« Affaire Boukrourou : la France condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme »

 

La Cour européenne des droits de l’Homme a condamné ce jeudi 16 novembre, la France pour les traitements inhumains et dégradants infligés par 4 policiers à une personne atteinte de troubles psychiatriques, mort d’une défaillance cardiaque dans un fourgon de police fin 2009 à Valentigney (Doubs).
Les agents de police avaient été appelés par un pharmacien, inquiet de « l’état d’énervement extrême » de Mohamed Boukrourou, ressortissant marocain de 41 ans, qui protestait contre la qualité des médicaments vendus et souffrait de problèmes psychiatriques. L’homme avait été conduit de force dans un fourgon, où les policiers l’avaient maîtrisé en se plaçant sur ses épaules, ses mollets et ses fesses, après l’avoir attaché à une partie fixe de l’intérieur du véhicule.
Malgré l’intervention des sapeurs-pompiers et d’un médecin urgentiste, prévenus rapidement par les policiers, Mohamed Boukrourou était décédé d’une défaillance cardiaque, favorisée par son état de stress et d’agitation, avaient conclu les expertises médico-légales.

Les juges de la CEDH ont estimé que les policiers, n’ayant pas connaissance des antécédents cardiaques de M. Boukrourou, « ne pouvaient pas envisager l’existence du danger encouru » par celui-ci. En outre, « la demande rapide d’assistance des policiers (…) permet d’exclure tout manquement quant à leur obligation de protéger la vie de Mohamed Boukrourou », ont-t-il affirmé. Toutefois, « deux coups de poings » portés au plexus de M. Boukrourou lors de son évacuation de la pharmacie et le maintien « sur le ventre » et « avec 3 policiers debout et pesant de tout leurs poids sur les différentes parties de son corps » ont eu pour effet « d’amplifier l’agitation et la résistance de M. Boukrourou »,
a expliqué la CEDH. « Ce traitement, infligé a une personne vulnérable (…) n’était ni justifié, ni
strictement nécessaire », ont estimé les juges. Par conséquent, « ces gestes, violents, répétés et inefficaces (…) sont constitutifs d’une atteinte à la dignité humaine ».

La CEDH a condamné l’État français à verser de 4.000 à 6.000 euros pour dommage moral aux requérants, 6 membres de la famille de Mohamed Boukrourou.

La Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) avait estimé, dans
un rapport en décembre 2011, que la police avait fait un « usage disproportionné de la force » lors de l’interpellation de Mohamed Boukrourou. Mais en 2013, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Besançon avait confirmé le non-lieu pour les policiers mis en cause pour homicide involontaire.
Source : AFP

 

Marche commémorative Babacar Gueye #3

STOP AUX VIOLENCES ET AUX CRIMES POLICIERS

3 décembre 2015 : 4h du matin dans un immeuble de Maurepas à Rennes. Une crise d’angoisse, un appel aux secours. 8 policiers arrivent dont 4 agents de la BAC, armés d’un taser, de deux matraques téléscopiques et d’armes létales. En quelques minutes, Babacar Gueye, en pleine crise d’angoisse se mutile avec un couteau,et meurt sous les balles d’un agent de la BAC. 5 au total. Cela fait 2 ans. 2 ans que ceux qui l’aimait ont rejoint le douloureux combat des familles de victimes de crimes policiers. Babacar Gueye avait 27 ans et la vie devant lui.

Ceux qui le connaissaient se souviennent de son sourire, de son rire, de sa sensibilité, de sa bonté, de son amour de l’autre.
Ils savent que si Babacar est mort, c’est parce qu’il était noir, et ils se posent la question : si tout cela s’était passé dans un quartier riche comme le Thabor et non dans un des quartiers les plus pauvres de la France hexagonale, que se serait-il passé ?
Ils savent que cette société, où la police tue chaque année une dizaine de noirs, arabes et autres non-blancs, ils n’en veulent pas.
Ils savent que personne ne mérite de mourir sous les balles de la police.
Personne.
Ils savent que trop de frères, fils, pères, maris, oncles, neveux, cousins, amis partent trop tôt sans que justice soit faite.
Ils savent qu’aujourd’hui, tout le monde est concerné, car c’est le problème de la société toute entière.

Aujourd’hui, la famille et les amis de Babacar ne lâchent rien. Après 15 longs mois d’attente et la négligence de l’ancien avocat, une enquête a été ouverte en mars dernier.

En occupant la rue ensemble, montrons notre soutien à Awa, à toute la famille Gueye et aux proches de Babacar.

FACE A LA MORT NOUS SOMMES IMPUISSANTS.

FACE A L’INJUSTICE NOUS SOMMES DÉTERMINÉS

VENEZ MARCHER LE 2 DÉCEMBRE POUR BABACAR

ON N’OUBLIE PAS ON NE PARDONNE PAS

#JusticeEtVéritéPourBabacarGueye

https://www.facebook.com/veritepourbabacar/

EN SOUTIEN A LA FAMILLE DIENG

 TEE SHIRT DE L’ASSOCIATION EN SOUTIEN A LA FAMILLE DIENG  :

Ces dix ans de combat et de procédure ainsi que l’organisation de la journée de commémoration des dix ans de la mort de Lamine ont engendré de nombreux frais. Vies volées en appelle à la solidarité de toutes et tous afin d’aider la famille Dieng à y faire face.

( Vérité et Justice pour Lamine Dieng ) Lamine DiengCollectif Vies Volees

 tee shirt Libre lucha EN VENTE SUR :

http://www.bboykonsian.com/shop/T-shirt-Libre-lucha-Noir_p1440.html

 

Il y a aussi un POT COMMUN EN LIGNE : https://www.lepotcommun.fr/pot/ed4qclxq

Forum Justice à la mémoire de Wahid Hachichi Samedi 28 octobre 2017 à Vaulx-en-Velin

En hommage à Wahid Hachichi, Lahouari Ben Mohamed, Thomas Claudio, Adama Traoré et TOU-TE-S les autres

Samedi 28 octobre 2017 à Vaulx-en-Velin, salle des Amphis, rue Pierre Cot, se tiendra une rencontre publique avec des acteurs et actrices des luttes historiques des quartiers populaires, ponctuée de débats et de créations artistiques.

Cette soirée, où se mêleront interventions, films, débats, spectacles, expositions, a pour but de sensibiliser les jeunes générations sur les questions de valorisation des mémoires vives et vivantes des luttes citoyennes contre les discriminations, et pour la justice sociale, à Vaulx-en-Velin depuis plus de 30 ans.

L’action est destinée à tous ceux qui veulent bien admettre que le souci de justice a d’autres exigences que le rabâchage d’idées toutes faites. Cet événement est un effort collectif de transmission d’un héritage et de maintien des valeurs, un moyen de rétablir la mémoire, de restituer l’authenticité des faits. Si les luttes et les mobilisations ont pu contribuer à supporter un traumatisme subi, après des faits de discriminations, un drame, une injustice, la perte d’un être cher, ce besoin de résilience, et la nécessité de rentrer dans un processus de réparation, porte peu à peu les victimes à ne plus être des témoins passifs, mais bien les protagonistes de leur propre histoire.

Par une approche mémorielle, nous vous invitons à un programme qui entre en résonance permanente avec l’actualité et la création :

– Retour sur le Forum justice organisé à Vaulx-en-Velin par Wahid Association le 28 octobre 1983, un an après le meurtre de Wahid Hachichi, forum qui avait accueilli une délégation de la Marche pour l’égalité et contre le racisme à la veille de l’étape lyonnaise. Un hommage sera aussi rendu aux marcheurs décédés récemment (dont Bouzid Kara et Farid Arar).

– Rappel de l’action des mères regroupées au sein de l’Association nationale des familles des victimes de crimes racistes ou sécuritaires, appelées les « Folles de la place Vendôme », initiative devant le ministère de la justice en 1984, pour exiger notamment des réquisitions ferme à l’encontre des meurtriers de leur enfant, ou encore le désarmement des tenants de « l’auto-défense ».

– Participation de membres de l’ex-troupe de théâtre des Flamants (Marseille), racontant les circonstances du meurtre de Lahouari Ben Mohamed, tué lors d’un contrôle routier par un CRS le 18 octobre 1980, et présentation de « La Gâchette facile », livre-enquête sur ce meurtre, publié par le jeune frère, Hassan Ben Mohamed, en 2015.

– Itinéraire et représentation d’une création originale par le frère de Wahid, Samir Hachichi, issu de la troupe Traction Avant (Hip Hop, danse contemporaine) dans les années 90, spécialement conçue pour le 28 octobre. Il sera accompagné de musiciens palestiniens.
– De l’affaire Thomas Claudio à Vaulx-en-Velin, jusqu’au drame d’Adama Traoré, dont la famille présentera le bilan des avancées de l’enquête, nous ferons le point sur les différentes méthodes de luttes, les résultats obtenus du fait d’enquêtes indépendantes et les rapports de travail avec les avocats, des affaires qui ont abouti à des résultats tangibles, les créations portées par les proches des victimes…

L’événement a pour ambition de dégager les grandes lignes du débat et d’avancer de nouveaux éléments pour mobiliser et engager différents groupes sociaux porteurs de mémoire, issus notamment des quartiers populaires, dans une dynamique de partage des histoires communes.

Loin des dénonciations abstraites, nous vous invitons pour penser à ce devoir de transmission, mais aussi pour tracer de nouvelles perspectives de luttes et d’actions, que nous souhaitons voir émerger à l’aune de l’événement du 28 octobre 2017…

W.A.H.I.D. Association.

 

Source : https://quartierslibres.wordpress.com/2017/10/04/forum-justice-a-la-memoire-de-wahid-hachichi/#more-17989

 

 

Mémoires vives des Quartiers Populaires (ci-dessus affiche de 1983)

Dix ans après la mort de Lamine Dieng dans un fourgon de police, la Cour de cassation a confirmé le non-lieu.

La famille Dieng envisage un recours auprès de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Ramata Dieng, une des figures de proue de la lutte contre les violences policières, s’exprime.

Violences policières : la justice classe l’affaire Lamine Dieng sans suite

La famille de Lamine Dieng a désormais épuisé tous les recours judiciaires possibles en France. La Cour de cassation a rendu sa décision mercredi 28 juin : l’ordonnance de non-lieu rendue par la chambre d’instruction de Paris en juin 2014 et juin 2015 (en appel) est confirmée. La famille de la victime va devoir verser la somme globale de 2000 euros aux huit policiers accusés.

Le 17 juin 2007, Lamine Dieng, un jeune de 25 ans est mort asphyxié dans un fourgon de la police du 20e arrondissement de Paris. Les proches de la victime avaient lancé une procédure judiciaire pour administration de coups mortels et non assistance à personne en péril. Au cours de l’intervention, le jeune homme s’est retrouvé plaqué sur le ventre, les mains menottées dans le dos, les pieds sanglés tout en subissant le poids de quatre agents sur le corps. Selon les légistes, « l’asphyxie mécanique est due à l’appui de la face contre le sol maintenue au niveau crânien ».

Selon le compte-rendu de la Cour de cassation que Saphirnews a pu consulter, « les policiers ont dû utiliser la force pour maîtriser Lamine Dieng, compte tenu de son agressivité et de son état d’agitation »et « l’usage de cette force a toujours été raisonné et proportionné ». La Cour estime en outre que « la cause certaine de la mort de Lamine Dieng n’est pas établie » car la première autopsie concluait que « la mort pourrait être due à une cause toxicologique par prise importante de produits stupéfiants » tandis que la seconde avance que « la mort est la conséquence d’une asphyxie rapide, due à une régurgitation alimentaire, accélérée par des troubles respiratoires liés à la prise de produits stupéfiants et à l’appui facial du défunt contre le sol ». La Cour récuse également l’accusation de non-assistance à personne en péril car les policiers ont « immédiatement porté secours à Lamine Dieng lorsqu’ils ont constaté qu’il faisait un arrêt cardiaque ».

 POT COMMUN EN SOUTIEN A LA FAMILLE DIENG https://www.lepotcommun.fr/pot/ed4qclxq

Source : http://www.saphirnews.com/Violences-policieres-la-justice-classe-l-affaire-Lamine-Dieng-sans-suite_a24143.html