arrivés très rapidement (sept voitures de police) bien avant les secours. Pour nous, c’est une honte. Cela a peut-être pu contribuer à aggraver l’état de Morad, à un moment où chaque seconde peut être vitale. La priorité absolue aurait dû être d’appeler les secours, pas de constituer un cordon de sécurité pour protéger les policiers.

8. Selon les forces de l’ordre, une vidéo montrant la scène après la chute, prise par un policer en tenue, existe. Pourtant, elle n’a pas été versée au dossier. Pourquoi ?

9. Le policier lancé à la poursuite de Morad connaissait son identité et l’avait déjà contrôlé et interpellé plusieurs fois. Était-il vraiment nécessaire de le prendre en chasse alors qu’il lui aurait été possible d’aller le chercher à son domicile dans les heures ou jours suivants ?

10. Les policiers impliqués dans la mort de Morad sont toujours en fonction. Le 9 juillet 2014, l’un d’eux a même reçu une médaille, celle de la sécurité intérieure, échelon bronze. Cette médaille a été décernée par le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, alors que l’enquête de la police des polices était en cours. Il est à noter, d’ailleurs, que cette enquête à été fermée dès le lendemain, soit le 10 juillet.

En toute logique, ces contradictions auraient dû inciter la police des polices à approfondir son enquête plutôt qu’à la classer sans suite. Cette décision est une marque de mépris pour la famille de Morad. Et la décoration du policier une provocation indécente. Nous appelons à l’ouverture d’une véritable enquête qui devra commencer par le recueil de tous les témoignages possibles. Nous demandons à ce qu’une reconstitution des faits soit réalisée dans les meilleurs délais, avec au préalable une expertise de la chute. Cette expertise devra prendre en compte la taille et le poids de Morad, la hauteur de la chute, et donc sa vitesse. Elle devra également prendre en compte la position du corps une fois à terre, en considérant d’une part qu’il y a eu contact physique entre le policier du balcon et Morad, et d’autre part qu’il a pu être secoué une fois à terre. Nous voulons que tous les éléments, dont la vidéo existante, soient ajoutés au dossier. Ces policiers ne peuvent pas ne pas rendre des comptes. Ils doivent être punis à la hauteur des fautes commises, car fautes il y a. Leurs supérieurs devraient également rendre des comptes et cesser de bénéficier de l’impunité. Nous connaissons la politique sécuritaire du parti socialiste au niveau national, et celle de la droite au pouvoir à Marseille, sans oublier celle, encore pire, de l’extrême droite montante. Les quartiers populaires sont perçus par l’État et la grande majorité des municipalités comme des territoires à reconquérir. à leurs yeux, cet objectif
justifie l’application de méthodes quasi militaires contre des gamins. Nous refusons ces méthodes.

Nous avons rencontré la famille de Morad et plusieurs témoins. Voici ce qu’ils disent :

Un jeune homme de 17 ans, présent sur les lieux : « J’étais au terrain de jeu quand j’ai entendu des cris. Quand j’ai rejoint le bâtiment K, j’étais choqué, Morad était au sol tandis qu’un policier lui enlevait sa sacoche en le secouant violemment. Les renforts sont arrivés très rapidement, sept voitures en tout. On ne pouvait pas s’approcher de Morad. Les pompiers ont été appelés par un habitant, pas par les policiers ». Quand nous lui demandons pourquoi Morad ne s’est pas laissé interpeller, voici ce qu’il nous répond : « Il y a un mois, deux flics sont venus dans le bloc, ils sont venus pour frapper. Je te jure. Ils ont même mis des coups de matraque télescopique dans la tête d’un des jeunes. Franchement, ils viennent pour gazer tout le monde, ils s’en foutent complètement, ils gazent ta mère, ton frère, tous les habitants du bloc, pourtant il y a des enfants, et même des asthmatiques. Ici, à Fontvert, rien que c’est la répression. Surtout avec les CRS. Maintenant, c’est contrôle en force. Et ils le savent, quand ça part comme ça, ça part d’entrée, ils le savent et le font exprès. Ils nous provoquent ». Le témoin ajoute : « Il faut savoir que trois jours avant le décès de Morad, deux flics ont débarqué. Morad jouait sur son IPAD, ils l’ont coursé, pris sa tablette, sa sacoche avec ses affaires personnelles et même les clés de son scooter ! ».

Un autre habitant, un jeune homme de 19 ans, ajoute ceci : « J’ai vu un attroupement en bas du bâtiment K et là j’ai compris qu’il était tombé très fort. Je m’approche à 30 ou 40 mètres de la scène, je ne pouvais pas m’approcher plus avec le périmètre de sécurité mis en place par les policiers. Je n’ai pas vu la chute, mais j’ai vu et entendu un policier en civil sur le balcon crier à son collègue en bas : « Laisse le, le touche pas ! ». Morad a été secoué par le col par le policier qui lui a enlevé sa sacoche et l’a posée juste à côté du corps. Morad, c’était un jeune de quartier comme nous, on rigolait bien, il mettait l’ambiance, il était apprécié à Fontvert et dans d’autres quartiers de Marseille. En quatre ans, tous les ambianceurs du quartier sont morts ou en prison. Les condés ont tué le quartier. Ils nous cherchent, nous insultent, nous lancent des « Va niquer ta mère », ils nous provoquent ».

La tante de Morad : « Morad était suivi par la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) depuis l’âge de 12 ans. Il fumait beaucoup et voulait arrêter. Il avait demandé à ce que la mesure de suivi judiciaire soit reconduite jusqu’à sa majorité, mais cela lui a été refusé, considérant qu’il n’en avait plus besoin. Déscolarisé, Morad a très mal pris ce refus et s’en sortait comme il pouvait. Dans l’affaire de mon petit neveu, il faut rappeler que ce n’était qu’un gamin de 16 ans. On veut nous criminaliser pour que les gens gardent confiance dans la police. La police des polices a classé l’affaire sur la base d’un seul témoignage et d’un jeune homme qui dénonce les autres pour faux témoignages potentiels. Ces deux personnes sont mère et fils. En plus, le fils est dans la police. Pour moi, ce n’est pas crédible une seule seconde. Or, l’enquête a été arrêtée suite à ce témoignage là. Une personne était présente dans l’appartement où Morad est entré. Au niveau des horaires, son témoignage ne colle pas du tout. De nombreux témoins n’ont jamais été entendus, franchement c’est pas sérieux. Pour moi, il y a une vraie impunité policière, c’est la parole sacrée du policier contre celle du jeune. Si tu es policier et que tu comprends ça, tu fais ce que tu veux, les policiers se foutent de la gueule des jeunes de Fontvert, surtout quand ils leur lancent : « Oh les gars, attention au balcon ! ». Je croyais que la peine de mort était abolie… mais elle revient, sous d’autres formes en fait. Quand il n’y a pas de justice, c’est simple, on a envie de se rebeller. Les jeunes respectent moins les forces de l’ordre parce que la confiance est brisée. On a fait confiance à la police des polices. Quand on s’est aperçu que c’était des conneries, on n’a décidé de plus avoir peur d’eux ».

Un des frères de Morad : « Ce qui me touche, c’est qu’on a l’impression que si on est jeune, on sera plus vite puni que les forces de l’ordre. On nous parle d’égalité, mais c’est que pour eux. Ils se couvrent entre eux. On a l’impression que c’est normal, alors que non, il faut le dire, c’est pas normal. Mon frère n’aurait pas pu connaître un pire sort. Il n’est pas handicapé, il est mort. C’est horrible, surtout pour une mère. A l’extrême, on peut imaginer que c’est un accident. Mais il faudrait aussi qu’ils assument leurs actes et qu’ils disent la vérité. Ils se font de moins en moins respectés pour des faits similaires. On ira jusqu’au bout pour mon frère ».

Sa maman : « Pour moi, Morad est mort deux fois : une fois le 5 avril, puis une autre fois, le 10 juillet, lorsque la police des polices a décidé de classer le dossier sans suite. Ils ont fermé le dossier sans chercher à comprendre. La seule réponse de l’État est que Morad était un « charbonneur ». J’ai été entendue par la police des polices, j’ai même été reçue par le commissaire. Ca n’a pas duré longtemps. On m’a expliqué comment Morad avait chuté, que le policier était dans le feu de l’action. Sur le coup, j’ai été un peu rassurée, je pensais qu’ils allaient mener l’enquête sérieusement, que j’allais savoir ce qui s’était passé. Le commissaire m’avait demandé si on pouvait se revoir pour parler de la vie quotidienne de Morad, mais je n’ai plus jamais eu de nouvelles. Un an après, toute notre famille souffre. Pire, nous faisons l’objet d’un harcèlement policier au quotidien. Au fur et à mesure, on a moins peur de la police et on la respecte moins, franchement, ça rend service à personne. Quand je vois que pour Abdelhakim Ajimi (2), les policiers n’ont eu que du sursis, alors qu’il a été tué par trois policiers en plein centre ville de Grasse en 2011…
en résumé, ce qu’il faut comprendre c’est que le premier meurtre pour les policiers, il est gratuit ! Voilà le message que le gouvernement nous envoie ».

Dix ans après le décès de Zyed Benna et Bouna Traoré à Clichy-sous-Bois (3) (93), poursuivis par des policiers qui seront jugés à la cour d’appel de Rennes du 16 au 20 mars 2015, des gamins de nos quartiers continuent à mourir dans le cadre d’interventions policières.

Depuis 2005, ce sont près de 150 personnes qui ont ainsi perdu la vie. Cette statistique ne s’appuie que sur les cas révélés par la presse, donc connus du public (4), et ne concerne que des personnes non-armées. Malheureusement, à chaque fois, c’est le même scénario qui se reproduit pour les familles qui vivent ce cauchemar. Elles doivent supporter le silence ou les mensonges des médias les plus regardés, écoutés et lus. Elles doivent mener, à leurs frais, un combat judiciaire long et âpre, qui généralement ne mène à aucune condamnation, lorsque procès il y a, ce qui est très rare. Aucun soutien psychologique et financier ne leur est apporté. La politique de « reconquête » des territoires populaires, menée par l’État et ses services de répression, mentionnera-t-elle dans son bilan le nombre de blessés et de morts inconsidérés qu’elle produit ?

Organisons-nous pour nous défendre ! Organisons-nous pour connaître la vérité et obtenir justice ! Nous croyons que nous pouvons mettre fin aux brutalités policières en les dénonçant publiquement, en épuisant tous les recours judiciaires possibles et en se mobilisant ensemble pour défendre nos droits élémentaires. La réalité est plus effroyable encore. Quasi systématiquement, la justice couvre les policiers impliqués, leur délivrant par la même occasion un « permis de tuer » (5).

Organisons-nous pour Morad ! Organisons-nous pour Wissam El-Yamni, lynché par des policiers le 31 décembre 2011, à Clermont-Ferrand (63) ! Organisons-nous pour Amine Bentounsi, tué d’une balle dans le dos le 2 avril 2012, par un policier à Noisyle-Sec (93) ! Organisons-nous pour Lahoucine Aït Omghar, abattu de cinq balles le 28 mars 2013 par trois policiers, à Montigny-en-Gohelle (59) ! 

Organisons-nous pour Zyed et Bouna ! Continuons aussi à nous organiser pour les frères Kamara, condamnés pour l›exemple, sans preuve, à 12 et 15 ans de prison suite aux révoltes de 2007, à Villiers-le-Bel (6) (95). 

Organisons-nous partout où nous sommes informés de violences ou de crimes policiers ! Organisons-nous pour l’égalité des droits ! 

Le 11 mars 2015, à Marseille. 
Collectif Angles Morts - anglesmorts@gmail.com 

1. Voir : www.laprovence.com/article/actualites/2820814/un-charbonneur-de-17-ans-gravement-blesseen-tentant-de-fuir-la-police.html et http://www.metronews.fr/marseille/marseille-mort-a-17-ans-en-voulantfuir-la-police/mndf!7uJcumEbDHYOE et http://www.metronews.fr/marseille/marseille-mort-a-17-ans-en-voulantfuir-la-police/mndf!7uJcumEbDHYOE
2. Abdelhakim Ajimi est mort le 9 mai 2008 des suites de son interpellation par pas moins de quinze agents de police, en pleine rue, devant témoins, à Grasse
3. Le décès de Zyed Benna et Bouna Traoré avait été le déclencheur de trois semaines de révoltes dans toute la France, de centaines de condamnation et de la mise en application de couvre-feu dans certaines villes. Ce qui était inédit depuis la guerre de libération de l’Algérie
4. www.bastamag.net/Homicides-accidents-malaises
5. Permis de tuer, Chroniques de l’impunité policière, Éditions Syllepse, 2014
6. Vengeance d’État. Villiers-le-Bel, des révoltes aux procès, Éditions Syllepse, 2011

Vous pouvez télécharger l’article en pdf ici:

brochure_verite_et_justice_pour_morad.pdf Brochure-Vérité et Justice pour Morad.pdf  (231.18 Ko)

Dorel Iosif Floarea tué par un policier à Montgeron

Le 29 juillet 2014, Dorel Iosif Floarea, un père de famille, était abattu par un policier de la BAC, à Montgeron, une petite commune de l’Essonne. En moins de 24h, la machine judiciaire et ses relais médiatiques se mettent en marche. Dès le lendemain du meurtre de Dorel Iosif Floarea, la plupart des médias qui consacrent de brefs articles ou de courts sujets à sa mort se contentent de parler d’un « Roumain qui ne parlait pas le français », de « Roumains alcoolisés et bruyants »[1] et soulignent que le parquet s’oriente vers la « légitime défense », après l’ouverture d’une information judiciaire pour « violences volontaires avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Le maire UMP de la ville a tenu pour sa part à exprimer ses « pensées pour le policier forcément affecté par ce drame », ajoutant que le Moulin de Senlis, le bâtiment devant lequel Dorel Iosif Floarea a été abattu, est une « zone de non-droit »[2]. Le concert médiatique s’achève par une déclaration du secrétaire régional du syndicat policier Alliance précisant : « Il ne s’agit en aucun cas d’un dérapage ou d’une bavure policière ».

Dorel iosif Floarea

Pourtant, rapidement, la femme de Dorel Iosif Floarea, Florica, rencontrée quelques jours plus tard, et le frère de la victime, ainsi que des témoins résidant au moulin de Senlis, vont donner une tout autre version des faits. Ce 29 juillet, Dorel Iosif Floarea, qui habite Vigneux-sur-Seine avec sa femme et leurs enfants, se rend dans une banque de Montgeron pour régler des affaires liées à son entreprise de bâtiment. En sortant, il rencontre son frère et un ami, avec qui il va boire devant le Moulin de Senlis. Ce bâtiment, sous le coup d’un arrêté d’insalubrité, fait l’objet de projets de rachat pour sa transformation en hôtel de luxe[3]. Dans cet édifice, situé en bordure d’une zone pavillonnaire[4], vivent une vingtaine de familles, la plupart issues d’Europe de l’est, du Caucase et de Russie. Aux alentours de 18h, un équipage de policiers municipaux débarque, et signifie aux trois hommes qu’il est interdit de boire. Très vite, ils sont rejoints par quatre policiers de la BAC qui vident la bouteille de whisky qu’ils étaient en train de boire et la jettent à la poubelle. Le frère de Dorel Iosif Floarea affirme que celui-ci avait commencé à protester en voyant que les policiers venaient de jeter la bouteille. Un des policiers recule alors, trébuche sur un bloc de béton et tire la balle qui atteint Dorel Iosif Floarea au thorax, tandis qu’un second policier tire avec son flashball. Aussitôt après, son frère et leur ami sont gazés, embarqués au commissariat et placés en garde à vue. Une heure plus tard, Dorel Iosif Floarea est déclaré mort.

Les policiers ne prendront pas la peine de prévenir les membres de la famille alors que Dorel Iosif Floarea était muni de plusieurs papiers d’identité où figurait son adresse. Son frère l’apprendra par un ami peu après sa garde à vue. Après que le beau-frère, Vasile, ait eu des doutes en regardant une chaîne de télévision évoquant la mort d’un « Roumain de 42 ans » à Montgeron, Florica devra se rendre d’elle-même au commissariat pour s’entendre annoncer la mort de son mari.

à en croire la version policière, unanimement relayée dans les médias, le déroulement des faits jusqu’à leur fin « tragique » est simple : la police municipale aurait répondu à un appel signalant que trois hommes alcoolisés troublaient le voisinage. Lors de leur intervention, se sentant débordés, ils auraient appelé en renfort un équipage de BAC qui aurait tenté de faire s’allonger au sol les trois hommes. L’un d’eux se serait montré menaçant et aurait voulu agresser l’un des agents avec un tesson de bouteille. Ce dernier, « se sentant menacé » aurait alors abattu l’« agresseur ». Le fameux tesson de bouteille de whisky, évoqué pour justifier la légitime défense, est une pure invention selon des voisins et les proches. Selon eux il s’agissait en réalité d’un paquet de cigarettes ou de son portable.

La famille a aussitôt porté plainte et s’est constitué partie civile avant de se mettre en quête de témoins, dont certains auraient filmé la scène. Certains déclarent avoir effacé leurs vidéos par peur de policiers venus intimider les résidents du moulin, témoins du meurtre. Le 7 août, un peu plus d’une semaine après la mort de Dorel Iosif Floarea, ses proches ont organisé un rassemblement devant le moulin de Senlis. Devant les photos et les fleurs déposées sur le trottoir où Dorel Iosif Floarea a été abattu, sa femme, Florica et ses proches ont réclamé la vérité, deux jours avant les funérailles à Timisoara, en Roumanie. Sur un bout de carton, déposé sur l’autel funéraire improvisé, on pouvait lire « Est-ce qu’une journée d’ivresse mérite la mort ? ». En attendant les conclusions de l’enquête de l’IGPN et les suites éventuelles que donnera le juge d’instruction, la famille et les proches de Dorel Iosif Floarea prévoient d’organiser une mobilisation en septembre pour que sa mort ne sombre pas dans l’oubli.

Collectif Angles Morts

anglesmorts@gmail.com
[1] . http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20140730.AFP2913/un-homme-tue-par-un-policier-au-cours-d-une-interpellation-dans-l-essonne.html.
[2] . http://www.leparisien.fr/faits-divers/essonne-un-policier-tue-un-homme-a-montgeron-29-07-2014-4035531.php.
[3] . http://www.leparisien.fr/espace-premium/essonne-91/le-rachat-fragile-du-moulin-de-senlis-par-un-milliardaire-russe-29-05-2014-3880275.php.
[4] . http://www.mediapart.fr/journal/france/070814/homme-abattu-montgeron-deux-temoins-contestent-la-version-policiere.

Mobilisations sur paris et ailleurs contre les violences policières

- Paris : Manifestation Samedi 11 février pour Abou Bakari Tandia – Rdv à 14h l’angle de la rue de la Paix et de la rue Danielle Casanova
(au nord de la place Vendôme à Paris, métro Opéra)

http://abtandia.free.fr/

Argenteuil : Suite au retrait par la mairie ( sous la pression de syndicats de police ainsi que du ministère de l’intérieur et du préfet ) de
la plaque commémorative une conférence de presse est organisée le 6 Février à 14H30 à l’emplacement de la plaque
( angle des rues Antonin-Georges-Belin et Jeanne d’Arc, non loin de la mairie d’Argenteuil.)

- Une manifestation est également prévu le 11 février a 14h au départ de la mairie d’argenteuil
http://collectif-ali-ziri.over-blog.com/

Suite argenteuil : 8 Mars besoin de soutien pour Areski qui passe devant le juge dans la
matinée à Pontoise pour la dernière fois suite à son inculpation pour outrage alors qu’il s’est fait tapé et a assisté à la mort de son ami Ali Ziri.

Grasse : ( Vérité et Justice pour Abdelhakim Hajimi )
Rendu du jugement le 24 Fevrier. Le 25 février le comité de soutien propose un forum/ réunion afin de réunir tous les collectifs.


Clermont Ferrand :

Suite à la mort de Wissam un collectif est monté et les mobilisations rassemblent beaucoup de monde. Un forum réunissant tous les collectifs est
proposé le 17 Mars.

http://cjvpourwissam.over-blog.com/

Comité Vérité et Justice pour Abdelhakim AJIMI. Appel à mobilisation les 24-25 février 2012

Au terme de la semaine du procès des meurtriers d’Abdelhakim AJIMI, nous avons pu assister et dénoncer chaque jour les connivences entre l’institution judiciaire et la police.

La dernière journée d’audiences s’est déroulée sans nous. Puisque la justice nous tourne le dos, nous aussi nous lui tournons le dos : nous avons refusé de cautionner un jour de plus cette mascarade judiciaire et avons quitté la salle.

Les policiers ont d’ailleurs attendu le dernier jour pour présenter timidement des excuses, dans une salle quittée par la famille AJIMI et leurs soutiens.

La famille d’Abdelhakim AJIMI, les membres du Comité Vérité et Justice pour Hakim, leurs soutiens et la population grassoise dans son ensemble sont restés dignes depuis la journée dramatique du 9 mai 2008.

Tout au long de cette semaine d’audiences, les témoignages édifiants et les expertises accablantes ont très clairement établi les faits et attesté de l’acharnement des policiers sur Abdelhakim AJIMI. Nous sommes en droit d’exiger que les policiers soient condamnés à des peines de prison ferme et immédiatement démis de leurs fonctions. Pourtant, les peines requises sont minimes : du sursis simple n’excédant pas 2 ans, ainsi que de ridicules peines de principe.

Depuis quatre ans et durant toute la semaine d’audiences, des personnes et des comités sont venus de partout en France pour soutenir la famille AJIMI.

Parmi ces comités, nous pensons notamment à ceux créés à la suite des morts de : Ali ZIRI, Lamine DIENG, Wissam EL YAMNI, Abou Bakari TAMDIA, Mamadou MAREGA, Abdel EL JABRI, Djamal GHERMAOUI. Nous pensons aussi aux soutiens d’Abderrahmane et Adama KAMARA à Villiers-le-Bel, qui purgent de longues peines après deux parodies de procès, suite aux révoltes qui ont suivi la mort de Lakhamy SAMOURA et Moushin SEHHOULI.

Nous invitons tous les membres des différents comités du type « Vérité et Justice » crées à la suite de crimes policiers, ainsi que toutes les personnes qui se sentent concernées par ces violences à converger pour continuer la mobilisation.

La date du jugement du procès des meurtriers d’Abdelhakim AJIMI a été fixée au 24 février 2012. C’est une date importante. Nous devons unir nos forces pour préparer au mieux une journée d’action.

Face au déferlement de violences policières, organisons une riposte globale.

Contact : comite_hakim_ajimi@riseup.net

Contact pour la journée du 24 : appeldu24fevrier@gmail.com