Communiqué de presse « URGENCE NOTRE POLICE ASSASSINE »

À l’issue du délibéré du procès pour diffamation contre la police

Amal Bentounsi, Farid El Yamni et Hamid Aït Omghar tiendront une conférence de
presse mercredi 28 mai à 9h15

Au Tribunal de Grande Instance de Paris

Poursuivie par le Ministère de l’Intérieur pour une vidéo dénonçant l’impunité
entourant les crimes policiers, Amal Bentounsi saura si elle est condamnée
mercredi 28 mai à 9h00, à la 17ème chambre correctionnelle de Paris.

Quel que soit le verdict, l’accusée compte solliciter Christiane Taubira, aux
côtés de Hamid Aït Omghar et Farid El Yamni, qui ont, comme elle, perdu leurs
frères au cours d’une interpellation policière. Pour elle, « chaque année, il
y a trop de morts, trop d’enquêtes qui se soldent par un non-lieu au bout de 7
ou 8 ans de procédure incomplète, comme celle de Lamine Dieng samedi dernier.
Il est temps que des mesures sérieuses soient prises. Aujourd’hui c’est nous,
mais cette tragédie peut toucher n’importe quelle famille demain.

Suite à la mort de son frère d’une balle dans le dos le 21 avril 2012, Amal
Bentounsi avait diffusé la vidéo sur son site « Urgence Notre Police Assassine
», qui recense les cas de morts dans le cadre d’interventions policières ces
dernières années. Si Manuel Valls, alors Ministre de l’Intérieur, avait décidé
de la poursuivre pour diffamation, la Procureure Aurore Chauvelot a elle
demandé la relaxe le 7 avril dernier, au cours du procès d’Amal Bentounsi.
Cette dernière avait fait témoigner d’autres familles de victimes, le
chercheur Mathieu Rigouste, et la porte parole du Collectif Stop le contrôle
au Faciès Sihame Assbague pour tenter de démontrer que son cri de douleur est
basé sur des faits réels et elle n’est pas une volonté de nuire, il rejoint le
signal d’alarme tiré par de nombreux chercheurs, magistrats, ONGs et anciens
Ministres avant elle.

À une semaine de son procès, Farid El Yamni lançait une pétition sur la
plateforme Change.org s’adressant au Ministère de l’Intérieur. Exigeant
l’abandon des poursuites contres Amal Bentounsi, avait recueilli plus de 7000
signatures.

urgence-notre-police-assassine.fr/

Retour sur le procès d’Amal Bentounsi – Urgence notre police assassine

Amal profitait de ce passage en justice pour que d’autres familles et témoins de violences policières soient entendus.
Amal était attaquée sur les propos tenus sur son site urgence notre police assassine.
Amal assume toutes les responsabilités des propos tenus et relayés sur son site.

En traquant Amal sur son action, la justice tout comme Mr Valls a porté atteinte à son droit de parole.

Amal s’est justifiée de son site et de sa démarche en disant que c’est « thérapeutique ».
La défense adoptée par Amal a été celle de l’émotion et du traumatisme subit à cause de l’assassinat de son frère.
Je me permet de dire que ni Amal ni personne, ne devrait avoir a justifier de propos avérées comme ces deniers. Je dis cela parce que autant la presse que la justice cherche à déstabiliser et à décrédibiliser les propos tenus à l’encontre de la police tout comme de la justice.

Ce procès montre (encore une fois) combien il est dur dans ce pays de critiquer nos institutions.

4 témoins se sont succédés pour parler de différents actes violents ou meurtres commis par la police : il s’agit d’un habitant d’Argenteuil pour parler de Mr Ali Ziri tué par la police, Farid El Yamni frère de Wissam tué par la police à clermond-ferrand, une personne du collectif stop contrôle au faciès et de Mathieu Rigouste écrivain spécialiste en science social.

Farid qui s’exprime en tant que victime dénonce à quel point les incohérences dans l’enquête de son frère sont énormes.  » C’est à nous d’enqûeter » ‘de trouver des experts » et il exprime son indignation quand au fait que Amal se retrouve devant un tribunal.
 » On a le droit de dire ce que personne ne veut voir. Tout le monde sait que Wissam a été tué par la police sauf la justice ».

Sihame Assbague de stop contrôle au faciès dénonce plus de 320 crimes commis par la police depuis 30 ans.

Malgré l’état des lieux qui est posé sur le rapport police-citoyen, le fait que la justice acquitte la police et que les instructions ne soient pas les mêmes quand il s’agit des policiers est peu relevé.
Amal avait commencée en demandant pourquoi les policiers ne sont pas des justiciables comme les autres ? C’est sans doute là dessus qu’il nous faut constamment revenir : sur les meurtres, le temps d’instruction et la non reconnaissance ni par la police ni par la justice des crimes perpétrés.*

On finit les témoignages par Mathieu Rigouste. Il dit qu’il a remarqué que certaines personnes peuvent s’exprimer un peu comme ils veulent sur la police ( type Amnesty International peut dire que la police est au dessus des lois ); mais que tout le monde ne peut pas le faire…
 » Le pouvoir n’a pas intérêt à laisser ceux qui subissent s’exprimer »
C’est à peu prés la dessus aussi que conclua l’avocat d’Amal : « effectivement il y a 2 poids 2 mesures, ceux qui ont le droit de dire ce qu’ils veulent et ceux qui sont poursuivis ».
L’avocat prend l’exemple du groupe de rap La rumeur attaqué par Sarkozy pour le fait d’avoir dit que des centaines de personnes ont été tués par la police. Pour l’avocat, Sarkozy a fait cela pour faire plaisir aux syndicats policiers…

Le procureur justifie les procès des « personnes légalement armées » comme très difficile mais souligne qu’il y a une juridiction spéciale pour juger les policiers et de quel manière ils peuvent faire ou non usage de la force. Elle dit aussi « On peut dire que les policiers ne sont pas très encadrés mais on ne peut pas dire que l’administration policière ne soit pas contrôlée. » (!!)

La relaxe est demandé par le procureur qui admettra dans sa plaidoirie qu’il faut une « nécessaire réconciliation entre la police et les citoyens » juste avant avoir légitimé la violence dont les policiers sont les seuls a avoir le droit d’user au regard de la loi.

Aux procureurs : N’oubliez pas que les traumatismes sont les atteintes portés aux personnes par la police et le combat qui doit être mené pour obtenir reconnaissance (vérité) et justice, c’est cela que nous combattons et que doit entendre la justice.

Délibéré le 28 Mai 2014.

*Elements posés dans la perspective de réfléxions faites pour que nous soyons plus efficace dans la manière de dénoncer les crimes policiers et de parler du couple  » police-justice ».*

PAS DE JUSTICE PAS DE PAIX. VERITE ET JUSTICE POUR LES FAMILLES ET LES VICTIMES DE LA POLICE.

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