L’affaire Traoré «illustre nos dysfonctionnements judiciaires et policiers»

Omissions du procureur, technique d’interpellation dangereuse, enquête non indépendante… l’affaire d’Adama Traoré «révèle les failles de l’État sur les violences policières», selon l’ONG Acat.

Depuis qu’Adama Traoré, un jeune homme noir de 24 ans, est décédé le 19 juillet dernier après son interpellation, les précisions sur les circonstances de sa mort ont sans cesse évolué (… )

Dans cette affaire, l’attitude des autorités et en premier celle du procureur de la République de Pontoise, Yves Jannier, interroge.

«Au fil des jours, on s’est rendus compte que le procureur livrait des informations parcellaires et qu’il omettait même les conclusions des rapports d’autopsie. Il y a un vrai problème», dénonce Pierre Motin, porte-parole de l’Acat (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture), une ONG qui a publié un rapport très détaillé sur les violences policières en mars dernier.

Le procureur omet la cause directe de la mort

En effet, le lendemain du décès d’Adama Traoré, le procureur déclare qu’il est mort «à la suite d’un malaise». Contacté le 20 juillet par Libération, le procureur adjoint de Pontoise, François Capin-Dulhoste, affirme la même chose, assurant qu’«Adama s’est rebellé dans le chemin du fourgon». Ce qui est contredit par les auditions des gendarmes, précise le quotidien.

Après le rapport d’autopsie rendu le 21 juillet, le procureur évoque cette fois-ci une«infection très grave touchant plusieurs organes», et ajoute qu’il n’existe aucune «trace de violence significative». Le 28 juillet, les résultats d’une contre-autopsie demandée par la famille Traoré sont rendus. Le procureur communique une nouvelle fois et insiste sur le fait qu’«aucune trace de violence» n’a été décelée: «L’explication de la cause du décès ne pourra être apportée qu’avec l’ensemble des analyses [bactériologie, toxicologie, anatomopathologie, ndlr]».

Problème: dans ses deux communications, Yves Jannier tait la cause directe de la mort d’Adama Traoré, un syndrome asphyxique évoqué dans le rapport du 28 juillet, mais aussi dans les premières conclusions de l’autopsie du 21 juillet que nous avons pu obtenir.

Extrait de l’autopsie du 21 juillet

En parlant «d’infection grave» avant l’exécution d’examens supplémentaires, et alors que le rapport évoque des lésions «d’allure infectieuse» , le procureur de Pontoise est également «allé trop vite», tranche Libération après avoir interrogé une professeure de médecine légale. Contacté, le procureur n’a pas donné suite à nos sollicitations.

La technique «dangereuse» du plaquage ventral

Un autre élément notamment révélé par L’Obs, a été occulté par le procureur Jannier: lors de son interpellation, Adama Traoré a dû supporter le poids de trois policiers sur lui et s’est plaint «d’avoir du mal à respirer»Le Monde, citant le PV d’audition des trois gendarmes, révèle que la technique utilisée pour l’interpeller correspond à un plaquage ventral.


Acat / Via acatfrance.fr


Dans son rapport, l’Acat dénonçait justement la dangerosité de cette pratique d’interpellation, et rappelait que celle-ci a été utilisée pour arrêter Éric Garner en juillet 2014. Après avoir crié «I can’t breathe, I can’t breathe», ce noir américain était décédé. «Du fait de la position ainsi imposée à la personne, cette technique entrave fortement les
mouvements respiratoires et peut provoquer une asphyxie positionnelle», prévenait l’Acat.

Le Défenseur des droits ainsi qu’Amnesty International alertent régulièrement sur cette technique bannie dans certains pays (en Suisse ou en Belgique par exemple). Et Amnesty d’écrire:

«Lorsque l’on manque d’oxygène, la réaction naturelle consiste à se débattre encore plus. Face à cette agitation, un agent de la force publique aura tendance à exercer une pression ou une compression supplémentaire, afin de maîtriser la personne, compromettant davantage encore ses possibilités de respirer.»

«Nous avons recensé huit cas de décès dus à des gestes d’intervention dangereux depuis 2005, dont au moins quatre dus à la technique du plaquage ventral», précise le porte-parole de l’Acat.

En plus de la communication des autorités et de cette technique d’interpellation, Pierre Motin pointe du doigt l’absence d’indépendance dans l’enquête, là aussi dénoncée dans le rapport de l’Acat. «Les gendarmes ont été interrogés par une même section, c’est-à-dire leurs collègues», rappelle-t-il.

Des gendarmes toujours pas entendus par l’IGGN

Joint par BuzzFeed News, l’avocat de cinq des membres de la famille Traoré, Yassine Bouzrou, et qui demande le dépaysement de l’affaire, précise que deux semaines après les faits, «les gendarmes n’ont toujours pas été entendus par l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN)».

«Cela rappelle les graves manquements dans l’affaire de Rémi Fraisse», ajoute Pierre Motin qui prône la création d’«un organe entièrement indépendant, chargé d’enquêter sur les faits commis par des agents de police et de gendarmerie». Et de conclure:

«Dans cette affaire, tout était prévisible: la parole des victimes remise en cause, les déclarations lacunaires du procureur qui semble préférer préserver l’ordre public, le déroulé de l’enquête… Cela illustre tous nos dysfonctionnements policiers et judiciaires.»

 
Source: https://www.buzzfeed.com/davidperrotin/laffaire-traore-illustre-nos-dysfonctionnements-judiciaires

Marche Action 4 et 5 juin

Quartier populaires#Nuit debout Convergence des luttes !

Nous,#Nuit Debout et Habitant-e-s des Quartiers populaires appelons à une Marche Action dans les Quartiers populaires

Venez nombreux !

Départ Samedi 4 juin Rdv à 17h République – Paris Action Dim. 5 juin 10h à Porte des Lilas,avec HK

Un vent de contestation souffle aujourd’hui sur la France !

Un vent porteur d’idées nouvelles, solidaires et fraternelles. La convergence des luttes s’opère, chaque jour, un peu plus, sous nos yeux, et #Nuit Debout en est un des plus beaux symboles.

Un mouvement aux mille visages, inédit et déstabilisant pour les soutien d’un système déshumanisé et déshumanisant, inégalitaire.

Nous, habitants des quartiers populaires, nous en avons assez du bla bla !

Pour nous aussi, dans nos villes et nos quartiers, la lutte se mène chaque jour sur le terrain, quand il s’agit de porter solidarité à des familles expulsées de leur logement ou menacées.

Pour résister à la spéculation immobilière, aux violences policières,

au racisme, au sexisme, à la pauvreté, à toutes les formes de discrimination.

Au nom de nos valeurs communes, nous nous mobilisons pour soutenir la lutte des ouvrier-e-s contre la casse de leur outil de travail et des acquis sociaux, des paysan-e-s faisant face à des projets industriels illégitimes, des précaires de plus en plus précaires, des sans papiers, des réfugiés, des mal logés, des femmes…

Mais aussi,nous sommes aux côtés des infirmier-e-s, des enseignant-e-s, des postier-e-s,des cheminot-e-s, des routier-e-s et plus largement de ceux et celles qui voient chaque jour les libertés fondamentales, les droits, la protection sociale ou les services publics attaqués et mis en cause.

Notre idée reste toujours la même ! Soutenons nous les uns les autres !

Mobilisons nous les uns pour les autres ! Veillons les uns sur les autres, contre cette oppression écrasante que nous imposent les plus riches, les banques, les spéculateurs, les faiseurs de guerre, de répression, d’inégalités sociale, d’injustices.

Nous, #Nuit debout et Habitant-e-s des Quartiers populaires, nous sommes en lutte depuis longtemps !

Nous ne sommes pas en reste !

Aujourd’hui, nous vous appelons à marcher, tous ensemble, à déboucher sur des actions concrètes et emporter des victoires !

Départ Samedi 4 juin Rdv à 17h République – Paris

Pour nous rendre aux amandiers dans le 20e et soutenir le Comité vérité et

justice pour Lamine Dieng, puis nous irons aux Lilas pour la lutte des salariés

d’une blanchisserie

Action Dim. 5 juin 10h à Porte des Lilas,

avec HK

Pour aller rencontrer dans le quartier des Fougères les travailleur-se-s du

nettoyage dans les HLM en lutte durant 4 mois soutenus par les locataires de

Pour rejoindre les habitants de la cité Gagarine, à Romainville, en lutte contre

les expulsions, la démolition de leur école et de leur quartier :

Nous restons ouvert pour les étapes qui se trouveront sur notre parcours

Luttons, debout, tous ensemble, on ne lâche rien!

1er signataires : Comité DAL SPOUTNIK Gagarine, com Banlieue Debout/Quartiers

populaires Debout, Ciné-lutte, DAL, HK et les Saltimbanks, Collectif Justice et vérité

pour Ali Ziri, Collectif Urgence notre police assassine, UJFP, Emancipation tendance

intersyndicale, Droits devant !, Revue Vacarme, Comité de soutien des grévistes du

Contact.marche.clnd@riseup.net