Les policiers coupables de la mort de Zyed et Bouna à Clichy ( devraient être ) jugés en mars à Rennes

A l’heure d’aujourd’hui cette information n’a été transmise que par un article de ouest france que nous relayons en partie ici :

(…)
Bouna, 15 ans, et Zyed, 17 ans, ont été électrocutés dans un transformateur EDF à Clichy-sous-Bois en 2005 (… ) A l’issue d’un interminable feuilleton judiciaire,
la cour d’appel de Rennes, où l’affaire a été dépaysée, avait décidé de renvoyer les deux policiers de Clichy, qui avaient à l’origine bénéficié d’un non-lieu, devant le tribunal correctionnel.

Manquaient encore les dates du procès. Selon les deux avocats, Me Daniel Merchat, celui des policiers, et Me Jean-Pierre Mignard, celui des familles des victimes, il aura lieu, à Rennes, la troisième semaine de mars 2015.
Il devrait durer quatre à cinq jours.

Neuf ans et demi après les faits, le procès public, réclamé par les proches des deux adolescents tués, va donc enfin avoir lieu.

Source : http://www.ouest-france.fr/mort-de-zyed-et-bouna-clichy-les-policiers-juges-en-mars-rennes-2909401

DES ASSOCIATIONS LANCENT UNE SEMAINE DE SENSIBILISATION SUR LES ABUS POLICIERS

Face à une recrudescence de contrôles d’identité abusifs et de violences
policières depuis le mois d’avril et au silence assourdissant d’un
gouvernement qui ne semble toujours pas disposé à tenir ses engagements
pour y remédier, plusieurs associations et collectifs ont décidé de dédier cette
semaine à la sensibilisation du grand public aux abus policiers.

Vidéos, sortie d’un Guide d’Action, sensibilisation aux droits, rencontres-
débats, ateliers, maraudes sur la région parisienne, mais aussi à Nice,
Metz,Lille … la #SemaineAbusPoliciers, qui débute mardi 21 octobre, se
terminera le 27 octobre, en hommage à Zyed Benna et Bouna Traoré, morts lors d’une
contrôle d’identité à Clichy-Sous-Bois en 2005, sans qu’aient été pour
l’instant jugés les policiers impliqués dans le drame.

( Les policiers devraient être jugés en Mars à Rennes )*

La semaine dernière, les associations Urgence Notre Police Assassine, La
Voix des Rroms, #FergusonInParis et Les Indivisibles lançaient déjà un cri
d’alerte[1] à Bernard Cazeneuve, Ministre de l’Intérieur, prompt à applaudir
le « formidable sens du service public » de gendarmes scandant en réalité «
1,2, 3, Viva l’Algérie » pour imiter des émeutiers, mais silencieux face aux
trop nombreux passages à tabac et morts dans le cadre d’interventions
policières depuis son arrivée. Ils appelaient la population à apprendre à se
défendre face à une République qui non seulement est sourde à leur mise en
danger, mais semble l’encourager.

L’opération #SemaineAbusPoliciers qui s’en suit a vocation à initier un
large mouvement de solidarité et de vigilance pour former chacun aux droits et aux
recours face aux abus de pouvoir d’agents des forces de l’ordre, qu’il
s’agisse de contrôles au faciès, de violences verbales ou physiques, ou du
cas dévastateur de mort dans le cadre d’une interpellation.

Elle annonce unrenforcement des liens entre les différentes associations et instances de
lutte contre ces abus à travers la France, mais à aussi à l’étranger, afin
d’alerter l’opinion publique internationale sur la situation française.

PROGRAMME DE LA #SemaineAbusPoliciers

21 octobre : Mise en ligne du Guide d’Action[2] face aux contrôles abusifs
réalisé parStop le contrôle au faciès, offrant informations juridiques,
outils de mobilisation, sensibilisation et de recours en cas d’abus, permettant à
chacun d’agir à sa manière et à son niveau.

22 octobre : Journée contre les abus policiers à Lille (maraudes, rencontre
inter-associative, projection-débat…) en partenariat avec le Comité Sans
Papiers et le Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires.

23 octobre :
A Paris à partir de 19h à la librairie Libre ère ( 111 boulevard de Ménilmontant )
Métro Ménilmontant ou Père-Lacahaise/ En présence de proches de victimes de la police, du collectif angle mort, de Mogniss H. Abdallah, historien des crimes racistes et sécuritaires (…)
Les témoignages de famille de victimes viendront montrer la férocité du binôme « police-justice ». Leurs combats est l’affaire de tous. De tous ceux qui souhaite combattre les dominations et les injustices systémiques.

· A Metz, des membres du Collectif Stop le contrôle au faciès et
l’antenne locale de la Ligue des Droits de l’Homme se réuniront en soutien
à «Anis», victime de harcèlement par les forces de l’ordre locales depuis
qu’il a survécu à une grave agression policière dont il a conservé les vidéos.[3]

24 octobre : Rencontre-débat sur les droits et recours face aux abus
policiers de 19h à 21h à Nice, organisée par les antennes locales du Collectif Contre
l’Islamophobie en France, de la Ligue des Droits de l’Homme et du Mouvement
contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples.

25 octobre :
· 14h30 – 17h30, Place des Innocents à Châtelet, Paris : opération
photos, distribution du Guide d’Actions, diffusion du numéro de recours,
installation de l’appli Stop le contrôle au Faciès, mise à disposition du
livre Permis de Tuer
· 18h00, Place du Trocadéro, opération photo #FergusonInParis en
soutien

et écho au mois d’action #FergusonOctober aux Etat-Unis

26 octobre : Opération Twitter

Du 21 au 27 octobre : diffusion d’épisodes inédits de la saison 2 de la web-
série « Mon 1er contrôle d’identité », faisant témoigner chercheurs,
journalistes, avocats, élus, conseillers à l’OSCE ou à l’ONU sur leur
expérience d’abus policiers.
La saison 1, sortie en novembre 2011 sur YouTube, avait réuni une trentaine
de rappeurs français, diffusait un numéro de SMS à utiliser en cas de contrôle
au faciès introduisant le sujet sur la scène médiatique et politique en France,
et permettant la 1èreaction en justice contre l’Etat en avril 2012.

*
*Sur le jugement des policiers responsables de la mort de Zyed et Bouna : http://www.ouest-france.fr/mort-de-zyed-et-bouna-clichy-les-policiers-juges-en-mars-rennes-2909401

CONTACTS :

Stop le contrôle au faciès : 06 98 97 28 54

[1] M. le ministre de l’Intérieur, n’entendez-vous pas ces voix dissonantes
?
Huffington Post, 17/10/2014

http://www.huffingtonpost.fr/amal-bentousi/lettre-ouverte-cazeneuve-stop-controle-facies_b_6002988.html

[2] Sur

http://stoplecontroleaufacies.fr/slcaf/2014/10/20/guide-daction-face-aux-controles-abusifs/

[3] http://www.islametinfo.fr/2014/09/23/bavure-policiere-musulman-police/

Meurtre d’Amine Bentounsi à Noisy-le-Sec: un policier est renvoyé devant les assises

Le gardien de la paix qui a tué Amine Bentounsi le 21 avril 2012, à Noisy-le-Sec, est renvoyé devant les assises pour /«violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner».
/ L’enquête détaille l’ampleur des solidarités policières et politiques mises en place.*

Le 25 avril 2012, sa mise en examen pour homicide volontaire avait provoqué la colère de ses collègues policiers.
À dix jours du second tour de la présidentielle, plusieurs centaines de policiers de Seine-Saint-Denis avaient défilé en armes sur les Champs-Élysées, gyrophares allumés et deux-tons hurlants.
Dès le lendemain, le candidat Nicolas Sarkozy (UMP) leur avait promis « une présomption de légitime défense, car dans un État de droit, on ne peut pas mettre sur le même plan un policier dans l’exercice de ses fonctions et le délinquant dans l’exercice de ses fonctions à lui »/.

Le 19 septembre 2014, au terme d’une minutieuse enquête, Nicolas Aubertin, vice-président chargé de l’instruction au tribunal de Bobigny, a renvoyé le gardien de la paix Damien Saboundjian, âgé de 35 ans, devant les assises pour/ « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l’autorité publique »/.
Co-saisi de l’affaire avec sa collègue Vanessa Lepeu, le juge d’instruction a décidé de requalifier les faits un grade en dessous car /« l’information n’a pas permis de démontrer formellement que Damien Saboundjian avait voulu tuer Amine Bentounsi en tirant volontairement à quatre reprises dans sa direction »/, précise-t-il dans son ordonnance de mise en accusation.
Nicolas Aubertin écarte l’état de légitime défense. Selon lui, le policier, très bon tireur, /« cherchait manifestement à interpeller coûte que coûte Amine Bentounsi, sans veiller à assurer sa protection.
Enfin, rien n’établit que le fuyard l’ait à un quelconque moment réellement menacé, si ce n’est ses seules affirmations, difficilement corroborées par les versions multiples de G. B. (son collègue, ndlr) et aucunement confirmée par les témoins de la scène »./

Le 21 avril 2012, vers 20 h 30, un appel anonyme prévenait le centre de commandement de la police de Seine-Saint-Denis de la présence d’un individu nommé « Amine », recherché pour vol à main armée, devant un bar de Noisy-le-Sec.
Repéré par un équipage de Police secours, Amine Bentounsi, 28 ans, s’enfuit. Les trois policiers qui s’engagent à ses trousses ignorent alors ses antécédents judiciaires. Ils pensaient partir sur un contrôle de routine.
Père d’une petite fille de six ans, le jeune homme était en cavale depuis juin 2010 et avait accumulé onze condamnations depuis son adolescence, dont trois devant les assises (lire son portrait dans /Libération/ ).
(…)
Dans sa course, le fuyard lâche une grenade, qui se révélera factice, puis sa ceinture, ses gants et un étui d’arme de poing. Un des policiers chute, ils sont distancés. Leur quatrième coéquipier Damien Saboudjian, resté au volant du véhicule, contourne le pâté de maisons et tombe nez avec nez avec Amine Bentounsi. Le policier affirme alors avoir été braqué une première fois, s’être recroquevillé dans la voiture, puis s’être engagé à pied à la poursuite du jeune homme. /« Quand je suis sorti de la voiture après avoir été braqué, j’ai entendu mon collègue G. B. crier « attention, il a un gun » »/, ajoute-t-il lors de sa première audition à 2 heures du matin le 22 avril.
Dix à quinze secondes plus tard, plusieurs coups de feu retentissaient et Amine Bentounsi tombait face contre terre, touché par une balle au bas du dos. Quatre douilles seront retrouvées au sol sur le trottoir d’en face.
Courant derrière lui, son coéquipier G.B. est le premier à arriver sur les lieux. Le gardien de la paix découvre un revolver au sol à côté du fuyard qu’il écarte. Puis il s’aperçoit, en voulant le menotter, que le jeune homme saigne abondamment dans le dos. Il le place alors en position latérale de sécurité. À 20 h 39, leur chef de bord demande l’intervention des sapeurs-pompiers. Évacué par hélicoptère, Amine Bentounsi décède d’une hémorragie interne à 5 h 10 à l’hôpital Pompidou.
Quant au policier tireur, en pleurs, il est pris en charge par un agent de la brigade anticriminalité, puis par une cellule psychologique avant d’être interrogé par l’IGS vers 2 heures du matin. Il sera placé en garde à vue le 23 avril à 17 heures, près de deux jours après les faits. /« Je calmais mon collègue qui répétait qu’il avait tiré, et touché la personne,/ a dit l’agent de la Bac interrogé par l’inspection générale de services (Police des polices parisienne, ndlr). /Il disait « Je l’ai touché, je crois qu’il est mort, il ne m’a pas laissé le choix, il m’a braqué et j’ai tiré ». »/
Interrogé par l’IGS, Damien Saboundjian a affirmé avoir été à nouveau braqué par Amine Bentounsi et avoir effectué en/ « panique »/ un /« tir de riposte » « pour le neutraliser, pour mettre fin au danger car j’allais mourir »/.
Selon lui, Amine Bentounsi l’/« attendait sur le trottoir en face avec le revolver. Tant que je ne sortais pas, il restait sur le trottoir à m’attendre »/.
Comment alors explique-t-il l’avoir touché dans le dos ? Amine Bentounsi se serait retourné au moment où il a ouvert le feu, suggère le gardien de la paix. /« À aucun moment je n’ai voulu le tuer, c’était pour me défendre »/, insiste-t-il devant le juge le 10 octobre 2012.
Son coéquipier G.B. a d’abord confirmé sa version avec force détails. /« J’ai aperçu cette personne se retourner plusieurs fois et soudainement il a pointé son arme en direction de mon collègue,/ a-t-il affirmé le 22 avril à l’IGS./ Je veux préciser qu’il s’est figé, il ne fuyait plus, il était bien campé sur ses pieds. Il tenait l’arme d’une main, il avait le bras devant lui semi-fléchi le canon dirigé vers mon collègue. »/
Mais ses propos ont considérablement changé au fil des auditions. Au point que les enquêteurs de l’IGS ont fini par lui demander s’il ne mentait pas /« pour couvrir (son) collègue »/. Devant la police des polices puis le juge d’instruction, G.B. a reconnu qu’il n’avait pas vu la scène et n’avait fait que répéter /« par déduction »/ ce que lui avait dit son coéquipier. Le commissaire de permanence cette nuit-là pour la Seine-Saint-Denis a d’ailleurs déclaré à l’IGS en août 2012 qu’à son arrivée sur les lieux, les trois collègues de Damien Saboundjian/« étaient formels, ils n’avaient pas vu la scène au cours de laquelle les tirs avaient eu lieu »./
L’expertise et la contre-expertise effectuées ne permettent pas de trancher. Les deux rapports concluent qu’au début de la fusillade, Amine Bentounsi pouvait se trouver de face comme de dos. /« Rien ne s’oppose à ce que la version du mis en examen soit exacte,/ affirment le balisticien et le médecin légiste dans leur contre-expertise du 2 janvier 2014. /Il faut moins d’une seconde pour qu’un homme fasse un demi-tour sur lui-même. Il faut environ une seconde pour qu’un tireur (…) tire quatre coups de feu. »/

Les témoignages des six voisins et automobilistes, qui ont entendu les coups de feu et vu une partie de la scène, sont plus gênants pour le fonctionnaire mis en examen. Aucun n’a vu Amine Bentounsi le braquer. Deux ont en revanche vu le fuyard chuter puis se relever juste avant les coups de feu, ce que n’évoquent jamais les policiers. Quatre occupantes d’une Peugeot 306 affirment même avoir été braquées un court instant par un Damien Saboundjian /« complètement paniqué »./ Un autre automobiliste a d’abord cru assister à un règlement de comptes entre malfaiteurs. Le bas de caisse de sa voiture a été atteint par une balle à 30 centimètres du sol, /« ce qui semble démontrer qu’au moins ce coup de feu était dirigé du haut en bas »/, observe le juge d’instruction Nicolas Aubertin.
Le juge estime que le policier /« est allé sciemment au contact d’Amine Bentounsi, sachant qu’il était armé (…) alors qu’il avait la possibilité de se mettre à l’abri derrière un fourgon Renault Master stationné à proximité immédiate »./ Mais Damien Saboundjian assure qu’il est sorti pour localiser le jeune homme qu’il avait perdu de vue et craignait de le voir surgir dans son dos. /« Je regardais toujours derrière moi, devant moi, car j’avais peur qu’il arrive derrière moi pour me tirer dessus »/, a-t-il déclaré en garde à vue. Marié et père de deux enfants, le fonctionnaire est rentré dans la police en 2002 /« un peu par hasard »/, après un CAP de pâtissier et plusieurs emplois précaires.
De façon inhabituelle en matière de violences policières, l’enquête n’a rien laissé au hasard.
L’IGS a entendu la soixantaine de fonctionnaires (policiers et pompiers) qui étaient passés par la scène de l’homicide. La police des polices a épluché l’ensemble du trafic radio, la géolocalisation des véhicules, ainsi que les factures détaillées (fadettes) de téléphone portable de plusieurs policiers. Elle a mené une réelle enquête de voisinage, ce qui a permis de retrouver plusieurs témoins. Une reconstitution a eu lieu. G.B. et Damien Saboundjian ont été entendus à de nombreuses reprises, sans ménagement, par l’IGS puis par les juges d’instruction qui ont pointé les incohérences dans leurs versions. Soupçonnés de s’être concertés, les deux hommes ont même été placés sur écoute de mai à juillet 2012.
Ces écoutes, dont Damien Saboundjian semble avoir été averti – il met en garde ses interlocuteurs à plusieurs reprises –, sont de peu d’utilité pour l’enquête elle-même. On découvre des policiers /« sous cachets »/, marqués, qui ne dorment plus et se disent /« traumatisés »/ à l’idée même de revenir à Noisy-le-Sec sur les lieux de la fusillade. Mais les écoutes éclairent surtout de façon inédite les dessous de l’impressionnante solidarité policière qui se met en place autour du fonctionnaire mis en examen. Les bœufs-carottes de l’IGS et les juges de Bobigny, réputés anti-flics, en prennent pour leur grade. /
« J’aurais préféré être jugé sur Paris (…) parce que Paris, ils sont plus cools avec les flics »/, glisse Damien Saboundjian à un de ses amis policiers le 5 mai 2012.
Persuadé qu’il obtiendra un non-lieu, le policier, délégué syndical au sein du commissariat de Noisy, se vante d’avoir obtenu l’éviction d’un officier de l’IGS qui lui a /« mis la pression »/durant une audition et dont il a /« balancé »/ le nom /« au préfet et au syndicat ». « Nathalie Orioli/ (ex-secrétaire nationale d’Unité SGP Police FO, ndlr),/ elle a une audience avec l’IGS, le directeur/, explique le policier à sa sœur le 5 mai. /Elle leur a remis les pendules à l’heure. Elle a dit : écoutez, vous avez deux solutions. Soit moi je vais casser votre service, soit le lieutenant vous le foutez ailleurs. »/ Le même jour, le policier mis en examen affirme à son chef de bord que /« le lieutenant qui m’a auditionné, qui m’a mis la pression, à mon avis il va changer de service »./
Le 9 mai, c’est la syndicaliste elle-même qui appelle le policier mis en examen : /« On est monté à l’IGS, on a mis un coup dans la fourmilière. L’officier, il va manger et ils vont être très soft. » « Attends, ils ont touché, non seulement ils ont touché à un flic mais ils ont touché à un syndicaliste, attends, un truc qu’y faut jamais faire ça »/, s’exclame Damien Saboundjian le 12 mai à autre ami. Contactée par Mediapart, Nathalie Orioli nous répond que/ « tout s’est réglé »/ et refuse de commenter plus avant. Le nom du lieutenant en question continue en tout cas d’apparaître dans la procédure.
Ses ex-collègues tiennent Damien Saboundjian régulièrement au courant des auditions à l’IGS, à l’exception de G.B. avec lequel son contrôle judiciaire lui interdit tout contact. S’il ne fait pas confiance au tribunal de Bobigny, le policier peut en revanche compter sur le ministère de l’intérieur. Il est reçu par /« un pote à Sarkozy »/ et ex-flic Christian Lambert, préfet de Seine-Saint-Denis, ainsi que par le directeur départemental de la sécurité publique.
/« Il (le préfet Lambert, ndlr) m’a dit, l’administration est avec vous,/ raconte Damien Saboundjian le 5 mai 2012 à un ami policier. /Il m’a dit, on vous soutient jusqu’au bout. Les frais de justice c’est nous qui vont (sic) les payer, c’est nous qui payons tout, il m’a dit. Il m’a dit, on vous mute où vous voulez et on vous garde votre salaire. »/ Dix jours plus tard, il confie à un autre ami que /« le préfet a parlé avec Sarkozy et Guéant pour le faire muter »/ à Grenoble, sa région d’origine où vit sa famille. Le 26 avril, le père de famille a en effet été suspendu avec maintien du traitement et affecté à Grenoble.
Il ajoute, selon le résumé en style indirect des enquêteurs, que/ « dans la situation où il est il claque des doigts pour obtenir ce qu’il veut »./ Il espère même /« avec cette affaire »/ prendre/« le grade de brigadier ou des échelons ». « La DRCPN (direction des ressources et des compétences de la police nationale, ndlr) dit amen à tout »,/ précise-t-il le 1^er juillet 2013. Une syndicaliste lui propose également d’accélérer les demandes de mutation de ses coéquipiers. Ses trois coéquipiers obtiennent de fait leur mutation pour Toulon, Bordeaux et la brigade équestre. /« C’est jackpot pour eux/, constate un brin amer Damien Saboundjian le 29 juin 2012. /Et moi toute la merde, c’est moi qui l’ai bouffée. »/ Il dit aussi qu’il passe pour un /« héros »/à Grenoble mais que lui a /« honte »./
Le 17 mai 2012, le premier déplacement du tout nouveau ministre de l’intérieur socialiste Manuel Valls est pour le commissariat de Noisy-le-Sec. Tout un symbole./ « Apparemment tout le monde il est avec, même le ministre, le nouveau ministre il est passé nous voir »/, réconforte le 24 mai un ami policier au téléphone son collègue mis en examen. Le même jour, son chef de bord lui précise qu’à Noisy-le-Sec, le ministre n’a pas voulu parler à la famille d’Amine Bentounsi qui l’attendait devant le commissariat. /« Putain… bien … je suis bien content »/, réagit le policier.
Un de ses supérieurs, officier, lui fait part six jours plus tard du soutien du maire (centriste) de Noisy-le-Sec. Un autre, commissaire, lui propose via un syndicaliste de renforcer sa défense face à la famille qui vient de prendre pour deuxième avocat un cador du barreau, M^e Dupont-Moretti.

M^e Daniel Merchat, l’avocat du policier, indique ne pas avoir fait appel de l’ordonnance de mise en accusation. /« Nous en prenons acte et ne souhaitons pas commenter »/, dit l’avocat. Pas d’appel non plus du côté de la famille d’Amine Bentounsi, même si M^e Michel Konitz, l’un des deux avocats de la famille, regrette la requalification des faits. /« Les juges ont eu un certain courage, ils n’ont pas enterré le dossier et l’ont instruit dans un temps normal : le policier est quand même renvoyé pour avoir tué quelqu’un »/, réagit-il.
/« Les enquêteurs ont fait un véritable travail de fourmi/, reconnaît Amal Bentounsi, la sœur d’Amine. /Mais ça reste un fait exceptionnel, dans toutes les autres affaires de familles faisant partie du collectif, ce n’est pas le cas. Le justiciable policier reste au-dessus du justiciable ordinaire. »/

Amal Bentounsi appelle à un rassemblement contre les /« abus policiers »/ le 15 novembre 2014 devant le ministère de la justice.

Source:* http://www.mediapart.fr/journal/france/221014/meurtre-noisy-le-sec-un-policier-est-renvoye-devant-les-assises/ en date du 22 octobre 2014 | Par Louise Fessard – Mediapart.fr

Dorel Iosif Floarea tué par un policier à Montgeron

Le 29 juillet 2014, Dorel Iosif Floarea, un père de famille, était abattu par un policier de la BAC, à Montgeron, une petite commune de l’Essonne. En moins de 24h, la machine judiciaire et ses relais médiatiques se mettent en marche. Dès le lendemain du meurtre de Dorel Iosif Floarea, la plupart des médias qui consacrent de brefs articles ou de courts sujets à sa mort se contentent de parler d’un « Roumain qui ne parlait pas le français », de « Roumains alcoolisés et bruyants »[1] et soulignent que le parquet s’oriente vers la « légitime défense », après l’ouverture d’une information judiciaire pour « violences volontaires avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Le maire UMP de la ville a tenu pour sa part à exprimer ses « pensées pour le policier forcément affecté par ce drame », ajoutant que le Moulin de Senlis, le bâtiment devant lequel Dorel Iosif Floarea a été abattu, est une « zone de non-droit »[2]. Le concert médiatique s’achève par une déclaration du secrétaire régional du syndicat policier Alliance précisant : « Il ne s’agit en aucun cas d’un dérapage ou d’une bavure policière ».

Dorel iosif Floarea

Pourtant, rapidement, la femme de Dorel Iosif Floarea, Florica, rencontrée quelques jours plus tard, et le frère de la victime, ainsi que des témoins résidant au moulin de Senlis, vont donner une tout autre version des faits. Ce 29 juillet, Dorel Iosif Floarea, qui habite Vigneux-sur-Seine avec sa femme et leurs enfants, se rend dans une banque de Montgeron pour régler des affaires liées à son entreprise de bâtiment. En sortant, il rencontre son frère et un ami, avec qui il va boire devant le Moulin de Senlis. Ce bâtiment, sous le coup d’un arrêté d’insalubrité, fait l’objet de projets de rachat pour sa transformation en hôtel de luxe[3]. Dans cet édifice, situé en bordure d’une zone pavillonnaire[4], vivent une vingtaine de familles, la plupart issues d’Europe de l’est, du Caucase et de Russie. Aux alentours de 18h, un équipage de policiers municipaux débarque, et signifie aux trois hommes qu’il est interdit de boire. Très vite, ils sont rejoints par quatre policiers de la BAC qui vident la bouteille de whisky qu’ils étaient en train de boire et la jettent à la poubelle. Le frère de Dorel Iosif Floarea affirme que celui-ci avait commencé à protester en voyant que les policiers venaient de jeter la bouteille. Un des policiers recule alors, trébuche sur un bloc de béton et tire la balle qui atteint Dorel Iosif Floarea au thorax, tandis qu’un second policier tire avec son flashball. Aussitôt après, son frère et leur ami sont gazés, embarqués au commissariat et placés en garde à vue. Une heure plus tard, Dorel Iosif Floarea est déclaré mort.

Les policiers ne prendront pas la peine de prévenir les membres de la famille alors que Dorel Iosif Floarea était muni de plusieurs papiers d’identité où figurait son adresse. Son frère l’apprendra par un ami peu après sa garde à vue. Après que le beau-frère, Vasile, ait eu des doutes en regardant une chaîne de télévision évoquant la mort d’un « Roumain de 42 ans » à Montgeron, Florica devra se rendre d’elle-même au commissariat pour s’entendre annoncer la mort de son mari.

à en croire la version policière, unanimement relayée dans les médias, le déroulement des faits jusqu’à leur fin « tragique » est simple : la police municipale aurait répondu à un appel signalant que trois hommes alcoolisés troublaient le voisinage. Lors de leur intervention, se sentant débordés, ils auraient appelé en renfort un équipage de BAC qui aurait tenté de faire s’allonger au sol les trois hommes. L’un d’eux se serait montré menaçant et aurait voulu agresser l’un des agents avec un tesson de bouteille. Ce dernier, « se sentant menacé » aurait alors abattu l’« agresseur ». Le fameux tesson de bouteille de whisky, évoqué pour justifier la légitime défense, est une pure invention selon des voisins et les proches. Selon eux il s’agissait en réalité d’un paquet de cigarettes ou de son portable.

La famille a aussitôt porté plainte et s’est constitué partie civile avant de se mettre en quête de témoins, dont certains auraient filmé la scène. Certains déclarent avoir effacé leurs vidéos par peur de policiers venus intimider les résidents du moulin, témoins du meurtre. Le 7 août, un peu plus d’une semaine après la mort de Dorel Iosif Floarea, ses proches ont organisé un rassemblement devant le moulin de Senlis. Devant les photos et les fleurs déposées sur le trottoir où Dorel Iosif Floarea a été abattu, sa femme, Florica et ses proches ont réclamé la vérité, deux jours avant les funérailles à Timisoara, en Roumanie. Sur un bout de carton, déposé sur l’autel funéraire improvisé, on pouvait lire « Est-ce qu’une journée d’ivresse mérite la mort ? ». En attendant les conclusions de l’enquête de l’IGPN et les suites éventuelles que donnera le juge d’instruction, la famille et les proches de Dorel Iosif Floarea prévoient d’organiser une mobilisation en septembre pour que sa mort ne sombre pas dans l’oubli.

Collectif Angles Morts

anglesmorts@gmail.com
[1] . http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20140730.AFP2913/un-homme-tue-par-un-policier-au-cours-d-une-interpellation-dans-l-essonne.html.
[2] . http://www.leparisien.fr/faits-divers/essonne-un-policier-tue-un-homme-a-montgeron-29-07-2014-4035531.php.
[3] . http://www.leparisien.fr/espace-premium/essonne-91/le-rachat-fragile-du-moulin-de-senlis-par-un-milliardaire-russe-29-05-2014-3880275.php.
[4] . http://www.mediapart.fr/journal/france/070814/homme-abattu-montgeron-deux-temoins-contestent-la-version-policiere.

Un homme meurt après avoir été victime de la police à Paris. Ils lui ont tirés dessus au taser

Vendredi 5 septembre à Paris un homme est mortaprès que les policiers ait utilisé leur pistolet à impulsion électrique.
Ce qu’il se serait passé : Les forces de l’ordre ont été appelées vendredi soir dans un hôtel du 2e arrondissement, dans le centre de la capitale, pour tenter de maîtriser l’un de ses occupants qui menaçait de se jeter par une fenêtre du premier étage, selon une source policière.
L’homme, âgé de 34 ans, semble alors en « crise de démence aiguë », « il est transpirant, il bave », a relaté un policier. (…)
Estimant qu’il « présente un danger pour lui-même et pour autrui », les policiers font alors usage d’un pistolet à impulsion électrique, un Taser. Ce dernier a été « utilisé en mode contact et non pas en tir (à distance) » qui occasionne une décharge plus puissante, précise la source policière.

LES CAUSES DE LA MORT ENCORE INCONNUES

« L’homme ne semble absolument pas réagir » à l’impulsion électrique et parvient à s’échapper par la porte de la chambre. Il est rattrapé devant l’hôtel par les policiers. C’est au moment de lui passer les menottes, que l’homme (… ) est pris de malaise, a ajouté la source policière, précisant que « l’intervention dans et devant l’hôtel s’est faite devant témoins ».

(… ) l’homme serait mort samedi matin. Les causes du décès sont à ce stade indéterminées. Comme à chaque fois qu’un policier est amené à utiliser son arme de service, une enquête a été confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN).

Source : Le Monde.fr avec Reuters ( titre modifié par les admins du site )
( j’ai retiré de l’article et ne relayerais pas les infos qui circulent sur l’éventuel passé judiciaire de la victime/ Cela n’a aucun rapport )

Précisions :
UNE ENQUETE A PEUT ETRE ETE OUVERTE MAIS PAR QUI SONT MENES CES ENQUETES ? PAR LES COPAINS/ COLLEGUES DES RESPONSABLES !
QU’ON NOUS FASSE PAS CROIRE QUE LE TASER NE PEUT PAS ETRE LA CAUSE DE LA MORT D’UN HOMME SURTOUT QUAND ON PEUT EN ABUSER SANS ETRE INQUIETE PAR LES POLICIERS qui évident vont dire qu’ils se sentait menacés et dresser un portrait  » terrifiant » de la victime !
( Rappel : le Taser est un pistolet à impulsion électrique qui envoie pendant au moins cinq secondes une charge de 50 000 volts à une personne )

ET ce n’est pas la première fois que des personnes sont victimes du taser : Rappel :
- En avril 2013, à Crozon (Finistère), un autre homme qui aurait menaçait de se suicider. Affaire classée sans suite.
- Loïc Louise, un étudiant, en 2013 à La Ferté-Saint-Aubin (Loiret) ; une information judiciaire est en cours ;
- Mahamadou Marega, un Malien de 38 ans à Colombes (Hauts-de-Seine) en 2010, également suite à deux coups de Taser ; l’engin avait bien sûr été déclaré non-responsable de sa mort deux ans après mais la justice a requis un non-lieu.

5 000 exemplaires de l’arme aux 50 000 volts équipent la police nationale, la gendarmerie et l’administration pénitentiaire. 1 000 ont été attribués aux flics parisiens. Depuis 2010, l’engin, qui coûte plus de 1 000 euros, peut aussi équiper les cadors des polices municipales.

Aux Etats-Unis, Amnesty International estimait en 2012 que les pistolets à impulsion électrique avaient tué au moins 500 fois.
___________________________________________

Le rappel : .http://paris-luttes.info/paris-iie-la-police-tue-un-homme

Un bon article sur Le Taser : http://www.infirmiers.com/ressources-infirmieres/protocoles/taser-une-arme-pas-inoffensive-pour-la-sante.html