Moussa, Adama Traoré… enquête sur l’étrange business de l’avocat Karim Achoui

Banni des tribunaux, «l’avocat des voyous» fait son grand retour en France en défendant des causes très médiatisées. Mais plusieurs de ses anciens clients interrogés par BuzzFeed News l’accusent de «manipulation» et de «récupération». D’après nos informations, la brigade financière enquête sur ses pratiques.

Il y a deux points communs dans la plupart des dossiers que Karim Achoui défend: ils ont un puissant potentiel médiatique et sont massivement relayés sur les réseaux sociaux par l’avocat lui-même.

Me Achoui, qui a notamment défendu des figures du grand banditisme, a une histoire personnelle digne d’un roman d’espionnage avec une tentative de meurtre sur sa personne, une condamnation pour complicité de faux et une radiation au barreau de Paris en mai 2012 en raison de «nombreux manquements déontologiques». Malgré cela, l’avocat a fait son retour profitant des accords d’Évian de 1962 qui ont mis fin à la guerre d’Algérie pour remettre les pieds sur le sol des tribunaux français. Cette convention permet à des avocats inscrits en Algérie de plaider en France dès lors que la justice ne s’y oppose pas (la cour d’appel d’Aix-en-Provence lui a par exemple interdit de plaider dans une affaire de détention et trafic de stupéfiants).

Depuis, Karim Achoui s’empare de dossiers polémiques, comme lorsqu’il attaque en 2013Charlie Hebdo pour une couverture satirique sur le coran, ou l’édile de Chalon-sur-Saônequi voulait mettre un terme aux menus alternatifs en cas de porc à la cantine. Entre plusieurs affaires médiatiques, comme lorsqu’il défend le chanteur Jean-Luc Lahaye, il se spécialise aussi dans la défense des Français incarcérés à l’étranger.

Karim Achoui attaque le frère de Moussa en justice

Le 25 décembre dernier, Karim Achoui annonce sur Facebook défendre Moussa Ibn Yacoub, le jeune humanitaire membre de l’ONG BarakaCity, incarcéré au Bangladesh depuis le 22 décembre pour «activités suspectes» et libéré le 24 juillet dernier. Si l’incarcération de Moussa a tardé à être médiatisée, elle a ensuite été massivement dénoncée sur les réseaux sociaux avec la hashtag et une pétition lancée par l’ONG.

Sur sa page Facebook aux plus de 40.000 fans et sur celle de la «Ligue de défense des musulmans» qu’il a fondée en 2013, Karim Achoui poste régulièrement des messages pour évoquer cette affaire, des photos de lui au tribunal, des photos de lui devant le tribunal etdes selfies de lui au tribunal. Au total, il publie près de 33 messages ou photos le montrant très impliqué sur ce dossier et relaie au passage ses interviews comme celle accordée auSupplément de Canal+.

Mais sa légitimité en tant que représentant de l’humanitaire français a volé en éclat le 12 février 2016 lorsque le frère de Moussa, Kamdem Tchantchuing, assure au Courrier de l’Atlas ne jamais avoir mandaté Karim Achoui.

«Non, il n’a pas été mandaté par la famille et c’est en rendant visite à Moussa dans sa prison que mon frère m’a dit qu’il n’avait jamais mandaté Me Achoui. (…) En fait, Me Achoui s’est auto-mandaté, et s’est rendu au Bangladesh de son propre chef», affirme-t-il.

Joint par BuzzFeed News, Idriss Sihamedi, le président de BarakaCity, précise le contexte. «Karim Achoui était bien l’un des avocats de Moussa, nous avons de nombreuses vidéos le montrant plaider au Bangladesh, c’est factuel.» Contactés, certains proches de Moussa en colère contre l’association et contre Karim Achoui, accusés d’avoir nui au dossier, avancent que c’est l’association qui serait allée chercher l’avocat. Idriss Sihamedi balaie l’accusation:

«BarakaCity ne l’a pas mandaté, il a fait ça à titre bénévole et nous n’avons pas payé ni ses déplacements ni ses frais sur place. Mais il avait de bonnes infos qui ont contribué à la libération de Moussa, nous n’allions pas cracher sur cela.»

Après l’interview du frère de Moussa, Karim Achoui a porté plainte pour diffamation contre Le Courrier de l’Atlas, l’auteur de l’article et Kamdem. Il demande 100.000 euros de dommages et intérêts. Si BarakaCity assure que la plainte a été retirée depuis, l’avocat dit la maintenir.

Interrogé par BuzzFeed News, Me Achoui insiste sur le «témoignage mensonger» du frère de Moussa. «Je suis désigné par le détenu, en l’occurence Moussa. Qu’est-ce que cela peut faire que son frère me conteste. Je dispose d’un enregistrement qui prouve que Moussa m’a bien contacté», assure-t-il, sans accepter de nous le transmettre et ajoutant avoir «refusé d’être pris en charge par BarakaCity». Sur sa plainte en diffamation, il estime que «100.000 euros, c’est peu au regard du préjudice subi».

«Il était là pour le buzz, il est là où il y a de la lumière, mais son seul objectif est de tenter de se racheter une image sur la misère des gens.»

BarakaCity avertit Karim Achoui de notre enquête

Joint par BuzzFeed News, Kamdem Tchantchuing se dit «indigné»: «On n’a jamais choisi cet avocat pour défendre Moussa. On n’a rien dit au début, on l’a laissé faire, car les gens semblaient avoir peur de lui, mais on a vu sa façon de travailler. Il était méprisant, passait son temps à communiquer sur les réseaux sociaux et disait tout et n’importe quoi. C’est lorsque j’ai rencontré mon frère en prison que je me suis rendu compte qu’il était contre-productif pour le dossier», raconte Kamdem Tchantchuing, très en colère contre Me Achoui:

«Il dit défendre mon frère, mais nous demande 100.000 euros pour diffamation. C’est scandaleux et je ne lui pardonnerai jamais d’avoir fait du mal à notre famille. Il était là pour le buzz, il est là où il y a de la lumière, mais son seul objectif est de tenter de se racheter une image sur la misère des gens.»

Sollicité via Skype, Moussa confirme les propos de son frère. «Il n’a jamais été mon avocat, il s’est porté volontaire pour venir m’aider bénévolement, rien de plus.» Contrairement à ce qu’assure Me Achoui, Moussa assure que ce n’est pas lui qui l’a appelé pour lui demander ses services:

«Lorsque le consul de France m’a rendu visite, il m’a dit que Karim Achoui voulait me représenter. Je lui ai dit de voir ça avec BarakaCity. Dix jours après, lors d’une audience, un avocat local a été mandaté par Achoui et m’a demandé de signer un papier. J’ai refusé et il m’a mis en lien avec la secrétaire de Karim Achoui. Elle m’a rassuré en me disant qu’il travaillait en étroite collaboration avec mon association. J’ai donc accepté.»

Moussa dit avoir été contacté quelques minutes après par l’avocat. «C’est là qu’il m’a enregistré. Oui je l’ai remercié, mais parce que je pensais qu’il était avec BarakaCity», poursuit-il: «Je ne lui dois en rien ma libération».

Si BarakaCity dit avoir simplement accepté l’aide de Karim Achoui et regretté cette plainte en diffamation, son président tient tout de même à l’avertir. Immédiatement après notre conversation avec Idriss Sihamedi, celui-ci a prévenu l’avocat pour lui préciser que nous enquêtions sur lui. L’avocat de Karim Achoui, Me Jacquenet-Poillot, nous a alors contacté:

«L’un des membres de BarakaCity et nos contacts en Thaïlande ont été étonnés de vos appels. Et nous, nous sommes surpris de la couleur de certains de vos échanges, nous savons que vous enquêtez sur Karim Achoui. (…) Je prends contact avec vous pour vous dire que nous sommes à votre disposition pour répondre à vos questions et vous prouver que mon client est victime d’une calomnie, tant pour l’affaire Moussa que pour l’affaire d’Adama Traoré.»

Une partie de la famille d’Adama Traoré récuse l’avocat

On retrouve en effet ces accusations de récupération dans un dossier encore plus récent, celui d’Adama Traoré. Mardi 19 juillet, ce jeune homme noir de 24 ans est décédé pendant son interpellation par les gendarmes à Beaumont-sur-Oise (95). Depuis, sa famille conteste la version des autorités (qui ont parlé d’un malaise cardiaque) et assure qu’Adama Traoré pourrait avoir été tué par les gendarmes.

Pour relater l’affaire, la presse cite Me Frédéric Zajac comme représentant la famille Traoré. Mais le 21 juillet Karim Achoui, poste ce message sur Facebook:

«La famille, effondrée, m’a contacté afin de me désigner pour les assister, en ma qualité de conseil, d’avocat, dans leur quête de justice. Ils souhaitent que lumière soit faite sur ce qui s’est véritablement passé, la mort d’Adama Traoré ayant eu lieu dans des circonstances indéniablement troubles. (…) Et le frère d’Adama, qui m’a contacté, et était présent lors de l’interpellation de son frère, aurait vu un gendarme, le t-shirt en sang, après avoir interrogé son frère.»

Mais là encore, la présence de cet avocat est contestée. Une proche de la famille, qui préfère conserver l’anonymat, explique:

«C’est Karim Achoui lui-même qui a contacté la famille. En réalité, il a joint l’une des sœurs d’Adama qui ne savait pas qui il était et a accepté qu’il soit son avocat. Mais nous ne voulions pas de cet avocat controversé.»

Interrogée, Assa Traoré, une autre sœur, «ne souhaite plus aborder ce sujet», mais confirme tout de même: «Karim Achoui n’a pas été contacté par mon frère. C’est lui qui a contacté ma sœur.»

Lors d’une marche blanche organisée le vendredi 22 juillet et où BuzzFeed News était sur place, nous avons également constaté que Karim Achoui n’était pas le bienvenu.

Des personnes ont demandé à Dominique Sopo de SOS Racisme, l’avocat Karim Achoui et BFMTV de quitter la marche

Peu de temps après pourtant, l’avocat se dit victime d’un «acharnement médiatique» et de la «haine» d’une «partie aveugle et survoltée de l’opinion». Il balaie les accusations en publiant un communiqué de la famille Traoré assurant que s’il n’est pas l’avocat principal, il est bien l’avocat de l’une des sœurs. Mais ce revirement de position serait dû à la volonté pour la famille de se séparer de l’avocat en douceur.

«Une partie de la famille ne le voulait pas comme avocat, mais comme l’une des sœurs a accepté d’être représentée par Karim Achoui, on a voulu calmer les choses. Il y a eu une médiation, une rencontre entre les deux avocats et on a décidé de publier ce communiqué pour éteindre l’incendie et ne pas nuire à l’enquête», explique une proche de la famille. Depuis cet arrangement, la famille n’exprime plus aucune critique contre l’avocat. Mais lors d’un nouveau rassemblement organisé samedi à Paris, un nouveau conseil, Yassine Bouzrou, a été annoncé alors que Karim Achoui, lui, était absent du rendez-vous.

De son côté, l’avocat assure, comme dans l’affaire Moussa, qu’il est victime de propos mensongers. Alors qu’il n’hésite pas à préciser sur son Facebook par qui il est contacté, Karim Achoui refuse de préciser si c’est bien lui qui a contacté la sœur jumelle d’Adama Traoré, qu’il représente aujourd’hui: «C’est de l’ordre du secret professionnel, je n’ai pas à vous répondre. Mais je suis toujours son avocat aujourd’hui.»

«Il m’a dit qu’il avait de bonnes relations politiques notamment avec Christiane Taubira, Julien Dray et Roland Dumas.»

Enquête de la brigade financière

Au-delà de ces accusations médiatiques, les pratiques de Karim Achoui intéressent également la police. D’après plusieurs sources policières, en effet, la brigade financière enquête depuis plusieurs semaines sur ses affaires et deux plaintes au moins ont été déposées contre lui.

Lena Zahoum, 42 ans, dit «vivre un calvaire» depuis que Karim Achoui s’est proposé de défendre son frère Rachid, incarcéré à Pattaya en Thaïlande depuis le 11 janvier et poursuivi dans une affaire de trafic de cartes bleues.

«Lorsqu’il a été incarcéré, les autorités nous ont expliqué que si nous trouvions 30.000 euros sous trois jours, il pourrait sortir. Nous n’avons pas réussi. Ma sœur a donc posté un message de détresse sur Facebook pour demander de l’aide», explique Lena Zahoum, que nous avons rencontrée à Paris.

C’est à cette occasion, selon Lena Zahoum, que Me Achoui «prend contact» avec elles pour leur «proposer ses services». «Il m’a reçue dans ses bureaux dans le 7e arrondissement de Paris. J’ai dit que nous n’avions pas beaucoup d’argent, mais il m’a rassurée en me disant que 5000 euros suffisaient amplement. Il m’a dit que ce serait une formalité, qu’il défendait déjà l’affaire Moussa et qu’il avait de bonnes relations politiques notamment avec Christiane Taubira, Julien Dray et Roland Dumas.»

Comme nous avons pu le vérifier en consultant le reçu, Lena Zahoum lui verse donc 5000 euros le 28 janvier. Un mois après environ, Karim Achoui se rend à Pattaya après avoir mandaté un avocat local pour faciliter la défense de Rachid. «Karim Achoui m’a alors demandé 20.000 euros en me disant que c’était une caution à payer pour faire sortir mon frère. On a réussi à emprunter cet argent avec ma mère et on le lui a donné. Mais Karim Achoui est subitement revenu sur sa décision en disant que finalement, il ne faisait plus confiance à l’avocat local et qu’il allait trouver une autre solution.»

«Nous nous sommes retrouvés mandatés à “notre insu” par Me Achoui dans une autre affaire pénale où une autre famille en détresse nous a crus mandatés de la défense de leurs deux enfants pendant plusieurs semaines.»

D’après d’autres documents que nous avons pu consulter, Karim Achoui dit alors à Lena Zahoum qu’il a mandaté le cabinet international Harvey Law Group, installé en Thaïlande, pour aider Rachid à sortir de prison. Il lui demande aussi «de ne jamais prendre contact avec le cabinet et de ne passer que par lui pour connaître les avancées du dossier», raconte Lena Zahoum. Il facture ce mandat 3200 euros.

Problème: d’après des mails que nous avons pu obtenir, le cabinet Harvey assure avoir refusé dès le début à Karim Achoui de «prendre ce type d’affaire» et précise avoir seulement accepté «d’assister l’avocat» dans une demande de remise en liberté conditionnelle.

Dans son mail, l’un des membres du cabinet Harvey Law Group affirme aussi que Karim Achoui avait donné l’ordre «de ne pas entrer en contact ou de répondre à la famille». Il ajoute:

«Nos honoraires n’ont à ce jour pas été intégralement payés. Nos recommandations n’ont finalement pas été suivies, ce qui explique la perte de temps entre notre première rencontre avec Me Achoui et la demande de remise en liberté soumise le 22 avril. Nous avons perdu énormément de temps (et d’argent) dans cette affaire.»

Plus grave encore, Me Achoui se serait servi du nom de ce cabinet pour une autre affaire:

«Cela ne s’arrête malheureusement pas là car, par l’intermédiaire de Me Achoui,nous nous sommes retrouvés mandatés à “notre insu” dans une autre affaire pénale à Krabi où une autre famille en détresse nous a crus mandatés de la défense de leurs deux enfants pendant plusieurs semaines. Sans nouvelle, la famille nous a sollicités deux jours avant un délai d’appel alors que nous n’avions jamais entendu parler de cette affaire. Nous avons pour le moment accepté gratuitement de défendre ce dossier vu l’urgence et la lourdeur de la peine en question.»

Contacté pour savoir si Harvey Law Group avait entamé une action judiciaire contre l’avocat, l’un de ses membres a déclaré ne plus vouloir «parler de ce monsieur qui ne m’a causé que des problèmes».

Pour Karim Achoui, rien de son action n’est illégale. «J’ai signé un contrat d’engagement avec le cabinet Harvey pour l’affaire Zahoum et il me reste à payer leurs frais de taxi, c’est à dire 400 euros environ, c’est tout. Par ailleurs, je n’ai jamais utilisé leur nom à leur insu», se défend-il.

«Il a détruit ma vie. Il a pris tout mon argent, je ne sais pas comment rembourser mes créanciers, j’ai même dû mettre mon canapé sur Le Bon Coin.»

Des factures suspectes

Si Karim Achoui avait dit à Lena Zahoum qu’il ne dépasserait pas 5.000 euros d’honoraires, il a aussi facturé la totalité de ses frais (logement, déplacements…), environ 5000 euros en plus de la caution de 20.000 euros qu’il n’a pas encore rendue. «Régulièrement, sa secrétaire, Margaux Chaumeil, venait récupérer l’argent directement en bas de chez moi. Elle était très insistante», affirme Lena Zahoum. Si Karim Achoui dément cela, la plupart des reçus que nous nous sommes procurés sont en effet signés de la main de cette collaboratrice et montrent qu’elle venait récupérer l’argent au domicile ou au travail de Lena Zahoum. Des messages SMS l’indiquent aussi.

Les factures établies par Karim Achoui montrent des incohérences et certains frais sont jugés «totalement excessifs» par Lena Zahoum. «Il m’a demandé 300 euros pour les frais de change. Il a exigé 200 euros pour annuler la réservation d’une chambre ou 600 euros pour six nuits là-bas. C’est très cher pour la Thaïlande. Il a même organisé un déjeuner professionnel au Hilton de Pattaya», dénonce-t-elle, justificatifs à l’appui.

L’avocat facture aussi un vol Bangkok-Pattaya le 20 avril 2016 alors que, d’après nos vérifications, les vols internes entre ces deux villes n’existent pas. «C’est une erreur matérielle, je vous le concède», plaide l’avocat qui assume en revanche dormir dans des hôtels «étoilés»: «J’estime ne pas avoir à voyager et dormir dans une chambre à 15 dollars. Mais je voyage en première classe par exemple et je facture en classe économie.»

Extrait d’une facture avec un vol Bangkok-Pattaya

Dans ce document, il ajoute avoir rendu plusieurs fois visite à Rachid Zahoum deux heures, et lui avoir acheté des cigarettes et renfloué son compte. Il serait resté seulement 20 minutes selon sa sœur. D’après une lettre de Rachid que nous avons pu obtenir, ce dernier se plaint du «stress» ressenti face au comportement de Karim Achoui et demande pourquoi l’avocat ne lui a rendu visite qu’une seule fois.

Extrait d’une lettre de Rachid Zahoum

Dans ses même factures, l’avocat applique une TVA de 20% (conformément aux lois françaises) alors «qu’il devrait appliquer les 17% en vigueur en Algérie puisqu’il a été radié du barreau de Paris», dénonce Lena Zahoum. «C’est faux, puisque c’est un dossier en France qui concerne la Thaïlande, c’est la TVA française qui s’applique», dément Karim Achoui.

Extrait d’une facture de Karim Achoui avec une TVA à 20%

Un membre du cabinet du Bâtonnier de Paris, qui souhaite rester anonyme, a moins de certitudes. «Après avoir été radié, Karim Achoui s’est inscrit au barreau d’Alger. Cela veut donc dire que, d’après l’accord franco-algérien, il peut plaider en activité secondaire en France alors qu’il semble vivre et habiter en France. La question de la TVA à 20% ou à 17, est donc révélatrice de cette ambiguïté», nous précise-t-on. Le procureur de la République a été saisi «pour que la situation de Karim Achoui soit examinée en ce qu’il contournerait frauduleusement l’accord franco-algérien». Le conseil de l’Ordre a par ailleurs été saisi de plusieurs plaintes concernant l’avocat.

«La scène était hallucinante. Lorsque j’ai vu Achoui, il s’est mis à courir, j’ai couru aussi, puis il s’est finalement arrêté en me disant que “c’était très grave ce que je venais de faire”.»

Le 4 mai dernier, Karim Achoui accepte de rencontrer Lena Zahoum qui souhaite récupérer sa caution. Le rendez-vous est fixé près de ses bureaux, dans le 7e arrondissement de Paris. «Alors que je l’attendais dans le café, je reçois un message de Karim Achoui qui me dit être dans les embouteillages et qui souhaite annuler le rendez-vous. Je me suis rendue avec une amie dans son cabinet car c’était mon dernier espoir pour récupérer mon argent», raconte Lena Zahoum, qui a également évoqué ce récit dans sa plainte déposée le 25 mai dernier. Elle poursuit:

«Devant son bureau, l’un de ses collaborateurs m’a fait croire que Karim Achoui ne travaillait pas ici et s’est montré très menaçant vis-à-vis de moi. Il tenait la porte pour que je ne rentre pas et nous insultait.

Il a finalement contacté Karim Achoui, qui m’a donné rendez-vous dans un autre café. La scène était hallucinante. Lorsque j’ai vu Achoui, il s’est mis à courir, j’ai couru aussi, puis il s’est finalement arrêté en me disant que “c’était très grave ce que je venais de faire”».

Après plusieurs explications, l’avocat remet une facture de 20.634 euros à Lena Zahoum, mais «ne rend pas la caution» du montant presque similaire. Karim Achoui, lui, assure l’avoir rendu et accepte de nous envoyer un document censé le prouver. Malgré nos nombreuses relances, il ne nous l’a toujours pas envoyé. L’avocat de Me Achoui nous a finalement contactés ce mardi pour nous préciser qu’il «refusait de nous transmettre tout document» et nous a menacés de nous «poursuivre pour toute publication diffamatoire».

En attendant l’issue de l’enquête de la brigade financière, Lena Zahoum se dit «désespérée»:

«Il a détruit ma vie. Il a pris tout mon argent, je ne sais pas comment rembourser mes créanciers, j’ai même dû mettre mon canapé sur Le Bon Coin. J’ai fait une cagnotte Leetchi mais il n’y a que 160 euros dessus, je suis complètement désemparée. Mon frère risque 50 ans de prison alors qu’il s’est sûrement fait manipuler [dans l’affaire de trafic de cartes bleues]. Et je n’ai plus rien pour l’aider.»

En plus de l’affaire de son frère, Lena Zahoum est assignée en justice par Karim Achoui le 9 septembre prochain. Il a en effet porté plainte pour diffamation après qu’elle a lancé des accusations à son encontre sur les réseaux sociaux. Dans ce dossier, Karim Achoui sera défendu par Nicolas Gardères, l’ex-avocat du site islamophobe Riposte Laïque, de Serge Ayoub et invité régulier du média d’extrême droite TV Libertés.

C’est peut-être le troisième point commun des affaires plaidées par Karim Achoui: défendre médiatiquement un client et poursuivre discrètement sa famille.

 

Source : https://www.buzzfeed.com/davidperrotin/moussa-adama-traore-letrange-business-de-lavocat-karim-achou?utm_term=.asQP0de7Lb#.ee0ykw1q09

SEMAINE DE LUTTE CONTRE LES VIOLENCES POLICIERES en France et ailleurs

Du 4 au 19 mars 2016 :  divers rendez-vous en hommage aux victimes de la police.

Rencontres, projection, formation, slam, hommage aux victimes et autres concerts, voilà le programme d’un mois dédié à nos libertés pas encore tout à fait perdues, à la solidarité, à la mémoire de ceux morts sous les coups de la police.

Les journées dans le détail ci-dessous.
Merci de faire suivre dans vos réseaux.
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Vendredi 4 mars – ( Bordeaux) Etat d’urgence – Nos droits, ça {p}urge ! Acte VI
20h – Le Samovar – 18 rue Camille Sauvageau
Après le rassemblement du 6 février dernier, la mobilisation contre l’état d’urgence se poursuit. Avec l’envie d’organiser un prochain rassemblement.
Amenez vos idées, vos contacts, pour une réunion conviviale, sans prise de tête et avec matières grises !!!
http://clap33.over-blog.com/tag/etat%20d%27urgence/

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A MARSEILLE : DISCUSSION-FORMATION CONTRE LES VIOLENCES POLICIERES.
AU CENTRE SOCIAL L’AGORA, QUARTIER LA BUSSERINE.
VENDREDI 4 MARS, 18h-21H

Le collectif « La Classe Dangereuse » vous invite à participer à des ateliers discussion-formation sur les violences policières à Marseille et en France.

plus d’infos sur : https://www.facebook.com/collectif.anglesmorts/

 

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Samedi 5 mars – Concert de casseroles contre le coup d’état d’urgence – Faisons du bruit pour nos libertés !
14h30 – Place de la Victoire ( bordeaux )
Car nous refusons de nous taire et d’être passif-ve-s alors que nos droits fondamentaux sont usés jusqu’à la corde.
Seul un sursaut de la société civile peut encore faire reculer des politiques ultra-sécuritaires.
Venez sans drapeau mais avec toute une batterie… de casseroles !
http://clap33.over-blog.com/2016/02/etat-d-urgence-mars-2016-bordeaux-poursuit-sa-mobilisation.html
http://clap33.over-blog.com/2016/02/etat-d-urgence-a-vos-casseroles-faisons-du-bruit-pour-nos-libertes.html****

Samedi 5 mars – Formation Garde A Vue ( bordeaux )
16h – Le Tchaï Bar – 49 rue du Mirail – Entrez libres !
Quels sont nos droits en cas d’arrestation ? Quels comportements adopter lors d’une Garde A vue ? Quels en sont les cadres juridiques ?
Nous répondrons ensemble à ces questions et pourrons échanger sur nos expériences autour de cet emprisonnement temporaire.
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Jeudi 10 mars – ( bordeaux ) Projection/Débat – « Vérité et Justice pour Hakim Ajimi » – En collaboration avec le groupe projection du Samovar
20h – Le Samovar – 18 rue Camille Sauvageau – Entrez libres !
Autopsie d’un crime policier qui porte en lui tous les stigmates des autres assassinats commis par les forces de l’ordre : racisme, violences, mobilisation des familles…
http://clap33.over-blog.com/tag/crimes%20policiers/****
Jeudi 17 mars – Slam scène ouverte à thème « Anti-répression » 
19h30 – L’Antidote, café associatif – 13bis rue Elie Gintrac – Bordeaux Victoire – Entrez libres !
Rien à déclamer ? Vos slams mais aussi vos propres textes de rap, chanson, et témoignages sans accessoire ni musique.
Venez contribuer au dé-bâillonnement de la parole publique et populaire qui conteste, dénonce, s’amuse et transmet pour une autre culture de la sécurité et de la répression !
Mais encore ? Venez aussi écouter, acclamer, apprendre, encourager les mots qui comptent !
Bla Bla Bla , Nos voix ne mentent pas !

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Samedi 19 mars – Déambulation – Mur contre l’Oubli – Hommage aux victimes de violences et crimes policiers
Départ 12h – Place Camille Julian
Action non-violente en solidarité avec les familles et leurs proches, rejoignez-nous pour ne pas oublier et dénoncer les crimes policiers. Pour nous souvenir, pour alerter et informer !
Samedi 19 mars – ( bordeaux ) Concert de casseroles contre le coup d’état d’urgence – Faisons du bruit pour nos libertés !
14h – Place Saint-Michel
Deuxième rendez-vous sonore pour les raisons déclinées plus haut ! Festif, convivial, toujours sans drapeau, toujours motivé-e-s !****

Samedi 19 mars – ( bordeaux ) Concert solidaire – L’Orchestre Poétique d’Avant-guerre – O.P.A
21h -  L’Antidote, café associatif – 13bis rue Elie Gintrac – Bordeaux Victoire – Prix Libre
Triste anniversaire ? 7 ans jour pour jour après son passage à tabac par la police bordelaise et alors que la répression à son encontre suit son cours, m. – porte-plume et porte voix pour O.P.A -  donnera de la voix
pour remplir la caisse de solidarité du C.L.A.P33.
Amendes, avocats… photocopies, la répression, ça coûte !
C’est la vétérante d’une guerre qui ne dit pas son nom qui vous le chantera, tout en improvisation, tout en électrique !!!
https://youtu.be/TtLI77zxvq8
http://www.opa33.org/gueule-cassee.html***
En écho depuis Bordeaux avec tous les mouvements anti-répression…

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Programme de la semaine contre la brutalité policière – Québec
Du 9 au 15 mars
http://clap33.over-blog.com/2016/03/quebec-9-au-15-mars-semaine-contre-la-brutalite-policiere.html***

Manifestation Contre les violences policières – Bruxelles
Mardi 15 mars – 18h – Place Fontainas
http://www.stop-repression.be/agenda/15mars/
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Manifestation parisienne par les familles et collectifs contre les violences policières
Samedi 19 mars - 14h Paris – Gare du Nord
http://paris.demosphere.eu/rv/45222
http://www.urgence-notre-police-assassine.fr/***
Observatoire de l’état d’urgence à Toulouse
http://toulouse.etatdurgence.fr/

 

Ici et là, partout, la solidarité est notre arbre !

Le collectif Contre Les Abus Policiers

 

 

Violences policières à Pantin: COMMUNIQUE DE PRESSE du comité de Soutien:

Lundi 14 décembre 2015, à Pantin, dans le quartier Auger, Zahra Kraiker, 45 ans, mère de famille de 4 enfants et travailleuse sociale à la mairie de Paris, rentre de son travail aux alentours de 14 H 45.

Approchant de son domicile, elle aperçoit son fils Bilal, 18 ans, à genoux et hurlant de douleurs. Elle apprend ainsi de sa bouche que, suite à un contrôle d’identité, il vient de subir un passage à tabac et que les policiers l’ont abandonné sans soins sur le bitume. Touché aux testicules, sa mère le conduit aussitôt à l’hôpital pour qu’il puisse être hospitalisé d’urgence. Les examens médicaux révèlent l’écrasement d’un testicule avec formation d’un hématome, suite à un violent coup de genoux porté par un des policiers. Il est alors hospitalisé et opéré sur le champ dans la nuit du 14 au 15, à 3 heures du matin.
Le mardi 15 décembre, à sa sortie de l’hôpital à 18 heures, et comme le permet la loi, Bilal se rend avec ses parents pour porter plainte au commissariat de Pantin dont sont issus les policiers incriminés. Ils essuient un refus d’enregistrer la plainte et se voient forcés d’aller porter plainte dans un commissariat du 19ème arrondissement.
15 jours après, le 26 décembre 2015, Zahra Kraiker est dans son appartement lorsqu’elle entend une forte déflagration venant de l’extérieur. Inquiète, elle regarde par la fenêtre et demande aux jeunes présents au pied de l’immeuble ce qui a bien pu se passer. Les jeunes lui apprennent que son fils Bilal vient d’être arrêté, menotté et enfermé dans une voiture de police.
Prise de panique au regard notamment de l’état de santé de son fils, pieds nus, elle descend au bas de l’immeuble pour s’enquérir d’elle-même de ce qu’on vient de lui apprendre. Malgré ses demandes réitérées cordialement pour connaître les motifs de son arrestation, elle est prise à partie par les policiers et la passent aussi à tabac en l’aspergeant de gaz lacrymogène.
Wassil, un de ses fils âgé de 15 ans et demi, arrivant sur les lieux, assiste traumatisé au tabassage de sa mère. Alors qu’il leur demande d’arrêter, il se voit subir à son tour un passage à tabac.
Depuis, Wassil et Bilal, ainsi que 4 autres jeunes mineurs, ont été placés en garde à vue.
Dans le contexte actuel de multiplications des abus policiers, au moment où l’expression d’une parole raciste se libère ouvertement, face à cette situation tragique qui vient injustement frapper une famille qui vivait jusque-là tranquille, honorablement et sans aucun problème à Pantin, alors que des rumeurs courent déjà pour salir la réputation et la dignité d’une femme qui n’a rien à se reprocher, la famille Kraiker organise une conférence de presse le Mercredi 30 décembre 2015, au 21 rue Auger à Pantin, à 16 heures, afin d’informer en détails des événements survenus et annoncer la création d’un Comité de soutien des Amis de la famille Kraiker afin que vérité et justice soient faites quant aux préjudices qu’ils viennent de subir à vie.

Pas de justice pas de paix.

Violences policières en série à Tourcoing

Des membres du FUIQP 59-62 se sont rendus à Tourcoing, dans le quartier du Pont-Rompu où une nouvelle grave violence policière avait eu lieu lundi dernier (28 septembre), pour recueillir la parole de la victime et des témoins, et leur signifier notre soutien dans toutes leurs futures mobilisations.

Lundi en milieu d’après-midi en bas de chez lui, Nabil Zane, 28 ans, est témoin d’un des nombreux contrôles d’identité effectués par les CRS dans le quartier. Tout se déroule « normalement », avant que, quelques minutes plus tard, un deuxième car de CRS n’arrive et commence un nouveau contrôle sur les mêmes jeunes. « Les jeunes leur ont dit qu’ils avaient déjà été contrôlés, et dans le même temps le premier car est revenu, confirmant la version des jeunes. Les CRS se sont arrêtés. Un jeune les a remercié d’avoir été « gentils »… Ça a énervé les CRS qui l’ont mal pris, et on répondu « toi, tu vas venir avec moi » », nous raconte le jeune père de famille.

Le ton monte, Nabil Zane s’approche de la scène pour filmer… il n’a pas le temps de sortir complètement son téléphone qu’un policier le bombarde de gaz lacrymogène à bout portant, d’un jet continu de plusieurs secondes. « Je suis rentré me nettoyer le visage avec de l’eau. Le lendemain matin, je me suis réveillé tout gonflé, impossible d’ouvrir les yeux. Aux urgences, on m’a dit que j’étais brûlé au deuxième degré on m’a fait un pansement comme celui que vous voyez là. »

Malheureusement, lorsqu’on habite un quartier populaire, la violence d’État ne s’arrête jamais. Le lendemain, mardi 29 septembre, Nabil est au volant de sa voiture avec son épouse et son bébé de 14 mois, et croise une nouvelle fois les CRS, qui le montrent du doigt en riant. Ils lui demandent de s’arrêter pour un contrôle.
– « Pourquoi vous m’arrêtez ?
– Comment ça pourquoi ? T’as vu ta tête ? C’est quoi ce pansement ?
– Justement j’allais porter plainte contre vous pour ça.
– Porter plainte ?! Ah ben merci, tu nous donne une bonne raison de t’embarquer maintenant. »

Un des CRS le plaque violemment contre sa voiture, le menotte, et l’amène au commissariat pour lui signifier sa garde à vue « pour outrage. » Nabil Zane demande à voir son avocat et un médecin. « Le médecin est arrivé, je lui ai dit que j’avais besoin d’aller à l’hôpital, toutes mes cloques s’étaient ouvertes sous mon pansement, mon visage ruisselait de sang et de pus. Il a juste écouté mon cœur, et m’a dit « c’est bon, t’as rien, tu peux passer la nuit en garde à vue. » »

Les policiers de Tourcoing n’ayant daigné appeler l’avocat de la victime que tard dans la soirée, il était bien sûr injoignable (les habitants nous confirment que cette méthode est très souvent utilisée ici). Le lendemain matin, mercredi, l’avocat en colère fait part de ce qu’il s’est passé au Procureur de la République, qui demande expressément la fin de la garde à vue… ce que refuse le commissariat de Tourcoing ! Nabil Zane pourra enfin sortir, retrouver sa famille et se faire soigner au bout de 24 heures.

Depuis, les violences des policiers se multiplient à Tourcoing, notamment dans les quartiers du Pont-Rompu et de la Bourgogne (d’où était originaire le jeune Pierre-Eliott Zighem décédé dans des circonstances « non-élucidées » au mois de juin). Provocations physiques, verbales (« On est chez nous », « On est Français nous », ou encore des CRS répondant à un homme du quartier les invitant à discuter de la situation autour d’un sandwich « Un sandwich ? Sûrement pas, c’est halal ! »).

Le FUIQP relaiera toutes les demandes et mobilisations proposées par la victime, sa famille et les habitants du quartier du Pont-Rompu.

 

Une nouvelle fois, c’est chargé de lourds témoignages que nous revenons de Tourcoing. Le quartier de la Bourgogne, déjà endeuillé par la mort du jeune Pierre-Eliott Zighem (17 ans) au mois de juin, est encore et toujours la cible de provocations de la part de la Police Nationale et des CRS nationaux.

Ceux-ci sont présents par dizaines, dans le cadre d’un plan anti-drogue, et entre insultes racistes et provocations incessantes lâchent aux habitants des phrases telles que : « On est là pour un mois, de toute façon, vous n’avez qu’à attendre qu’on se barre ! »

Abdel (52 ans), figure incontournable du quartier nous raconte sa soirée du mardi 29 septembre (soit, alors même que Nabil Zane, le brûlé du Pont-Rompu, était en garde-à-vue) : « J’étais dans mon lit, tranquillement, je reçois un appel qui me dise de venir tout de suite, parce que mon fils Hichem (18 ans) est en train de se faire brutaliser par la Police. J’arrive en courant, je vois trois ou quatre voitures de police, mon fils à terre m’appelant, frappé. Un policier veut me matraquer directement. Heureusement, un autre me connaissait, et a dit à son collègue de me laisser passer. D’ailleurs, ils se sont un peu embrouillés pour ça. Je me suis approché de mon fils, et très rapidement, ils sont revenus à la charge pour me ceinturer et me balayer, avec la bombe lacrymogène à dix centimètres de mon visage. »

Heureusement, toute la scène est filmée par des voisines. En apprenant cette information, les policiers de Tourcoing se sont rapidement montrés beaucoup plus conciliants avec Hichem, sorti de garde-à-vue le lendemain matin. Il lui était reproché d’être en possession de 4,5 g de drogue. « C’est impossible, aucun de mes fils ne touche à ça », promet Abdel. On entend d’ailleurs dans la vidéo plusieurs personnes crier que les policiers ont sciemment mis de la drogue dans la voiture d’Hichem. En garde-à-vue, connaissant bien cette méthode répandue, il a eu le réflexe de demander une analyse ADN et un test d’empreintes sur le sachet de drogue. Cet obstacle, en plus de celui de la vidéo, ont résolu la Police de Tourcoing à relâcher Hichem, en lui promettant qu’il n’y aurait « aucune suite » (confirmant ainsi qu’il n’était pas en possession de drogue), et lui demandant de « ne pas ébruiter l’affaire. »

Évidemment, Abdel et Hichem n’ont pas suivi ces consignes et ont souhaité rapidement témoigner, alors que les provocations ne cessent pas. Le salon de thé « Le Mascara » a par exemple été gazé sans aucune raison cette semaine, d’après le témoignage des clients habitués.

Le ras-le-bol des Tourquennois-es les pousse à se réunir et à réfléchir à des formes de mobilisations afin de faire connaître, et surtout cesser ces injustices. Le FUIQP s’associe à leur lutte, et relaiera chacune d’elles.

 

Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires (FUIQP)
Source : https://luttennord.wordpress.com/2015/10/07/violences-policieres-en-serie-a-tourcoing/

APPEL A MOBILISATION : VERITÉ ET JUSTICE POUR LA FAMILLE KEBE

Le mardi 25 juin 2013 vers 20h00, dans le quartier des Marnaudes à Villemomble, en Seine-Saint-Denis, Makan et Mohamed Kébé subirent une interpellation violente et injustifiée de la part des forces de police.

Alors que les policiers tentaient de mettre fin à la conduite acrobatique et dangereuse de pilotes de deux roues, ils en auraient été empêchés par plusieurs personnes qui se seraient violemment interposées. Makan et Mohamed n’avaient rien à voir avec ces événements. On peut se demander quels étaient les motivations de ces policiers et sur quels critères ils décidèrent d’interpeller Makan, jeune responsable associatif, actif dans le quartier des Marnaudes. Aujourd’hui, les deux frères Kébé, risquent d’être inculpés d’outrage, de violence et de rébellion, mais les vidéos que les habitants ont diffusées prouvent leur innocence.

Lors de cette interpellation, les policiers ont fait usage de gaz lacrymogène, de flash-balls et de grenade « dispersante » à fragmentation, sans discernement, causant entre autres, la perte de l’œil gauche de Madame Kébé.
Cette mère de famille était descendue de chez elle paniquée, en voyant par sa fenêtre des policiers tirer au flash-ball sur son fils Mohamed.

Une vidéo affligeante est disponible sur : http://www.rue89.com/zapnet/2013/07/12/villemomble-loperation-police-filmee-habitant-244189

La grenade « dispersante » à fragmentation est une arme qui projette des billes de caoutchouc et des éclats métalliques en explosant. Utilisée dans des circonstances particulières d’autodéfense rapprochée : encerclement, charge, agression en groupe… elle ne se jette pas en l’air mais elle doit rouler au sol.
Le flash-ball est une arme qui tire des balles en caoutchouc, les consignes d’utilisation policière interdisent de viser la tête. Mohamed Kébé a reçu une balle en plein visage à moins de 7 mètres.
Les policiers connaissaient ces directives mais ils ne les ont pas respectées et Fatouma Kébé a perdu son œil gauche. Ces atteintes se généralisent dans notre pays depuis plusieurs années.

Une enquête judiciaire est en cours et l’IGS a été saisie. Nous voulons des réponses, que la justice soit à la hauteur, car ces policiers là, ne sont pas dignes de porter le nom de « gardien de la paix ».
La liberté, l’égalité et la fraternité ne s’arrêtent pas aux contours de nos quartiers populaires, les rafles, la « punition collective », les traitements spécifiques sécuritaires, les arrestations arbitraires et le non-respect des droits, n’ont pas leur place dans une démocratie digne de ce nom. La justice doit le démontrer et elle a les moyens de le faire dans cette instruction. Nous resterons vigilants et mobilisés.

Face à la répression sécuritaire et au déferlement de violences policières qui restent impunies, nous avons besoin d’unir nos forces. Nous devons les dénoncer et nous y opposer par l’organisation collective.

NOS EXIGENCES:

- L’abandon des charges contre Makan et Mohamed Kébé,
- La reconnaissance du statut de victime pour Madame Fatouma Kébé,
- La condamnation des policiers concernés, pour blessure volontaire ayant entrainé une infirmité permanente envers la mère et des condamnations pour arrestation arbitraire avec violences envers les fils,
- L’interdiction d’utiliser la grenade « dispersante » à fragmentation, arme extrêmement dangereuse.

Nous avons besoin du soutien de tous, rejoignez le combat pour la vérité et la justice en signant cette pétition:
http://www.change.org/fr/pétitions/verité-et-justice-pour-la-famille-kebe-nous-demandons-l-interdiction-de-la-grenade-dispersante-à-fragmentation, Les mouvements, associations ou organisations qui veulent s’associer à ce texte peuvent signer cet appel sur : veriteetjusticepourkebe@gmail.com,

Nous faisons un appel au don car la procédure judiciaire risque d’être longue et onéreuse. Merci pour votre participation, elle est indispensable. Virement possible sur le compte de la famille Kébé :
RIB : 30003 03987 00050002956 73 IBAN FR76 3000 3039 8700 0500 0295 673 BIC SOGEFRPP

Nous comptons sur votre soutien et sur votre vigilance citoyenne.

Le Comité de soutien à la famille Kébé.

vidéo à voir et faire tourner http://www.youtube.com/watch?v=sJ–2_L6ItQ