KARIM LATIFI frappé et insulté par des policiers à paris le 22/02/02

Le 22 février 2002, à Paris, Karim Latifi, consultant en informatique de nationalité française, aurait eu une altercation avec des policiers, au cours de laquelle il a été violemment agressé et a subi des insultes racistes. Dans la plainte qu’il a déposée auprès de l’Inspection générale des services (IGS), il a expliqué qu’il était sorti de sa voiture après s’être retrouvé dans une rue bloquée par plusieurs véhicules de police. Il s’est approché des policiers, qui étaient en train d’interroger un groupe de jeunes, parmi lesquels deux personnes qu’il connaissait, et il s’est enquis de ce qui se passait. Les policiers lui ont alors demandé ses papiers puis, selon lui, l’un d’entre eux l’a poussé vers un escalier.

Voici comment il a raconté la scène : « Je suis déséquilibré ; il sort sa matraque et me frappe à la tête, puis se rue sur moi, me tape au visage, cette fois-ci avec sa jambe. Je suis terrifié, je sens presque le sol vibrer entre ma tête et mon épaule. Je crie au secours. Je me traîne plus loin. Une dizaine de policiers se ruent sur moi. C’est un déluge de coups de poing, de pied, de matraque et d’insultes, “sale Arabe”, “fils de pute”. » (Citation extraite de Libération, 9-10 mars 2002. Lors d’une visite en France, des délégués d’Amnesty International ont recueilli des informations similaires.) Sa tête a commencé à enfler ; son nez était cassé. Il a également déclaré qu’on l’avait ensuite forcé à « lécher le mur ». Dans le véhicule qui l’emmenait au commissariat de police, il aurait été l’objet d’insultes racistes tout au long du trajet. Il a été retenu pendant un quart d’heure au commissariat, puis un lieutenant de police, qui n’était pas présent au moment des faits, lui a dit qu’aucune charge ne serait retenue contre lui et l’a relâché.

Après avoir examiné la plainte déposée devant la justice, ainsi que les rapports médicaux, Amnesty International a signalé l’affaire au ministre de l’Intérieur et a demandé l’ouverture dans les meilleurs délais d’une enquête policière et d’une information judiciaire exhaustives et impartiales. En octobre 2002, le ministre a répondu que l’affaire avait été classée sans suite par le procureur de la République le 10 juillet 2002. Dans une lettre adressée à Amnesty International le 24 juillet 2003, le procureur de Paris a précisé que l’affaire avait fait l’objet d’une enquête de l’IGS, à la suite de laquelle son prédécesseur avait décidé de classer le dossier. Il n’a pas expliqué pourquoi mais a affirmé que, par l’intermédiaire de l’IGS, il avait adressé un blâme à trois policiers pour infractions (de nature non précisée) aux règles légales dans le cadre de l’enquête.

Une fois sa plainte classée sans suite, Karim Latifi a exprimé son intention de procéder par voie de citation directe. Toutefois, le procureur a informé Amnesty International qu’il n’avait pas eu connaissance du recours à une telle procédure. Karim Latifi a alors écrit au bâtonnier de l’ordre des avocats de Paris pour attirer son attention sur cette affaire.

Source : Amnesty international

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