Adama Traoré : les deux expertises font état d’une «asphyxie»

Manifestation en mémoire d'Adama Traore à Beaumont-sur-Oise le 22 juillet 2016. Thomas Samson / AFP
Manifestation en mémoire d’Adama Traore à Beaumont-sur-Oise le 22 juillet 2016. Thomas Samson / AFP AFP
 

Il n’y aura pas de troisième expertise médicale pour rechercher les causes de la mort du jeune homme de 24 ans lors de son interpellation par les gendarmes.

  • Adama Traoré : les deux expertises font état d’une «asphyxie»

Une mort, toujours, sans raison officielle et un nouveau personnage : Yassine Bouzrou, avocat à la cour de Paris, a été désigné, ce vendredi, par une partie de la famille Traoré. Il partage le dossier avec Fréderic Zajac. Une rencontre entre les deux avocats et la famille Traoré aura lieu dans les prochains jours. En attendant, les proches du défunt donnent une conférence de presse ce samedi à midi, près de la gare du Nord, à Paris, pour annoncer les prochaines étapes de la procédure. C’est de là que partira une marche en mémoire d’Adama, à 16 heures. 

Autre nouvelle: il n’y aura pas de troisième autopsie sur le corps d’Adama Traoré. La justice a rejeté la demande et la famille a changé d’avis : elle ne souhaite plus de contre-expertise. «L’autopsie va déjà dans notre sens», assure Assa, une des soeurs d’Adama. Nul besoin, donc, «de retoucher à son corps».

Vendredi, Yassine Bouzrou a expliqué à Libération, après voir consulté, pour la première fois, le dossier d’Adama Traoré qu’il «y a beaucoup de points en commun entre les deux autopsies». L’avocat argumente:«L’asphyxie est présente dans les deux rapports. Reste à savoir ce qui l’a provoquée. Une strangulation ? Une compression thoracique ?»

Autre interrogation : pourquoi le procureur n’a jamais évoqué l’asphyxie. Bouzrou ajoute: «Il a communiqué après un rapport intermédiaire du médecin légiste de Garches. Ce n’est pas sérieux et cela n’a aucune valeur médicale. Ce rapport intermédiaire dit qu’il y a peut-être une pathologie cardiaque mais c’est hypothétique et provisoire dans l’attente du rapport final. Et cette précision, le procureur s’est bien gardé bien de la faire.» Contacté par Libération, le procureur de Pontoise, Yves Jannier, n’a pas donné suite à nos appels. Selon sa secrétaire, «il est en vacances».

Par Rachid Laïreche , Ismaël Halissat et Amélie Quentel — 29 juillet 2016
Source : http://www.liberation.fr/france/2016/07/29/adama-traore-les-deux-expertises-font-etat-d-une-asphyxie_1469355

Persan (95) : mort d’Adama Traoré entre les mains de gendarmes

Adama Traoré, 24 ans, est décédé ce mardi 19 juillet à Persan, ville du nord du Val d’Oise (95) alors qu’il venait d’être interpellé par les gendarmes.

Baguy et Adama, deux frères de la famille Traoré, sont en centre ville de Persan quand une patrouille de gendarmes interpelle Adama vers 18h d’après le procureur de la République de Pontoise. Selon les sources officielles, Adama, 24 ans, décède le jour de son anniversaire dès suites « d’un malaise cardiaque » entre les mains des gendarmes [1].

Très vite, la version officielle est démentie par Baguy, témoin de l’interpellation. Sur Itélé, il affirme que les gendarmes ont coursé et frappé son frère Adama. De l’avis des proches de la victime, Adama était par ailleurs en bonne santé et sportif. Interrogé par la gazette du val d’oise, Baguy indique de façon plus détaillée les évènements :

« Lorsque les gendarmes sont arrivés, Adama est parti en courant parce qu’il n’avait pas ses papiers sur lui. Ils l’ont coursé et l’ont rattrapé alors qu’il tentait de se cacher dans le jardin d’un mec qu’on connait. Adama a dit “je me rends”. Ils l’ont boxé. Un “justicier” a tenté de les séparer, mais ils lui ont mis la tête au carré. Ils l’ont embarqué ensuite à la gendarmerie de Persan. Là-bas, je l’ai retrouvé entouré de cinq ou six gendarmes. Il était au sol, les mains menottées dans le dos. Il ne respirait plus, il était sans vie. Il avait du sang sur le visage. J’ai vu un gendarme qui faisait partie de ceux qui nous ont interpellés. Il avait un t-shirt blanc et je l’ai vu revenir après avec un t-shirt plein de sang, celui de mon frère. Ma compagne était là, elle l’a vu aussi. Adama n’a pas eu de crise cardiaque, ils l’ont tabassé. »

La nouvelle circule rapidement et les villes de Beaumont-sur-Oise (où est originaire la famille Traoré) et Persan, connaîssent des émeutes durant toute la soirée et une grande partie de la nuit. 240 membres des forces de l’ordre et un hélicoptère sont mobilisés. Le lendemain matin, sans un mot de compassion pour les proches d’Adama, le directeur de cabinet du préfet, Jean-Simon Méranda, se contente de dénoncer les actes de violences « inadmissibles » de la nuit. Nous n’en attendions pas moins de ces pantins déshumanisés de l’État !

Aujourd’hui, mercredi, proches d’Adama et militant-e-s contre l’impunité policière se sont rassemblés devant la mairie de Beaumont-sur-Oise pour s’exprimer devant les médias. Le préfet du Val-d’Oise devait tenir une conférence de presse mais il a préféré l’annuler (tiens donc…). Un sit-in pacifique est ensuite organisé devant la gendarmerie où le corps inanimé et ensanglanté d’Adama a été vu, la veille, par son frère Baguy. Intolérable rassemblement pour l’État qui rapidement demande l’intervention des gendarmes mobiles afin de gazer et matraquer violemment (sans sommation) les gens devant l’entrée des locaux.

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verite et justice adama traore

 

 

 

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Mardi 19 juillet 2016
notre frère Adama traoré
a trouvé la mort le jour même de son 24 ème anniversaire

Les circonstances de son décès
sont excessivement troubles.
En effet suite à une interpellation plus que musclée par les forces de l’ordre
Adama a été amené dans les locaux de la gendarmerie sans possiblité de retour.

Très vite la nouvelle est tombée
Adama Traoré est décédé.

Les bavures policières
ne sont pas qu’aux États Unis.
Elles sont tout aussi réelles ici chez nous.

Voilà pourquoi nous invitons toutes les villes et quartiers de France à se soulever et à manifester au même moment que nous
Vendredi 22 juillet 2016 à 17h pour une marche silencieuse dont le départ sera le terrain de foot du quartier de Boyenval.
( rue de Boyenval 95260 Beaumont sur oise)
(Gare persan BEAUMONT)
STOP AUX BAVURES

N’attendez pas dêtre touchés personnellement pour réagir
mais AGISSEZ avec nous afin d’anticiper.

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https://www.facebook.com/La-v%C3%A9rit%C3%A9-pour-Adama-160752057668634/

 

#BlackLivesMatter et la conspiration des privilèges en Amérique

Au petit matin du 5 juillet, Alton Sterling âgé de 37 ans et père de cinq enfants, a été abattu par des tirs de face et de dos par des agents de police devant une épicerie à Bâton Rouge, en Louisiane.

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Rassemblement à Austin, en protestation après les meurtres de Alton Sterling et Philando Castile – Photo : Rodolfo Gonzalez

À la suite de cette tragédie, dans la nuit du 6 juillet, un père de 32 ans, Philando Castile, a été brutalement tué par 4 à 5 coups de feu tirés par un agent de police en à l’extérieur de St. Paul, Minnesota, après avoir été pris pour cible pour une infraction de la circulation mineure – un feu arrière défectueux.

Le témoin direct de l’assassinat était sa compagne, Diamant Reynolds, ainsi que sa fille de 4 ans. Sa fille a tenté de réconforter sa mère en détresse, tout en étant traînée à l’arrière d’un véhicule de patrouille, en répétant : « Ça va, maman, je suis ici avec vous, » ne comprenant pas l’horreur de la tragédie qui venait de les frapper.

Plus tard cette nuit-là, la mère de Castile, Valérie Castile, s’est vue refuser l’autorisation de voir le corps de son fils, alors qu’elle s’était rendue au Hennepin County Medical Center, où celui-ci était décédé. Elle a refusé de regarder la vidéo de l’assassinat de son fils : « Je veux seulement me souvenir de la façon dont je l’ai vu la dernière fois, quittant ma maison plus tôt ce soir-là. »

Le président Barak Obama a timidement fait allusion aux meurtres récents lors d’une conférence au sommet de l’OTAN à Varsovie, en Pologne : « … étant donné mon rôle institutionnel, je ne peux pas commenter les faits spécifiques de ces cas, et j’ai pleinement confiance dans la capacité du ministère de la Justice à mener une enquête approfondie et équitable ».

Bien qu’il y ait encore à tenir une discussion sérieuse sur les moyens pour faire face à l’endémie de brutalité policière qui cible principalement les personnes de couleur aux États-Unis, un sentiment de crainte se fait déjà sentir dans d’autres pays. Pour exemple, les Bahamas, les Émirats arabes unis ainsi que Bahreïn ont prévenu leurs ressortissants après les homicides récents dans les États-Unis – avertissant leurs citoyens des brutalités policières contre les personnes à la peau noire noire ou brune sur le sol américain.

Tout cela survient dans un contexte très sanglant, où beaucoup d’hommes et de femmes noires en particulier, mais aussi des Latinos et d’autres minorités se retrouvent souvent victimes de brutalités policières. Il ne peut y avoir d’autre explication derrière la maltraitance des minorités dans la société américaine que celle de la couleur, ou de la classe sociale, ou des deux.

Le 26 février 2012, le garde George Zimmerman a abattu Trayvon Martin, un élève noir, sans aucune arme, du secondaire. Le 14 juillet 2013, l’équipe de défense de Zimmerman l’a félicité après qu’il ait reçu le verdict de « non coupable ». Sans prêter la moindre attention à la famille en deuil qui était présente, son avocat Mark O’Mara a déclaré, se référant au bien-être de Zimmerman après le procès : « Je pense qu’il est toujours inquiet. Espérons que tout le monde respectera le verdict du jury. »

Ironie du sort, leurs démonstrations de sympathie étaient tournées vers l’agresseur plutôt que vers la victime, ce qui a été habituel dans ces situations de la part de beaucoup d’Américains, en particulier dans les médias de droite tels que Fox News.

Après l’assassinat de Trayyon et la large indignation qui a suivi sa mort tragique, le 9 août 2014, un adolescent noir, désarmé, Michael Brown a également été abattu, au moins par six coups de feu tirés par l’agent de police Darren Wilson. Son crime : avoir volé un paquet de cigarettes dans un magasin d’alcool. Le grand jury a été composé de neuf jurés blancs et trois jurés noirs.

Suite à ces événements et aux manifestations historiques de Ferguson, dans le Missouri, qui se sont propagées à travers les États-Unis, le hashtag, et surtout, le mouvement #BlackLivesMatter s’est imposé.

Cependant, la montée de ce mouvement a été à peine considérée comme le résultat logique de la violence à l’égard des communautés noires. Le candidat présidentiel républicain, Donald Trump, par exemple, a menacé les militants de Black Lives Matter avec violence. « Je ne sais pas si je vais me battre moi-même ou si d’autres personnes le feront, » a-t-il dit.

Trump est bien connu pour son manque de sympathie envers les militants de toute nature de défense des droits humains, mais tout aussi inquiétants sont ceux qui se tiennent derrière lui, ses bailleurs de fonds et soutiens financiers, dont les segments les plus racistes de la société américaine.

Avec ses 1542 délégués gagnés en juin dans les primaires présidentielles, Trump est presque certain d’être le candidat républicain. L’ascension de Trump peut sembler choquante compte tenu de ses valeurs fondamentalement antidémocratiques et sa détermination apparente à les imposer. Mais il n’est pas seul, car sa position est également partagée par d’autres républicains.

Harry Reid, sénateur du Parti démocrate, a vertement critiqué ses rivaux républicains dans une série de tweets à la fin de l’année dernière. « Le racisme est depuis longtemps répandu dans la politique républicaine. La seule différence est que maintenant Trump dit tout haut ce que les autres (Républicains) ne font que suggérer, » dit un tweet. « Donald Trump se tient sur une plate-forme de haine que le Parti républicain a construit pour lui », dit un autre message.

Cependant, bien que les responsables du Parti démocratique semblent utiliser tous les mots qu’il faut, en réalité, ils restent largement déconnectés de la situation des minorités.

En fait, les militants de Black Lives Matter (BLM) ont refusé de soutenir l’un des candidats, même Bernie Sanders, le plus attractif. Le militant de BLM, Darnell L. Moore, a écrit dans une lettre ouverte au candidat démocrate : « Si vous voulez vraiment prouver que vous vous souciez des vies noires, et êtes prêt à vous engager comme un allié, vous avez réellement à écouter les Noirs. »

Beaucoup d’Américains, imaginant sans doute que leurs droits civils ne sont pas en danger, semblent être aveugles au sort des autres membres de leur propre communauté, en particulier les gens de couleur, en dépit de la preuve irréfutable de leur assujettissement.

En décembre 2015, le journal britannique The Guardian a rapporté que 1134 hommes noirs ont été tués par des agents de police cette seule année. Dans ce nombre choquant, il a été confirmé que 15% des personnes tuées étaient des hommes jeunes âgés de 15 à 34 ans. Environ 25%, ou 284, d’entre eux, étaient sans armes, même si selon le Guardian « les Noirs américains sont plus de deux fois plus susceptibles d’être désarmés lorsqu’ils sont tués lors de rencontres avec la police que les Blancs ».

En fait, c’est précisément la raison pour laquelle Black Lives Matter existe. Alicia Garza, Patrisse Cullors et Opal Tometi, co-fondateurs du mouvement, ont expliqué dans un communiqué les motifs de leur action : « Black Lives Matter est une action idéologique et politique dans un monde où la vie des Noirs est systématiquement et intentionnellement ciblée pour les faire disparaître. C’est une affirmation de la contribution des gens noirs à cette société, notre humanité et notre résilience face à une oppression mortelle ».

Fait intéressant, l’appel à la justice par des militants de BLM a retenti parmi les gens du monde entier, mais surtout ceux qui éprouvent des difficultés semblables.

À partir d’août 2014 et durant les manifestations de Ferguson dans le Missouri, les militants palestiniens se sont impliqués, directement ou via des plates-formes de médias sociaux. Les gaz lacrymogènes sont l’une des armes utilisées par les agents armés à Ferguson, quelque chose que plusieurs générations de militants palestiniens ont subi face à des soldats israéliens dans leur lutte pour la liberté.

Les messages d’instruction et d’encouragement abondaient, comme de ne pas garder de trop grande distance face à la police puisque « ’si vous êtes près d’eux, ils ne peuvent pas utiliser des gaz lacrymogènes contre vous’, ou ’assurez-vous de toujours courir contre le vent/de rester calme quand vous êtes soumis au gaz/la douleur passera/ne vous frottez pas les yeux !/ ne vous lavez pas les yeux avec de l’eau !’. »

L’avocat de défense des droits de l’homme Noura Erakat a expliqué la réaction palestinienne dans une interview avec Al-Jazeera Amérique : « Il y avait là deux groupes de personnes aux prises avec des trajectoires historiques complètement différentes, mais les deux ont subi un processus de déshumanisation, qui fait que leurs vies sont considérées comme sans valeur. »

Mais alors que les Palestiniens à des milliers de kilomètres de là, comprennent la lutte des Noirs américains, il est assez décourageant de constater que de nombreux Américains trouvent le mouvement BLM « controversé », sinon même menaçant.

Le mouvement Black Lives Matter a la ressource sociale, la force et la ténacité pour ne dépendre que de lui-même. Cependant, cela exige une véritable solidarité et le soutien de chacun pour qu’il atteigne ses objectifs légitimes – sans distinction de classe, de race et de privilège. Il y a un grand besoin de changement dans la façon dont la « communauté blanche » perçoit les souffrances, la lutte, et les sacrifices de leurs frères et sœurs dans la communauté noire. S’ils restent silencieux, le vrai changement ne se produira jamais.

 

Zarefah Baroud

 

Source : http://www.info-palestine.net/spip.php?article16113

* Zarefah Baroud est une lycéenne âgée de 17 ans, de Seattle

Un mois avant les JO, la police de Rio épinglée pour des exécutions sommaires

Alors que les Jeux Olympiques d’été s’ouvriront ce 5 août à Rio, un rapport de l’ONG Human Rights Watch révèle les exactions de la police de cet Etat du Brésil. Les exécutions sommaires y seraient devenues monnaie courante.
Des policiers de Rio en opération. Felipe Dana/AP/SIPA

La police brésilienne tue. Alors que l’Etat de Rio de Janeiro va accueillir au mois d’août les Jeux Olympiques d’été, un rapport récemment publié par l’ONG Human Rights Watch (HRW) révèle les agissements douteux de la police de Rio. Selon les travaux de l’ONG, ses policiers auraient tués au moins 645 personnes en 2015 et plus de 8.000 en dix ans !

Selon HRW, plusieurs décès seraient dus à des exécutions sommaires maquillées en cas de légitime défense. L’ONG a dénombré 64 cas ces huit dernières années impliquant la mort de 116 personnes dont 24 enfants. « La violence est un vrai problème à Rio mais exécuter des criminels suspects n’est pas la réponse », a déclaré Maria Laura Canineu, la directrice de HRW au Brésil. Dans un clip vidéo réalisé par l’organisation, on voit ainsi des policiers tirer sur deux adolescents désarmés. L’un est tué sur le coup, l’autre gravement blessé.

A l’appui de son rapport, l’ONG a recuilli les confessions d’une trentaine de policiers, sous le sceau de l’anonymat. Et pour cause,« ils [les policiers mis en cause] n’hésiteraient pas une seconde pour me tuer moi ou ma famille », confie l’un d’entre eux. Leurs témoignages font froid dans le dos.

Eliminer les dealers présumés plutôt que de les arrêter

« Danilo », un nom d’emprunt, affecté juste après l’obtention de son diplôme dans un des quartiers les plus chauds de Rio, explique la doctrine de sa hiérarchie :  »Tuer une personne suspectée d’être membre d’un gang était considéré comme une bonne performance par mes supérieurs. » Et de raconter que l’objectif d’un grand nombre d’opérations était d’éliminer les dealers présumés plutôt que de les arrêter. Pis, certains de ses collègues kidnappaient des trafiquants pour mettre la main sur l’argent de la drogue puis les tuaient froidement. « Je n’ai pas rapporté ce qui se passait parce que j’avais peur d’être tué moi-même. Ces gens n’ont pas de scrupules », explique-t-il avant de conclure qu’à Rio de Jainero,  »le bon flic a peur ». 

Plusieurs de ces éxecutions auraient été maquillées pour faire croire à des situations de légitime défense. Dans le clip de HRW, on voit ainsi des policiers placer une arme dans la main d’une personne à terre, visiblement touchée par un tir. Le procureur général de l’Etat de Rio, Marfan Martins Vieira, a déclaré à l’ONG qu’un grand pourcentage des tirs déclarés par la police ces dernières années ont été  »simulés », admettant que son service n’a dénoncé qu’un « très petit nombre » de meurtres commis par la police.  Le rapport relève aussi que les trois quarts des victimes sont noires.

source : http://www.marianne.net/mois-les-jo-police-rio-epinglee-executions-sommaires-100244446.html

Affaire Lahoucine: la légitime défense retenue pour les policiers

 

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Hamid Aït Omghar, le petit frère de Lahoucine, habite toujours la maison familiale de la rue de Lassigny, dans le quartier de la Plaine du 7.<br /><br /><br />
Hamid Aït Omghar, le petit frère de Lahoucine, habite toujours la maison familiale de la rue de Lassigny, dans le quartier de la Plaine du 7.

 

 

 

En 2013, l’interpellation de Lahoucine Aït Omghar par trois policiers tournait au drame, dans le quartier de la Plaine du 7. Son frère Hamid, ne décolère pas après le non-lieu qui vient d’être rendu.

Il ne s’en cache pas : cette ordonnance de non-lieu, rendue le 13 mai dernier, Hamid Aït Omghar s’y attendait plus ou moins. N’empêche, ni lui ni ses proches ne sauraient se résoudre à une décision qui clôt l’action publique et donc, l’affaire. La juge d’instruction, dans ses conclusions, explique qu’il n’y a pas lieu de poursuivre les trois policiers mis en examen. Après les faits qui remontent au 28 mars 2013, une information judiciaire avait été ouverte pour homicide et confiée à une juge d’instruction du tribunal correctionnel de Béthune.

D’emblée, les policiers avaient expliqué avoir agi en état de légitime défense. Ce que la famille du défunt conteste de toutes ses forces, appuyée par le collectif « Urgence ! Notre police assassine ! ». « C’est le pot de terre contre le pot de fer, juge Hamid. D’emblée, on a vu de quel côté penchait la juge. J’ai la haine, j’ai la rage, on ne va rien lâcher. »

Les mots sont durs, à la mesure de la blessure toujours vive de la famille qui a prévu de faire appel. Et devrait continuer à faire du bruit dans l’espoir de se faire entendre : « On envisage d’organiser un rassemblement devant le tribunal de Béthune à la rentrée. Ou peut-être une marche dans Montigny. Ce qui est sûr, c’est que c’est un combat de longue haleine. » Le 16 juillet 2015, la famille avait déjà âprement bataillé pour pouvoir obtenir une reconstitution. L’affaire met en tout cas deux ténors du barreau face à face. Si, pour la partie civile, la famille de Lahoucine Aït Omghar a eu recours aux services du cabinet de maître Dupond-Moretti, c’est Franck Berton qui est chargé de la défense des trois policiers mis en examen.

Rappel des faits : 

 

 

 

source : http://m.lavoixdunord.fr/region/affaire-lahoucine-la-legitime-defense-retenue-pour-les-ia34b0n3630983#.V4bAmgD4yK0.facebook