PARIS : MANIFESTATION CONTRE L’IMPUNITÉ POLICIÈRE, SUITE AU NON-LIEU DU MEURTRIER D’ALI ZIRI

RASSEMBLEMENT samedi 20 Décembre à 15h, Place Stalingrad à Paris.

Texte d’Amal Bentounsi au nom du Collectif urgence notre police assassine :

Non lieu pour les assassins d’Ali Ziri (le 12 décembre 2014) et 8 mois de prison ferme pour un manifestant qui manifestait contre les violences policières.

 » Confirmation du non-lieu par la cour d’appel de Rennes dans l’affaire d’Ali Ziri, cette nouvelle sonne comme un coup de marteau dans ma tête, me glace le sang.

Comment recevoir cette nouvelle ? Je ne sais pas, je ne sais plus, ce que je sais c’est que ça me fait mal à moi et à d’autres familles, gronde en moi un sentiment d’injustice une colère obscure qui me fait mal et pourrait faire mal à d’autres.

Est-ce que nos vies n’ont pas plus de valeur que ça ?

Est-ce que l’état de droit existe bien en France ?

Vos mensonges, votre hypocrisie, vous tueront un jour.

La France a tué une partie de moi, une partie de nous, la France sous l’étendard donneuse de leçons, ne se les applique pas.

La vérité et que la France est menteuse, hypocrite, vote des lois pour ceux qui ne peuvent pas se défendre et protège des assassins, des voyous en col blanc, des politiques.

La France le pays des droits de l’homme, républicaine…, des belles paroles qui sonnent faux. Il arrivera un jour où cette France créera le chaos dans la tête des gens. Vous récolterez ce que vous avez semé et en payerez les conséquences.

Pour toutes ces raisons nous serons là samedi 20 décembre à 15h00, place Stalingrad pour dénoncer les deux poids deux mesures, 8 mois de prison pour un manifestant qui manifeste contre les violences policières et un non-lieu pour des policiers qui tuent. « 

Jeune homme tué par la police au Havre : il a reçu dix balles dans le corps

Mardi 16 décembre 2014, un homme a été tué par la police, au Havre. Il aurait souffert d’une « crise de démence meurtrière », la police aurait agi en légitime défense.
 » L’histoire » ( raconté par la police et les médias : )

Mardi 16 décembre 2014, « un peu avant une heure du matin » un homme âgé de 30 ans est mort, au Havre, en Seine-Maritime, dans le quartier Mont-Gaillard, tué par la police.
Le procureur de la République du Havre, Francis Nachbar, s’est exprimé dans l’après-midi.

Une scène de film d’horreur
Les témoins entendus par la police décrivent « une scène de film d’horreur. La victime paraissait possédée ». Francis Nachbar, souligne, lui, « la violence de la scène ». L’homme aurait eu une « crise de démence meurtrière », selon les premiers éléments donnés par le procureur.

En caleçon, pieds nus, ensanglanté, couteau à la main, dans la rue
Peu avant minuit, seul, dans son appartement, « il détruit tout ». Il serait sorti de chez lui, en caleçon, pieds nus, ensanglanté, un couteau artisanal à la main et aurait croisé ses voisines de palier. « Il tente de les agresser, elles se réfugient chez elles, paniquées. » Ce sont elles qui ont appelé la police. Il serait ensuite sorti, avenue du Bois au Coq, au Havre et se serait d’abord jeté sur une voiture. Il aurait alors donné un coup de couteau dans une vitre, sans la briser.

La police est là mais les agents attendent du renfort. L’homme se serait alors précipité sur un passant, à qui il aurait donné des coups de couteau. Quand il tente de l’égorger, les deux policiers interviennent. Il les charge. L’un des deux policiers lui tire dessus, puis tombe à terre. L’autre tire à son tour. « Il a fallu du temps avant qu’il ne tombe », précise le procureur. En tout, il a reçu une dizaine de balles dans le corps. L’homme était âgé de 30 ans, il est décédé sur place. Les analyses d’alcoolémie et de stupéfiants se sont révélées négatives. L’homme était connu de la justice et avait déjà fait trois ans de prison ferme pour violence sur agent de la force publique pour un vol à main armée. Une autopsie sera pratiquée mercredi 17 décembre 2014. L’enquête se poursuit.

Le procureur évoque ( déjà ) ( comme d’habitude) la légitime défense
Le procureur de la République a évoqué la situation de « légitime défense », des policiers. Toute la scène a été filmée par les caméras de vidéoprotection de la ville.
« Les deux policiers sont fortement choqués », précise le procureur. Le passant, un homme, âgé de 32 ans, a reçu plus de 20 coups de couteau. Selon Francis Nachbar, son pronostic vital n’est plus engagé ce mardi après-midi.

Source : http://www.normandie-actu.fr/jeune-homme-tue-par-la-police-au-havre-il-a-recu-dix-balles-dans-le-corps_105275/
Autre article ( à lire mais bien crade encore pour la victime ) : http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20141216.OBS7984/le-havre-un-jeune-homme-arme-d-un-couteau-abattu-par-la-police.html

Assassinat d’Ali Ziri : ce qu’en dis la justice française

Ils attendaient depuis cinq ans que le procès leur rende justice. La cour d’appel de Rennes a douché leurs espoirs.
*Sur les réseaux sociaux, les internautes n’hésitent pas à comparer cette affaire à celle de Fergusson.*

C. Taubira avait vivement réagi via Twitter sur l’affaire Fergusson aux Etats-Unis. Pour le moment, aucun commentaire de la ministre de la Justice française sur le non-lieu prononcé dans l’affaire Ali Ziri», s’indigne sur sa page facebook un écrivain d’origine algérienne. C’est un nouveau coup dur pour les proches d’Ali Ziri. La cour d’appel de Rennes a opposé un nouveau revers judiciaire à la famille de ce retraité algérien de 69 ans, mort après un contrôle de police en juin 2009 à Argenteuil (Val-d’Oise).

La contre-expertise relève des hématomes suspects. Ali Ziri avait été interpellé le soir du 9 juin 2009 avec un ami, Arezki Kerfali, 60 ans, à bord d’un véhicule que ce dernier conduisait. Fortement alcoolisés, les deux hommes avaient été transportés au commissariat d’Argenteuil et placés en garde à vue. Ali Ziri, tombé dans le coma, est mort deux jours plus tard à l’hôpital d’Argenteuil. Une première autopsie avait conclu que des problèmes cardiaques et l’alcoolémie sont les causes du décès. Mais une contre-expertise avait révélé la présence d’une vingtaine d’hématomes, dont certains larges de 17 cm.

Des hématomes que la chambre d’instruction de la cour d’appel de Rennes a choisi d’ignorer. Elle a estimé dans son arrêt qu’ en l’état des «conclusions et hypothèses divergentes (…), il n’est pas possible de retenir une cause certaine de la mort d’Ali Ziri». La chambre ajoute que «les policiers n’ont fait usage que de la force strictement nécessaire» pour maîtriser les retraités.

«Aucune faute, volontaire ou involontaire, ne peut être relevée à leur encontre.» In extenso : «Dans un arrêt longuement motivé, la chambre de l’instruction a, en premier lieu, relevé que les expertises avaient établi que les hématomes constatés sur le corps d’Ali Ziri n’étaient pas à l’origine du décès, qui résulte de la conjugaison d’une pluralité de causes, parmi lesquelles une pathologie cardiaque préexistante et un état d’alcoolisation important.

Ni la méthode utilisée par la police nationale pour extraire Ali Ziri du véhicule à l’arrivée au commissariat, ni son dépôt allongé à même le sol, menotté dans le dos, dans une salle d’audition, critiqués par la commission nationale de déontologie et de sécurité, ne sont la cause de son décès. La chambre de l’instruction observe en outre qu’il n’existe aucun élément permettant de supposer qu’à un moment ou à un autre des coups auraient été portés volontairement par les forces de l’ordre sur la personne d’Ali Ziri.»
Très mécontente de ce verdict, la famille d’Ali Ziri envisage de se pourvoir en cassation. Elle y voit une justice à deux vitesses.

Rémi Yacine
source : http://www.elwatan.com/hebdo/france/affaire-ali-ziri-revers-pour-les-proches-17-12-2014-281898_155.php

( titre modifié par les admins du site )

Après le non-lieu de Ferguson, l’indignation traverse l’Atlantique

La colère gronde toujours aux Etats-Unis, de Ferguson à New York, en passant par Los Angeles, après la décision judiciaire de ne pas entamer de poursuites à l’encontre du policier qui a tué Michael Brown. Mercredi 26 novembre, des milliers de personnes se sont réunies en signe de solidarité à Londres, devant l’ambassade américaine.

Les manifestants ont brandi des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « la vie des Noirs compte » ou « hands up, don’t shoot » (mains en l’air, ne tirez pas), en référence à l’attitude qu’aurait eu le jeune Noir avant de se faire tirer dessus à douze reprises. Une minute de silence a été observée, en hommage aux victimes des forces de l’ordre à travers le monde.

Carol Duggan, la tante de Mark Duggan, tué en août 2011 à Londres par la police dans des circonstances controversées – ce qui avait déclenché des violences à Londres – était présente. Egalement présente, Marcia Rigg, sœur de Sean Rigg, un musicien noir de 40 ans mort en garde à vue en 2008 dans la capitale britannique. Devant la foule, elle a déclaré :

« Les gens dans le monde entier comprennent la frustration et la colère que l’on ressent quand nos proches sont tués dans la rue ».

THANKSGIVING ET MOINDRES MOBILISATIONS

Dans la ville de Ferguson, dans la banlieue de St. Louis, le calme semblait revenu, autant à cause de l’immense dispositif policier – 2 200 militaires de la Garde nationale ont été déployés – que par le froid et la neige.
Dans la ville de Ferguson, dans la banlieue de Saint Louis, le calme semblait revenu, autant à cause de l’immense dispositif policier – 2 200 militaires de la garde nationale ont été déployés – qu’en raison du froid et de la neige. A la veille du repas traditionnel de Thanksgiving, seuls une vingtaine de manifestants étaient devant le commissariat de la ville, quand ils avaient été plusieurs centaines à descendre dans la rue deux jours plus tôt.

Les parents de Michael Brown sont allés à New York prier avec les familles de deux Noirs récemment tués par la police : Eric Garner, un père de famille de 43 ans mort à Staten Island en juillet lors d’une interpellation musclée et Akai Gurley, un Noir de 28 ans tué par accident la semaine dernière à Brooklyn par un policier débutant. L’émotion causée par la mort du jeune Tamir Rice, un garçon noir de 12 ans tué à Cleveland par un policier, lui aussi débutant, alors qu’il s’amusait avec une arme factice, est également dans tous les esprits.

source : http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2014/11/27/ferguson-la-mobilisation-traverse-l-atlantique_4529855_3222.html

Presque 10ANS Après… Que JUSTICE soit rendu à ZYED ET BOUNA et sa famille

ll y a neuf ans, le 27 octobre 2005 a Clichy-sous-bois, Zyed et Bouna mouraient à la suite d’une course poursuite par la police. Ils ont été électrocutés dans un transformateur électrique.

Un procès doit se tenir en mars prochain :

Le procès des deux policiers poursuivis pour leurs mort aura lieu du 16 au 20 mars 2015

(… )

Les deux “prévenus” comparaîtront devant le tribunal correctionnel de Rennes pour «non-assistance à personne en danger», près de dix ans après la mort de Zyed Benna, 17 ans, et Bouna Traoré, 15 ans, qui avait embrasé les banlieues françaises. L’audience «est prévue sur toute la semaine», a indiqué dans un mail à l’AFP le procureur de Rennes, ville où l’affaire a été dépaysée par la Cour de cassation en octobre 2012, lors de l’annulation du non-lieu prononcé par la cour d’appel de Paris.

La cour d’appel de Rennes avait ensuite décidé en septembre 2013 de renvoyer les policiers en correctionnelle. Le 27 octobre 2005, après une course-poursuite, Zyed et Bouna avaient péri électrocutés dans un transformateur EDF où ils s’étaient réfugiés. Un troisième jeune, Muhittin Altun, 17 ans au moment des faits, avait été grièvement brûlé.

Pour le frère de Bouna, la tenue du procès arrive aussi comme une certaine forme de soulagement. “Pourquoi on en est arrivé là? Lorsque justice sera rendue, je pense que l’on sera satisfait” confie-t-il. Mais d’autres ne comprennent pas pourquoi il a fallu attendre près de dix ans pour qu’un procès se tienne. “Aujourd’hui, quand on juge un jeune qui a vendu du shit, on lui met de la prison. Mais on doit attendre dix ans pour avoir un résultat qui est normal“, ajoute ainsi un quadragénaire (..)

Source : Libération et France Bleu