Mort d’Adama Traoré: la responsabilité des gendarmes se précise

 

mediaUne marche blanche en mémoire à Adama Traoré, habitant de Beaumont-sur-Oise, le 22 juillet.Thomas SAMSON / AFP

L’enquête sur la mort d’Adama Traoré, décédé le 19 juillet en banlieue parisienne après avoir été interpellé par les gendarmes, connaît un nouveau rebondissement. Une source proche de l’enquête a déclaré à l’Agence France-Presse que le jeune homme de 24 ans avait été maintenu au sol sous le poids des corps de trois gendarmes, accréditant la thèse d’une asphyxie provoquée par l’immobilisation, selon l’avocat de la famille.

Il est 17h15, mardi 19 juillet à Beaumont-sur-Oise, lorsque des gendarmes opèrent un contrôle d’identité sur Adama Traoré, raconte cette source proche de l’enquête. A la vue des gendarmes souhaitant l’interpeller, cette même source assure que le jeune homme aurait posé son vélo et serait parti en courant.

En fuite, réfugié dans un appartement, Adama Traoré est débusqué par les militaires une demi-heure plus tard. Ces derniers se jettent sur lui pour l’interpeller. Les auditions des gendarmes, révélées par Le Monde et Libération, le confirment. Les militaires ont reconnu avoir immobilisé le jeune homme en le plaquant à trois avec le poids de leurs corps.

Confirmation de l’autopsie

Peu après son interpellation, Adama Traoré aurait indiqué avoir des « difficultés à respirer ». Il perd connaissance dans le véhicule des gendarmes et décède à 19h05. Or, selon les rapports d’autopsie, le jeune homme serait bien mort d’asphyxie.

Lun des avocats de la famille du défunt va désormais porter plainte pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. « Nous savons grâce aux deux autopsies réalisées que monsieur Adama Traoré est décédé suite à une asphyxie. Nous savons que l’asphyxie peut provenir d’une compression thoracique. Donc nous avons aujourd’hui les éléments laissant penser que les agents interpellateurs ont commis les violences qui ont conduit à la mort », explique l’un de ses avocats. Il souhaite également que l’enquête soit confiée à un autre tribunal, où, selon lui, elle sera moins partiale.

 

Source : http://www.rfi.fr/france/20160802-mort-adama-traore-source-enquete-confirme-these-asphyxie-beaumont-oise

Adama Traoré serait mort d’une asphyxie- (causé par qui ?!)

Après deux autopsies, les causes de la mort d’Adama Traoré demeuraient jusqu’il y a peu encore floues. Pourtant, les deux rapports font tous deux état d’une asphyxie. Élément qui n’a jamais été précisé par le procureur.

Les causes de la mort du jeune Adama Traoré le 19 juillet dernier, restent encore bien floues. La première autopsie indiquait qu’il était atteint d’une grave infection mais qu’aucune trace de violence n’avait été observée. La second ne parle plus du tout de phénomène infectieux mais réitère la thèse d’absence de violences.

Ces conclusions sont celles du procureur Yves Jannier. Pourtant, certains proches et journalistes ont pu consulter les deux rapports qui concluent tous deux à une mort par asphyxie. Les auditions des gendarmes présents lors de l’interpellation ont permis d’accréditer cette thèse.

Que s’est-il réellement passé ce jour-là ?

Il est environ 17h quand les gendarmes d’une ville voisine de Beaumont-sur-Oise (l’Isle-Adam) décide d’aller interpeller Bagui Traoré, frère d’Adama avec qui il se trouve au moment des faits. Lors de l’interpellation, le principal concerné ne s’oppose pas aux forces de l’ordre.

En revanche Adama se met à courir pour échapper au contrôle. « Au moment où ils sont arrivés, Adama est parti en pédalant et ils ont commencé à le courser à deux. » raconte son frère Bagui, à France Tv Info. Pour l’un de ses amis d’enfance, « Il venait de sortir de prison il y a peu de temps. Il ne voulait pas y retourner. » Pour la sœur du jeune homme, il n’était pas en possession de ses papiers à ce moment-là et craignait de se retrouver en garde à vue. Le procureur de la République avait pourtant indiqué qu’il avait été arrêté parce qu’il s’était opposé à l’interpellation de son frère. Affirmation réfutée par l’avocat de la famille, Frédéric Zajac.

Adama Traoré.

Il part alors se réfugier dans un appartement voisin. Il est vite rattraper par les gendarmes. Le locataire de l’appartement a raconté à France TV Info qu’il se trouvait déjà dans un état inquiétant à ce moment-là.  « Il avait du mal à respirer et il pouvait à peine parler. » raconte le témoin. Adama se trouve dans le salon, enroulé dans un drap. L’Obs révèle de source judiciaire que l’un des gendarmes a déclaré avoir « employé la force strictement nécessaire pour le maîtriser» ( en même temps ils vont pas dire autre chose !! ou certainement pas qu’ils l’ont tapé en dehors du pouvoir qui leur est octroyé !! ); en précisant toutefois « Il a pris le poids de nos corps à tous les trois au moment de son interpellation. » Cette précision est très importante. Elle vient, en effet, appuyer les conclusions des deux rapports d’autopsies, qui concluaient à une mort par asphyxie. Par ailleurs, l’un des gendarmes a déclaré en audition que le jeune homme s’était plaint d’une gêne respiratoire. « Moi, je sentais qu’il respirait normalement, je voyais ces mouvements thoraciques » indique-t-il.

Le jeune homme est alors conduit à la gendarmerie de Persan. Peu de temps avant l’arrivée, il perd connaissance. Adama aurait été allongé et mis en PLS (Position latérale de sécurité). Les gendarmes appellent les secours qui tentent de le réanimer, en vain. Il est environ 19h quand la mort d’Adama Traoré est déclarée.

Le silence du procureur

De nombreuses versions du déroulé des faits ont existé jusque-là, alimentées en partie par les inexactitudes des rares déclarations officielles. La cause réelle de la mort d’Adama n’a jamais été révélée au grand jour. Des constations ont été communiquées par le procureur Yves Jannier (infections,…) sans établir de liens directs avec la mort. Il précise, en revanche, que «l’explication de la cause du décès ne pourra être apportée qu’avec l’ensemble des analyses [bactériologie, toxicologie, anatomopathologie, ndlr]».

Pourtant les deux autopsies, quoique très différentes, concluent à une mort par asphyxie. Et le procureur n’a jamais fait mention de ces constations. Contacté par Libération, le procureur Yves Jannier estime qu’il a «communiqué sur des éléments qui [lui] paraissent importants dans les différentes expertises». Quand les journalistes lui parlent de la thèse de la mort par asphyxie sous le corps des gendarmes, il répond «Ce n’est pas mon rôle d’exclure quelque chose.»

« Il y a des incohérences dans la chronologie des faits »

La famille n’a pourtant jamais cessé de réfuter la première thèse avancée, le mort par arrêt cardiaque. Depuis le début, elle réclame justice, persuadée que tout ne leur a pas été dit. Pour Lassana Traoré, frère de la victime : « Il y a des incohérences dans la chronologie des faits, dans leurs explications. On dirait qu’ils ont cherché à camoufler leurs erreurs .» La seconde autopsie leur donnera raison. Aucune trace d’infection et aucun problème cardiaque n’ont été mis en lumière.

 

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Source : https://www.zamanfrance.fr/article/adama-traore-serait-mort-dune-asphyxie-23001.html

Adama Traoré : les deux expertises font état d’une «asphyxie»

Manifestation en mémoire d'Adama Traore à Beaumont-sur-Oise le 22 juillet 2016. Thomas Samson / AFP
Manifestation en mémoire d’Adama Traore à Beaumont-sur-Oise le 22 juillet 2016. Thomas Samson / AFP AFP
 

Il n’y aura pas de troisième expertise médicale pour rechercher les causes de la mort du jeune homme de 24 ans lors de son interpellation par les gendarmes.

  • Adama Traoré : les deux expertises font état d’une «asphyxie»

Une mort, toujours, sans raison officielle et un nouveau personnage : Yassine Bouzrou, avocat à la cour de Paris, a été désigné, ce vendredi, par une partie de la famille Traoré. Il partage le dossier avec Fréderic Zajac. Une rencontre entre les deux avocats et la famille Traoré aura lieu dans les prochains jours. En attendant, les proches du défunt donnent une conférence de presse ce samedi à midi, près de la gare du Nord, à Paris, pour annoncer les prochaines étapes de la procédure. C’est de là que partira une marche en mémoire d’Adama, à 16 heures. 

Autre nouvelle: il n’y aura pas de troisième autopsie sur le corps d’Adama Traoré. La justice a rejeté la demande et la famille a changé d’avis : elle ne souhaite plus de contre-expertise. «L’autopsie va déjà dans notre sens», assure Assa, une des soeurs d’Adama. Nul besoin, donc, «de retoucher à son corps».

Vendredi, Yassine Bouzrou a expliqué à Libération, après voir consulté, pour la première fois, le dossier d’Adama Traoré qu’il «y a beaucoup de points en commun entre les deux autopsies». L’avocat argumente:«L’asphyxie est présente dans les deux rapports. Reste à savoir ce qui l’a provoquée. Une strangulation ? Une compression thoracique ?»

Autre interrogation : pourquoi le procureur n’a jamais évoqué l’asphyxie. Bouzrou ajoute: «Il a communiqué après un rapport intermédiaire du médecin légiste de Garches. Ce n’est pas sérieux et cela n’a aucune valeur médicale. Ce rapport intermédiaire dit qu’il y a peut-être une pathologie cardiaque mais c’est hypothétique et provisoire dans l’attente du rapport final. Et cette précision, le procureur s’est bien gardé bien de la faire.» Contacté par Libération, le procureur de Pontoise, Yves Jannier, n’a pas donné suite à nos appels. Selon sa secrétaire, «il est en vacances».

Par Rachid Laïreche , Ismaël Halissat et Amélie Quentel — 29 juillet 2016
Source : http://www.liberation.fr/france/2016/07/29/adama-traore-les-deux-expertises-font-etat-d-une-asphyxie_1469355

Persan (95) : mort d’Adama Traoré entre les mains de gendarmes

Adama Traoré, 24 ans, est décédé ce mardi 19 juillet à Persan, ville du nord du Val d’Oise (95) alors qu’il venait d’être interpellé par les gendarmes.

Baguy et Adama, deux frères de la famille Traoré, sont en centre ville de Persan quand une patrouille de gendarmes interpelle Adama vers 18h d’après le procureur de la République de Pontoise. Selon les sources officielles, Adama, 24 ans, décède le jour de son anniversaire dès suites « d’un malaise cardiaque » entre les mains des gendarmes [1].

Très vite, la version officielle est démentie par Baguy, témoin de l’interpellation. Sur Itélé, il affirme que les gendarmes ont coursé et frappé son frère Adama. De l’avis des proches de la victime, Adama était par ailleurs en bonne santé et sportif. Interrogé par la gazette du val d’oise, Baguy indique de façon plus détaillée les évènements :

« Lorsque les gendarmes sont arrivés, Adama est parti en courant parce qu’il n’avait pas ses papiers sur lui. Ils l’ont coursé et l’ont rattrapé alors qu’il tentait de se cacher dans le jardin d’un mec qu’on connait. Adama a dit “je me rends”. Ils l’ont boxé. Un “justicier” a tenté de les séparer, mais ils lui ont mis la tête au carré. Ils l’ont embarqué ensuite à la gendarmerie de Persan. Là-bas, je l’ai retrouvé entouré de cinq ou six gendarmes. Il était au sol, les mains menottées dans le dos. Il ne respirait plus, il était sans vie. Il avait du sang sur le visage. J’ai vu un gendarme qui faisait partie de ceux qui nous ont interpellés. Il avait un t-shirt blanc et je l’ai vu revenir après avec un t-shirt plein de sang, celui de mon frère. Ma compagne était là, elle l’a vu aussi. Adama n’a pas eu de crise cardiaque, ils l’ont tabassé. »

La nouvelle circule rapidement et les villes de Beaumont-sur-Oise (où est originaire la famille Traoré) et Persan, connaîssent des émeutes durant toute la soirée et une grande partie de la nuit. 240 membres des forces de l’ordre et un hélicoptère sont mobilisés. Le lendemain matin, sans un mot de compassion pour les proches d’Adama, le directeur de cabinet du préfet, Jean-Simon Méranda, se contente de dénoncer les actes de violences « inadmissibles » de la nuit. Nous n’en attendions pas moins de ces pantins déshumanisés de l’État !

Aujourd’hui, mercredi, proches d’Adama et militant-e-s contre l’impunité policière se sont rassemblés devant la mairie de Beaumont-sur-Oise pour s’exprimer devant les médias. Le préfet du Val-d’Oise devait tenir une conférence de presse mais il a préféré l’annuler (tiens donc…). Un sit-in pacifique est ensuite organisé devant la gendarmerie où le corps inanimé et ensanglanté d’Adama a été vu, la veille, par son frère Baguy. Intolérable rassemblement pour l’État qui rapidement demande l’intervention des gendarmes mobiles afin de gazer et matraquer violemment (sans sommation) les gens devant l’entrée des locaux.

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verite et justice adama traore

 

 

 

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Mardi 19 juillet 2016
notre frère Adama traoré
a trouvé la mort le jour même de son 24 ème anniversaire

Les circonstances de son décès
sont excessivement troubles.
En effet suite à une interpellation plus que musclée par les forces de l’ordre
Adama a été amené dans les locaux de la gendarmerie sans possiblité de retour.

Très vite la nouvelle est tombée
Adama Traoré est décédé.

Les bavures policières
ne sont pas qu’aux États Unis.
Elles sont tout aussi réelles ici chez nous.

Voilà pourquoi nous invitons toutes les villes et quartiers de France à se soulever et à manifester au même moment que nous
Vendredi 22 juillet 2016 à 17h pour une marche silencieuse dont le départ sera le terrain de foot du quartier de Boyenval.
( rue de Boyenval 95260 Beaumont sur oise)
(Gare persan BEAUMONT)
STOP AUX BAVURES

N’attendez pas dêtre touchés personnellement pour réagir
mais AGISSEZ avec nous afin d’anticiper.

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