Toulouse : un sexagénaire décède en cellule de dégrisement d’une fracture du crâne

L’homme avait été vu par un médecin à son arrivée en cellule de dégrisement, qui n’avait vu aucune contre indication.

Un sexagénaire placé dimanche soir en cellule de dégrisement au commissariat principal de police de Toulouse a été retrouvé dans la nuit mort d’une fracture du crâne, a-t-on appris lundi auprès du parquet de la ville.

Pas de trace de coups. L’autopsie pratiquée en présence du procureur de la République a permis de mettre en évidence que la victime « ne portait aucune trace apparente de coups » mais était « décédée d’une fracture du crâne », a-t-on précisé de même source. Le parquet de Toulouse a indiqué avoir ouvert une enquête pour « recherche des causes de la mort » qu’il a confiée à l’IGPN (Inspection générale de la police nationale). Des analyses et des examens complémentaires à l’autopsie ont également été demandés, a ajouté le parquet.

Plusieurs chutes en titubant. Selon une source policière, dimanche en début de soirée, la police municipale a été alertée par des riverains à cause de la présence d’un homme en état d’ébriété sur la voie publique. Aux dires de ces témoins, cet homme était quasi inerte après avoir déambulé en titubant et chuté à plusieurs reprises. Sur place les policiers municipaux ont découvert un homme incapable de marcher qu’ils ont aidé à s’installer dans leur voiture où il s’est immédiatement endormi alors qu’ils l’amenaient au commissariat de police le plus proche, a expliqué cette source.

Vu par un médecin. En application du Code de la santé publique sur « l’état d’ivresse publique et manifeste », l’homme a été placé en cellule de dégrisement et vu par un médecin, lequel n’a formulé aucune contre indication, a-t-on ajouté de même source. C’est dans la nuit, entre 2 heures et 3 heures, que les policiers de permanence ont découvert l’homme décédé alors qu’ils étaient venus le réveiller pour voir s’il avait dessaoulé, a-t-on encore précisé de même source. Aucun incident n’a été signalé avec cet homme tant avec la Police Municipale qu’au commissariat de police, ont souligné la source policière et le parquet.

 

Source : http://www.europe1.fr/faits-divers/toulouse-un-sexagenaire-decede-en-cellule-de-degrisement-dune-fracture-du-crane-2816107

Mort d’Adama Traoré: la responsabilité des gendarmes se précise

 

mediaUne marche blanche en mémoire à Adama Traoré, habitant de Beaumont-sur-Oise, le 22 juillet.Thomas SAMSON / AFP

L’enquête sur la mort d’Adama Traoré, décédé le 19 juillet en banlieue parisienne après avoir été interpellé par les gendarmes, connaît un nouveau rebondissement. Une source proche de l’enquête a déclaré à l’Agence France-Presse que le jeune homme de 24 ans avait été maintenu au sol sous le poids des corps de trois gendarmes, accréditant la thèse d’une asphyxie provoquée par l’immobilisation, selon l’avocat de la famille.

Il est 17h15, mardi 19 juillet à Beaumont-sur-Oise, lorsque des gendarmes opèrent un contrôle d’identité sur Adama Traoré, raconte cette source proche de l’enquête. A la vue des gendarmes souhaitant l’interpeller, cette même source assure que le jeune homme aurait posé son vélo et serait parti en courant.

En fuite, réfugié dans un appartement, Adama Traoré est débusqué par les militaires une demi-heure plus tard. Ces derniers se jettent sur lui pour l’interpeller. Les auditions des gendarmes, révélées par Le Monde et Libération, le confirment. Les militaires ont reconnu avoir immobilisé le jeune homme en le plaquant à trois avec le poids de leurs corps.

Confirmation de l’autopsie

Peu après son interpellation, Adama Traoré aurait indiqué avoir des « difficultés à respirer ». Il perd connaissance dans le véhicule des gendarmes et décède à 19h05. Or, selon les rapports d’autopsie, le jeune homme serait bien mort d’asphyxie.

Lun des avocats de la famille du défunt va désormais porter plainte pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. « Nous savons grâce aux deux autopsies réalisées que monsieur Adama Traoré est décédé suite à une asphyxie. Nous savons que l’asphyxie peut provenir d’une compression thoracique. Donc nous avons aujourd’hui les éléments laissant penser que les agents interpellateurs ont commis les violences qui ont conduit à la mort », explique l’un de ses avocats. Il souhaite également que l’enquête soit confiée à un autre tribunal, où, selon lui, elle sera moins partiale.

 

Source : http://www.rfi.fr/france/20160802-mort-adama-traore-source-enquete-confirme-these-asphyxie-beaumont-oise

La famille d’un jeune mort lors d’une interpellation policière dans le désarroi face à un nouveau revers

Alors que le monde entier porte son attention les crimes policiers aux Etats-Unis et s’accorde pour dénoncer les dysfonctionnements systémiques au sein de la police américaine, les familles de victimes au cours d’interpellations en France essuient un nouveau revers.
Mardi 28 avril 2015, la famille El Yamni, dont le fils Wissam décédait après être tombé dans le coma au cours d’une interpellation à Clermont-Ferrand dans les premières heures du 1er janvier 2012, a reçu les conclusions du collège d’experts nommés dans leur affaire.

Tant attendu pour rétablir les faits constatés par le Chef du Service de Cardiologie et le Chef du Service Anesthésie et Réanimation du CHU de Clermont-Ferrand, le rapport se contente au contraire de réaffirmer la thèse d’un médecin légiste de Poitiers, ville où exerçait par ailleurs le Procureur de Clermont-Ferrand auparavant. Selon le rapport, Wissam El Yamni, 30 ans, serait donc mort d’un arrêt cardiaque dû à une consommation de drogues, « toute autre hypothèse » – notamment celle, avancée par les experts du CHU, de la strangulation par la ceinture qu’il portait ce soir-là et qui n’a jamais été retrouvée, – « étant écartée », sans plus d’explication. `

L’affaire pourrait ainsi être classée.

Cette nouvelle tombe comme un couperet pour la famille, qui, face aux émeutes suivant la mort de Wissam, avait appelé au calme, et à faire confiance à la Justice. Les contradictions entre l’enquête de l’Inspection Générale de la Police Nationale et celle du médecin de Poitiers avaient mené la famille El Yamni à commander l’expertise indépendante auprès du CHU de Clermont-Ferrand. Celle-ci démontrait l’impossibilité d’une corrélation entre une infime trace de drogue dans le sang et un arrêt cardiaque, réaffirmant en revanche les traces évidentes d’une strangulation. C’est suite aux conclusions de cette expertise que le Procureur Général de Clermont-Ferrand avait annoncé, le 10 janvier 2014, qu’un Collège d’Experts entamerait une nouvelle enquête, dont les résultats seraient rendus dans les six mois.

Cette première victoire qui avait donné aux proches de Wissam le sentiment d’une justice possible a un goût amer aujourd’hui. Pour Farid El Yamni, frère de la victime, « un an et demi plus tard, ces conclusions nous donnent tort. Pas dans les faits, mais dans notre appel à faire confiance à la Justice. Lorsque nous voyons la famille de Freddie Gray appeler au calme et à laisser la Justice faire son travail, cela nous prend aux tripes. Nous avons envie de hurler ‘non, laissez faire ces émeutes qui émeuvent le monde entier, et ne comptez que sur vous-mêmes pour faire condamner ses meurtriers !’. Parce que nous savons désormais que la Justice ne protège pas les gens comme nous. Elle protège ceux qui les tuent ».

Article sur les détails de l’affaire : http://www.mediapart.fr/journal/france/311213/mort-apres-avoir-ete-interpelle-bataille-dexpertises-medicales

VERITE ET JUSTICE POUR WISSAM- Informations sur la mort de Wissam (Clermont Ferrand- Juin 2012)

Rappel des faits :

le 1er janvier 2012 à Clermont-ferrand Wissam est interpellé par des policiers, il est lynché sur le parking en face de l’école jean de la fontaine. Il tombera dans le coma et décédera  9 jour et demi plus tard d’une longue agonie.

- Tout d’abord, un des éléments le plus essentiel :

Wissam n’était pas excité. Les messages radios ne font pas l’état de quelqu’un d’excité, les témoins ne font pas état de quelqu’un d’excité, certains policiers affirment même que Wissam était calme. Il y a moins d’une minute entre le signalement de la fuite et son arrestation 150 m plus loin ce qui correspond à ce qu’affirme des témoins, l’arrestation s’est faite par surprise. L’arrestation a donc été rapide. Le nombre de coups reçus et de fractures sont donc de trop car ils ont contribué à la mort de Wissam. Il y avait 24 policiers présents sur les lieux de l’interpellation. Wissam a été embarqué dans une voiture où il y avait 2 personnes dont un chauffeur. S’il avait été excité, ce transport avec seulement un policier avec lui aurait été inconcevable. Hors on le sait maintenant, il été déjà à demi KO par les coups qu’il a reçu. Au vue de l’état du corps à l’arrivée à l’hôpital, il était certainement plus que diminué et ne pouvait pas être excité lors du transport. Les analyses toxicologiques révèlent que Wissam n’était pas sous emprise, ni de cocaïne, ni de cannabis au moment de l’interpellation, mais en avait simplement des traces dans le sang (consommation passive cannabis, consommation récente de cocaïne mais passé). Traces dont le taux est inférieur au seuil de positivité au test 6ng/ml pour la cocaïne et 1ng/ml pour le cannabis. Il n’était donc pas sous emprise de « cocktail de drogues » lors de l’interpellation comme on nous l’a maintes fois répété. Les résultats toxicologiques ne sont pas contestés, mais l’analyse qui en est faite par le laboratoire « préféré » de la police est fausse, mensongère !

- Pourquoi avoir aussi menti sur la longueur du casier judiciaire de Wissam qui ne fait pas acte de violence ? Il avait un casier judiciaire suite à une « bêtise » d’une conduite en état d’ivresse.

- Concernant la géolocalisation des véhicules de police, sur 15 véhicules, il y 9 dysfonctionnements, dure à avaler, et inadmissible de la part d’agents de l’Etat, dépositaires de l’autorité publique. Sur les lieux du drame, le nombre de véhicules de police donné au départ est faux, le nombre a été volontairement caché. Il y avait une volonté de dissimuler le nombre de policiers. Tous les policiers n’ont d’ailleurs pas été entendus. Bien que sur FR3, le syndicat de police Alliance avait vanté la précision et la fiabilité de la géolocalisation, on nous sert là des dysfonctionnements. Quel hasard?

- Sur le plan médical, l’autopsie intervient qu’après 9 jours et demi de soins intensifs, par conséquent le corps a fortement cicatrisé. Le rapport de pré-autopsie omet au minimum 4 fractures importantes, et parallèlement ce même rapport dont l’objectivité est néant (le légiste voit même des insultes comme si par enchantement pendant l’autopsie Wissam se réveillait pour insulter et ensuite remourir… C’est scandaleux, grossier, indécent et honteux d’écrire cela), repère étonnamment des micros lésions presque invisibles, une excroissance qui est présente chez tout individu.

- La thèse du pliage qui était dès le départ bancale n’est plus reconnue par l’expertise. Elle ne peut expliquer, ni les lésions, ni les bleus très importants au niveau du cou ! Le légiste dit ne plus savoir les raisons de la mort, pourquoi avoir affirmer alors n’importe quoi au début ? Pourquoi ne pas reconnaître la thèse de la strangulation qui est la seule raisonnablement valable ?

-Selon les policiers, Wissam n’aurait pas été « tué » dans leur voiture et selon toujours eux, il se serait évanoui une fois posé au seul endroit du commissariat où il n’y a pas de caméras (quelle coïncidence!!!). Ce mensonge ne traduit-il pas une culpabilité des policiers concernés et complices?

- Comment interpréter que le policier qui  contrôla l’alcoolémie des autres policiers était un des policiers présents sur les lieux de l’interpellation, un policier qui a la réputation d’être une personne violente ? Un test avait été demandé par le parquet sur Wissam, et sur les policiers présents sur les lieux de l’interpellation. Ce test a été fait entre collègues, au commissariat, à l’éthylotest pour les policiers alors qu’ils avaient les moyens de le rendre sanguin, tandis qu’il a été sanguin pour Wissam. Les témoins qui sont ensuite venus sur le parking (ce que confirment les policiers eux mêmes) affirment que les policiers étaient saouls. C’est un des policiers présents sur les lieux de l’interpellation qui a effectué ce test alors qu’il devait lui même s’y prêter. D’ailleurs, c’est le seul PV qu’il réalise, c’est dire à quel point ça le tenait à cœur. Il a l’audace d’écrire : « agissant conformément aux demandes du parquet »

 

- Un des deux policiers ayant été mis en congé, juste après la tragédie était formateur généraliste à l’école de police! De plus, la réputation de ce dernier le rattrape, il était considéré comme très violent. Comment nous expliquer qu’un formateur puisse donner un si mauvais exemple ?

 

- Comment accepter la thèse des policiers qui affirme que les fractures, est une des conséquences, d’une excitation des chiens sur Wissam et non des coups donnés ?

 

-La version des témoins concorde avec la chronologie des faits, avant même que la version policière soit remise à la justice ! Les témoins n’ont pas pu tout inventer, sinon la version des témoins aurait été complètement différente, et discordante, de la chronologie des événements ! Ce sont d’ailleurs les témoins qui ont été les premiers à révéler le rôle de chacun des protagonistes.

 

-Sur certains Procès verbaux, on retrouve exactement la même réponse à une même question posée par la même personne à deux personnes différentes (il s’agit ici de la déposition des policiers). Que faut il en conclure ? Ont-elle le même cerveau? Est-ce la même personne à chaque fois qui répond? Sont-ils des clones?

 

-La demande de contre autopsie avait été demandée fin mars et fait par écris le 3 avril. Celà fait presque deux mois que la contre autopsie n’a pas été faite pourquoi ? Même les juges d’instruction, de ce fait, sont hors délai, voir hors la loi. Qu’en est-il des droits de Wissam, de sa famille?

 

Il y a une succession, de mensonges et d’erreurs, toutes à décharge. Ainsi qu’un manque de professionnalisme, voire de moralité de fonctionnaires que l’on rémunère. La douleur de la famille, ne fait que grandir au fur et à mesure qu’ils se rendent compte que des criminels sont protégés et que l’on ne reconnaît pas le statut de victime à Wissam qui a pourtant souffert physiquement, mentalement, qui se serait fait torturé, humilié, qui a agonisé dans le coma pendant neuf jours avant de succomber.

Jamal : ses proches refusent de croire au suicide

« Jamal n’est pas mort, il a été tué, c’est un meurtre. » Le mot est lâché. Sur chaque hall d’immeubles, les affiches appellent au rassemblement.

A l’intérieur du local, près de 100 personnes sont réunies. Pour la plupart habitantes du quartier du Luth de Gennevilliers, et toutes venues pour un seul objectif : connaître la vérité sur la mort de Jamal Ghermaoui.

Un rassemblement à l’initiative du collectif Vérité et justice pour Jamal, qui intervient quelques jours après le dépôt d’une plainte contre X pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner » par l’avocat de la famille de Jamal, Me Brouzrou. Une plainte visant à obtenir la saisine d’un juge d’instruction.

Le 3 octobre, alors placé au quartier disciplinaire de la maison d’arrêt de Nanterre, Jamal, qui avait fêté son 23e anniversaire quelques jours auparavant, avait été retrouvé pendu avec un kit antisuicide en fin de matinée. En état de mort cérébrale, il était décédé cinq jours plus tard à l’hôpital. Rapidement la thèse du passage à tabac s’était répandue au sein de la population. Une première autopsie avait pourtant confirmé la thèse du suicide, thèse relayée par une contre-autopsie demandée par la famille du détenu.

Une conclusion à laquelle on ne veut pas croire au Luth. Hier, dans un calme absolu, les jeunes du quartier venus soutenir la famille du défunt ont écouté le témoignage de la sœur de Jamal et celui d’un père qui avait fait reconnaître par la justice la culpabilité de l’Etat dans la mort de son fils en prison après douze années de procédure. « Mon frère n’a pas pu se suicider, a répété Ghariba. Il aimait tellement la vie, il est resté cinq jours dans le coma avant que son corps ne lâche. »

Sarah, sa petite amie, se rendait trois fois par semaine au parloir. Souvent ils parlaient du futur logement qu’ils prendraient ensemble à la sortie de prison. « Le jour où le drame s’est produit, Sarah s’est vue refuser son parloir alors que Jamal était déjà transféré à l’hôpital mais on ne lui a rien dit, s’emporte Ghariba. Ce n’est que vers 18 heures que la famille a été prévenue. »

Appel au calme

A l’hôpital, la sœur de Jamal affirme ne pas avoir vu de trace au cou. « Mais il avait des marques sur le corps, il a été frappé. » Une version que nie l’administration pénitencière : lorsque Jamal avait appris sa condamnation à quinze jours de quartier disciplinaire, alors qu’il purgeait une peine de quatre ans pour trafic de drogue, il s’était cogné la tête à plusieurs reprises. « Il ne craignait pas l’isolement. Justement, il avait demandé à sa petite amie de lui ramener des livres », assure Ghariba.

« Nous irons jusqu’au bout pour connaître la vérité, même si ça doit prendre des années, nous continuerons. »

Lors des interventions les membres du collectif et la famille ont appelé au calme. « C’est ensemble et intelligemment que nous combattrons. » Selon eux, le premier combat sera d’obtenir le rapport entier de la contre-autopsie. « J’attends que le doyen des juges fasse le nécessaire et que la demande soit prise au sérieux », assure Me Bouzrou.

source : Le Parisien
( le seul média « grand public » peut-être qui a « daigné’ se rendre à cette conférence de presse)