LILLE / WAZEMMES : Y a-t-il eu violence policière lors d’une perquisition lundi matin ?

Publié le mercredi 20 juin 2012 à 06h00

Drifa El Messaoudi Asrih a reçu un coup au visage, mais comment ? Sur cette question, les versions divergent.

Que s’est-il passé lundi à 6 h lors d’une perquisition dans le cadre d’une affaire de stupéfiants ? Une dame dit avoir été frappée et ne pas avoir pu déposer plainte. La police dément catégoriquement.

LAURIE MONIEZ ET MARIE GOUDESEUNE > lille@nordeclair.fr
Lundi 18 juin, 6 h : plus de 150 fonctionnaires de police sont déployés dans les quartiers de Wazemmes et Moulins pour tenter de démanteler un trafic de stupéfiants (lire en page 8). Plusieurs personnes doivent être interpellées, dont l’un des fils de Drifa El Messaoudi Asrih. La police débarque donc chez cette mère de famille d’origine marocaine dans l’immeuble Fombelle, rue de Bailleul à Wazemmes. Âgée de 60 ans, cette femme héberge encore deux de ses six enfants. Dont Ali, 24 ans, suspecté d’être lourdement impliqué dans le trafic de stupéfiants.
Le dispositif est d’envergure, comme l’explique une source policière : « Nous avons affaire à un trafic de grande ampleur et notre intervention est le résultat d’une enquête qui a duré huit à neuf mois. Les individus recherchés sont censés être armés, c’est pourquoi nous sommes accompagnés du GIPN pour une sécurité maximale. » Comme souvent dans ce type d’intervention, la porte d’entrée est défoncée « de façon à entrer le plus rapidement et pour que l’individu n’ait pas le temps de s’enfuir », détaille un policier.

Que s’est-il passé exactement, ce matin-là, dans l’appartement de Drifa ? C’est sur ce point que les versions divergent. La dame raconte qu’en entendant la police défoncer sa porte d’entrée, elle se lève de son matelas posé au sol. « J’ai dit que mon fils n’était pas là, explique Drifa.

Ils m’ont dit de rester à genoux mais je leur ai dit que j’étais malade et ils m’ont donné un coup de barre de fer métallique. » Drifa ôte son voile pour laisser apparaître les traces d’un coup porté sur son visage. « Qu’ils fassent une perquisition, d’accord, c’est leur boulot.
Mais frapper une femme qui n’y est pour rien et qui vient de perdre son mari, non ! »

« On s’est mal compris »
La police, de son côté, confirme qu’il y a eu une « intervention musclée » : « Mais ce n’est sûrement pas un policier qui a frappé cette dame. C’était une opération suivie de très près, avec beaucoup de fonctionnaires : il n’y avait pas de raison de la violenter » , selon un policier. Pour un commissaire, l’affaire est claire : « Les fonctionnaires ont dû défoncer la porte et cette dame se l’est prise en pleine figure. » Lui n’hésite pas à dénoncer, à travers les accusations de la dame, une « manoeuvre pour faire capoter l’opération » .

Cardiaque, la veuve aurait demandé aux policiers d’appeler une ambulance. Sa voisine du dessus, Véronique, raconte : « J’ai entendu crier « Police » à 6 h 10. Quelques minutes après, j’ai entendu hurler Mme Asrih. » C’est finalement la voisine du 3e étage, Latifa, qui emmène Drifa au CHR. Aux consultations médico-judiciaires, l’équipe relève « un volumineux hématome frontal de 8 cm sur 7 et excoriation nasale de 1,5 cm sur 1 ». La dame repart avec une journée d’incapacité totale de travail (ITT) et des hématomes sur toute la partie supérieure du visage. Une blessure d’autant plus impressionnante que Drifa prend, pour le coeur, des médicaments qui fluidifient le sang : « Cela amplifie la taille des lésions, même si les coups ne sont pas très importants », a expliqué hier un médecin légiste.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Dans la journée de lundi, la fille de Drifa El Messaoudi s’est rendue à l’hôtel de police pour porter plainte pour violence policière. Là aussi, les versions divergent. Malika Asrih affirme qu’elle est repartie bredouille : « Ils n’ont pas voulu prendre ma plainte. Ils m’ont dit d’écrire à la police des polices. » Un commissaire confirme que Malika Asrih est venue mais que « le dialogue a été compliqué : on s’est mal compris. Il n’y a pas de raison que sa plainte ne soit pas prise. » Hier soir, Drifa El Messaoudi Asrih est donc retournée à l’hôtel de police, cette fois, sa plainte a été enregistrée.

Source : nord eclair

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