Qui sont les 510 personnes tuées par la police américaine en 2016 ?

Une manifestation contre les violences policières à New York, le 7 juillet 2016.

Une manifestation contre les violences policières à New York, le 7 juillet 2016.

YANA PASKOVA / AFP

Après la nouvelle mort d’un Afro-américain non armé en Louisiane, ce sont plus de 500 personnes qui ont été tuées par la police américaine, dont 123 Noirs (27,3 % de tous les morts) et 235 Blancs (52,3 %). Ces statistiques sont en décalage avec la proportion de ces deux groupes dans la population, respectivement 12,6 % et 63,7 % des 320 millions d’Américains en 2010. De la même manière, les victimes hispaniques sont plus présentes : 79 morts (17,6 %) pour 8,7 % de la population américaine.

Les afro-américains plus présents parmi les victimes que dans la population
Ce graphique représente les proportions des « groupes ethniques » au sens américain du terme, d’une part parmi les victimes de la police, et d’autre part parmi la population totale.
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En reprenant le décompte des journalistes du Washington Post pour l’année 2016, parmi les victimes de la police, la proportion d’hommes et écrasante (95 % pour 5 % de femmes).
Placées sur l’ensemble du territoire américain, ces morts ne semblent pas répondre à une logique géographique : elles sont réparties également dans l’ensemble des États.

Voir plus sur http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/07/08/en-2016-la-police-americaine-a-tue-510-personnes_4966266_4355770.html#2S03sBozEyGthW1h.99

Interrogations après la mort d’un Noir américain, abattu par la police

 Une enquête fédérale a été ouverte mercredi soir après le décès d’Alton Sterling à Bâton Rouge, en Louisiane. La police explique que le suspect, accusé d’avoir menacé un individu, a essayé de se débattre et était en possession d’une arme.

Comme une triste ritournelle. La tension et les interrogations dominent quelques heures après une interpellation ayant abouti au décès d’un suspect en Louisiane, état du sud des États-Unis. Une centaine de manifestants se sont réunis mardi à Bâton Rouge pour protester après la mort, dans la nuit de lundi à mardi, d’Alton Sterling, un Noir américain de 37 ans, abattu lors de son arrestation. En réaction, une enquête fédérale a été ouverte ce mercredi soir. «Le principal organe chargé de l’enquête sera la division des droits civiques du ministère de la Justice, assistée du bureau du procureur de la Louisiane et du FBI», a annoncé aux médias John Bel Edwards, le gouverneur de cet Etat méridional.

L’intervention de la police, qui a été filmée par un passant sur smartphone et mise en ligne sur internet, a été motivée par un appel anonyme passé vers minuit par un individu non identifié. Ce dernier expliquait qu’un homme, vêtu d’un tee-shirt rouge, vendant des CD devant un magasin, l’avait menacé avec une arme à feu. Une patrouille composée de deux policiers s’est rendue sur les lieux mais, «suite à une altercation avec le suspect, un des fonctionnaires a tiré sur Alton Sterling» a précisé la police qui a placé les agents concernés en congé administratif, comme le veut la procédure.

Les caméras des policiers qui servent à filmer leurs interventions seraient tombées durant la lutte et n’ont donc pu enregistrer les événements ( comme par hasard !! )

 La vidéo diffusée sur le net montre un des policiers ordonnant à Alton Sterling de se mettre à terre. Le père de cinq enfants est ensuite empoigné par la taille par le deuxième policier qui le plaque contre un capot de voiture avant de l’allonger sur le sol en lui bloquant les jambes tandis que son collègue s’agenouille, à la hauteur de la tête du suspect, pour lui prêter main-forte. Un des policiers retient un des bras d’Alton Sterling. Quelques instants plus tard, l’un d’entre eux s’écrie: «Il a un flingue». Avant de dégainer son arme de service et de tirer à bout portant sur Alton Sterling, touché à la poitrine et au dos.

«Une vidéo troublante»

Le propriétaire du magasin devant lequel gisait le corps d’Alton Sterling a confié à la télévision locale que la patrouille s’était montrée «agressive». Le premier policier aurait fait usage de son taser sur le vendeur de CD pour que son collègue puisse le maîtriser. Mais Alton Sterling s’est débattu pour désarçonner le policier qui le ceinturait. Quelques secondes plus tard, le premier policier ouvre le feu «à quatre ou six reprises». Le propriétaire a ensuite vu les agents de police retirer un revolver de la poche du suspect qui, au moment de son interpellation, ne semblait donc pas brandir une arme dans sa main.

 

Source : http://www.lefigaro.fr/international/2016/07/06/01003-20160706ARTFIG00100-interrogations-apres-la-mort-d-un-noir-americain-abattu-par-la-police.php

( Etats-Unis ) Indignation après la mort d’Alton Sterling, un Noir abattu par un policier américain

 

Sur ce document, ne montrant pas toute la séquence des faits, l’homme semble refuser d’obtempérer aux policiers, qui lui ordonnent de se mettre au sol. L’un des agents le plaque alors, son collègue l’aidant à tenter de le maîtriser par terre. « Il est armé! », entend-on quelqu’un crier. Les deux policiers dégainent alors leur arme et plusieurs détonations retentissent.Comme le confirme la page Facebook des autorités de Baton Rouge, l’un des deux officiers présents a tiré plusieurs balles, infligeant des blessures fatales à Alton Sterling, 37 ans. L’homme vendait des CD sur le parking d’un supermarché avant d’être appréhendé.Les policiers ont été mis en congé administratif le temps qu’une enquête interne soit menée, tandis que les autorités fédérales américaines vont ouvrir une enquête. « Le principal organe chargé de l’enquête sera la division des droits civiques du ministère de la Justice, assistée du bureau du procureur de la Louisiane et du FBI », a déclaré le gouverneur de l’Etat de Louisiane en conférence de presse.Les tirs ont eu lieu à 00h35, mardi (heure locale). La police avait été appelée sur les lieux après un appel anonyme d’une personne disant qu’elle avait été menacée par un homme ayant un pistolet, selon un communiqué des forces de l’ordre. »Une altercation a suivi entre Sterling et les agents. Sterling a été abattu au cours de l’altercation et est décédé sur place », a écrit la police sur Facebook. Les deux agents ont été suspendus temporairement, conformément à « la procédure en vigueur », a précisé la police.La mort de Sterling a soulevé une vague d’indignation sur twitter et dans les rues de Baton Rouge, ou des manifestations spontanées ont éclaté pendant la nuit. Parmi les phrases reprises par les manifestations, le célèbre « Hands up, don’t shoot » en référence à l’histoire de Michael Brown, un jeune noir américain dont la mort avait provoqué d’importantes manifestations dans la ville de Ferguson (Missouri).La mort d’Alton Sterling est un « lynchage légal. La justice doit l’emporter. #Outré », s’est indigné le révérend Jesse Jackson, célèbre militant américain pour les droits civiques, dans le tweet ci-dessous:

Un élu démocrate du Congrès représentant un district de la Louisiane, Cedric Richmond, a lui appelé le ministère de la Justice à mener une enquête « complète et transparente » dans un communiqué. »Il n’a même pas eu une chance », s’est désolée mercredi la tante d’Alton Sterling, Sandra Sterling, sur CNN.« Si cette personne n’avait pas été là pour filmer cette vidéo sur un téléphone portable, on ne saurait rien aujourd’hui », a-t-elle poursuivi. Ses proches ont appelé les manifestants à garder le calme.La mort de plusieurs hommes noirs, tués par la police aux Etats-Unis ces dernières années, a avivé les tensions raciales et suscité de nombreuses manifestations qui ont parfois dégénéré en émeutes.

 

Source : http://www.huffingtonpost.fr/2016/07/06/alton-sterling-abattu-par-un-policier-americain_n_10831332.html

( Bresil ) UN ADO NOIR ABATTU DANS UNE FAVELA DE RIO : LA POLICE À NOUVEAU POINTÉE DU DOIGT

Diego Francisco

À moins d’un mois du lancement des Jeux olympiques, la tension monte dans les favelas de Rio de Janeiro. La mort d’un adolescent noir de 16 ans dans l’un des quartiers nord de la ville, jeudi 30 juin, a suscité la colère des habitants qui accusent la police. Des manifestations ont dénoncé les bavures policières dans les favelas, notamment à l’encontre des jeunes Noirs.

Selon les témoignages de plusieurs habitants du quartier relayés par la presse brésilienne, Jhonata Dalber Mattos Alves, faisait des courses pour sa famille quand un policier l’a abattu d’une balle dans la tête, confondant le sac de pop-corn qu’il tenait dans les mains avec de la drogue ou une arme. Une version très vite démentie par la police, qui explique que le jeune homme est décédé à la suite d’un échange de tirs entre plusieurs bandits et des policiers, sans préciser qui lui avait tiré dessus.

Chargée de l’enquête, la Division des homicides (DH), organe de la police d’État chargé des affaires de meurtres, a affirmé ne pas voir retrouvé d’armes pouvant appartenir au jeune garçon ou à un autre tireur sur place. Par ailleurs, aucun des bandits qui aurait été impliqué dans la prétendue fusillade n’a été arrêté, ni identifié. Selon le responsable de la DH, Fabio Cardoso, les investigations continuent pour déterminer s’il y a vraiment eu échange de tirs et si Jhonata était impliqué dans celui-ci.

Si les circonstances de sa mort restent floues, la colère des habitants est bien réelle. Sur les réseaux sociaux, une vidéo montrant la scène qui a suivi les tirs a été publiée et commentée des milliers de fois. Filmée par l’un des résidents du quartier dans la nuit de jeudi à vendredi 1er juillet, elle montre le jeune garçon, inerte et ensanglanté, porté par plusieurs agents en uniforme et armés, puis placé laborieusement à l’arrière d’un véhicule de police sous les cris de colère et de rage des témoins. « Ils ont tué le petit ! », répètent alors plusieurs femmes avant que la voiture ne s’en aille.

Le soir du décès de Jhonata, plusieurs dizaines de personnes ont brûlé des poubelles et vandalisé un bus. Les manifestations se sont poursuivies lundi 4 juillet dans la soirée. Notre Observateur y a pris part.


Manifestation dans les rues du quartier Morro do Borel le soir après le décès de l’adolescent. Photo : page Facebook Conexão Pública.

« Le projet de pacification des favelas est un échec total »

Diego Francisco

L’auteur de la vidéo, Diego Santos, habite dans la favela Morro do Borel.

Je n’étais pas dans la rue au moment des coups de feu. Je les ai seulement entendus. Je ne peux pas dire avec exactitude ce qui s’est passé, mais ces coups de feu ne ressemblaient pas à un échange de tirs, c’était plusieurs fois le même son, comme si cela venait d’une seule arme.

Quand je suis sorti, beaucoup d’habitants étaient dans les rues, criaient à la bavure, et s’insurgeaient que ça soit encore un jeune Noir pris pour cible, tandis que les policiers embarquaient le corps du garçon pour le déposer dans la voiture. Comme à leur habitude, ils n’ont même pas pris le temps d’appeler les secours.


Manifestation dans les rues du quartier Morro do Borel après le décès de l’adolescent. Photo : page FacebookConexão Pública.

Jhonata vivait dans le quartier voisin. D’après ce qu’il se dit ici, il était venu rendre visite à des proches. Ses amis et sa famille affirment qu’il n’avait rien à voir avec les trafics. Nous en sommes persuadés. À chaque fois que la police tue dans les favelas, elle fait passer ça pour un échange de tirs. C’est toujours le même scénario.

« La confrontation est permanente »

Ces violences font partie de notre quotidien. Pourtant, cela fait depuis 2010 que nous avons dans notre quartier une « unité de police pacificatrice ». Instituée dans les quartiers les plus pauvres, elle devait permettre de reprendre le contrôle sur les groupes qui les contrôlaient. C’était une bonne idée. Mais au lieu de renouer la confiance avec les habitants,cette police a contribué à dégrader la situation. La confrontation est permanente l’approche est restée sécuritaire et répressive, comme si les habitants de favelas étaient perçus comme des ennemis de la société qu’il fallait éliminer.

Prière collective en hommage à Jhonata dans le quartier Morro do Borel lundi 4 juillet.

Ce n’est pas la première fois que le quartier se soulève contre les forces de l’ordre. En 2012, nous avions déjà lancé un mouvement Ocupa Borel pour dénoncer les abus de pouvoir de la police pacificatrice. [À cette époque, plusieurs habitants avaient confié ne plus vouloir sortir de nuit de peur d’être victimes d’une bavure policière, NDLR].

Lundi après-midi, un autre rassemblement a eu lieu dans le centre de Rio, pour dénoncer les crimes envers les jeunes Noirs dans les favelas. Début juin, un enfant noir de 10 ans, qui fuyait la police dans une voiture qu’il venait de voler, avait été tué d’une balle dans la tête par un policier, ce qui avait déjà suscité l’indignation.


Rassemblement dans le centre de Rio pour dénoncer les violences policières envers les habitants des favelas. Photo envoyée par un Observateur.

Selon l’Instituto de Segunrança Publica qui dépend de l’État de Rio et recense les données relatives à la sécurité, 40 personnes ont été tuées par des policiers dans le cadre de leurs fonctions dans la seule ville de Rio de Janeiro au mois de mai. Une augmentation de 135 % comparée à la même période en 2015. Selon Amnesty International, ces bavures touchent surtout de jeunes hommes noirs habitants des favelas ou des quartiers marginalisés.À quelques semaines du lancement des Jeux olympiques, les forces de l’ordre sont par ailleurs au bord de l’implosion. Lundi 4 juillet, pour la deuxième fois en moins d’une semaine, un groupe de policiers a accueilli les touristes avec des banderoles  »Bienvenue en enfer » et « Si vous venez à Rio, vous ne serez pas en sécurité ». Ils dénoncent les retards de paiement de leurs salaires et le manque de moyens pour assurer convenablement la sécurité dans la ville.

Source : http://observers.france24.com/fr/20160705-ado-noir-abattu-une-favela-rio-police-nouveau-pointee-doigt