Famille Saounera (Garges ) : prison ferme et amendes pour la famille qui accuse la police

En octobre la police déboule chez les Saounera pour interpeller l’un des fils. Coups, insultes, lacrymo : la situation dégénère. Vendredi, le père et le fils de la famille étaient lourdement condamnés pour les débordements. Mais pas la police.

Tribunal de Pontoise – A la barre, père et fils attendent le verdict côte à côte. Droit dans son costume de velours, Thierno, 62 ans, les cheveux grisonnant, reste impassible à l’annonce de la condamnation : « 100 jours amende à 10 euros. » En clair payer 1.000 euros ou aller au trou… Au tour du fils, Samba 26 ans : « Coupable pour tous les chefs d’accusations. » La sanction, 4 mois de prison… avec mandat de dépôt. Ce vendredi soir, il dormira en cellule. Stupeur dans la salle. Une seconde plus tard le silence est brisé par les sanglots de sa mère. Puis la tristesse laisse place à la colère : « C’est nous les victimes ! C’est ça la justice française ? » hurle la matrone en boubou jaune. Aux portes de la salle d’audience, elle s’écroule, victime d’un malaise.

COUTEAU? Le 17 octobre, à 6 heures 15, la police se présente à la porte de la famille Saounera pour interpeller Amara, 18 ans – innocenté par la suite. Une simple arrestation qui aurait viré à la « bavure » policière, comme nous le racontaient, quelques jours après les faits , de nombreux témoins. A StreetPress, Kadiatou, la mère avait expliqué avoir été « plaquée contre la porte », « attrapée au cou » puis bousculée et frappée. Dans l’appartement la situation est confuse : les policiers arrosent à coup de lacrymos. L’air devient vite irrespirable, à un point tel qu’un des agents explique à l’audience avoir été tellement aveuglé que ce sont deux collègues qui l’ont « soutenu » pour sortir de l’appartement. « J’ai vu Samba prendre un couteau de boucher », affirme le policier à l’audience, justifiant ainsi l’usage du gaz lacrymogène. Le jeune homme nie. Son frère, Amara, est menotté puis rapidement « exfiltré des lieux ».

Quelques instants plus tard, Samba aperçoit sa mère prostrée sur le sol, en larmes. Son sang ne fait qu’un tour. Il hurle : « Qui a frappé ma daronne ? » et se précipite dans les escaliers. Il dévale les six étages. Au rez-de-chaussée, il se présente face aux policiers, un marteau en main, « trouvé dans les parties communes », explique-t-il au tribunal. Au pied de l’immeuble, son attitude est menaçante – ll ne le conteste pas – et aucun coup n’est porté. Mais les policiers tirent au flash-ball « dans sa direction, sans le toucher », détaille une policière.

ITT Dans la cage d’escalier, c’est le chaos. L’immeuble tout entier résonne des cris de panique. Les portes des appartements de cette tour HLM s’ouvrent les unes après les autres. Sous le regard de ses voisins de palier, Thierno, vêtu d’un simple peignoir, se précipite à la poursuite de son fils Samba. « Je voulais le raisonner », explique-t-il au juge. Il croise plusieurs policiers qui remontent en direction de son appartement. « Ils m’ont mis un coup de poing », affirme-t-il face à la cour, suivi d’un « croche pied » et de plusieurs coups avant d’être menotté. Le fonctionnaire nie les coups et jure au contraire que Thierno l’a poussé « à deux reprises », sans toutefois réussir le faire tomber. La justice retiendra sa version, Thierno est déclaré coupable.

Pourtant aucun des policiers n’est blessé ce jour-là. Le père Saounera, lui, présente au tribunal un certificat de 2 jours d’incapacité totale de travail (ITT), sa femme de 4 jours d’ITT et sa fille de 2. Cette dernière se présente face à la justice, en qualité de témoin. Elle raconte les coups reçus ce matin-là. Des insultes aussi : « Si t’es pas contente, rentre dans ton pays ! » Maître Plouvier, avocat de la famille Saounera, se saisit de l’occasion pour faire glisser les débats sur le comportement des policiers. « Retournez-vous et regardez attentivement. Reconnaissez-vous le policier ? » Sans hésiter Diariatou désigne l’un des agents. Il se lève, droit, mains derrière le dos, impassible tandis que l’avocat dans une envolée lyrique demande le renvoi, au motif de l’absence d’équité.

ENQUÊTE Il n’y aura pas de renvoi. L’audience se poursuit. Les policiers reconnaissent avoir « repoussé, sans doute violement » la jeune femme. Ils nient les insultes. Les trois agents présents sur le banc des parties civiles, écoutent avec sérénité les témoignages accusateurs de la famille Saounera. Et pour cause, l’enquête menée par la commission de déontologie a conclu qu’aucun élément ne permettait de remettre en cause leur comportement. Une procédure des plus légères aux yeux de maître Plouvier :

« Ils n’ont passé que deux coups de fils à des voisins pour leur demander s’ils voulaient bien venir témoigner. »

Dix policiers se sont portés parties civiles. Au titre des dommages et intérêts et des frais de justice, Samba devra verser 150 euros à neuf d’entre eux et 300 euros au dixième. 2.850 euros donc, qui s’ajoutent aux quatre mois de prison ferme. Il avait déjà été condamné 13 fois, notamment pour outrage contre les forces de l’ordre.

Source : http://www.streetpress.com/sujet/127222-bavure-de-garges-prison-ferme-et-amendes-pour-la-famille-qui-accuse-la-police

Journée internationale contre les violences policières

Depuis le 15 mars 1997, des manifestations sont organisés dans les rues de Montréal (…) A nous de l’installer partout en France !

Ensemble arrêtons l’État policier et leur brutalité!!*

Unissons-nous pour dénoncer l’action de la police, pour que les familles de victimes n’est plus à se battre, pour faire entendre la Vérité et que les familles et les victimes obtiennent Justice.

Parce que au delà des innombrables obstacles que rencontre la quête de vérité des familles de victimes, se voir dénigré ou traîné devant les tribunaux après avoir subi la mort d’un proche constitue une ultime offense envers leur dignité et un mépris pour leur désir de justice.

Joignez-vous à nous dans cette lutte qui n’a pas de frontière et qui doit se propager pour la dignité et l’égalité pour tous.

« Nous trouverons un chemin ou nous en ouvrirons un » Hannibal

https://www.facebook.com/events/704933562862632/

urgence-notre-police-assassine@live.fr

www.urgence-notre-police-assassine.fr

*http://cobp.resist.ca/

CONCERT URGENCE LA POLICE ASSASSINE

15 jours avant la commémoration nationale de toutes les victimes de la police, retrouvons-nous pour en discuter, et soutenir Amal Bentounsi
le 1er mars à partir de 18h à la CNT- 33 rue des vignoles Paris 20e
( bar et bouffe sur place/ entrée libre/ appel à participation/ Les fonds récoltés serviront aux prochaines mobilisations )
Procès de Amal Bentounsi : Une tribune pour les familles victimes de crimes policiers !

Le ministre de l’Intérieur a porté plainte contre Amal Bentounsi, la soeur d’Amine Bentounsi tué par la police le 21 avril 2012.
Amal est attaquée parce qu’elle a le courage de dénoncer sans relâche les pratiques violentes de la police à travers son site internet et au moyen d’un projet de clip dénonçant l’impunité policière.
Dans la même dynamique que la commémoration des victimes de crimes policiers, Amal Bentounsi invite toute les familles de victimes de violences et de crimes policiers à prendre la parole lors de son procès qui se tiendra le Lundi 7 avril à 09h au palais de justice de Paris.

Commémoration des victimes de crimes policiers

Depuis 3 ans, des familles de victimes de crimes policiers se réunissent chaque année à la même période afin de rendre hommage à leurs disparus et rappeler les circonstances de leurs morts.
Sans ces mobilisations, on n’entendrait que la propagande des policiers, diffusée par leurs syndicats et les médias. Le but de ce concert comme celui de ces mobilisations est de rétablir la vérité : faire entendre la voix des familles de victimes qui sont contraintes de se battre pour obtenir « réparation » : Vérité et Justice.

Soyons nombreux pour apporter notre soutien aux familles.

http://www.urgence-notre-police-assassine.fr/

Page facebook : https://www.facebook.com/events/611275845592965/?fref=ts

contact mail : urgence-notre-police-assassine@live.fr

Un procès neuf ans après la mort de Zyed et Bouna

Le 27 octobre 2005, Bouna, 15 ans, et Zyed, 17 ans, mouraient électrocutés dans un transformateur EDF à Clichy-sous-Bois. (..) Les deux jeunes gens avaient fui à la vue des forces de l’ordre. Poursuivis, ils s’étaient réfugiés près d’une grosse turbine sur le terrain d’un transformateur EDF, un lieu extrêmement dangereux.
Seul leur ami Muhittin Altun, grièvement blessé, était sorti vivant du site.

Neuf ans après ce drame à l’origine des émeutes de 2005, un procès va enfin avoir lieu cette année à Rennes (Ille-et-Vilaine). En septembre dernier, après moult rebondissements judiciaires, la cour d’appel de Rennes, saisie par la Cour de cassation, a en effet estimé que les deux policiers en cause — l’un se trouvait sur place au moment des faits et l’autre au standard du commissariat — devaient être jugés pour « non-assistance à personne en danger ». On leur reproche de n’avoir pas tout fait pour sauver les adolescents.


Source : Le Parisien en date du 06.01.2014

http://www.leparisien.fr/espace-premium/seine-saint-denis-93/un-proces-neuf-ans-apres-la-mort-de-zyed-et-bouna-06-01-2014-3464923.php

Trappes : mis en examen pour avoir foncé sur des policiers

De violents affrontements se sont produits à Trappes (Yvelines) entre le 19 et 21 juillet après le contrôle jeudi d’une femme intégralement voilée qui a dégénéré.

Un homme de 24 ans a été mis en examen, jeudi à Versailles, pour « tentative de meurtre sur les forces de l’ordre et destruction d’un bâtiment public ».
La justice lui reproche d’avoir, dans la nuit du 20 au 21 juillet à Trappes, foncé sur les forces de l’ordre au volant d’une voiture et d’avoir tenté de mettre le feu au gymnase Mahier.

Ce soir-là, de nouveaux incidents éclatent dans le quartier des Merisiers. Ils font écho aux échauffourées survenues la veille au soir, qui ont opposé policiers et jeunes. A l’origine de cette émeute, l’interpellation du mari d’une femme voilée, qui s’était interposé aux forces de l’ordre lors du contrôle de son épouse. Il avait tenté d’étrangler un fonctionnaire.

Samedi, vers 2 heures du matin, le quartier des Merisiers s’embrase une nouvelle fois. Des pétards et des fusées de feu d’artifice sont tirés en direction des policiers. Des poubelles sont incendiées. Des voitures et du mobilier urbain sont vandalisés. Les policiers de la brigade anticriminalité (Bac) voient un groupe qui met le feu à des conteneurs poubelles près du gymnase. Ils interviennent, mais les incendiaires prennent la fuite en voiture. « Par deux fois, la Renault Clio fonce sur des barrages de police dans le secteur des Merisiers et dans le square de la Commune avant de prendre la fuite », indique une source proche du dossier.

Domicilié à Vélizy

Les enquêteurs déploient d’importants moyens d’investigation et parviennent à identifier un suspect. « Ce jeune homme est originaire d’une famille bien connue du square Léo-Lagrange, précise une source proche de l’affaire. Il a déjà des antécédents en matière d’agression des forces de l’ordre. »

Mercredi matin, il a été interpellé à son domicile de Vélizy. Placé en garde à vue commissariat de Trappes, il a nié toute implication mais se serait contredit.

source : Le Parisien