Trappes : le défenseur des droits se saisit du cas de l’enfant blessé par flashball

Dominique Baudis s’est auto-saisit dans le cadre de la flambée de violence à Trappes.

Après avoir recueilli des informations sur la situation à Trappes durant le week-end auprès du parquet de Versailles, le défenseur des droits, Dominique Baudis va ouvrir une enquête sur les conditions dans lesquelles un mineur, blessé par un tir de flashball, a perdu un œil, au cours des violences qui ont eu lieu dans la ville des Yvelines.

M. Baudis ne se saisit pas, pour l’instant, de l’affaire sur les conditions d’interpellation de la femme voilée, mais dans le cadre de son enquête sur l’utilisation du flashball, il sera amené à se pencher sur « l’enchaînement des évènements » qui ont amené aux troubles de la nuit de vendredi à samedi, précise-t-on au cabinet de M. Baudis.

Le défenseur des droits peut décider de se saisir du cas de l’enfant blessé, car il est mineur. Pour s’emparer de l’affaire des conditions d’interpellation de la jeune femme voilée et de son mari, il lui faut leur autorisation.

Elise Vincent
le monde.fr

Des sanctions demandées après un décès lors d’une interpellation

STRASBOURG (Reuters)

Le Défenseur des droits en France, Dominique Baudis, recommande au ministère de l’Intérieur la prise de sanctions à l’encontre de quatre policiers impliqués dans la mort d’un homme qu’ils venaient d’interpeller en 2009 dans le Doubs.

Cette affaire fait partie des cinq cas de personnes décédées entre les mains de la police entre 2004 et 2009 qu’Amnesty International a dénoncés dans une lettre ouverte le 30 novembre.

Le collège « Déontologie de la sécurité » du Défenseur des droits estime dans une délibération récente qu’en interpellant Mohamed Boukrourou, le 12 novembre 2009 à Valentigney, les policiers « ont fait un recours inadapté et disproportionné à la force » et ont fait subir à la victime un « traitement inhumain et dégradant ».

Ce Marocain de 41 ans souffrant de troubles psychiatriques s’était énervé contre son pharmacien auquel il avait lui-même demandé d’appeler la police afin de porter plainte.

Alors qu’il était allongé dans le fourgon de police, les menottes aux poignets, trois fonctionnaires s’étaient installés sur son corps pour le maîtriser.

Le quadragénaire serait décédé d’une défaillance cardiaque.

L’avocat de sa famille, Me Alain Dreyfus-Schmidt, s’est étonné de la décision rapide du Défenseur des droits, qui a eu accès au dossier de l’information judiciaire, alors que celle-ci, dans laquelle les quatre policiers sont témoins assistés, « n’avance pas », selon lui.

« On voit bien à quel point les bavures policières, on ne veut pas en entendre parler », a-t-il dit à Reuters.

Gilbert Reilhac, édité par Sophie Louet