Presque 10ANS Après… Que JUSTICE soit rendu à ZYED ET BOUNA et sa famille

ll y a neuf ans, le 27 octobre 2005 a Clichy-sous-bois, Zyed et Bouna mouraient à la suite d’une course poursuite par la police. Ils ont été électrocutés dans un transformateur électrique.

Un procès doit se tenir en mars prochain :

Le procès des deux policiers poursuivis pour leurs mort aura lieu du 16 au 20 mars 2015

(… )

Les deux “prévenus” comparaîtront devant le tribunal correctionnel de Rennes pour «non-assistance à personne en danger», près de dix ans après la mort de Zyed Benna, 17 ans, et Bouna Traoré, 15 ans, qui avait embrasé les banlieues françaises. L’audience «est prévue sur toute la semaine», a indiqué dans un mail à l’AFP le procureur de Rennes, ville où l’affaire a été dépaysée par la Cour de cassation en octobre 2012, lors de l’annulation du non-lieu prononcé par la cour d’appel de Paris.

La cour d’appel de Rennes avait ensuite décidé en septembre 2013 de renvoyer les policiers en correctionnelle. Le 27 octobre 2005, après une course-poursuite, Zyed et Bouna avaient péri électrocutés dans un transformateur EDF où ils s’étaient réfugiés. Un troisième jeune, Muhittin Altun, 17 ans au moment des faits, avait été grièvement brûlé.

Pour le frère de Bouna, la tenue du procès arrive aussi comme une certaine forme de soulagement. “Pourquoi on en est arrivé là? Lorsque justice sera rendue, je pense que l’on sera satisfait” confie-t-il. Mais d’autres ne comprennent pas pourquoi il a fallu attendre près de dix ans pour qu’un procès se tienne. “Aujourd’hui, quand on juge un jeune qui a vendu du shit, on lui met de la prison. Mais on doit attendre dix ans pour avoir un résultat qui est normal“, ajoute ainsi un quadragénaire (..)

Source : Libération et France Bleu

Mort d’une personne autiste après une interpellation: sursis pour trois policiers

Trois policiers marseillais ont été condamnés mardi à six mois de prison avec sursis pour homicide involontaire après la mort en septembre 2011 d’un autiste de 48 ans, asphyxié après une interpellation musclée.
Six à dix mois de prison avaient été requis contre ces trois policiers, un homme de 38 ans et deux femmes de 26 et 33 ans, qui ont également été condamnés à verser solidairement 60.000 euros à la famille de la victime.

Leur avocate, Béatrice Manoukian, a annoncé qu’ils allaient faire appel: «Mes clients accueillent très mal cette décision. Aujourd’hui, la police ne peut plus travailler», a-t-elle lancé. «Les policiers effectuent un métier dangereux, très difficile, et on rend coupables les agents des conditions dans lesquelles ils accomplissent leur mission. C’est un jugement qui est rendu dans l’émotion, pas sur un fondement intellectuel», a-t-elle dénoncé.

«Si les fonctionnaires de police bénéficient de droits et de prérogatives liés à leurs fonctions, ils ne sont pas sans limite», a pour sa part déclaré le président du tribunal Fabrice Castoldi en prononçant son jugement. «Les fonctionnaires sont dans l’obligation d’analyser la situation en continu», a-t-il assuré.

Le 7 septembre 2011, les trois policiers avaient été envoyés dans un quartier du 10e arrondissement de Marseille après le signalement d’un homme «menaçant». Lorsque qu’ils arrivent sur les lieux et lancent le mot «police», l’homme de 1m90 pour 118 kg se rue sur eux puis projette la chef de bord contre un mur.

Les policiers avaient raconté à la barre la difficulté avec laquelle ils avaient maîtrisé l’homme de 48 ans –à propos duquel le centre de commandement avait omis de leur préciser qu’il était autiste. Maintenu au sol pendant une dizaine de minutes, il avait perdu connaissance. Ranimé par les secours, il était mort le lendemain à l’hôpital.

-’Fautes pénales’-

«L’usage de la force était légitime lors de l’arrestation», a aussi estimé M. Castoldi: en revanche, «lors de la phase postérieure à l’arrestation, il y a eu des fautes pénales qui sont à l’origine du décès».

Évoquant «des peines d’avertissement», le procureur Benoît Vandermaesen avait réclamé lors de l’audience de 23 septembre 10 mois d’emprisonnement avec sursis contre le policier de 38 ans, auteur d’une clé au cou sur la victime, et 6 mois avec sursis à l’encontre des deux femmes, celle âgée de 33 ans, chef de bord de l’équipage de police-secours le jour des faits, et l’autre âgée de 26 ans, simple adjoint de sécurité à l’époque.

Le représentant du ministère public avait longuement énuméré «les dysfonctionnements du service» limitant, selon lui, la responsabilité des fonctionnaires. M. Vandermaessen avait notamment mis en exergue la défaillance du centre de commandement qui n’avait pas informé l’équipage que l’homme qui nécessitait leur intervention était autiste.

Selon le rapport médico-légal, son décès est dû à «une compression thoracique excessive, longue de 10 minutes, une période beaucoup trop longue (…) et à un étranglement (…), un geste technique de policier, qui a conduit à l’asphyxie», a affirmé le procureur.

«Les autistes ont peur qu’on les touche, même moi, je pouvais pas le toucher», avait de son côté témoigné le père de la victime, Simah Partouche, ajoutant que dans le quartier où il vivait, une seule voisine détestait son fils, connu de tous. Après avoir déjà porté plainte contre lui trois fois, c’est elle qui avait de nouveau alerté la police le jour de son décès. «C’était un enfant dans un corps d’adulte», avait encore décrit le vieil homme.

Source :http://www.liberation.fr/societe/2014/11/04/mort-d-un-autiste-apres-une-interpellation-sursis-pour-3-policiers_1136017

Violences policières : Riposte populaire ! Samedi 8 novembre : Toulouse : manifestation nationale- Paris : manifestation de soutien

Dimanche 26 octobre Rémi Fraisse est mort, tué par la police lors de la lutte contre le barrage de Sivens.
Depuis cette date, des mobilisations ont lieu en France et ailleurs, partout où la douleur d’apprendre la mort de quelqu’un sous les coups de la police est insupportable. Mardi 4 novembre, le pouvoir a finalement répondu à la colère qui monte : les travaux du barrage reprendront, la zone du Testet sera évacuée, on efface tout et on continue…
Que fait la police ? Au cours des luttes de ces dernières années, la police a blessé et mutilé des dizaines de personnes en réprimant des révoltes, des mouvements sociaux, des actions syndicales et des luttes contre des projets nuisibles comme le barrage du Testet. La violence de la police dans les quartiers populaires, est quotidienne. Elle s’exprime par le bouclage des quartiers, les contrôles au faciès, les expulsions, les rafles de sans-papiers. On dénombre une quinzaine de morts chaque année. A chaque fois des collectifs se montent et luttent contre la violence de la police et son impunité.
Que défend la police ?
Par la violence, la police maintient l’ordre établi, les intérêts des puissants. Quand la solidarité et la révolte s’organisent et gagnent du terrain, la police n’hésite plus à emprisonner, blesser, mutiler et tuer. Journalistes et politiciens commentent en séparant les bons des mauvais, les violents des non-violents, là où l’expérience nous montre que les armes de la police ne font aucune distinction entre les manifestants. Résistons ensemble ! [...], une occupation de la CAF, un fauchage d’OGM, une réquisition de logement vide sont autant d’actes de révolte et de colère légitimes.
Lorsqu’ils tuent l’un d’entre nous, ils nous disent que notre vie n’a aucune valeur.
Samedi 8 novembre – Manifestation nationale a Toulouse contre les violences policières et le barrage du Testet Départs de Paris : paris-testet@laposte.net
Samedi 8 novembre – Manifestation de soutien à Paris. RDV Nombreux a 14h00 – place de la Bastille

Source : http://paris.demosphere.eu/rv/36077

Lettre ouverte à la mère de Rémi

La lettre qui suit est adressée par Farid El Yamni, frère de Wissam – assassiné par la police le 1er janvier 2012 – à la mère de Rémi Fraisse. Il a voulu qu’elle soit rendue publique, mais elle sera également envoyée dés que possible à l’adresse des parents de Rémi Fraisse.

À l’heure où sur Paris on condamne les manifestations violentes et où on loue les sit-in pacifiques, je vous écris cette lettre.

J’ai perdu mon frère dans des conditions très proches de celles dans lesquelles vous avez perdu votre fils. Mon frère qui prenait tant soin de ma mère nous a quitté, il ne reviendra plus. La perte de mon frère était sur le coup une douleur immense que je ressens à chaque fois que l’État assassine à nouveau. « Là où croît le danger croît aussi ce qui sauve » disait quelqu’un. À chaque fois que l’État assassine on a aussi l’opportunité de l’arrêter, de le contraindre à changer et de rendre la dignité perdue à tous les autres.

Par la mort de Rémi se noue beaucoup plus que l’histoire d’une vie, il se noue notre vie à tous, individuellement et collectivement. La criminalisation qui a été opérée est terrible, ça a été la même chose pour nous. J’ai compris plus tard qu’elle était voulue. Je ne voulais qu’une chose, que la Justice fasse la vérité et rende la dignité que méritait mon frère, dans le calme, et que cette histoire profite à tous, à nous les gouvernés pour mieux nous aimer et à la police pour la réconcilier avec la nation. Je pensais que la police ne pouvait accepter dans ses rangs des assassins, je ne la connaissais à l’époque pas assez. Je me trompais. Les quartiers ont brûlé, on a appelé au calme : chaque voiture ou chaque poubelle brûlée était vécue comme une insulte, comme une épine en plein cœur, une épine sur laquelle on appuyait.

Puis le temps est passé, on nous a promis la vérité, mais on n’a eu que des mensonges, que des fausses promesses, comme tant d’autres avant nous. On nous avait prévenu, mais on n’y croyait pas. François Hollande, lui-même, avait pris ma mère dans ses bras et lui avait promis qu’il nous aiderait à faire la lumière sur la mort de son fils. Sans la justice et la vérité, on vivait le temps qui passait comme une condamnation. Nous étions toujours en prison, à suffoquer et à appeler la Justice à l’aide.

Et puis on a compris que notre cas n’était pas isolé, que tant d’autres familles vivaient et vivent la même chose. Il y a tant d’humiliations et de mutilations commises consciemment par la police et couvertes par la justice, tant !

On a aussi découvert la manière de penser des policiers, ça fait froid dans le dos. Voici un exemple : Mercredi dernier, suite à la manifestation sur Paris, un des policiers m’a dit « 1-0 » devant ses autres collègues au commissariat, qui ricanaient lorsqu’ils me voyaient arborer le tee-shirt « Urgence Notre Police Assassine ». Aucun ne l’a repris, aucun… Des exemples de ce genre, tant de français en vivent quotidiennement, ils n’en peuvent plus de cette police et n’en voient pas le bout.

Je comprends l’appel au calme, on l’a également fait. Comprenez également que de nombreuses personnes ne croient plus en ce système qui donne une impunité de facto à la police. Comprenez que l’on ne peut concevoir la non-violence qu’à condition de supposer que le camp d’en face est capable de se remettre en cause : ils en sont humainement incapables, parce qu’ils considèrent que remettre en cause la police, ce serait remettre en cause l’État. Depuis 40 ans, la police tue impunément, à répétition. Depuis 40 ans, on assiste à la même démarche pour noyer les meurtres de l’État, malgré les vidéos, les témoins, les évidences. Depuis 40 ans, il y a des sit-in, des manifestations, des livres, des prises de positions d’hommes politiques, des tribunes adressées au ministre de l’intérieur. Depuis 40 ans, ça ne fonctionne pas.

Voici comment ça se passe : dépêche AFP, mensonge du procureur, enquête de mauvaise qualité et tronquée pour aboutir sur une condamnation ridicule après de nombreuses années, voire à une absence de condamnation. Le pire, c’est que ceux qui vont enterrer l’affaire auront des promotions et ceux qui ont tué nos frères, nos fils ou amis, eux seront traités comme des champions par leurs collègues. Telle est la réalité que vous vivrez vous aussi.

Manuel Valls dit que les violences sont des insultes à la mémoire de Rémi, mais sachez que Manuel Valls, par son inaction à combattre l’impunité policière, est le premier meurtrier de votre fils. C’est un criminel récidiviste. Il est venu à Clermont-Ferrand une semaine avant le rendu du rapport de contre-autopsie bidon dont il connaissait les aboutissants, et il n’a parlé de l’affaire que pour mieux condamner les violences de ceux que la mise à mort de mon frère révoltait.

Madame, les gens se battent pour Rémi, pour leur dignité et pour leurs idéaux. Ils se battent pour vous, pour nous tous, pour que la fraternité soit effective. Ceux qui se battent connaissent assez la malveillance de nos gouvernants pour comprendre qu’on tente de nous fait croire que nous sommes dans un État de droit, alors que nous sommes dans un État de devoir. L’État ne respecte pas la loi qu’il demande qu’on respecte. Il se joue de notre corps, de notre confiance, de notre argent et de notre dignité. Il nous demande d’être à genoux, c’est un impératif catégorique.

Je vous ai écris cette lettre à vous comme à tous ceux qui me liront pour vous faire savoir que je comprends aujourd’hui plus que jamais combien la non violence dans les affaires de crimes d’État a ses limites. La non-violence, par son impuissance, est parfois plus condamnable, plus meurtrière que la violence elle même. Les gens qui nous gouvernent sont malveillants, arrivistes, sadiques et récidivistes. Ils doivent partir par tous les moyens nécessaires.

Farid El Yamni, frère de Wissam El Yamni, assassiné par la police le 1er janvier 2012 à Clermont Ferrand.

Source : http://paris-luttes.info/lettre-ouverte-a-la-mere-de-remi

Violences urbaines à Blois : un jeune homme blessé par la police a perdu un œil

De violents incidents ont opposé jeudi 30 octobre des habitants d’une zone urbaine prioritaire (ou ZUP) des quartiers nord de Blois à des policiers, faisant plusieurs blessés dans les deux camps. Un jeune de 20 ans a été touché à un œil par une balle en caoutchouc, a-t-on appris de source policière. Emmené à l’hôpital par des proches, sa blessure est irréversible, a-t-on appris de source policière.
Deux personnes, un majeur et un mineur, ont été interpellées et placées en garde à vue, et le parquet de Blois a ordonné une enquête sur ces violences urbaines, qui ont fait sept blessés côté policiers, ainsi que sur les circonstances du tir de balles en caoutchouc. Des enquêteurs de l’IGPN (Inspection générale de la police nationale – la police des polices) sont arrivés vendredi sur place pour interroger notamment le policier qui a utilisé le lanceur de balles.

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Source : http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/10/31/violences-urbaines-a-blois-un-jeune-homme-blesse-par-la-police-a-perdu-un-il_4516382_3224.html
Le Monde.fr avec AFP | 31.10.2014