La famille de Tarek Belgacem, abattu devant le commissariat de la Goutte d’Or, va porter plainte

La famille de Tarek Belgacem, abattu devant le commissariat de la Goutte d’Or à Paris le 7 janvier, va porter plainte contre X pour homicide volontaire.

C’est l’avocat de la famille qui a confirmé à l’agence de presse Reuters cette information publiée à la mi-journée par BFMTV.

En cause, les circonstances dans lesquelles l’homme a été abattu. « Ça a tout l’air d’un homicide volontaire », estime l’avocat Nasr Azaiez, mandaté par le père de Tarek Belgacem. Pour lui ça ne fait pas de doute, les policiers « ont tiré pour l’abattre », a-t-il ajouté, toujours cité par Reuters.

La version de la police contestée

Selon le rapport d’enquête, l’homme était arrivé en courant vers les policiers devant le commissariat, situé dans un arrondissement populaire de Paris, en criant « Allah Akbar » (Dieu est grand, en arabe) et en brandissant un hachoir de boucher. Il a refusé de s’arrêter malgré les sommations des policiers, qui ont fait feu.

Une version qui fait tiquer Me Azaiez. « Est-ce que le fait d’exhiber une arme justifie de tuer quelqu’un ? Est-ce que c’est proportionné ? » , s’interroge-t-il. Et ce dernier de contredire la version de la police : « D’après les témoins, il n’avait pas de couteau et n’a pas crié ‘Allah akbar’. Les témoignages sont unanimes. » Pour le père de Tarek Belgacem, qui réfute toutes velléités terroristes, « il y a quelque chose qui cloche », dans la version de la police (vidéo ci-dessous).

 

Source : http://www.huffingtonpost.fr/2016/01/19/famille-tarek-belgacem-commissariat-goutte-dor-plainte_n_9017778.html

Ayotzinapa-Paris : États d’urgence !

Ayotzinapa-Paris : États d’urgence !

Quelles suites ? ¿Qué sigue?

Discussion-débat avec la participation d’un étudiant mexicain de l’École normale rurale d’Ayotzinapa, survivant de la répression

Plus d’un an s’est écoulé depuis la terrible répression qui s’était abattue le 26 septembre 2014 contre l’Ecole normale rurale d’Ayotzinapa au Mexique (Guerrero): 6 personnes furent tuées dans la ville d’Iguala par les forces policières et des escadrons de la mort, et 43 étudiants embarqués ce soir-là par la police disparaissent, jusqu’alors ils n’ont jamais été retrouvés. Depuis lors, dans tout le Mexique et dans le monde entier, les mobilisations n’ont pas cessé pour retrouver les 43 disparus et dénoncer le système étatique et criminel coupable de ce crime. Plus de quinze mois après, où en est-on ?

A Paris et en France, en mai dernier la venue de proches des disparus et des survivants d’Ayotzinapa a permis de tisser des ponts avec les combats menés ici contre les violences et l’impunité policières. Cette rencontre a été l’occasion de dénoncer la coopération de la France avec l’armée et la police mexicaines, principaux suspects dans le cas de ce crime d’État, comme dans tant d’autres perpétrés au Mexique.
L’hexagone est devenu le deuxième exportateur d’armes au monde, les interventions militaires françaises se sont multipliées, tout comme le nombre de crimes commis par la police en France. A Paris, la population civile est devenue la cible d’attentats meurtriers, et nous vivons désormais en France sous la nouvelle chape de plomb de l’état d’urgence.

Dans ce contexte, quels ponts et quelles solidarités pouvons-nous continuer à tisser avec celles et ceux qui se battent à Ayotzinapa et partout contre la répression et l’impunité ?

Collectif Paris-Ayotzinapa et CSPCL

(Comité de Solidarité avec les Peuples du Chiapas en Lutte)

europarisayotzi@riseup.net

Mort d’Amine Bentounsi : un policier aux assises : RDV LE 11 JANVIER POUR SOUTENIR AMAL BENTOUNSI

Du 11 au 15 janvier 2016 se déroulera, à la Cour d’assises de Bobigny, le procès du policier qui a tué Amine Bentounsi d’une balle dans le dos en 2012. D’abord poursuivi pour « homicide volontaire », Damien Saboudjian sera finalement jugé pour « violences volontaires ayant entrainé la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l’autorité publique ». Une requalification des faits par le bas qui une affaire médiatique et politique.

Les faits remontent au 21 avril 2012. Ce soir-là, Amine Bentounsi, alors recherché pour vol à main armée, est repéré devant un bar de Noisy-le-Sec et poursuivi par la police. Il tente de fuir mais tombe, quelques minutes plus tard, nez à nez avec l’un des policiers à sa recherche. « Pris de panique » car il aurait été mis en joue par Amine Bentounsi, le policier tire quatre balles dans sa direction. Amine en reçoit une dans le dos, elle lui sera fatale. Très tôt, les contradictions dans les récits des policiers présents ce soir-là, notamment dans celui du policier tireur, apparaissent. Les enquêteurs de l’IGS puis les juges d’instruction pointeront eux-mêmes des arrangements avec la réalité et de nombreuses incohérences[1]. Surtout, les témoignages de voisins et d’automobilistes ayant assisté à la scène mettent à mal la version policière. Personne n’a vu Amine Bentounsi braquer le policier ; en revanche, des automobilistes certifient avoir été mis en joue par Damien Saboudjian. De quoi remettre en cause l’argument de légitime défense.

Le policier et l’un des officiers qui avait menti pour le protéger ont d’ailleurs été mis sur écoute courant 2012. Se sachant surveillé, l’accusé ne laisse filtrer aucun élément sur l’affaire. En revanche, les bandes mettent en évidence la solidarité policière et institutionnelle dont jouit le fonctionnaire mis en examen. Tout sera fait pour le protéger et lui simplifier la vie (maintien du traitement, choix de la région de mutation, accélération des démarches…). D’autant que, présidentielles oblige, l’affaire a été particulièrement médiatisée et politisée. Par le biais du candidat Nicolas Sarkozy, c’est un débat sur la « présomption de légitime défense » qui s’invite dans la campagne électorale. À gauche comme à droite, la défense des policiers apparaît comme un moyen stratégique d’affirmer une ligne sécuritaire. Au grand dam de la famille Bentounsi.

Hasard du calendrier (ou non) le procès intervient là encore dans un contexte particulier. Les proches d’Amine Bentounsi craignent que le climat actuel, avec les commémorations des attentats de janvier, l’état d’urgence et les différents débats sur la sécurité, joue négativement sur le déroulé du procès. « Ce que l’on veut nous, c’est la justice. Mon frère a été tué d’une balle dans le dos par un policier qui, comme cela a été prouvé, n’était pas en situation de légitime défense. La semaine prochaine, il ne faudra pas inverser les rôles en faisant de la victime l’accusé et de l’accusé la victime… On a trop souvent vu ça dans les affaires de crimes policiers. »

[1] Cet article de Louise Fessard (Médiapart) revient très précisément sur le déroulé de cette soirée et sur ses suites :https://www.mediapart.fr/journal/france/221014/meurtre-noisy-le-sec-un-policier-est-renvoye-devant-les-assises

 

Source : http://www.justicepourwissam.com/2016/01/amine-bentounsi-point-presse-le-vendredi-8-janvier-2016-a-10h30.html

Etats-Unis : pas d’inculpation du policier pour la mort de Tamir Rice

L’enfant de 12 ans avait été tué par un policier alors qu’il jouait avec une arme en plastique © MaxPPP

Un grand jury de Cleveland dans l’Ohio a décidé lundi de ne pas poursuivre le policier qui a tué un enfant noir de 12 ans, en novembre 2014. Il jouait dans un parc avec un pistolet factice.

En envoyant une patrouille dans un parc de Cleveland, le 22 novembre 2014, la police n’avait pas précisé que le suspect était peut-être un enfant. L’agent Timothy Loehmann avait tiré sur Tamir Rice quelques secondes après son arrivée sur les lieux. Il ne sera pas poursuivi, pas plus que le second policier qui conduisait le véhicule des forces de l’ordre. La mort du garçon de 12 ans avait choqué l’opinion publique américaine, et les manifestations s’étaient multipliées pour reprocher aux autorités l’impunité pour certains policiers blancs impliqués dans la mort de Noirs.

A LIRE AUSSI ►►►Enfant tué à Cleveland : le point sur l’enquête

La mort du petit garçon est une tragédie mais pas un crime, selon le grand jury de Cleveland qui s’est prononcé sur l’affaire Tamir Rice. Dès le mois d’octobre, le procureur, Tim McGinty, avait préparé le terrain en affirmant que le policier ignorait que l’arme était un jouet. L’enfant pouvait donc être considéré comme une menace, selon sa démonstration, ajoutant que le choix de tirer contre le jeune garçon était par conséquent « raisonnable ». C’est ce même procureur qui a annoncé la décision finale du grand jury.

« Etant donné la conjonction d’erreurs humaines, de méprises et de malentendus de la part de tous ceux qui ont été impliqués ce jour-là, les preuves ne mettent pas en évidence une faute pénale. »

Le procureur McGinty souligne pour conclure que la loi accorde le bénéfice du doute au policier, qui a dû prendre une décision en une fraction de seconde.

Etats-Unis : pas d’inculpation du policier pour la mort de Tamir Rice, un reportage de Charlotte Alix

La famille de Tamir Rice se dit effondrée par la décision du grand jury. Elle évoque un système judiciaire local corrompu et appelle le ministère de la Justice à ouvrir sa propre enquête.

D’après un décompte du quotidien américain Washington Post, 975 personnes ont été tuées par des policiers en 2015 aux Etats-Unis. Huit affaires ont donné lieu à des inculpations.

 

Source : par Charlotte AlixRédaction de France Info http://www.franceinfo.fr/actu/justice/article/etats-unis-pas-d-inculpation-du-policier-pour-la-mort-du-jeune-tamir-rice-754881

Violences policières à Pantin: COMMUNIQUE DE PRESSE du comité de Soutien:

Lundi 14 décembre 2015, à Pantin, dans le quartier Auger, Zahra Kraiker, 45 ans, mère de famille de 4 enfants et travailleuse sociale à la mairie de Paris, rentre de son travail aux alentours de 14 H 45.

Approchant de son domicile, elle aperçoit son fils Bilal, 18 ans, à genoux et hurlant de douleurs. Elle apprend ainsi de sa bouche que, suite à un contrôle d’identité, il vient de subir un passage à tabac et que les policiers l’ont abandonné sans soins sur le bitume. Touché aux testicules, sa mère le conduit aussitôt à l’hôpital pour qu’il puisse être hospitalisé d’urgence. Les examens médicaux révèlent l’écrasement d’un testicule avec formation d’un hématome, suite à un violent coup de genoux porté par un des policiers. Il est alors hospitalisé et opéré sur le champ dans la nuit du 14 au 15, à 3 heures du matin.
Le mardi 15 décembre, à sa sortie de l’hôpital à 18 heures, et comme le permet la loi, Bilal se rend avec ses parents pour porter plainte au commissariat de Pantin dont sont issus les policiers incriminés. Ils essuient un refus d’enregistrer la plainte et se voient forcés d’aller porter plainte dans un commissariat du 19ème arrondissement.
15 jours après, le 26 décembre 2015, Zahra Kraiker est dans son appartement lorsqu’elle entend une forte déflagration venant de l’extérieur. Inquiète, elle regarde par la fenêtre et demande aux jeunes présents au pied de l’immeuble ce qui a bien pu se passer. Les jeunes lui apprennent que son fils Bilal vient d’être arrêté, menotté et enfermé dans une voiture de police.
Prise de panique au regard notamment de l’état de santé de son fils, pieds nus, elle descend au bas de l’immeuble pour s’enquérir d’elle-même de ce qu’on vient de lui apprendre. Malgré ses demandes réitérées cordialement pour connaître les motifs de son arrestation, elle est prise à partie par les policiers et la passent aussi à tabac en l’aspergeant de gaz lacrymogène.
Wassil, un de ses fils âgé de 15 ans et demi, arrivant sur les lieux, assiste traumatisé au tabassage de sa mère. Alors qu’il leur demande d’arrêter, il se voit subir à son tour un passage à tabac.
Depuis, Wassil et Bilal, ainsi que 4 autres jeunes mineurs, ont été placés en garde à vue.
Dans le contexte actuel de multiplications des abus policiers, au moment où l’expression d’une parole raciste se libère ouvertement, face à cette situation tragique qui vient injustement frapper une famille qui vivait jusque-là tranquille, honorablement et sans aucun problème à Pantin, alors que des rumeurs courent déjà pour salir la réputation et la dignité d’une femme qui n’a rien à se reprocher, la famille Kraiker organise une conférence de presse le Mercredi 30 décembre 2015, au 21 rue Auger à Pantin, à 16 heures, afin d’informer en détails des événements survenus et annoncer la création d’un Comité de soutien des Amis de la famille Kraiker afin que vérité et justice soient faites quant aux préjudices qu’ils viennent de subir à vie.

Pas de justice pas de paix.