Compte rendu du procès en appel de Walid et Dorsaf à Aix en Provence le 2 juin 2014

(Devant la cour d’appel 1)

Nous étions environ 25 personnes pour soutenir Dorsaf et Walid lors de leur passage devant la cour d’appel d’Aix en Provence, avec des personnes venues de Grasse, Marseille, Arles, Lyon, Paris et même de Bretagne. Les policiers plaignants, eux, n’étaient pas présents, comme au premier procès le 22 mai 2013 au tribunal de grande instance de Grasse.

Dorsaf et Walid se sont retrouvéEs face aux juges et aux assesseurs qui avaient condamné en appel les policiers coupables de la mort d’Abdelhakim Ajimi en février 2013. Ils étaient donc bien au courant de toute l’affaire. Ils ont tout de suite eux-mêmes soulevé qu’il y avait un témoin fantôme, un policier nommé Azaro, dont le témoignage n’est pas dans le dossier mais a été une des motivation de la condamnation de Walid et Dorsaf par le tribunal de Grasse.
Ils ont posé beaucoup de question et ont laissé parler Dorsaf et Walid autant qu’ils le voulaient. Walid n’a pas réussi à contenir sa colère, Dorsaf est restée très calme. Ils ont tous deux insisté sur l’absence de leurs accusateurs, dont le visage leur est inconnu et avec qui il n’y a donc jamais eu de confrontation.

Les avocats C. Carru et M. Charbit ont bien plaidé, de façon complémentaire, en demandant bien sûr la relaxe pour Walid et Dorsaf qui contestent les accusations des policiers. Ils ont relevé tout à tour plusieurs points, dont notamment : le fait que Dorsaf et Walid aient été convoqués à la gendarmerie de Cannes plus d’un an après le dépôt des plaintes ; les témoignages de membres du comité en faveur de Dorsaf et Walid ; une vidéo qui dément des faits rapportés dans les dépositions des policiers ; le fait qu’il y avait plein d’autres policiers qui assuraient la sécurité et qu’aucun d’entre eux n’a témoigné…

La plaidoirie de l’avocate des policiers a été faible : elle a plaidé qu’ils n’étaient pas là parce qu’ils travaillaient et qu’ils avaient mieux à faire (comme si ça n’était pas le cas pour nous toustes qui étions là, d’avoir mieux à faire !). Elle a également plaidé que les policiers ne pouvaient pas être des menteurs par principe.

La procureure a requis que la culpabilité de Walid et Dorsaf soit maintenue tout en réduisant la peine à quelque chose de symbolique.
Le délibéré a été fixé au 8 septembre.

À noter que les soutiens sont arrivéEs au compte goutte et que nous n’avons pas fait de rassemblement à l’extérieur. Quelques personnes venues de Marseille sont malheureusement reparties sans rien trouver. Nous avons manqué d’une vigilance collective en ne postant personne à l’extérieur pour prévenir les arrivantEs que nous étions à l’intérieur en soutien. Nous avons fait une erreur de communication, en appelant à un rassemblement et non à un simple soutien. L’adresse communiquée renvoyait aussi au palais de justice et non à la cour d’appel, ce qui a prêté à confusion. Toutes nos excuses à ceusses qui sont repartiEs bredouilles.

Le comité Vérité et Justice pour Abdelhakim Ajimi
comite_hakim_ajimi@riseup.net

( Lyon ) Radio Canut 102.2 FM revient sur les crimes policiers

Mardi 14 mai de 20h à 21h, émission en souvenir de la mort d’Abdelhakim AJIMI et pour toutes les personnes tuées sous les mains des keufs en (f)rance.

+ Soirée HipHop – Justice pour Jamal à la Gueule Noire (St Etienne) le 17 mai. (voir deuxième partie de l’article)

Mardi 14 mai de 20h à 21h, émission en sou­ve­nir de la mort d’Abdelhakim AJIMI et pour toutes les per­son­nes tuées sous les mains des keufs en (f)rance.

Pour mémoire

Il y a 5 ans, le 9 mai 2008 à Grasse, Abdelhakim Ajimi est mort suite à son inter­pel­la­tion par la police. Apostrophé dans la rue, Abdelhakim Ajimi n’est ni armé, ni dan­ge­reux, ni même mena­çant. Il est immo­bi­lisé par 2 agents de la Brigade Anti Criminalité (BAC), rejoints par des offi­ciers de la police muni­ci­pale et natio­nale. Pieds et mains menot­tés, ventre contre terre, Abdelhakim Ajimi subit durant 15 à 20 minu­tes une clé d’étranglement asso­ciée à une impor­tante com­pres­sion tho­ra­ci­que et à de vio­lents coups de poings et de pieds. Voyant l’état cri­ti­que du jeune homme, des témoins ten­tent d’inter­ve­nir. En vain. Abdelhakim Ajimi est mort à 22 ans.(pour en savoir plus)

Quoi de neuf à raconter ?

À partir d’une confé­rence orga­ni­sée en Janvier 2013 à Marseille contre les vio­len­ces poli­ciè­res, Radio Canut revient sur les luttes, les pro­cé­du­res judi­ciai­res, les impres­sions et une sorte de bilan des 5 années de luttes du col­lec­tif « vérité et jus­tice pour Hakim AJIMI », avec une des mili­tan­tes du col­lec­tif de Grasse.

En effet, en jan­vier 2012, il y a enfin un procès où com­pa­rais­sent 7 poli­ciers et poli­ciè­res, mais seu­le­ment au tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Grasse (06). Les 2 poli­ciers de la BAC et un agent muni­ci­pal font appel du sursis qui leur tombe sur la gueule, mani­fes­tent dans les rues de Grasse contre le rendu du procès et rebe­lotte, l’affaire sera de nou­veau trai­tée en jan­vier 2013 à la cour d’appel d’Aix-en-Provence (13).

Ce repor­tage est une ten­ta­tive pour ne pas oublier ces morts, pour se sou­ve­nir de ces luttes, pour obte­nir jus­tice et dignité, pour créer de la soli­da­rité entre les dif­fé­rents col­lec­tifs, pour conti­nuer à se battre ! Les dif­fé­rents récits de luttes de Yamina Benchenni, mili­tante contre les crimes poli­ciers et de la marché de l’égalité en 1983, de Mathieu Rigouste auteur de « La domi­na­tion Policière » et de Rafik Chekkat du Collectif Vérité et Justice pour Jamal nous aident à y voir plus clair. . Que se pas­sera-t-il pen­dant le Canut-infos du ven­dredi ?

Vendredi 17 mai aussi, de 19h à 20h, inter­views et repor­ta­ges avec le col­lec­tif jus­tice et vérité pour Sofiane Mostefaoui, mort à la prison de Corbas le 11 mars 2013. Et sur les autres morts sus­pec­tes en déten­tion à Corbas.

Comment écouter Radio Canut ?

soit avec ton poste radio au 102.2FM,

soit sur le site de radio canut en strea­ming,

retrouve l’émission où Radio Canut revient sur le procès cor­rec­tion­nel des flics ayant buté Hakim AJIMI en jan­vier 2012 :triste rou­tine du matien de l’ordre

source : http://rebellyon.info/Radio-Canut-102-2-FM-revient-sur.html

Mascarade au tribunal de Grasse

communiqué de presse Jeudi 19 janvier 2012

A Grasse, tout au long de l’audience, le juge Robail a affiché ouvertement sa connivence avec la police.
Les faits sont pourtant avérés : Abdelhakim AJIMI est mort d’un acharnement des policiers sur sa personne et d’un refus de lui porter secours.
Tous les témoignages sont édifiants. Les expertises accablent les policiers inculpés. Les procès verbaux de ces derniers sont contradictoires, de même que leurs propos à la barre.
Malgré tout, les policiers bénéficient de la complaisance du tribunal. Le Procureur de la République, a pourtant insisté sur la « responsabilité évidente des policiers dans la mort d’Hakim » et a repris la qualification d’« inhumanité » mise en avant par la Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité.
Malgré cela, il requiert des peines minimes, sans commune mesure avec la gravité des faits qu’il avait auparavant lui-même exposés.
Ces maigres peines sont :
- J.-M. Moinier : 1 an à 18 mois avec sursis simple
- W. Lebeaupin : 18 mois à 2 ans avec sursis simple
- J. Manach : 6 à 8 mois avec sursis simple
- B. Julien : 1 an avec sursis simple
- A. Bekhira : 6 mois avec sursis simple.

Pire, de simples peines de principe ont été requises pour les policiers stagiaires M. Authier-Rey et P. Locatelli.
Ainsi fonctionne l’institution judiciaire française lorsqu’elle doit juger des crimes policiers.

NOUS QUITTONS LE TRIBUNAL,
NOUS VOUS LAISSONS ENTRE VOUS.
Comité Vérité et Justice pour Abdelhakim AJIMI
Contact :comite_hakim_ajimi@riseup.net

Mort d’Abdelhakim AJIMI

Procès des responsables
du 16 au 20 janvier 2012, Tribunal de Grasse.

L’INCULPATION :
La requête du Procureur de la République et l’ordonnance de la Chambre d’instruction d’Aix-en-Provence aboutissent à la mise en examen de 2 agents de la BAC, de 4 agents de Police Secours et d’un agent de la Police Municipale pour homicide involontaire et pour non assistance à personne en péril.

LES FAITS :
Abdelhakim AJIMI meurt le 9 mai 2008 à Grasse dans le cadre d’une interpellation policière.
Les policiers se sont acharnés inutilement, en maintenant la clé d’étranglement alors qu’Abdelhakim AJIMI était, dès le début, menotté aux mains et aux pieds, donc maîtrisé.
20 témoins oculaires dénoncent les méthodes barbares employées par la police ayant causé la mort d’Abdelhakim AJIMI.
L’expertise médicale explicite une mort lente et douloureuse par asphyxie mécanique.
Les procès verbaux des agents de la BAC et de la police ne démentent ni la durée de l’étranglement ni l’inertie du corps au moment de son transfert au commissariat.
La Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité s’indigne de « l’inhumanité » des policiers, dénonce « l’abus inutile de l’usage de la force » et considère que ces actes s’assimilent à de la « barbarie » et recommande des sanctions exemplaires.

LES REQUETES DE LA FAMILLE AJIMI :
que la justice condamne les responsables de la mort d’Abdelhakim AJIMI ;
que le statut de victime soit reconnu à leur fils et frère ;
que soit interdit l’usage de la clé d’étranglement lors d’interpellations policières, cette méthode ayant déjà causé de trop nombreux décès ;
qu’à l’avenir, aucune autre personne ne meure de manière aussi atroce dans le cadre d’une « banale » interpellation policière.

JANVIER 2012, EN FRANCE :
Mort de Wissam El YAMNI à Clermont-Ferrand suite à un tabassage par la police.*
Mort d’Abdel ILAH à Aulnay-sous-Bois lors d’un contrôle de police.
Non-lieu à l’encontre des policiers responsables de la mort d’Ali ZIRI.
Et toujours, l’impunité pour la police concernant la mort de Mamadou MAREGA, Lamine DIENG, Abou BAKARI TANDIA, Mohamed BOUKROUROU…

La famille AJIMI est soutenue par : les Alternatifs du pays de Grasse, collectif Justice et Vérité pour Ali Ziri, collectif Vies Volées, Comité Vérité et Justice pour Abdelhakim Ajimi, Coordination contre le Racisme et l’Islamophobie, DiverCité, association Elève-toi (Istres), Forum Social des Quartiers Populaires, LDH Cannes-Grasse, Mouvement de l’Immigration et des Banlieues et MIB 34, MRAP 06, NPA 13, Parti des Indigènes de la République, Pas de Nord sans Sud, Quartiers Nord – Quartiers Forts…

Contact : comite_hakim_ajimi@riseup.net / 06 61 47 39 17