Argenteuil : non-lieu définitif dans l’affaire Ali Ziri en cour de cassation

Non-lieu… définitif. La Cour de cassation a validé la décision prononcée par la cour d’appel de Rennes, en décembre 2014. L’affaire Ali Ziri, ce retraité algérien mort le 11 juin 2009 à Argenteuil, deux jours après une arrestation houleuse par la police, s’achève ainsi, en France.

Après six années de procédure, la déception est grande pour la famille et le collectif Vérité et justice pour Ali Ziri. Ce dernier dénonce « une justice à deux vitesses ».

Interpellé lors d’un contrôle routier, le 9 juin 2009, Ali Ziri est emmené à l’hôpital d’Argenteuil le 11 juin, après cette arrestation mouvementée. Il y décède. Une première autopsie conclut à une « fragilité cardiaque » et confirme la « forte alcoolémie » du sexagénaire. Une contre-expertise révèle finalement la présence de 27 « hématomes de 12 à 17 cm » sur le corps.

Aujourd’hui, le collectif ne digère pas le classement de l’affaire : « Lorsqu’on est policier, on est au-dessus de la justice, au point qu’on peut se permettre d’ignorer la loi. Lorsqu’on est un simple citoyen, de surcroît d’origine maghrébine, on reste en dessous de la loi, au point que la justice ignore vos droits. »

L’avocat de la famille veut saisir la Cour européenne des droits de l’HommeStéphane Maugendre, avocat de la famille, compte saisir la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH). « D’un point de vue pénal, en France, c’est définitif. La justice ne rouvrira pas le dossier, détaille le conseil. D’un point de vue dommages et intérêts, nous allons saisir le ministère de l’Intérieur pour une demande indemnitaire. Car on estime que les actes qui ont entraîné la mort d’Ali Ziri sont du fait de la police. »

Pense-t-il avoir des chances devant la CEDH ? « La France a déjà été condamnée pour mauvaise instruction dans une affaire similaire. Là, dans notre cas, il n’y a même pas eu d’instruction : pas de reconstitution, pas d’audition des policiers par les juges d’instruction… malgré mes nombreuses demandes.

(…)

 

 

Source : http://www.leparisien.fr/argenteuil-95100/argenteuil-non-lieu-definitif-dans-l-affaire-ali-ziri-18-02-2016-5558265.php#xtref=https%3A%2F%2Fwww.google.fr%2F

 

QUI A TUé ALI ZIRI ?

 

L’affaire Ali Ziri et le film Qui a tué Ali Ziri ?

Le 11 juin 2009, Areski Kerfali, 61 ans et Ali Ziri, 69 ans sont interpellés par la police nationale d’Argenteuil, lors d’un contrôle routier. Ali Ziri quitte le commissariat dans le coma et décède à l’hôpital deux jours plus tard. L’explication donnée par la police et le procureur est : « décès suite à une malformation cardiaque ». Deux semaines après les faits, le juge d’instruction classe l’affaire sans suite. Un collectif d’habitants d’Argenteuil,Vérité et justice pour Ali Ziri se mobilise pour exiger une contre-expertise. L’autopsie révèle alors 27 hématomes et la mort par asphyxie suite à l’utilisation d’une technique d’immobilisation interdite depuis 2003.

Durant cinq années, le cinéaste Luc Decaster a filmé le combat de tous ceux qui refusent le procès bâclé, après cette mort que certains considèrent comme un lynchage.

Autopsielecomte-1422520797Relevé des hématomes au cours de la contre-autopsie du corps d’Ali Ziri, menée en juillet 2009 par Dominique Lecomte, directrice de l’institut médico-légal du quai de la Rapée à Paris.

Pourquoi ce film ?

La recherche et le questionnement autour des conditions de la mort de cet homme sont à l’origine du film. Trop de questions subsistent, alors que trois juges d’instruction se sont succédé sur le dossier :

Pourquoi les juges refusent-ils de faire une reconstitution des faits ?

Pourquoi refusent-ils de visionner l’enregistrement de la caméra de surveillance du commissariat ?

Pourquoi refusent-ils d’auditionner les témoins civils présents au commissariat ce soir-là ?

LES POLICIERS SONT-ILS AU DESSUS DES LOIS ?

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La police empêche le collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri de se rendre à l’inauguration, par Manuel Valls, d’une statue à la mémoire de Jean Moulin, à Argenteuil.

 Malheureusement un tel cas n’est pas isolé en France. Chaque année, on relève au moins 10 à 15 cas de décès à la suite de violences policières. Comme dans le cas d’Ali Ziri, la justice balaye ces affaires en prononçant des non-lieux, innocentant les policiers qui restent en fonction.

Derrière ces injustices, c’est le racisme qui est à l’oeuvre : les visages et les noms des personnes victimes de ces violences en témoignent.

 Les images de la télévision ou du cinéma semblent ignorer ces histoires scandaleuses. Ce témoignage précieux sur l’affaire Ali Ziri permettra de sensibiliser des spectateurs non avertis. Il pourra servir d’appui à tous ceux qui s’indignent de cette justice particulière lorsque des policiers sont en cause.

Le film, un long métrage de 90 minutes

Au-delà du traitement d’une affaire de justice, le réalisateur s’attache à représenter ce qu’une telle affaire suscite à l’intérieur d’une ville de banlieue ordinaire. Il a filmé les nombreuses actions dans la rue, les réunions internes du collectif Vérité et justice pour Ali Ziri, ainsi que les longues discussions avec les avocats, dans les halls des palais de justice. Au fil de la dramaturgie du film, se révèlent de vraies personnalités. Leurs échanges nous font mieux comprendre les incohérences et les insuffisances de la justice française lorsque des policiers sont mis en cause,

À travers ce film, d’autres affaires aussi scandaleuses en France sont évoquées :

Amine Bentounsi, abattu d’une balle dans le dos

Lamine Dieng mort étouffé dans un fourgon de police

Abdelakim Ajimi mort étouffé par plusieurs policiers

Abou Bakari Tandia mort des suites de sa garde-à-vue

Zyed Benna et Bouna Traoré morts électrocutés dans le transformateur où ils s’étaient réfugiés pour échapper à la police.

…la liste est longue de ces morts, dits « de minorités visibles ».

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Lors d’une manifestation pour Ali Ziri, Walid Klay prend la parole pour témoigner au nom d’Abdelhakim Ajimi, jeune homme de 20 ans mort asphyxié par des policiers en 2008. A droite, le père d’Abdelhakim, silencieux.

(…)

FILM ACTUELLEMENT EN SALLE :

Cinéma Luminor ( 20 Rue du Temple, 75004 Paris)
Jeudi 22 octobre à 20h
avec Salomé Linglet (ACAT), Luc Decaster et les membres du collectif Ali Ziri.

 

A l’Espace Saint Michel
mardi 20 à 16h40
mercredi 21, jeudi 22, samedi 24 et dimanche 25 à 18h45

Au cinéma le Jean Gabin à Argenteuil
Vendredi 23 à 18h, samedi 24 à 20h
Samedi 31 à 20h30 et dimanche 1 novembre à 18h

LES SOIREES DEBATS A VENIR en présence de Luc Decaster
Mercredi 28 octobre à Grenoble, cinéma le Club
Mardi 3 novembre à Gaillac avec le Hamac Rouge
Mercredi 4 novembre à Graulhet cinéma Vertigo
Jeudi 5 novembre à Toulouse cinéma Utopia
Vendredi 6 novembre à Saint Ouen l’Aumône cinéma Utopia
avec le collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri
Lundi 9 novembre à Mamers ciémamers
Jeudi 12 novembre à Belley
Samedi 14 novembre à Montreuil le Méliès à 20h45
Lundi 16 novembre à Romainville le Trianon
Mardi 17 novembre à Caen le Lux à 20h45
Dimanche 22 novembre à Lille cinéma l’Univers à 17h30
Lundi 24 novembre à Tourcoing
Mardi 24 novembre à Villeneuve d’Asq au Kino
Jeudi 26 novembre à Montpellier cinéma Utopia
Vendredi 27 novembre à Achères cinéma Pandora
Samedi 28 novembre à Clermont-Ferrand
Dimanche 29 novembre à Saint Junien
Lundi 30 novembre à Ivry cinéma Lux
Mercredi 9 décembre à Saint Nazaire le Jacques Tati
Jeudi 10 décembre à Nantes le Concorde

Zeugma Films Distribution
nchanay@zeugma-films.fr
7 rue Ganneron
75018 Paris – France
tel : +33 1 43 87 00 54
fax: +33 1 43 87 34 72
www.zeugmafilms.fr
et sur facebook : https://www.facebook.com/filmaliziri

 

Soirée de soutien au collectif vérité et justice pour Ali Ziri le 14 Mars

Qui a tué Ali Ziri ?

18h30 : Projection d’un extrait du film « Qui a tué Ali Ziri ? » /
Discussion avec le collectif Vérité et justice pour Ali Ziri

20h30 : concert : Première Ligne / Sitou Koudadje / Dino

Double verdict :
Non-lieu après la mort d’Ali Ziri et censure financière du film Qui a tué Ali Ziri ?

Le 11 juin 2009, Areski Kerfali, 61 ans et Ali Ziri, 69 ans sont interpellés par la police nationale d’Argenteuil, lors d’un contrôle routier. Ali Ziri quitte le commissariat dans le coma et décède à l’hôpital deux jours plus tard. L’explication donnée par la police et le procureur est : « décès suite à une malformation cardiaque ». Deux semaines après les faits, le juge d’instruction classe l’affaire sans suite. Un collectif d’habitants d’Argenteuil, Vérité et justice pour Ali Ziri se mobilise pour exiger une contre-expertise. L’autopsie révèle alors 27 hématomes et la mort par asphyxie suite à l’utilisation d’une technique d’immobilisation interdite depuis 2003.

Durant cinq années, le cinéaste Luc Decaster a filmé le combat de tous ceux qui refusent le procès bâclé, après cette mort que certains considèrent comme un lynchage. Ce film n’a bénéficié d’aucune aide et a été tourné et monté sans argent. Pour le finaliser, une campagne de soutien, dans laquelle s’inscrit cette soirée, a été lancée.

Venez soutenir ce film et la lutte du collectif vérité et justice pour Ali Ziri.

document au format PDF:
Lien : http://paris.demosphere.eu/rv/38184
Source : http://collectif-ali-ziri.over-blog.com/

Assassinat d’Ali Ziri : ce qu’en dis la justice française

Ils attendaient depuis cinq ans que le procès leur rende justice. La cour d’appel de Rennes a douché leurs espoirs.
*Sur les réseaux sociaux, les internautes n’hésitent pas à comparer cette affaire à celle de Fergusson.*

C. Taubira avait vivement réagi via Twitter sur l’affaire Fergusson aux Etats-Unis. Pour le moment, aucun commentaire de la ministre de la Justice française sur le non-lieu prononcé dans l’affaire Ali Ziri», s’indigne sur sa page facebook un écrivain d’origine algérienne. C’est un nouveau coup dur pour les proches d’Ali Ziri. La cour d’appel de Rennes a opposé un nouveau revers judiciaire à la famille de ce retraité algérien de 69 ans, mort après un contrôle de police en juin 2009 à Argenteuil (Val-d’Oise).

La contre-expertise relève des hématomes suspects. Ali Ziri avait été interpellé le soir du 9 juin 2009 avec un ami, Arezki Kerfali, 60 ans, à bord d’un véhicule que ce dernier conduisait. Fortement alcoolisés, les deux hommes avaient été transportés au commissariat d’Argenteuil et placés en garde à vue. Ali Ziri, tombé dans le coma, est mort deux jours plus tard à l’hôpital d’Argenteuil. Une première autopsie avait conclu que des problèmes cardiaques et l’alcoolémie sont les causes du décès. Mais une contre-expertise avait révélé la présence d’une vingtaine d’hématomes, dont certains larges de 17 cm.

Des hématomes que la chambre d’instruction de la cour d’appel de Rennes a choisi d’ignorer. Elle a estimé dans son arrêt qu’ en l’état des «conclusions et hypothèses divergentes (…), il n’est pas possible de retenir une cause certaine de la mort d’Ali Ziri». La chambre ajoute que «les policiers n’ont fait usage que de la force strictement nécessaire» pour maîtriser les retraités.

«Aucune faute, volontaire ou involontaire, ne peut être relevée à leur encontre.» In extenso : «Dans un arrêt longuement motivé, la chambre de l’instruction a, en premier lieu, relevé que les expertises avaient établi que les hématomes constatés sur le corps d’Ali Ziri n’étaient pas à l’origine du décès, qui résulte de la conjugaison d’une pluralité de causes, parmi lesquelles une pathologie cardiaque préexistante et un état d’alcoolisation important.

Ni la méthode utilisée par la police nationale pour extraire Ali Ziri du véhicule à l’arrivée au commissariat, ni son dépôt allongé à même le sol, menotté dans le dos, dans une salle d’audition, critiqués par la commission nationale de déontologie et de sécurité, ne sont la cause de son décès. La chambre de l’instruction observe en outre qu’il n’existe aucun élément permettant de supposer qu’à un moment ou à un autre des coups auraient été portés volontairement par les forces de l’ordre sur la personne d’Ali Ziri.»
Très mécontente de ce verdict, la famille d’Ali Ziri envisage de se pourvoir en cassation. Elle y voit une justice à deux vitesses.

Rémi Yacine
source : http://www.elwatan.com/hebdo/france/affaire-ali-ziri-revers-pour-les-proches-17-12-2014-281898_155.php

( titre modifié par les admins du site )

COMMEMORATION DE MR ALI ZIRI LE 11 JUIN A PARTIR DE 18H A ARGENTEUIL

Rassemblement pour le 5ème anniversaire de la mort d’Ali Ziri

Pour le 5ème anniversaire de la mort d’Ali Ziri suite à son interpellation par la Police Nationale, rassemblement dans le parc des Berges de Seine mercredi 11 juin à 18H pour se rendre sur le lieu du drame à l’angle du Bd Jeanne d’Arc et de la rue Antonin Georges Belin.

Le Collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri organise un rassemblement commémoratif et continue son combat après une première victoire remportée devant la Cour de cassation.

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Première victoire remportée devant la cour de cassation

Ali Ziri, 69 ans, est décédé, asphyxié, le 11 juin 2009, quelques heures après son interpellation par la police nationale à Argenteuil lors d’un contrôle routier. Le 15 octobre 2012, la Cour d’appel de Versailles a entériné la décision du Procureur de la République du Tribunal de Pontoise qui avait requis un non-lieu, en dépit des observations de la CNDS (Commission nationale de déontologie et de sécurité) évoquant « un traitement humiliant et dégradant » et des expertises médico-légales, qui relèvent l’existence de 27 hématomes. Ce non-lieu était injustifiable parce qu’injustifié aux yeux de la famille, des avocats et du comité de soutien. En effet, malgré la succession de trois juges d’instruction sur cette affaire, ni les policiers mis en cause, ni les témoins n’ont été entendus par les juges. Malgré la demande de l’avocat de la famille, il n’y a eu ni reconstitution, ni visionnage de la vidéo montrant l’arrivée au Commissariat de Messieurs Kerfali et Ziri.

Partant de ce constat, la Cour de cassation de Paris a cassé, le 18 février 2014, le non-lieu sur la base de la remise en cause complète du travail des juges. Dans son arrêt, elle répète par 4 fois : « /la chambre de l’Instruction n’a pas légalement motivé sa décision/ ».

L’affaire est aujourd’hui confiée à la Cour de Rennes.

L’arrêt de la Cour de cassation rappelle que « /l’enquête sur les causes d’un décès survenu au cours ou à la suite d’une interpellation ayant donné lieu à l’emploi de la force publique doit être méticuleuse, objective et impartiale/ ».

Ce ne fut pas le cas !

Mobilisé depuis bientôt cinq ans, le collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri (des citoyens, une trentaine d’organisations associatives, politiques et syndicales) considère que cette décision de la Cour de cassation est une avancée considérable.

Ce jugement représente un véritable espoir pour la famille et le collectif.

Il constitue également un désaveu pour les trois juges d’instruction de Pontoise et la Cour d’appel de Versailles. La Cour de cassation leur reproche de ne pas avoir enquêté sur l’usage de la technique du pliage, technique policière d’immobilisation interdite depuis 2003.

Il leur reproche également de ne pas avoir instruit l’affaire sur l’attitude de la police au regard de l’état de Monsieur Ziri au moment de son interpellation.

Le collectif Vérité et justice pour Ali Ziri poursuit son combat pour faire éclater la vérité dans cette affaire de violence policière.