Violences policières : Riposte populaire ! Samedi 8 novembre : Toulouse : manifestation nationale- Paris : manifestation de soutien

Dimanche 26 octobre Rémi Fraisse est mort, tué par la police lors de la lutte contre le barrage de Sivens.
Depuis cette date, des mobilisations ont lieu en France et ailleurs, partout où la douleur d’apprendre la mort de quelqu’un sous les coups de la police est insupportable. Mardi 4 novembre, le pouvoir a finalement répondu à la colère qui monte : les travaux du barrage reprendront, la zone du Testet sera évacuée, on efface tout et on continue…
Que fait la police ? Au cours des luttes de ces dernières années, la police a blessé et mutilé des dizaines de personnes en réprimant des révoltes, des mouvements sociaux, des actions syndicales et des luttes contre des projets nuisibles comme le barrage du Testet. La violence de la police dans les quartiers populaires, est quotidienne. Elle s’exprime par le bouclage des quartiers, les contrôles au faciès, les expulsions, les rafles de sans-papiers. On dénombre une quinzaine de morts chaque année. A chaque fois des collectifs se montent et luttent contre la violence de la police et son impunité.
Que défend la police ?
Par la violence, la police maintient l’ordre établi, les intérêts des puissants. Quand la solidarité et la révolte s’organisent et gagnent du terrain, la police n’hésite plus à emprisonner, blesser, mutiler et tuer. Journalistes et politiciens commentent en séparant les bons des mauvais, les violents des non-violents, là où l’expérience nous montre que les armes de la police ne font aucune distinction entre les manifestants. Résistons ensemble ! [...], une occupation de la CAF, un fauchage d’OGM, une réquisition de logement vide sont autant d’actes de révolte et de colère légitimes.
Lorsqu’ils tuent l’un d’entre nous, ils nous disent que notre vie n’a aucune valeur.
Samedi 8 novembre – Manifestation nationale a Toulouse contre les violences policières et le barrage du Testet Départs de Paris : paris-testet@laposte.net
Samedi 8 novembre – Manifestation de soutien à Paris. RDV Nombreux a 14h00 – place de la Bastille

Source : http://paris.demosphere.eu/rv/36077

Lettre ouverte à la mère de Rémi

La lettre qui suit est adressée par Farid El Yamni, frère de Wissam – assassiné par la police le 1er janvier 2012 – à la mère de Rémi Fraisse. Il a voulu qu’elle soit rendue publique, mais elle sera également envoyée dés que possible à l’adresse des parents de Rémi Fraisse.

À l’heure où sur Paris on condamne les manifestations violentes et où on loue les sit-in pacifiques, je vous écris cette lettre.

J’ai perdu mon frère dans des conditions très proches de celles dans lesquelles vous avez perdu votre fils. Mon frère qui prenait tant soin de ma mère nous a quitté, il ne reviendra plus. La perte de mon frère était sur le coup une douleur immense que je ressens à chaque fois que l’État assassine à nouveau. « Là où croît le danger croît aussi ce qui sauve » disait quelqu’un. À chaque fois que l’État assassine on a aussi l’opportunité de l’arrêter, de le contraindre à changer et de rendre la dignité perdue à tous les autres.

Par la mort de Rémi se noue beaucoup plus que l’histoire d’une vie, il se noue notre vie à tous, individuellement et collectivement. La criminalisation qui a été opérée est terrible, ça a été la même chose pour nous. J’ai compris plus tard qu’elle était voulue. Je ne voulais qu’une chose, que la Justice fasse la vérité et rende la dignité que méritait mon frère, dans le calme, et que cette histoire profite à tous, à nous les gouvernés pour mieux nous aimer et à la police pour la réconcilier avec la nation. Je pensais que la police ne pouvait accepter dans ses rangs des assassins, je ne la connaissais à l’époque pas assez. Je me trompais. Les quartiers ont brûlé, on a appelé au calme : chaque voiture ou chaque poubelle brûlée était vécue comme une insulte, comme une épine en plein cœur, une épine sur laquelle on appuyait.

Puis le temps est passé, on nous a promis la vérité, mais on n’a eu que des mensonges, que des fausses promesses, comme tant d’autres avant nous. On nous avait prévenu, mais on n’y croyait pas. François Hollande, lui-même, avait pris ma mère dans ses bras et lui avait promis qu’il nous aiderait à faire la lumière sur la mort de son fils. Sans la justice et la vérité, on vivait le temps qui passait comme une condamnation. Nous étions toujours en prison, à suffoquer et à appeler la Justice à l’aide.

Et puis on a compris que notre cas n’était pas isolé, que tant d’autres familles vivaient et vivent la même chose. Il y a tant d’humiliations et de mutilations commises consciemment par la police et couvertes par la justice, tant !

On a aussi découvert la manière de penser des policiers, ça fait froid dans le dos. Voici un exemple : Mercredi dernier, suite à la manifestation sur Paris, un des policiers m’a dit « 1-0 » devant ses autres collègues au commissariat, qui ricanaient lorsqu’ils me voyaient arborer le tee-shirt « Urgence Notre Police Assassine ». Aucun ne l’a repris, aucun… Des exemples de ce genre, tant de français en vivent quotidiennement, ils n’en peuvent plus de cette police et n’en voient pas le bout.

Je comprends l’appel au calme, on l’a également fait. Comprenez également que de nombreuses personnes ne croient plus en ce système qui donne une impunité de facto à la police. Comprenez que l’on ne peut concevoir la non-violence qu’à condition de supposer que le camp d’en face est capable de se remettre en cause : ils en sont humainement incapables, parce qu’ils considèrent que remettre en cause la police, ce serait remettre en cause l’État. Depuis 40 ans, la police tue impunément, à répétition. Depuis 40 ans, on assiste à la même démarche pour noyer les meurtres de l’État, malgré les vidéos, les témoins, les évidences. Depuis 40 ans, il y a des sit-in, des manifestations, des livres, des prises de positions d’hommes politiques, des tribunes adressées au ministre de l’intérieur. Depuis 40 ans, ça ne fonctionne pas.

Voici comment ça se passe : dépêche AFP, mensonge du procureur, enquête de mauvaise qualité et tronquée pour aboutir sur une condamnation ridicule après de nombreuses années, voire à une absence de condamnation. Le pire, c’est que ceux qui vont enterrer l’affaire auront des promotions et ceux qui ont tué nos frères, nos fils ou amis, eux seront traités comme des champions par leurs collègues. Telle est la réalité que vous vivrez vous aussi.

Manuel Valls dit que les violences sont des insultes à la mémoire de Rémi, mais sachez que Manuel Valls, par son inaction à combattre l’impunité policière, est le premier meurtrier de votre fils. C’est un criminel récidiviste. Il est venu à Clermont-Ferrand une semaine avant le rendu du rapport de contre-autopsie bidon dont il connaissait les aboutissants, et il n’a parlé de l’affaire que pour mieux condamner les violences de ceux que la mise à mort de mon frère révoltait.

Madame, les gens se battent pour Rémi, pour leur dignité et pour leurs idéaux. Ils se battent pour vous, pour nous tous, pour que la fraternité soit effective. Ceux qui se battent connaissent assez la malveillance de nos gouvernants pour comprendre qu’on tente de nous fait croire que nous sommes dans un État de droit, alors que nous sommes dans un État de devoir. L’État ne respecte pas la loi qu’il demande qu’on respecte. Il se joue de notre corps, de notre confiance, de notre argent et de notre dignité. Il nous demande d’être à genoux, c’est un impératif catégorique.

Je vous ai écris cette lettre à vous comme à tous ceux qui me liront pour vous faire savoir que je comprends aujourd’hui plus que jamais combien la non violence dans les affaires de crimes d’État a ses limites. La non-violence, par son impuissance, est parfois plus condamnable, plus meurtrière que la violence elle même. Les gens qui nous gouvernent sont malveillants, arrivistes, sadiques et récidivistes. Ils doivent partir par tous les moyens nécessaires.

Farid El Yamni, frère de Wissam El Yamni, assassiné par la police le 1er janvier 2012 à Clermont Ferrand.

Source : http://paris-luttes.info/lettre-ouverte-a-la-mere-de-remi

DES ASSOCIATIONS LANCENT UNE SEMAINE DE SENSIBILISATION SUR LES ABUS POLICIERS

Face à une recrudescence de contrôles d’identité abusifs et de violences
policières depuis le mois d’avril et au silence assourdissant d’un
gouvernement qui ne semble toujours pas disposé à tenir ses engagements
pour y remédier, plusieurs associations et collectifs ont décidé de dédier cette
semaine à la sensibilisation du grand public aux abus policiers.

Vidéos, sortie d’un Guide d’Action, sensibilisation aux droits, rencontres-
débats, ateliers, maraudes sur la région parisienne, mais aussi à Nice,
Metz,Lille … la #SemaineAbusPoliciers, qui débute mardi 21 octobre, se
terminera le 27 octobre, en hommage à Zyed Benna et Bouna Traoré, morts lors d’une
contrôle d’identité à Clichy-Sous-Bois en 2005, sans qu’aient été pour
l’instant jugés les policiers impliqués dans le drame.

( Les policiers devraient être jugés en Mars à Rennes )*

La semaine dernière, les associations Urgence Notre Police Assassine, La
Voix des Rroms, #FergusonInParis et Les Indivisibles lançaient déjà un cri
d’alerte[1] à Bernard Cazeneuve, Ministre de l’Intérieur, prompt à applaudir
le « formidable sens du service public » de gendarmes scandant en réalité «
1,2, 3, Viva l’Algérie » pour imiter des émeutiers, mais silencieux face aux
trop nombreux passages à tabac et morts dans le cadre d’interventions
policières depuis son arrivée. Ils appelaient la population à apprendre à se
défendre face à une République qui non seulement est sourde à leur mise en
danger, mais semble l’encourager.

L’opération #SemaineAbusPoliciers qui s’en suit a vocation à initier un
large mouvement de solidarité et de vigilance pour former chacun aux droits et aux
recours face aux abus de pouvoir d’agents des forces de l’ordre, qu’il
s’agisse de contrôles au faciès, de violences verbales ou physiques, ou du
cas dévastateur de mort dans le cadre d’une interpellation.

Elle annonce unrenforcement des liens entre les différentes associations et instances de
lutte contre ces abus à travers la France, mais à aussi à l’étranger, afin
d’alerter l’opinion publique internationale sur la situation française.

PROGRAMME DE LA #SemaineAbusPoliciers

21 octobre : Mise en ligne du Guide d’Action[2] face aux contrôles abusifs
réalisé parStop le contrôle au faciès, offrant informations juridiques,
outils de mobilisation, sensibilisation et de recours en cas d’abus, permettant à
chacun d’agir à sa manière et à son niveau.

22 octobre : Journée contre les abus policiers à Lille (maraudes, rencontre
inter-associative, projection-débat…) en partenariat avec le Comité Sans
Papiers et le Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires.

23 octobre :
A Paris à partir de 19h à la librairie Libre ère ( 111 boulevard de Ménilmontant )
Métro Ménilmontant ou Père-Lacahaise/ En présence de proches de victimes de la police, du collectif angle mort, de Mogniss H. Abdallah, historien des crimes racistes et sécuritaires (…)
Les témoignages de famille de victimes viendront montrer la férocité du binôme « police-justice ». Leurs combats est l’affaire de tous. De tous ceux qui souhaite combattre les dominations et les injustices systémiques.

· A Metz, des membres du Collectif Stop le contrôle au faciès et
l’antenne locale de la Ligue des Droits de l’Homme se réuniront en soutien
à «Anis», victime de harcèlement par les forces de l’ordre locales depuis
qu’il a survécu à une grave agression policière dont il a conservé les vidéos.[3]

24 octobre : Rencontre-débat sur les droits et recours face aux abus
policiers de 19h à 21h à Nice, organisée par les antennes locales du Collectif Contre
l’Islamophobie en France, de la Ligue des Droits de l’Homme et du Mouvement
contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples.

25 octobre :
· 14h30 – 17h30, Place des Innocents à Châtelet, Paris : opération
photos, distribution du Guide d’Actions, diffusion du numéro de recours,
installation de l’appli Stop le contrôle au Faciès, mise à disposition du
livre Permis de Tuer
· 18h00, Place du Trocadéro, opération photo #FergusonInParis en
soutien

et écho au mois d’action #FergusonOctober aux Etat-Unis

26 octobre : Opération Twitter

Du 21 au 27 octobre : diffusion d’épisodes inédits de la saison 2 de la web-
série « Mon 1er contrôle d’identité », faisant témoigner chercheurs,
journalistes, avocats, élus, conseillers à l’OSCE ou à l’ONU sur leur
expérience d’abus policiers.
La saison 1, sortie en novembre 2011 sur YouTube, avait réuni une trentaine
de rappeurs français, diffusait un numéro de SMS à utiliser en cas de contrôle
au faciès introduisant le sujet sur la scène médiatique et politique en France,
et permettant la 1èreaction en justice contre l’Etat en avril 2012.

*
*Sur le jugement des policiers responsables de la mort de Zyed et Bouna : http://www.ouest-france.fr/mort-de-zyed-et-bouna-clichy-les-policiers-juges-en-mars-rennes-2909401

CONTACTS :

Stop le contrôle au faciès : 06 98 97 28 54

[1] M. le ministre de l’Intérieur, n’entendez-vous pas ces voix dissonantes
?
Huffington Post, 17/10/2014

http://www.huffingtonpost.fr/amal-bentousi/lettre-ouverte-cazeneuve-stop-controle-facies_b_6002988.html

[2] Sur

http://stoplecontroleaufacies.fr/slcaf/2014/10/20/guide-daction-face-aux-controles-abusifs/

[3] http://www.islametinfo.fr/2014/09/23/bavure-policiere-musulman-police/

Rencontre à Marseille autour du délibéré de l’appel de Walid et Dorsaf // Présentation du livre “Permis de Tuer, Chronique de l’impunité policière”

En juin 2013, Dorsaf et Walid, membres du comité Vérité et Justice pour Abdelhakim Ajimi ont été condamnéEs à 4 mois de prison avec sursis et 300 euros chacunE de dommages et intérêts, pour “outrage à une personne dépositaire de l’autorité publique”. Cette accusation venait de deux policiers qui “assuraient la sécurité” lors du procès des policiers coupables de la mort de Abdelhakim Ajimi qui s’est tenu à Grasse en janvier 2012… Le procès appel à eu lieu le 2 juin dernier, et le délibéré sera rendu par la cour d’appel d’Aix-en-Provence lundi 8 septembre.
Nous proposons une rencontre autour de ce jugement le soir-même pour faire un point sur “l’affaire Ajimi” et la criminalisation des militantEs.

Cette rencontre sera aussi l’occasion de présenter le livre “Permis de Tuer, Chronique de l’impunité policière” du Collectif Angles Morts à paraître le 11 septembre aux éditions Syllpese.
Ce livre revient sur plusieurs affaires récentes de violences policières et de crimes policiers, donne des pistes pour s’organiser collectivement face à la police et la
justice, et fait état de la domination policière et du racisme d’État. Le comité Vérité et Justice pour Abdelhakim Ajimi et Dorsaf Briki y ont écrit un texte qui revient sur la lutte de la famille Ajimi et du comité pour la vérité et la justice.

En présence de membres du comité Vérité et Justice pour Abdelhakim Ajimi et du collectif Angles Morts

A la librairie Transit, 45 bd de la Libération, 13001 Marseille

Contacts :
comite_hakim_ajimi@riseup.net / edition@syllepse.net
Librairie Transit : 04 13 04 02 60 / 06 83 55 96 66
transit.librairie@gmail.com / http://transit.librairie.over-blog.com/
Heure début: 19:00
Date: 2014-09-08
Heure fin: 23:00

Livre sur les crimes policiers en France, à parraitre et à soutenir :  » Permis de tuer » ( Collectif angle mort/ Edt. syllepse )

L’année 2013 a vu se multiplier les commémorations de la marche pour l’égalité et contre le racisme de 1983,
initiée en réaction à lamultiplication des crimes racistes et sécuritaires.
Pourtant, trente ans après, les morts dans les commissariats, entre les mains de la police ou sous les balles des forces de l’ordre n’ont pas cessé.
Enfin, l’impunité dont bénéficient les auteurs de ces crimes continue de leur être assurée par la justice.

Ce livre propose une série d’enquêtes, d’analyses et d’entretiens sur des affaires récentes et sur le combat menée par les proches et les familles des victimes pour obtenir la vérité et la justice sur ces morts.
L’ouvrage donne la parole à ces familles et livre une série d’analyses sur le racisme d’État, l’impunité judiciaire dont bénéficient les violences et les crimes policiers.
Il tente également d’offrir des pistes pour s’organiser contre la «présomption de légitime défense » accordée à la police, contre la propagande médiatique,
contre l’oubli qui permet à ces crimes de se reproduire depuis des dizaines d’années contre les habitants des quartiers populaires désignés comme l’ennemi intérieur.

En pleine offensive islamophobe, dans un contexte de montée de l’extrême droite et de radicalisation à droite de l’ensemble du champ politique, ce livre vient apporter un éclairage sur le fonctionnement de la police et de la justice française du point de vue de ceux qui les subissent.
On pourra notamment lire un entretien avec Farid El Yamni, frère de Wissam El Yamni, mort le 1l janvier 2012, à la suite de son interpellation violente par une dizaine de policiers.
Un autre avec Amal Bentounsi, la soeur d’Amine Bentounsi, abattu d’une balle dans le dos le 21 avril 2012, à Noisy-le- Sec.

Amal Bentounsi fait par ailleurs l’objet d’une plainte du ministère de l’intérieur pour diffamation.

Le Parti des Indigènes de la République et la Brigade Anti-Négrophobie livrent pour leur part une analyse du racisme d’État et de la persistance des crimes policiers et des agressions islamophobes dans le contexte actuel.

Nous nous tenons à la disposition des libraires qui souhaitent diffuser ou faire la promotion du livre.

Parution : septembre 2014
Prix : 10 €
Pages : Format : 115 x 190
ISBN : 9782849504277
Code Sodis : S547722
Collection : Arguments et Mouvements
Rayon : Politique
Points forts et mots clés : Police, Justice, Violence

Éditions Syllepse
69 rue des Rigoles
75020 Paris
edition@syllepse.net
www.syllepse.net