(Colmar) Une personne « détenu » par la police a été tué par un gendarme

Leur titre : « 1 gendarme a tué par balle un détenu pendant son transfèrement dans des circonstances floues »

C’est un homme de 23 ans qui été détenu qui a été tué par balle par un gendarme, mardi après-midi sur l’autoroute A35 près de Colmar, dans des circonstances encore floues, alors qu’il était en cours de transfèrement vers un juge d’instruction.

En détention provisoire à la prison de l’Elsau à Strasbourg, il devait être entendu par un magistrat de Colmar, dans le cadre d’une affaire de vols à main armée commis en mai dans un établissement de restauration rapide de la ville haut-rhinoise.

Le détenu a été touché d’une balle à la tête après l’immobilisation sur la bande d’arrêt d’urgence du véhicule de transfèrement, dans des circonstances qui restent à éclaircir, a précisé à l’AFP le procureur de la République de Colmar Bernard Lebeau, qui s’est rendu sur place.

D’après les premiers éléments, «le détenu a commencé à s’agiter» alors qu’il était transféré sous escorte de la prison de l’Elsau vers le bureau d’un juge d’instruction colmarien.

Un gendarme adjoint volontaire conduisait le véhicule et une gendarme sous-officier se trouvait à côté de lui à l’arrière, a précisé le procureur.

Le conducteur a alors «stoppé le véhicule et à partir de là, on est dans le flou, il semblerait qu’il y a peut-être eu un début de bagarre et un coup de feu est parti», a expliqué le procureur, ajoutant qu’il avait saisi de l’enquête l’inspection technique de la gendarmerie nationale.

Selon une source proche du dossier, le jeune homme aurait tenté de se saisir de l’arme de service de la gendarme.

Une grande tache de sang était visible sur la chaussée à proximité du véhicule, laissant supposer que le coup de feu avait été tiré en dehors de la voiture, selon un journaliste sur place.

Les deux gendarmes qui se trouvaient dans le véhicule, une Clio, ne pésentaient «a priori» pas de blessures, a indiqué le parquet.

Avant sa mise en examen pour vols à main armée, le détenu n’était connu de la justice que pour des méfaits mineurs.*

Source : http://www.liberation.fr/societe/2014/08/26/un-detenu-tue-par-un-gendarme-pres-de-colmar-lors-de-son-transferement_1087344

Tribune libération du 18 aout 2014 du collectif 8 juillet

TRIBUNE

Combien de familles endeuillées, de personnes mutilées attendent que la
justice reconnaisse le tort qui leur a été fait, pour finalement se voir
signifier un non-lieu ou une relaxe ?

Il y a cinq ans, le soir du 8 juillet 2009, à Montreuil, la police nous a tiré
dessus au flash-ball. Nous avons été touchés à l’épaule, à la clavicule, à la
nuque, au front. Joachim, lui, a perdu un œil. La procureure avait requis le
renvoi devant la cour d’assises d’un des trois policiers mis en examen et un
non-lieu pour les deux autres. La juge d’instruction a finalement renvoyé les
trois policiers devant le tribunal correctionnel.
Si ces derniers vont comparaître devant les tribunaux, ce n’est pas la règle.

Combien de familles endeuillées, de personnes mutilées attendent que la
justice reconnaisse le tort qui leur a été fait, pour finalement se voir
signifier un non-lieu ou une relaxe ?

Dans les quartiers, tout le monde connaît une ou plusieurs histoires d’une
famille qui a perdu un fils et qui n’a reçu de la part de la justice que
mépris et humiliation. Combien de personnes mutilées par un tir de flash-ball
ont vu leur agresseur comparaître devant les tribunaux ? Deux sur trente-six,
exactement. Combien parmi elles ont vu leur agresseur condamné ? Une seule.

Le procès qui s’annonce est trop rare pour que la partie civile ne
s’élargisse, au moins symboliquement, aux autres victimes de la police et
laissés-pour-compte de la justice.

Ce que certains appellent la hogra, ce mélange de silence et de déni de
justice qui entoure les crimes policiers, s’élabore à différents niveaux de la
société. Ce sont par exemple les policiers qui produisent de faux témoignages.
La police des polices – Inspection générale des services (IGS), Inspection
générale de la police nationale (IGPN) – et le juge d’instruction qui
enquêtent à décharge des policiers.

Le procureur qui requiert un non-lieu et le juge d’instruction qui le
prononce.

Le préfet qui transforme la victime en coupable à travers un communiqué de
presse mensonger, et les médias qui le relaient sans contre-enquête.

Le maire qui encourage la famille à ne pas manifester et l’enjoint à s’en
remettre à la justice.

L’avocat qui réclame des honoraires ruineux à une famille modeste, et délaisse
le dossier pendant des années.

Tout au long de notre procédure, pendant cinq ans, nous avons rencontré de
nombreuses personnes en prise avec la police et la justice.

A partir de leurs histoires et de la nôtre, nous voudrions montrer comment un
non-lieu s’élabore, mais aussi comment la mobilisation et la médiatisation
autour d’une affaire peuvent influer sur le cours ordinaire de la justice.

La police. Dans notre cas, comme à leur habitude, les policiers mis en cause
et leurs collègues ont menti sur le déroulement des faits. Malheureusement
pour eux, des habitants du quartier ont assisté à la scène. Sous la pression
de la rue et des médias, l’IGS a recueilli leurs témoignages. Tous
contredisent la version des policiers. A partir de là, il devenait très
difficile pour les magistrats de les disculper. Mais, nous le savons, si aucun
témoignage n’était venu contredire les policiers, notre parole contre la leur,
ils l’auraient emporté et nous aurions accusé un non-lieu.

La police des polices. Si elle n’est pas soumise à une forte pression, elle
enquête le plus souvent en faveur des policiers, quand elle ne produit pas des
faux.

On peut citer l’exemple de Wissam, tabassé par une dizaine de policiers le
soir du 31 décembre 2011 à Clermont-Ferrand. Il décède après neuf jours passés
dans le coma. Les photos de Wissam prises juste après les faits vont être
frauduleusement remplacées par des photos prises à la fin de sa période de
coma. Sur ces photos, les traces de coups et de strangulation sont estompées.
La famille s’aperçoit du subterfuge et le signale au juge d’instruction. Quand
le juge se décide à saisir l’ordinateur et l’appareil photo de l’IGPN, il
s’aperçoit qu’ils ont été reformatés.

Les magistrats. En ce qui nous concerne, une fois le scandale retombé, le
second juge d’instruction a discrètement commandé deux expertises techniques
visant à disculper les policiers. Lesdits experts se sont employés à démontrer
que les traces de flash-ball sur nos corps n’en étaient pas. C’est sur cette
base manifestement faussée que le procureur sollicitera un non-lieu pour deux
des policiers mis en examen. Au regard de nos observations, la dernière juge
d’instruction ne suivra pas les conclusions des expertises. Il faudrait faire
l’inventaire des descriptions d’experts, qui mettent en doute les faits et
permettent aux juges de prononcer des non-lieux sous couvert de science.

Les magistrats encore. Une décision de justice est fonction d’un rapport de
force qui est d’emblée en faveur des policiers.

On peut citer l’exemple de Lahoucine, assassiné, le 28 mars 2013, de cinq
balles dans le corps tirées par trois policiers alors qu’il rentrait chez lui.
A sa demande, la famille est reçue par le juge d’instruction qui lui dit :
«N’attendez rien, il y aura un non-lieu. Pour moi, les policiers étaient en
légitime défense car Lahoucine possédait une paire de ciseaux.» Quel rapport
entre un homme avec une paire de ciseaux et trois policiers qui lui tirent
cinq balles dans le corps à bout portant ? Aucun. Rien de commensurable. Mais
sans une forte mobilisation, cette paire de ciseaux suffira à justifier la
mort de Lahoucine.

Les faux témoignages des policiers, les enquêtes à décharge de la police des
polices, les soustractions de preuves, les expertises partisanes ne sont que
quelques exemples de la manière dont l’impunité policière se fabrique et se
perpétue.

Dans notre histoire, si la vérité n’apparaît pas dans les témoignages des
policiers, elle ressort, banale et répugnante, au détour d’une communication
radio entre policiers, enregistrée et portée au dossier. En se rendant sur les
lieux, l’un des policiers dit : «On arrive sur le stand de tir.» Il faut se
répéter deux fois cette phrase pour y croire et mesurer sa violence au regard
des actes qui l’ont accompagnée. «On arrive sur le stand de tir.» Ces quelques
mots révèlent l’état d’esprit dans lequel étaient les policiers le soir du 8
juillet, quand ils nous ont tiré dessus au flash-ball.

A quoi font-ils référence ? A une séance d’entraînement, à un concours
sportif, à un jeu de fête foraine ?

Tout cela à la fois, sûrement. Qu’étions-nous pour les policiers qui nous ont
tiré dessus ? Des silhouettes en carton ? Sauf que les cibles n’étaient pas
dessinées sur nos torses mais sur nos visages. Le gagnant du soir partait
favori. Le policier qui a éborgné Joachim était champion de France de tir. En
plein dans le mille.

Le procès qui s’annonce touche, lui aussi, en plein dans le mille. Il aura
lieu en Seine-Saint-Denis, au tribunal de grande instance de Bobigny. Il nous
permettra de mettre en lumière les violences policières dans les quartiers
populaires, ainsi que le silence et le déni de justice qui les entourent. Il
nous permettra aussi de faire le procès du flash-ball, et de toutes les
nouvelles armes dont la police se dote pour frapper, blesser, mutiler les
corps.

http://collectif8juillet.wordpress.com/

Le COLLECTIF 8 JUILLET

Source :

http://www.liberation.fr/societe/2014/08/18/flash-ball-en-plein-dans-le-mille_1082701

Livre sur les crimes policiers en France, à parraitre et à soutenir :  » Permis de tuer » ( Collectif angle mort/ Edt. syllepse )

L’année 2013 a vu se multiplier les commémorations de la marche pour l’égalité et contre le racisme de 1983,
initiée en réaction à lamultiplication des crimes racistes et sécuritaires.
Pourtant, trente ans après, les morts dans les commissariats, entre les mains de la police ou sous les balles des forces de l’ordre n’ont pas cessé.
Enfin, l’impunité dont bénéficient les auteurs de ces crimes continue de leur être assurée par la justice.

Ce livre propose une série d’enquêtes, d’analyses et d’entretiens sur des affaires récentes et sur le combat menée par les proches et les familles des victimes pour obtenir la vérité et la justice sur ces morts.
L’ouvrage donne la parole à ces familles et livre une série d’analyses sur le racisme d’État, l’impunité judiciaire dont bénéficient les violences et les crimes policiers.
Il tente également d’offrir des pistes pour s’organiser contre la «présomption de légitime défense » accordée à la police, contre la propagande médiatique,
contre l’oubli qui permet à ces crimes de se reproduire depuis des dizaines d’années contre les habitants des quartiers populaires désignés comme l’ennemi intérieur.

En pleine offensive islamophobe, dans un contexte de montée de l’extrême droite et de radicalisation à droite de l’ensemble du champ politique, ce livre vient apporter un éclairage sur le fonctionnement de la police et de la justice française du point de vue de ceux qui les subissent.
On pourra notamment lire un entretien avec Farid El Yamni, frère de Wissam El Yamni, mort le 1l janvier 2012, à la suite de son interpellation violente par une dizaine de policiers.
Un autre avec Amal Bentounsi, la soeur d’Amine Bentounsi, abattu d’une balle dans le dos le 21 avril 2012, à Noisy-le- Sec.

Amal Bentounsi fait par ailleurs l’objet d’une plainte du ministère de l’intérieur pour diffamation.

Le Parti des Indigènes de la République et la Brigade Anti-Négrophobie livrent pour leur part une analyse du racisme d’État et de la persistance des crimes policiers et des agressions islamophobes dans le contexte actuel.

Nous nous tenons à la disposition des libraires qui souhaitent diffuser ou faire la promotion du livre.

Parution : septembre 2014
Prix : 10 €
Pages : Format : 115 x 190
ISBN : 9782849504277
Code Sodis : S547722
Collection : Arguments et Mouvements
Rayon : Politique
Points forts et mots clés : Police, Justice, Violence

Éditions Syllepse
69 rue des Rigoles
75020 Paris
edition@syllepse.net
www.syllepse.net

Montgeron (Essonne) : La police tue

Un homme à été tué mardi 29 juillet 2014 par la police rue du Moulin de Senlis à Montgeron (Essonne). Son décès fait suite à un tir de policier.

Des policiers municipaux et nationaux intervenaient suite à une intervention concernant un tapage nocturne de quelques personnes dans le secteur.

« le policier national était à terre et a fait usage de son arme. Manifestement le policier était en état de légitime défense, il était à terre… », indique le maire sur France Info. L’homme est décédé sur le coup, d’une balle en plein thorax.

Le syndicat de police Alliance tout comme le maire de la commune avancent leurs propres conclusions avant même la fin de l’audition du policier :
- Le maire dénonce « une zone de non-droit ».
- Thierry Mazé, secrétaire régional du syndicat de police Alliance ajoute « Il ne s’agit en aucun cas d’un dérapage ou d’une bavure policière. Il y a certes cette fin tragique, mais c’était une intervention délicate et dangereuse où les policiers sont tombés face à un homme déterminé. Même s’il faut rester extrêmement prudent puisqu’une enquête interne [de l’Inspection générale de la police nationale] a été ouverte. »

Ces déclarations publiques n’ont qu’une seule conséquence : mettre un coup de pression pour écarter toute responsabilité de la police quand cette dernière tue.

L’homme abattu est de nationalité roumaine, âgé d’une quarantaine d’année.

« Le policier s’est senti menacé, il a tiré »

Pourtant, la légitime défense ne se fait pas que sur des préjugés et n’est envisageable que pour des réponses proportionnées en acte. On peut se demander si la « légitime défense » aurait été envisagée, tout comme le fait de tirer, si l’homme avait été d’une autre nationalité et d’une autre classe sociale [1].

On a donc plusieurs policiers sur-armés (et pas que d’arme à feu) face à un homme avec un tesson de bouteille, tué d’une balle… . Chacun se fera son idée de quand et comment la police tue et revendique avec assurance la légitime défense…

source : Article avec quelques reprises de France info et du Parisien sur https://paris-luttes.info/montgeron-essonne-la-police-tue

Mort d’un jeune de 21 ans après une décharge de Taser à Orléans : une information judiciaire ouverte

La procureure de la république d’Orléans l’a annoncé mercredi aux parents de la victime. Une information judiciaire va être ouverte après la mort de Loïc Louise. Ce jeune réunionnais de 21 ans qui étudiait à Orléans est mort après avoir reçu une décharge de taser en novembre dernier.

Une information judiciaire va être ouverte pour homicide involontaire après la mort de Loïc Louise. La procureure de la République d’Orléans l’a annoncé ce mercredi matin aux parents de la victime après les avoir reçus pendant deux heures dans son bureau. Le couple a parcouru 11.000 kilomètres en avion pour rencontrer la magistrate et être informé de l’enquête. Loïc Louise, c’est ce jeune Réunionnais de 21 ans, étudiant à Orléans, qui est décédé après avoir reçu une décharge de Taser le 3 novembre dernier à la Ferté-Saint-Aubin. Ce jour là, la soirée, très arrosée, avait dégénéré et les gendarmes avaient été appelés pour une bagarre entre la victime et ses cousins.

Un juge d’instruction va être nommé
L’autopsie menée sur le corps du jeune homme a conclu à une mort par étouffement suite à un arrêt cardio-respiratoire. Le Taser n’est pour l’instant pas directement mis en cause. De leur côté les gendarmes ont toujours dit que son usage avait été nécessaire pour calmer le garçon, violent ce soir là. Les parents de la victime ne croient pas à cette version, pour eux et leur avocat il reste des investigations à mener. L’avocat parle aujourd’hui de non-assistance à
personne en danger, selon lui les gendarmes auraient dû davantage s’inquiéter de l’état de santé du garçon après qu’il a reçu la décharge électrique. C’est aussi pour en savoir plus sur ce drame qu’un juge d’instruction va être nommé.

en date du 07 août 2014
Source : http://www.francebleu.fr/faits-divers/taser/mort-d%E2%80%99un-etudiant-apres-une-decharge-de-taser-une-information-judiciaire-ouverte-1694517